Lannion
Histoire de Lannion
Lannion est une commune de Côtes-d’Armor, en Bretagne, qui compte 20 344 habitants. L’origine du nom Lannion vient de « lann », qui désigne un établissement religieux créé par les Bretons du haut Moyen Âge et, selon Joseph Loth, un anthroponyme vieux-breton Iudon, qui a évolué régulièrement en Iuzon puis (i)Uon. Ce nom de *Lannyuzon a donc évolué en Lannuon, forme moderne en Langue bretonne et en « Lannion », variante évoluée puis administrativement cristallisée de la forme ancienne bretonne, devenue l’appellation officielle et administrative du duché de Bretagne, avant et après 1532, probablement aux alentours des: Carte de l’Atelier cartographique Troadec du Conquet-Konk-Leon pour l’Histoire de la Bretagne de Bertrand d’Argentré de 1582 et 1588: Lanion; Carte de Nolin,1695: Lanien ou Lanion; puis de l’Administration française royale et républicaine et de la société francophone nobiliaire et marchande, du jusqu’à nos jours; en résumé la forme « Lannyon » et ses variantes sont attestées de 1199 à 1516, où la forme « Lannion » apparaît, l’appellation de Lannuon étant usitée majoritairement par le peuple bretonnant.
Les mégalithes nombreux dans la région, témoignent de son passé ancien, sans compter les silex, haches et pierres polies appartenant aux âges préhistoriques. Les rivières nombreuses et l’or alluvionnaire dans le Massif armoricain, expliquent la présence et la richesse du développement des populations préhistoriques. Des archéologues de l’Inrap ont effectué des fouilles sur le site de Kervouric, préalablement à la construction de logements. Celui-ci surplombe une vallée encaissée du Léguer. On a ainsi retrouvé la trace de trois grandes maisons de bois et de torchis ainsi que de nombreux vestiges (céramiques, bracelets, silex) du Néolithique, vieux de 7000 ans. Un premier site, daté de l’âge du Bronze, atteste une longue occupation humaine entre 1800 et 1200 ans avant notre ère.
Il consiste en un système agraire, constitué à l’origine d’un simple réseau de fossés délimitant des champs et de probables chemins. Quelques constructions sur poteaux de bois (peut-être des maisons) complétaient le système. Par la suite, l’habitat s’est progressivement développé. J.-C, deux petits enclos sont aménagés. L’un d’entre eux délimite une zone d’habitat, comprenant une maison particulièrement bien conservée. Les archéologues y ont mis au jour des vases de stockage, un foyer ainsi qu’une meule.
L’occupation semble perdurer jusqu’à la fin de l’âge du Bronze (vers 1200 ans av. J.-C.), comme l’atteste la présence d’une maison ronde caractéristique de cette période. Des monnaies et des débris de poteries attestent d’une présence gauloise indubitable. Quelques chemins et des fortifications façonnent leur territoire. Le promontoire du Yaudet, estuaire du Léguer, sert à la fois de défense militaire et d’étape pour les navires commerçants, d’après des pièces de monnaie phéniciennes retrouvées sur les lieux. Le « menhir » du Crec’h à Servel et celui de Saint-Patrice, appelé aussi « menhir de justice » (rue des Frères Lagadec, inclus dans un mur), sont en réalité deux stèles gauloises.
La seconde a été christianisée. Lannion est un passage obligatoire pour franchir le Léguer au plus près de la côte, surtout à marée haute. À l’époque gallo-romaine, pour aller du Yaudet par la terre vers l’est, les routes passaient inévitablement par Lannion. Des villas gallo-romaines furent retrouvées sur des sites plus anciens, de l’Âge du Bronze. Une exploitation agricole mise en place au cours des Ier et IIe siècles de notre ère et réaménagée à plusieurs reprises. Les archéologues ont mis en évidence une série d’enclos délimitant différents espaces fonctionnels.
L’une des zones est réservée à l’habitat; elle se caractérise par la présence de caves, mais aussi d’un puits et d’une citerne. D’autres espaces sont destinés à des activités agricoles spécialisées: l’un des enclos semblait dédié au traitement des céréales, puisqu’on y a retrouvé une grange et un séchoir, tandis qu’à l’arrière de l’habitat, d’autres enclos servaient plutôt au pacage des animaux. Des petits fossés délimitent également des chemins ou encore des champs. Les dernières fouilles permirent de mettre au point un référentiel scientifique pour la région tant sur l’âge du Bronze que sur la période gallo-romaine. attribuent l’origine de Lannion à la destruction de Lexobie (l’actuel Yaudet?) par les Danois en 836. Le Léguer, comme les autres cours d’eau, était une voie de pénétration facile pour les envahisseurs, aussi Lannion est-elle dotée d’un château attesté dès le Moyen Âge.
