Noisy-le-Grand
Histoire de Noisy-le-Grand
Noisy-le-Grand est une commune de Seine-Saint-Denis, en Île-de-France, qui compte 70 374 habitants. Noisy-le-Grand est attesté sous la forme Nucetum à la fin du, Nociacum en 1089, Nucenum Magnum dès 1096, Nuseium en 1142, Nusiacum en 1150, Noisiacum-magnum. Tous les possèdent des formes anciennes en -(i)acum qui a le plus souvent évolué sous forme d’une finale -y dans cette partie du territoire. Le premier élément représente peut-être un nom de personne.
Albert Dauzat propose Nautius, suivi du suffixe de propriété -acum pour expliquer Noizé. Cependant, les formes anciennes de la plupart des Noisy sont en -(i)acum et l’association de ce suffixe au fruit plutôt qu’à l’arbre est singulière, hormis en Corse, loin du domaine linguistique du gallo-roman, où Noceta remonte à Nucetum. Or, les Noisy ne se retrouvent ailleurs, qu’en Île-de-France.
Le nom du noyer est issu du bas latin *nucarius et son association avec le suffixe collectif -etum a donné les Norrey, Noroy, Nourray, Noizay, etc. Une *noraie ou une *noizaie serait donc une plantation de noyers en français.
La ville de Noisy-le-Grand, située sur un promontoire qui domine et permet de contrôler la vallée de la Marne, est une ville très ancienne. Une légende reprise par l’abbé Lebeuf veut que les Romains dès la Gaule conquise aient planté de nombreux noyers dans cette région, d’où le nom de Noisy en partant de la racine latine nux, nucis (noix). En réalité, les Romains n’ont fait que passer dans la région au moment de la révolte des peuples gaulois et ils ne se sont bien sûr pas arrêtés pour planter des noyers. Comme mentionné plus haut, il n’est même pas certain que l’étymologie du nom de la ville ait quelque chose à voir avec le noyer. Noisy-le-Grand qui était connu au, était une résidence des rois mérovingiens. Le roi Chilpéric y avait une maison de plaisance.
Au lieu-dit les Mastraits, une fouille préventive réalisée par l’Inrap et le Bureau d’archéologie de Seine-Saint-Denis, a permis la mise en évidence de à inhumations des époques mérovingienne et carolingienne. Vingt-trois sont chronologiquement indéterminées. Une limite fossoyée de la nécropole mérovingienne (à l’ouest) abandonnée à l’époque carolingienne a été mis en évidence. Quatre-cent-dix-huit éléments de mobilier en alliage cuivreux, en fer, en verre et en os ont été décomptés. Cent-trente-et-un sarcophages de plâtre ont été fouillés, 12 d’entre eux présentaient des décors encore visibles. Grégoire de Tours raconte que Frédégonde y fit emprisonner et tuer le jeune Clovis, le fils de Chilpéric, qui fut enterré sous la gouttière d’une chapelle, puis jeté dans la Marne et ensuite inhumé dans l’église de Saint-Germain-des-Prés, à Paris.
Grégoire de Tours évoque dans l’Histoire des Francs une « villa royale », ainsi qu’un oratoire réservé à la prière. On peut toujours voir le reste de leur villa à l’emplacement de l’actuelle cour Chilpéric. Selon la légende, Clovis II aurait été enterré à Noisy-le-Grand, soit dans les bas de Noisy-le-Grand soit rue des Mastraits. Les Carolingiens auraient ensuite édifié une petite chapelle au-dessus de cet autel. En 2009, des fouilles archéologiques ont mis au jour les restes d’une nécropole mérovingienne et carolingienne qui pourrait être mise en rapport avec ces descriptions historiques. Il s’agit d’un ensemble de 651 tombes dont la moitié date des Mérovingiens (-).
Les recherches de viennent accréditer et compléter le nombre de 550 tombes supplémentaires: ainsi, il y aurait tombes à l’entrée de la rue des Mastraits, mais le site devrait contenir environ. Il y indique également les gelées de printemps de 583 et 587 qui causèrent du tort au vignoble à Noisy-le-Grand. C’est la première évocation de la présence de la vigne à Noisy-le-Grand. Ce vignoble va perdurer jusqu’en 1870 avec plantés sur les coteaux à l’est et à l’ouest de la ville au-dessus de la Marne. Pendant les vignerons vont produire un vin local qui sera transporté par la Marne jusqu’à Paris pour y être commercialisé. Ce sera la seule activité économique de Noisy-le-Grand pendant toute cette période.
