Castres (81)

Histoire de Castres

Castres est une commune du département du Tarn, en région Occitanie, qui compte 42 672 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme Castras en 1073. Il représente la francisation de l’occitan Castras, forme romane correspondant au pluriel castra du nom commun latin castrum, signifiant « place fortifiée, château fort ». Le site serait occupé depuis l’époque gallo-romaine, où deux foyers d’habitations se distinguent: l’un à Gourjade, l’autre dans la vallée de la Durenque en dessous du château d’Arifat. Les premiers missionnaires chrétiens y seraient venus dès les premiers siècles de notre ère.

Une légende situe l’origine de la ville autour de la fondation de l’abbaye bénédictine de Saint-Benoît, dite abbaye de Bellecelle. Elle rapporte que cette abbaye aurait été fondée vers l’an 647 sur la rive droite de l’Agout par des seigneurs de la cour de Sigisbert III, Robert, Ancelin et Daniel, qui vinrent s’y fixer pour y vivre en ermites. Le monastère date en réalité plutôt du début du IXe siècle. Il était situé sur le plateau Saint-Jean, premier foyer d’occupation de Castres; un castrum s’y développe. Près de l’ancien site gallo-romain de la Durenque, un second foyer apparaît avec la fondation de la paroisse et de l’église de Sainte-Foi, aujourd’hui disparues. Ces deux sites, en s’agrandissant et en se rapprochant, finirent par se rejoindre autour des rives de l’Agout pour donner naissance à la ville de Castres. Peu à peu, la plupart des édifices sont reconstruits sur les bords de l’Agout, comme c’est le cas pour l’abbaye Saint-Benoît et la basilique Saint-Vincent. Pendant ce temps, l’ancien castrum tombe en ruine et disparaît, et seuls les habitants trop pauvres pour emménager sur les rives demeurent sur le plateau. La nouvelle cité devient une étape importante sur les itinéraires internationaux du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, par la via Tolosana, car la basilique conserve les reliques de saint Vincent, un martyr renommé en Espagne. En 1074, l’abbaye relève de l’autorité de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, ce qui révèle un certain déclin. Rangée comme deuxième ville de l’Albigeois derrière Albi dès le XIIe siècle, Castres est un endroit d’importance. Le vicomte d’Albi, qui appartient à la famille Trencavel, accorde à Castres une charte libérale qui lui permet de gérer ses affaires de façon indépendante à travers un conseil de consuls, qui se perpétuera jusqu’à la Révolution française. En 1317, Castres dépend du diocèse d’Albi et l’abbaye Saint-Benoît de l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Un certain Bertrand est moine et abbé de l’abbaye lorsque le pape Jean XXII, originaire de Cahors, érige la cité en évêché par bulle du 12 juillet de cette année. Bertrand y forma opposition, contestant la procédure devant les présidents des parlements de Toulouse et de Paris assemblés; il y dit en substance qu’il s’était rendu à la convocation du pape mais qu’il avait donné son consentement à l’érection de l’abbaye en évêché par crainte d’une mise en prison perpétuelle, et que selon l’usage et les lois du royaume de France, une telle érection ne pouvait se faire sans le consentement du roi et celui des seigneurs de fief du lieu où l’église est bâtie. Au reste, Déodat, premier des évêques de Castres, conclut ce différend par une transaction, portant que Bertrand garderait le nom d’abbé avec une rente sur les biens de l’abbaye.

Patrimoine religieux

La cathédrale Saint-Benoît, rue de l’Hôtel-de-Ville, est la plus grande église de Castres. Elle a été bâtie à l’emplacement de l’abbatiale fondée au IXe siècle par les bénédictins, dont il reste le clocher, seul vestige d’architecture romane qui a conservé sur ses faces des bandes lombardes, du même type qu’à Saint-Salvy d’Albi, ainsi que des modillons modulés. Le dernier niveau de la tour a été modifié plus tardivement. Après que les guerres de Religion eurent détruit les deux premiers édifices, la construction fut confiée à l’architecte Caillau en 1677, puis Eustache Lagon reprit les travaux en 1710. Elle fut consacrée en 1718. Pour des raisons financières, elle n’a pas été terminée et l’entrée a été réalisée sur le côté. Classée monument historique, la cathédrale Saint-Benoît, de style baroque à la nef resserrée, présente de vastes proportions. Le chœur est entouré de quatre statues de marbre provenant de la chartreuse de Saïx; la seule œuvre destinée à la cathédrale, la Résurrection du Christ, est une toile du retable du maître-autel commandée par l’évêque Sébastien de Barral à Gabriel Briard. L’église Saint-Jean-Saint-Louis, avenue Augustin-Malroux, fut construite à la fin du XIXe siècle, aux limites du centre-ville historique. Sa construction débuta en 1867, fut rendue possible grâce à un legs et un appel à souscription, et l’édifice fut inauguré en 1873 sous le regard de l’architecte municipal Barthe; son clocher est visible depuis les hauteurs de la Capélanié. L’église Saint-Jacques de Villegoudou, rue Francisco-Ferrer, constitua un lieu de passage pour les pèlerins se dirigeant vers Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne.

Informations Clés

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Population

42.672 habitants

Région

Occitanie

Département

Tarn
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