Saint-Maur-des-Fossés
Histoire de Saint-Maur-des-Fossés
Saint-Maur-des-Fossés est une commune de Val-de-Marne, en Île-de-France, qui compte 75 441 habitants. Du nom de saint Maur, saint né à Rome au Une abbaye Saint-Pierre-du-Fossé (la presqu’île étant sur un éperon rocheux, le fossé représentait le bas pentu vers la Marne) fut fondée. Au les reliques de saint Maur furent apportées à l’abbaye. À la suite de miracles, les moines changèrent le nom de l’abbaye qui devint Saint-Maur-des-Fossés.
Le hameau de Saint-Hilaire se trouve dans la plaine nommée Varenne (qui désigne à l’époque tout le reste de la presque-île). Le hameau du port de Créteil (à l’emplacement de l’actuel pont de Créteil) est mentionné dès le haut Moyen Âge.
Un texte ecclésiastique du mentionne un retranchement des bagaudes dans Saint-Maur-des-Fossés, au lieu Bagaudarum castrum. Une porte de Paris dans la direction de Saint-Maur-des-Fossés aurait reçu, en mémoire des Bagaudes, le nom de porta Bugaudarum puis, par abréviation, porta Bauda. Un boulevard des Bagaudes existe dans la commune de Saint-Maur-des-Fossés; la plaque porte la curieuse mention « peuplade gauloise ». Cependant, ce n’est qu’au ou au que ce texte a été ajouté au manuscrit du sur la vie de saint Babolin, premier abbé de Saint-Maur. Il n’y a aucune peuplade gauloise portant le nom de « Bagaude ». En revanche, le mot latin Bagaudæ serait bien emprunté au gaulois et pourrait signifier « combattants ».
Les bagaudes étaient des milices combattues par l’Empire agonisant, du au, dans la partie de la Gaule qui deviendra la Neustrie. Sous Clovis II, une abbaye est bâtie en 639 sur le territoire de la future commune de Saint-Maur. Elle prend le nom de « Saint-Pierre du Fossé » faisant ainsi référence au relief du lieu qui est très pentu jusqu’à la Marne. En 868, l’abbaye recueille les reliques de saint Maur. Un premier miracle a lieu au, ce qui incite les moines à changer le nom de l’abbaye qui devient « Saint-Maur-des-Fossés ». D’autres miracles ont lieu et l’abbaye devient un lieu de pèlerinage comparable à Lourdes aujourd’hui.
On vient y prier de toute l’Europe pour guérir la goutte ou l’épilepsie. Au, le duc de Bourgogne, Jean sans Peur rencontre la reine Isabeau de Bavière, afin de négocier un traité de Paix entre les Armagnac et les Bourguignons. Ce traité en date du est connu sous le nom de Traité de Saint-Maur. Cependant, ce traité fut de nul effet, dans la mesure où le dauphin de France, représentant le parti Armagnac, et qui s’était réfugié à Bourges pour y organiser la Résistance contre les Bourguignons, refusa de le ratifier. Au, le cardinal Jean du Bellay y fait construire un château en surplomb de l’abbaye, dans laquelle François Rabelais se réfugie en 1536.
Le château appartiendra ensuite, en 1598, à Charlotte-Catherine de la Trémoille, qui le porta en dot au prince de Condé, qu’elle avait cependant épousé depuis douze ans, puis à Catherine de Médicis, pourtant morte en 1589, mais est abandonné au milieu. Le château sera détruit en 1796. En septembre 1590, lors du siège de Paris, le duc de Parme et gouverneur des Pays-Bas espagnols Alexandre Farnèse prend la ville, ce qui permet de ravitailler la capitale assiégée par Henri IV (huitième guerre de religion). Après avoir subsisté pendant 900 ans, Clément VII, en 1533, pour punir les moines de scandales commis dans l’église Saint-Jean, les remplaça par huit chanoines. Les bâtiments mal entretenus tombent en ruines et sont vendus au prince de Condé. Aujourd’hui détruite, l’abbaye n’existe plus et a laissé la place à un square dans lequel quelques ruines subsistent, telles la tour Rabelais, la villa Bourrières ou encore d’anciennes fortifications.
Quant au château, il a laissé la place à de nombreux pavillons et à une sous-station d’EDF. Au la population de Saint Maur stagne. Il y a à la Varenne 12 feux en début de siècle et 15 feux en fin de siècle (avant la mise en place de l’état civil, on compte en nombre de feux (nombre de familles). La vie à Saint-Maur est en effet peu agréable. La Marne déborde souvent et le choléra augmente la mortalité infantile; la majorité des terrains appartiennent à la famille de Condé. En 1790, les deux paroisses de la presqu’île donnent naissance à trois communes: Saint-Maur et La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur sont issues de la paroisse Saint-Nicolas, cette dernière constituant une dissidence contestée par les autorités de Saint-Maur.
La paroisse Saint-Hilaire donne naissance à la commune de La Varenne. Les deux municipalités de Saint-Maur et de La Varenne se réunissent en une commune unique le. Par contre, La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur restera indépendante et deviendra plus tard Joinville-le-Pont. Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement le nom de Vivant-sur-Marne Julien de Gaulle décrit le percement du canal de Saint-Maur dans sa Nouvelle histoire de Paris en 1841. Le but en est d’abréger de trois lieues la navigation sur la Marne.
