Nantes
Histoire de Nantes
Nantes, préfecture de la Loire-Atlantique et chef-lieu de la région Pays de la Loire (323 204 habitants), porte un toponyme dont les formes anciennes sont multiples. Dans l’Antiquité, le peuple gaulois des Namnètes s’installe sur la rive nord de la Loire, au confluent avec l’Erdre, et crée une agglomération initialement nommée Condevincum (latinisation de l’antique Kondēoúikon), nom en rapport avec le mot gaulois condate « confluent ». À la fin de l’Empire romain, la ville est appelée Portus Namnetum « le port des Namnètes », d’après le nom du peuple — selon un processus fréquent dans la Gaule du Bas-Empire qui remplace l’ancien toponyme par celui des habitants.
À l’époque gauloise, Nantes appartient au territoire des Namnètes, vaincus par César en 56 av. J.-C. Les Romains latinisent son nom en Condevincum et en font le chef-lieu de la cité; elle est alors moins importante que Ratiatum (actuelle Rezé), capitale des Pictons sur l’autre rive de la Loire. Ce n’est qu’au IIe siècle que Nantes la supplante. Aux IIIe et IVe siècles, la ville se christianise — c’est l’époque du martyre de saint Donatien et de saint Rogatien. Les premiers évêques de Nantes apparaissent après la conversion de Constantin.
Histoire religieuse à Nantes
Après la chute de l’Empire romain d’Occident en 476, Nantes passe rapidement sous le contrôle du royaume franc de Clovis. Pendant la période franque, la ville joue un rôle essentiel dans la défense contre l’expansion bretonne. Elle devient la capitale de la marche de Bretagne à l’époque de Charlemagne, dirigée au départ par le comte Roland. En 850, la région est conquise par le breton Nominoë; après la bataille de Jengland en 851, le traité d’Angers intègre la marche à la Bretagne. Les Vikings effectuent plusieurs raids meurtriers — celui du 24 juin 843 cause la mort de l’évêque Gohard et de nombreux habitants, et l’incendie de la cathédrale. Alain Barbetorte reprend la cité aux Vikings en 937. Aux XIIe siècle, Nantes accueille les ducs de Bretagne, conjointement avec Rennes ou Suscinio.
Patrimoine religieux à Nantes
La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, de style gothique, place Saint-Pierre, voit le jour sous l’impulsion du duc de Bretagne Jean V et de l’évêque Jean de Malestroit en 1434. Sa construction s’est étendue jusqu’en 1891, soit 457 ans. Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1862. La basilique Saint-Nicolas, dans le centre-ville, est l’un des premiers projets néogothiques de France; construite par Jean-Baptiste-Antoine Lassus, elle est érigée en basilique le 28 octobre 1882 et classée monument historique depuis 1862.
L’église Notre-Dame-de-Bon-Port, construite en 1852 par les architectes Saint-Félix Seheult et Joseph-Fleury Chenantais, est coiffée d’un dôme inspiré des Invalides; elle est classée monument historique depuis 1975. L’église Sainte-Croix, de style classique, est construite au XVIIe siècle puis modifiée au XIXe par Théodore Nau, qui réalise en 1839 son chœur flamboyant. La basilique Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien rappelle le martyre des deux saints nantais. Le maillage paroissial s’étend largement: Notre-Dame de Toutes-Aides (Sainte-Marie-de-Doulon), Saint-Clair (Sainte Anne Saint Clair), Sainte-Madeleine, Saint-François-d’Assise (Sainte Catherine du Petit Port), Saint-Jean-Bosco, Saint-Bernard (Trinité de l’Éraudière), Saint-François-de-Sales, Saint-Félix et Saint-Similien (Saints Évêques de Nantes), Saint-Dominique, Notre-Dame de Lourdes, Sainte-Thérèse, Saint-Laurent (Bienheureux Marcel Callo), la chapelle des Franciscains et l’église Saint-Pasquier. Le temple de Nantes, place Édouard-Normand, conçu par Victoire Durand-Gasselin et inauguré en 1958, remplace un édifice de 1855 détruit par un bombardement.