Alençon

Histoire d’Alençon

Alencon est une commune de l’Orne, en region Normandie, peuplee de 25 555 habitants. Mentionnee sous la forme Alencione a l’epoque merovingienne, puis Alercio en 1060, probable cacographie pour Alencio, et Alencio en 1070. Pour Albert Dauzat et Charles Rostaing, il s’agit du nom de personne gaulois Alantius, suivi du suffixe -o ou -onem marquant la localisation. Pour Ernest Negre, il s’agit plutot du nom de personne gaulois Allontius. En l’absence de formes plus anciennes, il est difficile de trancher entre ces deux affirmations. On peut aussi y voir un appellatif toponymique suffixe en -onti-o ou -anti-o, plutot qu’un nom de personne pris absolument. Ces deux finales se rencontrent dans de nombreux noms de lieux comme Lyons-la-Foret, qui remonterait a Licontio ou Ligontio, Ressons-sur-Matz, Sigonce et Besancon. Le premier element al- pourrait etre le meme que celui reconnu par Pierre-Yves Lambert dans les toponymes gaulois du type Alauna, qui viendrait d’un theme indo-europeen al-, « nourrir », retrouve en vieil irlandais alim, en latin alo et son derive alumnus, et en vieux norrois ala.

Au deuxieme millenaire avant Jesus-Christ, le site n’est qu’un carrefour de routes et le passage de la route de l’etain. Fondation gauloise des Aulerques, la cite, avec ses quelques maisons a l’interieur d’une petite enceinte ovale, se developpe avec une nouvelle enceinte, probablement une palissade de bois, qui entoure alors un espace circulaire. On en aurait retrouve la trace dans le sol marecageux de la rue de la Juiverie. En 1135, la ville est ravagee par le roi d’Angleterre. Un prieure de l’abbaye de Lonlay est implante dans la seconde moitie du XIe siecle.

A partir du XIIIe siecle et jusqu’au XVe, le comte d’Alencon est regulierement donne en apanage aux fils des rois de France: d’abord en mars 1268 a Pierre, cinquieme fils de Saint Louis, puis a Charles de Valois, second fils de Philippe III. Charles de Valois fait construire la grande tour du chateau, qui subsiste de nos jours. Son successeur est tue a la bataille d’Azincourt. En 1414, le comte est erige en duche-pairie. Lors de la guerre de Cent Ans, apres le siege et la prise de Caen par le roi d’Angleterre, la ville ouvre ses portes aux Anglais en octobre. Les troupes sont installees dans le quartier de Monsort, a l’endroit que l’on appelle encore le « champ du roi ». Le duc Jean II, chasse a huit ans de ses terres, est capture a Verneuil en 1424. Libere au bout de trois ans contre forte rancon, il rejoint la cour de Charles VII et combat aux cotes de Jeanne d’Arc. En 1449, il libere sa ville des Anglais apres trente-deux annees d’occupation, grace a la complicite de quatre bourgeois qui sont anoblis.

Estimant ses services mal recompenses, Jean II soutient ensuite la revolte du dauphin Louis contre son pere. Juge en 1458, ses biens sont confisques mais il rentre en possession de son apanage lors de l’accession de Louis XI au trone. Arrete et juge a nouveau en 1472 pour trahison, il echappe de peu a la peine de mort et donne ses possessions a son fils, Rene. La femme de ce dernier, Marguerite de Lorraine-Vaudemont, entreprend une politique active de construction a Alencon, contribuant a l’achevement de l’eglise Saint-Leonard et de l’eglise Notre-Dame, ainsi qu’a la fondation du couvent des Clarisses en 1497.

Alencon est ensuite le lieu de residence de Marguerite d’Angouleme, qui epouse en 1509, a l’age de dix-sept ans, le duc d’Alencon Charles, en premieres noces. Meme apres la mort de Charles a la bataille de Pavie en 1525, Marguerite, grand-mere maternelle du futur Henri IV et soeur du roi Francois Ier, etablit sa cour a Alencon, ou elle reste apres son remariage avec le roi de Navarre. Amoureuse des belles-lettres, la duchesse reunit a sa cour de nombreux hommes de lettres, dont les poursuites dirigees contre les partisans de la Reforme augmentent le nombre. Alencon devient ainsi l’asile de savants persecutes: Clement Marot, Charles de Sainte-Marthe, Bonaventure Des Periers, Claude Gruget qui publiera l’Heptameron, Antoine Le Macon traducteur de Boccace, Guillaume Le Rouille, Thomas Cormier, l’eveque de Sees Nicolas de Danguye et Sylvius de la Haye. Venait aussi d’Alencon Francoise d’Alencon, soeur du duc d’Alencon, devenue duchesse de Vendome par son mariage et grand-mere paternelle d’Henri IV.

La Reforme protestante est prechee dans le duche d’Alencon des 1524, et l’esprit de tolerance de Marguerite de Valois, qui permet egalement aux predicateurs Michel d’Arande et Pierre Caroli de faire penetrer les idees nouvelles, lui assure de nombreux proselytes durant la premiere moitie du XVIe siecle. Premiere ville de Normandie acquise aux idees calvinistes, Alencon devient rapidement un foyer de la Reforme, au point qu’en 1530 un reforme allemand qualifiait la ville de petite Allemagne. Des 1529, Simon Du Bois y imprime Le Petit Catechisme de Luther.

Patrimoine religieux

Alencon, contrairement a beaucoup de prefectures, n’est pas le siege de l’eveche, qui est etabli a Sees. Le tissu religieux de la ville est neanmoins ancien: l’eglise Notre-Dame et l’eglise Saint-Leonard ont ete achevees grace a la politique de constructions menee par Marguerite de Lorraine-Vaudemont a la fin du XVe siecle, et le couvent des Clarisses a ete fonde par cette derniere en 1497.

Informations Clés

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Population

25.555 habitants

Région

Normandie

Département

Orne
(61)

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