Arcachon
Histoire d’Arcachon
Arcachon est une commune de Gironde, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 11 259 habitants. L’étymologie du toponyme Arcachon est controversée. Fénié, elle est liée à la racine aquitanienne *aruka (« ouverture, baie » ou « brèche, fente, crevasse » se rapportant à l’exutoire primitif de l’Eyre, auquel s’applique le suffixe -ixonne attesté ailleurs). Olivier de Marliave présente d’autres hypothèses étymologiques: Arcachon pourrait venir du gascon arqueseon (« brai sec » de pin, d’où dériverait le terme arcanson qui désigne la colophane, un des principaux constituants de la résine de pin, qui fut localement récoltée pendant des siècles).
Il considère que l’étymologie la plus probable est qu’Arcachon soit composé du préfixe gaulois are (« près de », « devant ») et du radical casso (« chêne » en celtique puis en occitan). Ce toponyme serait ainsi en lien avec les boisements anciens d’Arcachon qui sont naturels, contrairement à la majorité de la forêt des Landes. Des dunes boisées de la « petite montagne d’Arcachon » (toponyme probablement en référence avec les Pyrénées où les troupeaux d’ovins transhumaient durant l’été) qui s’étendait à l’emplacement de la commune arcachonnaise (les boisements de la forêt d’Arcachon étant dues notamment à la fixation des dunes par des semis de pins maritimes au début du ), subsistent encore des chênes pédonculés, des arbousiers et des pins dont on estime que les anciens prédécesseurs ont été exploités par quelques-uns des tout premiers gemmeurs.
Cette « petite montagne » s’oppose à la « grande montagne » qui désigne la forêt usagère de La Teste-de-Buch. La ville est connue sous les formes anciennes Arcaisso (date inconnue), Arquanson (date inconnue), Arcaxon (1436), Arquasson (1557) et Arcaxon (1598).
Jusqu’au début du, Arcachon se réduit à quelques cabanes de pêcheurs et de résiniers en bordure du bassin d’Arcachon. Louis XVI ayant l’intention d’établir un port militaire dans la baie d’Arcachon, il était nécessaire en premier lieu de fixer les sables des dunes. L’ingénieur de la marine Charlevoix de Villiers étudie la question et propose, en 1779, l’emploi de plantations. Victime d’intrigues, il tombe en disgrâce. Le problème est repris neuf ans plus tard par Nicolas Brémontier. Brémontier fait d’abord construire une digue destinée à arrêter le cheminement des sables au point de départ.
À environ de la ligne atteinte par les plus hautes mers, on enfonce dans le sol une palissade de madriers contre laquelle le sable s’accumule. Relevant les madriers à mesure que le sable monte, on crée une « dune littorale » de de hauteur, formant barrière. Le sable de la surface est fixé par des semis de gourbet, dont l’épais lacis de racines s’étend rapidement. Brémontier s’attaque ensuite au problème de la fixation des dunes intérieures. Des graines de pins maritimes, mélangées à des graines d’ajonc et de genêt sont semées sous une couverture de fagots de branchages qui maintiennent provisoirement les sables. Au bout de quatre ans, le genêt atteint près de deux mètres de hauteur.
Le pin, d’une croissance plus lente, grandit ainsi protégé et distance bientôt les autres plantes qui, en pourrissant, apportent des éléments organiques fertilisants. Dès 1823, un capitaine au long cours normand, François Legallais, ouvre un établissement de bains de mer baptisé Bel-Air visant une clientèle aiséee site déjà apprécié pour la qualité de son climat, connaît un essor très rapide, en particulier grâce à la création de la ligne de chemin de fer Bordeaux-La Teste, qui amène sur le Bassin des gens de toute la région. En 1841, une ligne de chemin de fer relie en effet Bordeaux et La Teste-de-Buch. En 1845, un débarcadère en eau profonde est construit sur la baie, à cinq kilomètres au nord de La Teste-de-Buch; une route, tracée à travers les prés salés, le dessert.
Des villas se construisent: Arcachon est née. Arcachon, ancien quartier de La Teste-de-Buch, est érigée en commune par décret impérial de Napoléon III le. Alphonse Lamarque de Plaisance, le premier maire, est également le père de la devise de la ville: Heri solitudo, hodie vicus, cras civitas soit Hier désert, aujourd’hui village, demain cité. Thalassothérapie, climatothérapie et même plus tard thermalisme, avec la découverte en 1923 de la source Sainte-Anne des Abatilles, le destin d’Arcachon s’oriente dès l’origine vers celui d’une ville de santé. Banquiers et propriétaires du chemin de fer créé en 1841 entre Bordeaux et La Teste, les frères Pereire décident alors d’en prolonger la ligne jusqu’à Arcachon avec l’idée de faire de l’endroit un pôle commercial et portuaire. Déjà nombreux sont ceux qui venaient par le chemin de fer profiter de la région, notamment des courses landaises se déroulant dans les arènes d’Arcachon (arènes en dur aux Abatilles qui ont été démolies) ou celles de La Teste en bordure des prés salés (arènes en bois pouvant accueillir, installées sur la place du Coum, aujourd’hui place Jean-Jaurès).
