Thionville

Histoire de Thionville

Thionville est une commune du département de la Moselle, en région Grand Est, qui compte 42 163 habitants. Le nom de la ville est mentionné sous les formes Dietenhoven en 707, Theodono villa et Theudonis villa en 772, Thionisvilla en 1231, et la graphie Thionville devient définitive en 1793. Le vieux haut allemand hof a été traduit par villa en latin, comme dans Bouzonville, formation toponymique attestée seulement en 1106. C’est l’appellatif court (« cour de ferme, ferme ») qui traduit normalement l’élément vieux haut allemand hof, mais court semble être passé de mode assez tôt, d’où l’utilisation de -villa qui avait encore un sens analogue à l’époque. On trouve souvent une stricte équivalence entre les toponymes en -court du nord de la France et les noms en -hoven, -hof(f) des pays de langue germanique. Thionville a pour homonyme Thiancourt, dans le Territoire de Belfort, attesté Tyoncourt en 1360.

La ville est mentionnée sous le nom latinisé de Theodonis villa dans une chronique de 753 relatant le passage du roi Pépin le Bref dans ce domaine patrimonial. À sa suite, Charlemagne puis Louis le Pieux y séjournent. Au travers d’un acte daté de 770, on apprend qu’un palais est installé à Thionville. D’importantes décisions y sont prises: le Grand Capitulaire édicté par Charlemagne en 805 et la Divisio Regnorum de 806, testament politique de l’empereur. C’est à Thionville que meurt en 783 la reine Hildegarde de Vintzgau, épouse de Charlemagne, et que se tient en 835 le concile rétablissant le roi Louis le Pieux. À quelques lieues de la ville, sur l’autre rive de la Moselle, se tient à Yutz, en 844, un concile implorant les trois signataires du traité de Verdun de sauver l’unité spirituelle de l’Empire. Après l’an mil et les invasions normandes et hongroises, Thionville échoit à la faveur du morcellement féodal aux comtes de Luxembourg dans le cadre du Saint-Empire romain germanique. Sous les règnes des empereurs Otton, Henri II, Henri III et Henri IV, Thionville jouit du titre de ville impériale. La châtellenie de Thionville fut érigée en 1315. L’ancien palais impérial a alors disparu et une maison forte attestera plus tard la présence comtale, embryon du château qui se développe autour de l’actuelle cour du Château. La construction se limite à la seule tour aux Puces, imposante construction façonnée par quatorze pans, probablement ceinte d’un fossé d’eau à cette époque. La Charte de Franchise de 1239 confirme son existence: elle astreint en effet les bourgeois à y monter la garde à chaque fois que la nécessité s’en fait sentir. Cette charte octroyée par le comte Henri V le Blond charge les Thionvillois des contraintes militaires; elle vient après celle concédée trois ans plus tôt à Echternach (1236) et cinq ans avant celle de Luxembourg (1244). Un château, dont fait mention un acte comtal, se dresse bientôt sur les ruines de l’ancien palais, englobant la tour aux Puces qui devient le donjon, dernier réduit de la défense. La courtine, flanquée de tours rondes, abrite un espace grossièrement rectangulaire correspondant à l’actuelle cour du château. Dans le même temps, la ville se fortifie, adoptant un système de remparts à petites tours en demi-lunes, séparées par des courtines. Toutes ces constructions, en grès d’Hettange, présentent une épaisseur constante d’un mètre. Le château, le quartier de la place du marché et celui de l’église paroissiale Saint-Maximin s’abritent derrière l’ensemble.

Patrimoine religieux

Le château des comtes de Luxembourg, à Thionville centre, fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques. Le secteur de la « Cour du château », premier noyau de la ville, semble correspondre à l’emplacement d’un domaine carolingien mentionné en 770, où séjournèrent à plusieurs reprises Charlemagne et ses successeurs. Il aurait englobé une chapelle construite, d’après un chroniqueur, dans le premier quart du IXe siècle par Louis le Pieux sur le modèle de celle d’Aix-la-Chapelle, et rasée en 939 par les partisans du futur empereur Otton. Aucun élément ne permet aujourd’hui d’affirmer que la base circulaire de la tour aux Puces, réputée carolingienne, en serait le dernier vestige. À partir du XIIe siècle, Thionville passe sous domination luxembourgeoise et les comtes de Luxembourg édifient un château fort au même endroit. La tour aux Puces, puissante tour polygonale à quatorze côtés, en constituait probablement le donjon. L’enceinte de 140 sur plusieurs dizaines de mètres, défendue par plusieurs tours dont ne subsistent que les « tours jumelles » et la tour au fond de la cour du tribunal, est toujours lisible sur le plan de la ville. Ce château comprenait des granges pour stocker les redevances du domaine comtal et une chapelle dédiée à saint Nicolas, dont la localisation est aujourd’hui inconnue; il devient à partir de 1292 la résidence du prévôt. À la même époque, une ville se développe à l’extérieur de cette première enceinte. Le passage entre les deux entités s’effectue par la poterne des tours jumelles, sans doute construite au XIIIe siècle et restaurée en 1542-1543. À partir de la fin du XVe siècle, des familles nobles obtiennent le droit de se construire une demeure à l’intérieur de l’enceinte du château: on y comptait notamment l’hôtel de Raville-Septfontaine, l’hôtel de Créhange-Pittange et l’hôtel d’Eltz. La paroisse historique Saint-Maximin demeure l’un des repères religieux centraux du noyau ancien de la ville.

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Population

42.163 habitants

Région

Grand Est

Département

Moselle
(57)

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