Clichy
Histoire de Clichy
Clichy est une commune du département des Hauts-de-Seine, en région Île-de-France, qui compte 64 849 habitants. La localité est citée sous le nom de Clipiacum dans le cartulaire général de Paris en 717, puis Clipiaco dans une donation de Louis le Gros en 1134. Au Moyen Âge, le bourg s’est appelé Clichiaci in Garenna, c’est-à-dire « Clichy-la-Garenne », en raison du fait que le lieu était prisé par les chasses royales, une garenne désignant à l’origine un espace réservé à certaines espèces de gibier. La commune fut nommée officiellement Clichy-la-Garenne au moins jusqu’en 1818, et porta également le nom révolutionnaire de Clichy-sur-Seine durant la Révolution. Elle est encore parfois appelée Clichy-la-Garenne de façon non officielle pour éviter la confusion avec Clichy-sous-Bois, située dans le département de la Seine-Saint-Denis.
En 2020, un site préhistorique du Paléolithique moyen, rempli d’outils taillés selon une technologie typique de l’homme de Néandertal, a été mis au jour près des berges de la Seine. Des fossiles de mammouth y ont également été retrouvés. Les premières traces écrites de Clichy remontent à 625, dans les chroniques du palais royal de Clippiacum. Clotaire II, père de Dagobert, y avait installé sa résidence principale et sa cour depuis 614. L’École du Palais, qui se répartit entre le quartier latin de Paris et la plaine de Clichy-Levallois, formait alors les enfants des grands dignitaires du royaume, parmi lesquels saint Éloi, saint Ouen et saint Didier. Clichy fut un temps lieu de résidence des rois mérovingiens et domaine de Dagobert, qui y épousa Gomatrude en 626. En 626, le concile de Clichy défend aux clercs et aux laïcs de pratiquer l’usure. Saint Sigisbert, fils de Dagobert, naît en 630 au palais de Clichy. La paix est négociée à Clichy en 636 entre Dagobert et Gaël, roi de Domnonée, au nord de la Bretagne. Le diplomate saint Ouen se retire dans la villa royale de Clichy, où il meurt en 684; le palais se trouvait vraisemblablement sur le monticule où est toujours située l’église du Vieux-Saint-Ouen. En 717, Chilpéric II fait donation à l’abbaye de Saint-Denis de la forêt de Rouvray. Dans une charte signée en 741 à Clichy, Charles Martel renouvelle la donation à l’abbaye de Saint-Denis de tout le village. En 885, les Normands détruisent le palais royal et les villages environnants. En 1193, Philippe-Auguste détache Clichy du domaine royal pour en faire une seigneurie féodale, en échange du château de Pierrefonds, au profit de Gaucher de Châtillon, premier seigneur de Clichy.
Patrimoine religieux
La commune comprend de nombreux monuments répertoriés à l’inventaire général du patrimoine culturel de la France. Au Moyen Âge, la paroisse de Clichy englobait Monceau, Courcelles, les Ternes, Levallois, le Roule, Ville l’Évêque, et s’étendait jusqu’aux portes du Louvre. La partie levalloisienne de la seigneurie se spécialisa dans la viticulture dès 1215 et devait approvisionner en vins de messe l’abbaye de Saint-Denis dont elle dépendait. Levallois s’identifia alors au site de la Vigne aux prêtres. Le parc de la commune, étendu entre l’actuel boulevard du Général-Leclerc, la rue du Général-Roguet et la rue de Villeneuve, fut inauguré dans sa version actuelle par le maire Ernest-Louis Gaudier; il fut renommé Roger Salengro en 1937, en hommage au maire de Lille et ministre de l’Intérieur du Front populaire. Le parc fut doté d’œuvres d’art offertes par le conseil général à la commune: on y voit notamment Terre endormie de Noémie Debienne, Nymphéa de Julien Caussé et La leçon de Frédéric Tourte. La présence ancienne de saint Éloi, saint Ouen et saint Didier, formés à l’École du Palais à l’époque mérovingienne, a profondément marqué la mémoire religieuse locale, tout comme la mort de saint Ouen au palais royal en 684 et la vraisemblance de l’ancien palais sur la butte où se dresse aujourd’hui l’église du Vieux-Saint-Ouen. Le concile de Clichy de 626, qui défend aux clercs et aux laïcs de pratiquer l’usure, et la naissance de saint Sigisbert au palais en 630 constituent d’autres jalons de cette histoire chrétienne précoce. La fonction viticole du territoire au Moyen Âge, dédiée à l’approvisionnement en vins de messe de l’abbaye de Saint-Denis, témoigne enfin du rôle pratique joué par cette terre dans le culte parisien. La diplomatie de saint Ouen, qui négocia successivement la paix entre Dagobert et Gaël roi de Domnonée en 636, puis l’entente entre la Neustrie et l’Austrasie à Cologne, reflète le rayonnement religieux et politique du palais clichois durant le VIIe siècle. La donation faite par Philippe-Auguste en 1193 à Gaucher de Châtillon, premier seigneur féodal de Clichy en échange du château de Pierrefonds, marque la sortie du domaine royal et l’entrée du territoire dans la mouvance des seigneuries laïques, avant de passer entre les « dames de Clichy » par mariages successifs. La structuration paroissiale jusqu’au XIIIe siècle, qui englobait Monceau, Courcelles, les Ternes, Levallois, le Roule et Ville l’Évêque, jusqu’aux portes du Louvre, témoigne de l’étendue exceptionnelle du ressort religieux de l’ancienne paroisse, dont les démembrements successifs ont donné naissance à de nombreuses paroisses parisiennes au fil des siècles.