Languidic

Histoire de Languidic

Languidic est une commune du Morbihan, en Bretagne, qui compte 8 047 habitants. Son nom est ancien: selon le toponymiste Joseph Loth, il porterait celui d’un saint, et Ernest Nègre précise qu’il s’agit d’un saint gallois. Une hypothèse plus locale identifie dans la forme Kintic la figure de saint Kinède, ermite dont la mémoire s’est transmise par tradition. Le territoire communal s’étend sur des terres occupées par l’homme depuis le Néolithique, comme l’attestent les nombreux sites mégalithiques recensés par les archéologues, ainsi que des découvertes d’objets en pierre et en métal. Le bourg s’inscrit dans le paysage rural breton du sud Morbihan, à proximité du Blavet et des grandes paroisses de Hennebont et de Brandérion.

L’histoire ancienne de Languidic se lit d’abord dans la pierre. Les alignements du Grand Resto, dits aussi de Lann-Venet, sont également connus localement sous l’appellation de soldats de Saint Cornély; une partie du mobilier issu des fouilles a été déposée au musée de préhistoire de Carnac. Au lieu-dit la Forêt, un poignard triangulaire a été mis au jour. À Lezorgu, ou les Orgu, un site souterrain composé de cinq chambres, peut-être utilisé comme garde-manger, a livré divers objets et possiblement de vieilles monnaies. Plusieurs allées couvertes ont aussi été repérées sur le territoire; celles du Rolas et de Kerscoul sont les plus endommagées: la première, formée de quatorze à dix-huit pierres levées supportant quatre tables, a probablement été ruinée par des fouilles anciennes peu rigoureuses. La commune compte plusieurs dolmens, notamment ceux de Kerdoret et de Kerdanué, ainsi que des menhirs isolés et une quinzaine de stèles et lec’hs datant de l’âge du fer, dont la plupart ont été déplacés de leur emplacement d’origine puis christianisés. Au village de Kervily, une stèle porte une croix à hampe gravée à côté d’une inscription latine évoquant la « Croix de Bili fils de Hal ». Une motte castrale, longtemps confondue avec un tumulus, a été élevée sur un édifice plus ancien; la présence de pièces d’argent du règne de Philippe IV de Valois montre qu’elle était encore connue tardivement.

Au Moyen Âge, le territoire est densément organisé: une trentaine de seigneuries existent sur la paroisse, dont trois se distinguent par leur ancienneté et leur superficie. La seigneurie de La Forest, la plus importante, couvre près des deux tiers de la commune. Guillaume Grignon de La Forest, maréchal de camp du connétable de Richemont, participe au siège de Parthenay et meurt à la bataille d’Azincourt; la seigneurie fusionne ensuite avec celle de La Vigne, dont le château est attesté depuis 1380. Languidic comprend alors la trève de Brandérion et le village de Trémoëc, sur la rive gauche du Blavet: Pierre de Bretagne y partage les droits seigneuriaux avec Hervé IV de Léon et, en 1265, fait don de ses terres à son père Jean Ier de Bretagne. L’un des seigneurs locaux passe pour avoir été propriétaire du château de La Forest, édifié en 1262. À partir de 1282, l’abbaye Notre-Dame-de-Joye acquiert progressivement de nombreuses terres, le plus souvent affermées, sur lesquelles elle exerce des droits de justice. Pendant la guerre de Succession de Bretagne, les frères Spinefort, Henry capitaine de Rennes et Olivier capitaine d’Hennebont, partisans de Jeanne de Penthièvre puis ralliés à Jean de Montfort, défendent Hennebont assiégée par Charles de Blois; les campagnes languidiciennes sont alors pillées par les soldats bretons et français. En 1402, la trève de Brandérion est érigée en paroisse. Pendant la huitième guerre de religion, de 1585 à 1598, le gouverneur de Bretagne, le duc de Mercœur, prend la tête de la Ligue bretonne; à partir de 1590, les villes de Blavet, ancien nom de Port-Louis, et d’Hennebont sont âprement disputées, et les soldats n’hésitent pas à piller les villageois de Languidic. La paroisse, en 1618, attire les convoitises du clergé en raison de ses revenus.

Patrimoine religieux

Languidic compte trois monuments répertoriés à l’inventaire des monuments historiques. L’église paroissiale a été construite entre 1876 et 1879 sur les plans de l’architecte Maignen; elle abrite l’une des rares cloches de la région antérieures à la Révolution, baptisée « Kolas », autrement dit Nicolas, et datée de 1783, qui n’a pas été fondue car elle servait aux sonneries civiles. Le calice en argent et le ciboire en étain de l’édifice sont classés au titre objet à l’inventaire des monuments historiques. Un calvaire a été élevé en 1933 sur la place Général-de-Gaulle, et un autre, plus ancien, se dresse à l’entrée de la chapelle Saint-Jacques. Cette chapelle, au centre du hameau de Kergohanne, remplace une construction antérieure; ses dimensions précises sont connues grâce à un devis de 1901 spécifiant que les murs devaient être bâtis en mortier de chaux et sable, crépis à l’intérieur comme à l’extérieur. Étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle conserve une statue de saint Isidore en bois polychrome, classée au titre objet à l’inventaire. Un calvaire de 1745 marque son entrée et une fontaine de dévotion subsiste à proximité, aménagée près d’un grand bassin probablement ancien lavoir. Sous l’Ancien Régime, un cimetière était attaché à la chapelle.

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Population

8.047 habitants

Région

Bretagne

Département

Morbihan
(56)

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