Le projet commercial n’est pas immédiatement un grand succès, mais les frères Pereire parviennent à développer le tourisme estival et thermal en acquérant des terrains où ils fondent la Ville d’Hiver. À partir de ce moment-là, Arcachon ne cesse de s’enrichir d’établissements incitant au luxe et à la détente comme le célèbre casino de la plage construit en 1853 appelé également Château Deganne du nom de son constructeur. Au, elle bénéficie selon une étude d’une des plus fortes attractivités parmi les villes balnéaires françaises de mille à dix mille habitants, avec Honfleur, Noirmoutier-en-l’Île, Étretat et Deauville. L’abbé Xavier Mouls, jusque-là desservant la paroisse testerine de Cazaux, est désigné en 1854 pour être le tout premier curé de la nouvelle paroisse d’Arcachon (incluant également le Cap Ferret). Devenant un infatigable promoteur de sa paroisse, il galvanise les énergies, crée la première procession nautique devenue depuis une institution locale, participe à la promotion de la culture de l’huître, devient premier président de la société scientifique, crée une harmonie municipale. Consécration et récompense suprême pour l’abbé, le, sur le parvis de la chapelle Notre-Dame qu’il a fait bâtir face au Bassin, à l’ouest d’Arcachon, Xavier Mouls, considéré alors comme l’un des fondateurs de la cité, en est félicité et décoré de la Légion d’honneur par l’empereur Napoléon III en personne, accompagné de sa famille et de plusieurs hautes notabilités de l’Empire.
Mais la citation latine « la roche Tarpéienne est proche du Capitole » va s’appliquer à l’abbé, qui trop présent, trop entreprenant, et se mêlant de politique, se fait des ennemis. Sur décision du cardinal Donnet, il est contraint de quitter la ville d’Arcachon en 1869. Des consignes strictes sont alors données par la mairie, en parfait accord avec le palais archiépiscopal de Bordeaux, pour effacer jusqu’au souvenir même de son existence. Il faudra attendre le pour entendre sa réhabilitation par le docteur Fleury (président de la Société scientifique d’Arcachon) car « de si loin qu’elle arrive ou si enfermée qu’elle soit dans les oubliettes, la vérité finit toujours par surgir ». Aujourd’hui encore, certaines associations, telle la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch, se battent pour que cessent « l’injuste oubli et la honteuse ingratitude dont continue à être victime l’abbé Mouls, fondateur d’Arcachon ». Les constructeurs de la ville furent également inspirés par l’exotisme symbolisé par le style arabisant du Casino Mauresque, appelé également « Le Mauresque » ou le Casino de la forêt du fait de son emplacement sur la dune boisée de la Ville d’Hiver.
Son architecture était inspirée de l’Alhambra de Grenade et de la mosquée de Cordoue. Après avoir eu son heure de gloire, il fut plus ou moins délaissé et finit par être détruit par un incendie en 1977. Dans la Ville d’Hiver, il y a dans le parc mauresque, une allée du Moulin Rouge qui rend hommage au grand peintre Toulouse-Lautrec habitué de quelques moments de vacances à Arcachon. L’artiste posséda une maison au bord de la plage où il aimait se baigner. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’occupant allemand y fait stationner le hindou en garnison. Plusieurs résistants arcachonnais se distinguent, comme Léon Cigarroa, directeur de la succursale de la Banque de France, qui mourut lors de son transfert vers Dachau à bord du « Train fantôme », Marie Bartette, mercière déportée à Ravensbrück, le lieutenant Robert Duchez, futur maire-adjoint d’Arcachon commandé par le capitaine Duchez.
En 2015, un blockhaus est découvert sous le parking de l’office de tourisme. D’une surface de, il avait été construit en 1943. Accueillant une vingtaine de soldats, il servait de poste de commandement et permettait d’assurer les communications entre les portions du mur de l’Atlantique du bassin d’Arcachon.
Patrimoine religieux
en rez-de-chaussée servant de support à une terrasse à l’étage.