La Compagnie des Chemins de Fer de l’Est achète de nombreux terrains et construit une ligne de chemin de fer qui relie Saint-Maur à Paris: la ligne de La Bastille. Elle offre la possibilité aux Parisiens de se divertir dans les guinguettes de bords de Marne.Cette ligne continue à être exploitée par la SNCF jusqu’au 12 décembre 1969, date à laquelle la ligne est exploitée par la RATP pour l’établissement du RER A vers Boissy-Saint-Léger qui dessert Saint-Maur-des-Fossés grâce à 4 gares: Saint-Maur – Créteil, Le Parc de Saint-Maur, Saint-Maur – Champigny et La Varenne – Chennevières. La population se développe alors rapidement pour atteindre en 1870. Septembre 1870: à la suite de la défaite de Sedan, l’armée française se replie à Paris qui est dès octobre complètement entouré par les armées allemandes. À l’est de Paris les positions de défense sont les différents forts de Nogent, Charenton… Les Allemands restent sur les hauteurs de Villiers Haut de Champigny et Chennevières. La Marne est la ligne de front.
Mais Saint-Maur est dominée par les canons prussiens et les rumeurs de massacres se propagent, Boissy-Saint-Léger, Créteil sont pillés et détruits. Il est décidé de replier les habitants de Saint-Maur vers le arrondissement de Paris. Certains néanmoins restent dans une situation extrêmement difficile, cinq maires se succèdent en un an. Octobre à novembre: la situation des Saint-Mauriens est celle catastrophique de tous les habitants. Les plus pauvres doivent rapidement manger les chiens, les chats puis les rats. Pour les plus riches, les restaurants servent du chameau, de l’éléphant… On déguste le Jardin des plantes: même son célèbre couple d’éléphants Castor et Pollux ne sont pas épargnés.
Des anecdotes signalent des Saint-Mauriens restés dans la ville qui tentent d’apporter les légumes de leurs champs à leurs familles de Paris sous le feu des Prussiens. 28 novembre – 3 décembre: bataille de Champigny; la situation dans Paris n’est plus tenable. Il faut tenter une jonction avec l’armée de la Loire. Simultanément celle-ci attaque au nord vers Orléans et l’armée de Paris tente une sortie avec. Les Allemands s’attendent à cette jonction, d’où l’idée de l’état-major français de faire une attaque de diversion au sud à Avron mais de porter la principale attaque sur Champigny qui portera ensuite le nom de Champigny-la-Bataille. Onze ponts seront lancés simultanément à Joinville pour l’infanterie; Saint-Maur sera le lieu des batteries de canons qui détruiront les canons des collines de Champigny et Chennevières.
Le début de l’offensive est une réussite. Les Allemands sont vite débordés sur la plaine de Champigny, écrasés par les batteries du fort de Nogent. Ensuite, cela change rapidement; les Français se font massacrer dans les montées sur le plateau de la Brie. Les batteries saint-mauriennes sont inefficaces pour appuyer l’infanterie. Elles sont de trop petits calibres et vite repérables d’en haut et donc détruites. C’est le cas de la batterie d’Adamville.
L’attaque s’enlise, les Français dorment dans un froid terrible, ils sont affamés et peu sont des militaires de métier. D’autre part, les nouvelles de l’armée de la Loire sont catastrophiques (le 4 décembre, cette armée sera définitivement battue à Orléans). L’état-major hésite et fait une pause. La Croix-Rouge suisse ramasse de nombreux morts et blessés. Pendant cette trêve, les armées allemandes du sud de la banlieue arrivent en renfort et entament une contre-attaque. L’armée française échappe à la destruction complète en se repliant sous la protection des batteries des forts.
Le 3 décembre, la ligne de front est revenue sur ses positions d’avant l’offensive française et les derniers espoirs sont envolés. La France capitule en janvier. À partir de 1894, Saint-Maur-des-Fossés s’équipe d’un réseau de tramways. Inauguré le 19 mars 1894, il s’agissait du de tramways à air comprimé créé en France après ceux de Nantes, Nogent-sur-Marne et Paris. Le réseau de la Compagnie des Tramways de Saint-Maur-des-Fossés (TSM) était composé de trois lignes équipées à l’origine de tramways mécaniques Mékarski qui sont ensuite électrifiées à partir de 1900 et intégrées aux Tramways de l’est parisien. Les tramways circulent jusqu’au milieu des années trente avant d’être remplacés par un réseau d’autobus.
Le peintre Victor Lecomte expose régulièrement au Salon des artistes français et est récompensé par quelques médailles (Mention honorable en 1892, médaille de classe en 1897) et par des acquisitions de l’Etat. Il participe également au Salon de la Société nationale des beaux-arts et au salon des amis des arts de Saint-Maur, dont il est l’un des membres fondateurs. En 1888 il s’installe sur les bords de Marne au 91, quai de La Varenne à La Varenne où il réside jusqu’en 1914. Au début du siècle, deux inondations touchent la ville: la crue de 1910 (la plus terrible avec plus de d’eau dans les rues) et celle de 1924. L’abbé Émile Morel, curé de la paroisse Saint-Hilaire et résistant, sauva une vingtaine d’enfants juifs sous l’occupation. Une trentaine d’orphelins de confession juive de La Varenne sont déportés à Auschwitz-Birkenau en Pologne et sont immédiatement gazés.