Antibes
Histoire d’Antibes
Le rocher d’Antibes a été occupé dès le premier âge du fer: sous la chapelle Saint-Esprit, des restes d’habitats en terre crue témoignent d’une communauté indigène en lien avec les Étrusques et les Phocéens, comme l’attestent les amphores et l’épave de la Love trouvée au large. La ville grecque d’Antipolis est fondée tardivement par les Phocéens de Marseille, dans le contexte du redéploiement colonial qui voit naître Olbia à Hyères, puis Nikaïa, l’actuelle Nice.
Vers -154, les Ligures Déciates et Oxybiens attaquent Antipolis et Nikaïa; les Marseillais font appel à Rome, et le consul Quintus Opimius prend l’oppidum d’Aegythna. Antipolis se trouve alors administrée par Marseille, jusqu’en -49: Marseille ayant pris le parti de Pompée, César la dépouille de ses colonies. Antipolis devient communauté autonome dès -43 sous Lépide, puis cité de droit romain intégrée à la Gaule narbonnaise. La ville frappe de petites monnaies de bronze à la tête d’Athéna, gravées des légendes LEPI et ANT. Elle se dote des édifices d’une cité romaine — basilique, temples, thermes, théâtre — et reçoit son eau par deux aqueducs: celui de Fontvielle, qui longe le littoral depuis Biot, et celui de la Bouillide, depuis Valbonne.
Au Moyen Âge, Antibes appartient successivement à la maison de Provence puis aux Grimaldi de Cagnes, qui la cèdent au royaume de France en 1608. Ville frontière face au comté de Nice savoyard, elle est fortifiée par Henri II et son ingénieur Jean Renaud — dit « Saint Remy » — qui édifie le Fort Carré au XVIe siècle. À la fin du XVIIe siècle, Vauban remanie les remparts et adapte la place forte aux nouvelles techniques de siège. Antibes reste une ville de garnison jusqu’à la fin du XIXe siècle, avant de s’ouvrir au tourisme avec le rattachement du comté de Nice à la France en 1860 et l’arrivée du chemin de fer.
Toponymie d’Antibes
Le nom Antipolis est grec: il signifie « la ville d’en face ». Selon Victor-Adolphe Malte-Brun, il s’agirait de la côte « en face de Nice »; selon Paul Mejan, qui s’appuie sur Scymnos de Chio et Scylas, ce serait plutôt la côte « en face de la Corse », les Phocéens étant supposés avoir abordé le littoral provençal par cette voie maritime. Aucune des deux hypothèses n’a fait consensus. En occitan, la ville est Antíbol selon la norme classique, Antibo selon la norme mistralienne; le gentilé se dit antibolenc ou antiboulen.