De nombreux actes notariés ou de justice Non loin de Noisy-le-Grand était situé le château de Villeflix, dont les restes sont toujours situés dans la commune de Noisy. Un nouveau château est édifié vers 1709 par Bourvalais, seigneur du lieu.
Une carte datée de 1740 figure ainsi un bâtiment d’une cinquantaine de mètres de long sur une trentaine de large, avec deux ailes formant retour. Sur un autre plan cet ensemble a perdu le corps de bâtiment sud; quant au château, il semble représenté sous l’aspect d’une construction à pavillon central relié par des galeries à des pavillons d’angle. Le château est détruit peu après 1779. Les jardins étaient fort estimés, d’après Dezallier d’Argenville. Après la Révolution française le domaine est à nouveau mis en vente. Au la culture de la vigne domine dans la région puis, concurrencée par les vins du Midi amenés par les chemins de fer et décimée par le phylloxéra, elle disparait et est remplacée par la culture maraîchère.
La première mairie est inaugurée en 1841, puis une école maternelle vers 1860. Durant l’invasion prussienne de la guerre franco-allemande de 1870, la population noiséenne se réfugie dans la capitale. Pour éviter le renouvellement de tels évênements et protéger Paris contre l’invasion, le fort de Villiers, une fortification conçue selon le système Séré de Rivières, est édifié vers 1878. Jusqu’au début du, Noisy-le-Grand demeure un village rural. L’arrivée de la ligne 8 du tramway des Chemins de fer nogentais (CFN) en 1901 reliant Porte de Vincennes à Noisy-le-Grand transforme la localité en facilitant le transport des ouvriers travaillant à Paris et les villégiatures de Parisiens profitant de cette nouveauté pour venir se promener à la campagne le dimanche. L’arrivée du tramway permet donc à Noisy de passer de village campagnard à petite ville touristique avec ses guinguettes en bord de Marne, et ses rendez-vous de chasse.
La ligne de tramway, comme l’ensemble de l’ancien réseau de tramway parisien, est supprimée dans les années 1930 et remplacée par la STCRP, successeure des CFN depuis les années 1920, en ligne d’autobus. Dans les années 1930, de nombreux lotissements sont aménagés, transformant le village en ville de banlieue, la population passant de au début des années 1920 à en 1946. Entre les deux guerres mondiales arrivent des familles parisiennes, des provinciaux et des immigrés italiens. Dans les années 1950 et 1960, la ville renferme sur son territoire l’un des plus importants bidonvilles d’Île-de-France, avec ceux de Nanterre, Aubervilliers et Saint-Denis notamment. C’est dans ce bidonville que sera fondé, en 1957, le mouvement ATD Quart-Monde. À partir des années 1960, l’urbanisation rapide dans certains pays incite les autorités à planifier le développement des plus grandes agglomérations par la création de villes nouvelles à leur périphérie, pour limiter la centralisation des plus grandes villes et essayer d’en faire des agglomérations multipolaires.
En 1965, cinq villes nouvelles sont créées en Île-de-France pour désengorger la capitale. Le périmètre de Marne-la-Vallée voit le jour ainsi que les structures de la ZAC du Mont d’Est et du quartier du Pavé Neuf. Jusqu’à la loi du, la commune fait partie du département de Seine-et-Oise. Le redécoupage des anciens départements de la Seine et de Seine-et-Oise fait que la commune appartient désormais à la Seine-Saint-Denis après un transfert administratif effectif le. Durant les années 1980, la commune connait une très forte arrivée de populations d’Afrique subsaharienne, principalement du Sénégal, du Mali et de Côte d’Ivoire, de même que de familles en provenance du Maghreb (Maroc et Algérie) et du Portugal. La ville comporte également une importante communauté antillaise, de Guadeloupe, de Martinique et d’Haïti, ainsi que 5000 ressortissants asiatiques (de Chine, du Viêt Nam, du Laos et du Cambodge) arrivés dans les années 1970.
Noisy-le-Grand abritait une ligne de métro Lors des émeutes en banlieue, en marge des nombreux incidents ayant eu lieu dans le reste du pays et de la commune, le gymnase de la Butte-verte a été incendié alors que celui-ci venait juste d’être rénové après l’autre incendie de 1995, ainsi qu’un grand nombre de voitures. La maire de la ville, Brigitte Marsigny, est placée en garde à vue et son domicile est perquisitionné en dans le cadre d’une enquête judiciaire pour blanchiment d’argent et prise illégale d’intérêts.