Le premier barrage servant de piège à poisson construit à Servel, long de 190 mètres, formé de pieux reliés par des claies en bois, avec des plates-formes triangulaires ancrant la structure dans le sable et servant aussi de brise-lames, a été construit entre 613 et 615 (ces dates ont été retrouvées grâce à la datation du bois des chênes ayant servi à sa construction) dans l’estuaire du Léguer. À marée descendante, les poissons étaient piégés dans le bassin de retenue. Lannion est impliquée, pendant la guerre de Cent Ans à la guerre de Succession de Bretagne (rue Geoffroy de Pontblanc, tué en 1346). En 1587, le, commencent les massacres perpétrés pendant les Guerres de religion en France, avec l’attaque de Perros-Ploumanac’h, ayant fait allégeance à la Ligue, par les Royaux (partisans d’Henri IV) de La Rochelle. Les paroisses alentour se partagent entre ligueuses (Plestin-les-Grèves), ou royalistes comme Lannion. « Le troisième et septième jours de fut brûlée et ravagée la paroisse de Plestin par ceux du parti du roi.
Et au réciproque le 21 du même mois de fut pareillement brûlée et ravagée la paroisse de Plouaret, Ploubezre et la ville de Lannion par ceux qui tenaient le parti du duc de Mercœur » a écrit le curé de Lanvellec. Malgré la conversion de Henri IV au catholicisme, Ligueurs et Royaux continuent leurs attaques et les destructions des villes du camp opposé. Mais le Trégor est bien affaibli et le roi ramène la paix, confirmée par l’Édit de Nantes de 1598. Lannion fait partie de l’évêché de Tréguier avant la Révolution et le roi y contrebalance la puissance de l’évêque en faisant de Lannion le siège de sa juridiction. Révolte des Bonnets Rouges en 1675. Un de ses habitants fut exclu de l’amnistie royale de.
En 1840, s’est ouverte dans les locaux de Kermaria une salle d’asile pour les enfants pauvres de 2 à 7 ans (ancêtre de la maternelle). La première cantine scolaire du monde fût créée à Lannion, en 1844, par le maire Émile Depasse pour ces enfants. En 1845, dans le port de Lannion, ont été déchargés 900 tonneaux de vin et eau-de-vie, 300 tonneaux de cidre, 400 tonneaux de sel, 180 tonneaux de café et poivre, ainsi que 800 tonneaux de bois du Nord, 455 tonneaux de charbon et 180 tonneaux de marchandises diverses, ainsi que tonneaux d’avoine et orge, tonneaux de froment, tonneaux de fruits, 750 tonneaux de bois commun de menuiserie et 150 tonneaux de fonte brute. Lors de l’ouverture de l’école publique de Lannion le, il n’y a « ni tableaux noirs, ni encriers, ni livres, ni cahiers »; tout le matériel scolaire se compose de trois petites tables prêtées par le collège. Constance Le Mérer, institutrice (notamment à Lanvellec) a recueilli des gwerzioù dans la région jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale). Ses 31 cahiers de collecte ont été découverts à Lannion dans un grenier en 2013.
Le monument aux morts porte les noms de 274 soldats morts pour la Patrie Le port de Lannion a contribué fortement à l’essor de la ville avant la guerre 1939-1945. Mais au début de la deuxième moitié du, Lannion n’est qu’un « gros bourg ». À l’aube des années 1960, elle est choisie pour accueillir le Centre national d’études des télécommunications (CNET). La petite ville a alors besoin d’importantes réserves foncières pour l’installer, loger les familles des techniciens, d’autant que de nombreuses entreprises vont suivre cette arrivée. Un arrêté préfectoral scelle la fusion de Lannion avec les communes de Buhulien, Loguivy, Servel et Brélévenez.
Au cours des deux premiers mandats suivant cette fusion, chaque ancienne commune continue d’élire ses représentants au conseil municipal du « grand Lannion ». Malgré les crises des années 1980 et 1990, la ville de Lannion a conforté « ses atouts dans les Télécom (entreprise Alcatel) et la fibre optique » et, avec des sites importants d’Orange ou Alcatel, elle est alors qualifiée de « mini-Silicon Valley ».