Cholet
Histoire de Cholet
Cholet est une commune du département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire, qui compte 53 936 habitants. L’étymologie du toponyme est discutée. Au Moyen Âge, on trouve le nom sous différentes formes latines, soit du type Cauletum, soit Calletum castrum. Une hypothèse fait dériver Cholet du gaélique koilte, armoricain coelte (« la forêt »): de coelte les Romains auraient fait Coletum, attesté dans le cartulaire de Chemillé entre 1030 et 1080, puis Choletum dans les cartulaires de Saint-Serge (1052-1094) et de Chemillé (1082-1100), évoluant en Choleth (1100-1120), Choleit (1125-1134) puis Cholet. Une autre hypothèse, plus récente, fait de la forme ancienne Cauletum datée de 1030 un dérivé du radical latin calx (« chaux »), accompagné du suffixe diminutif -ittu, pour désigner un petit four à chaux. La forme Cholet est attestée dès 1056-1082.
De nombreuses découvertes archéologiques attestent l’existence d’une présence préhistorique sur le territoire: plusieurs polissoirs et trente-trois haches de pierre polie y ont été retrouvés. De l’époque néolithique, il ne reste plus que trois menhirs à Cholet, dont l’un, au lieu-dit la Garde, et un autre nommé la Pierre Plate, au lieu-dit la Pochetière; le Grand menhir de la Garde a été déplacé au jardin du Mail en 1885. Foulque Nerra, comte d’Anjou, met la main sur l’ensemble des Mauges au début du XIe siècle. Une place forte y est construite et confiée à un fidèle du comte d’Anjou; selon Célestin Port, la famille dite désormais de Cholet n’exerce pas encore la seigneurie mais possède la châtellenie. En 1075, Hamelin de Cholet détient la place, suivi de son fils Jean. Vers 1092, elle appartient à Rainauld, puis à son fils Mathieu. La famille de Cholet s’éteint au début du XIIIe siècle en se fondant dans celle de La Possonnière. Le château est reconstruit, mais le fief est récupéré au début du XIVe siècle par le seigneur de Chemillé. Par le mariage de Thomasse de Chemillé avec Philippe de Montalais, Cholet passe en 1340 dans la famille de Montalais, puis dans celle de Montjean. En 1343, le sel devient un monopole d’État par une ordonnance du roi Philippe VI de Valois, qui institue la gabelle; l’Anjou fait partie des pays de grande gabelle et compte seize tribunaux spéciaux ou greniers à sel, dont celui de Cholet. Plus tard, Jean II de Montjean décide d’aliéner les terres de Cholet à Jean d’Orléans, grand-père paternel de François Ier, qui les revend en 1463 à Antoinette de Maignelais, liée à Charles VII puis maîtresse de François Ier, duc de Bretagne. Antoinette de Maignelais meurt vers 1474-1475 et est inhumée dans la chapelle des Cordeliers de Cholet. Le maréchal René de Montjean épouse sans postérité Philippes de Montespedon, qui se remarie en 1544 à Charles de La Roche-sur-Yon. Guy III de Scépeaux vend la terre de Cholet en 1578 à André de Beauvau-Pimpéan, exécuté en 1579.
Patrimoine religieux
L’église du Sacré-Cœur, boulevard Guy-Chouteau, de style romano-byzantin, est l’œuvre de l’architecte choletais Maurice Laurentin. La première pierre est posée en 1937 et l’édifice béni en 1941. Les matériaux qui servent à la construction sont extraits de la région, et l’ouvrage est dû à la générosité de centaines de donateurs. Le carillon, classé monument historique en 2003, date de l’achèvement du Sacré-Cœur pendant la Seconde Guerre mondiale; il a été restauré en Hollande et a retenti à nouveau lors des Journées du patrimoine. L’église Notre-Dame, parvis Saint-Jean-Paul-II, est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques. Au XIIe siècle, ce n’était encore qu’un prieuré fondé par les moines de Saint-Michel-en-l’Herm; pendant la Révolution, elle servit d’écurie et de prison sous Henri Mazerat. L’église Saint-Louis-Marie-Grignon-de-Montfort, rue Jean-XXIII, fut construite par des bénévoles de 1957 à 1958, sur un terrain donné par le docteur Jules Moreau des Herbiers, suivant les plans de Maurice Laurentin; l’édifice est dédié à Louis-Marie Grignion de Montfort, mort en 1716 dans la commune voisine de Saint-Laurent-sur-Sèvre. La chapelle Saint-Louis, rue Tournerit, ancienne chapelle de l’hôpital désaffectée et restaurée, sert désormais d’auditorium; édifiée entre 1873 et 1875 grâce à la générosité de souscripteurs, elle fut bénie par Charles-Émile Freppel, évêque d’Angers. La famille de Cholet, mentionnée au XIIe siècle à travers Hamelin de Cholet, son fils Jean, Rainauld puis son fils Mathieu, et plus tard Raoul de Cholet vers 1169, comptait également des religieuses comme Hameline du Ronceray et Milecende de Cholet, prieure de Seiches-sur-le-Loir, témoins de la place tenue par la cité dans la vie monastique angevine. La présence de saint Louis-Marie Grignion de Montfort à Saint-Laurent-sur-Sèvre, où il mourut en 1716, et la dédicace ultérieure de l’église Saint-Louis-Marie-Grignion-de-Montfort à Cholet rappellent l’attachement choletais à ce missionnaire des Mauges. La participation directe de la cité aux guerres de Vendée, après une longue période de seigneurie passée dans les mains des familles de La Possonnière, Montalais, Montjean, La Roche-sur-Yon, Beauvau-Pimpéan et Naillac, a profondément marqué la mémoire religieuse locale et confère à plusieurs édifices une dimension commémorative supplémentaire.