La Seyne-sur-Mer
Histoire de La Seyne-sur-Mer
La Seyne-sur-Mer est une commune de Var, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 62 763 habitants. Le nom de la commune est La Sèino en occitan provençal, norme mistralienne, ou La Seina selon la norme classique de l’occitan, francisé en La Seyne. Le « y » de la graphie française signale la diphtongue de la langue régionale (prononcé « èï »). Ce nom vient d’une plante peuplant autrefois cette zone marécageuse: « la saigne », comme en témoignent
les panneaux placés par la commune utilisant une forme étymologique, La Sanha de Mar en occitan/provençal et La Sagno de Mar selon la norme mistralienne, signifiant « la roselière de mer ».
Le nom de La Seyne provient d’un roseau qui poussait dans cette zone marécageuse, au fond de la baie qui baigne également Toulon. Cette plante était appelée la sagne, d’où le nom de La Seyne. Comme cela est précisé dans le chapitre des maires de la commune, le hameau de la Seyne appartenait autrefois à Six-Fours, commune mère. Peu avant la Révolution française, l’agitation monte. Outre les problèmes fiscaux présents depuis plusieurs années, la récolte de 1788 avait été mauvaise et l’hiver 1788-89 très froid. L’élection des États généraux de 1789 avait été préparée par celles des États de Provence de 1788 et de, ce qui avait contribué à faire ressortir les oppositions politiques de classe et à provoquer une certaine agitation.
C’est au moment de la rédaction des cahiers de doléances, fin mars, qu’une vague insurrectionnelle secoue la Provence. Une émeute d’origine frumentaire se produit à La Seyne les 26 et. Elle s’en tient à des menaces contre les possédants, mais avec une certaine mise en scène, puisqu’un cercueil est apporté, au son lugubre du tambour, devant la porte d’une des personnes visées par l’émeute. Il est ensuite prévenu d’avoir à se préparer à mourir. Cette émeute parvient à obtenir la suppression d’un impôt, le piquet. Dans un premier temps, pour calmer la population, on envoie un détachement de l’armée.
Puis des poursuites judiciaires sont diligentées, mais les condamnations ne sont pas exécutées, la prise de la Bastille comme les troubles de la Grande peur provoquant, par mesure d’apaisement, une amnistie début août. Ces derniers existent depuis plus de deux siècles, l’activité du premier chantier naval seynois est attestée en 1711; à l’origine, il s’agissait d’un chantier construisant des bateaux en bois de petite taille. Ils ont ensuite connus une forte expansion au cours de la première moitié du, et c’est durant cette période que s’est développée l’utilisation de la métallurgie dans la construction des bateaux. Ainsi, dès le début du, une activité industrielle potentiellement polluante (utilisation d’hydrocarbures et de métaux) est présente dans le quartier du site. En 1848, les chantiers sont agrandis sur plusieurs milliers de m², emploient et assemblent de nombreux navires. À partir de 1855, c’est la société des Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) qui reprend la gestion du site industriel.
Cette société connaît alors un essor très important dans la construction des navires, aussi bien civils que militaires. Un rapport des archives de la Marine de 1884 désigne les chantiers de la FCM comme les plus importants de France, par leur surface et la longueur de leurs quais (près d’). Ils disposent en effet de 10 cales de construction dont la taille permet aux FCM de construire les plus grands bateaux de l’époque. Ces grands bateaux sont les paquebots et les cargos transocéaniques qui assurent des liaisons entre l’Europe et le reste du monde, mais aussi de grands navires de marines militaires de puissances étrangères comme le croiseur japonais Matsushima. À cette époque, le rapport nous signale 2308 ouvriers employés dans les chantiers navals. D’autres grands travaux d’équipements débutent peu avant la Première Guerre mondiale, avec l’installation de deux énormes caissons pour obtenir en 1927 le plus grand bassin du monde.
Les FCM conservent ainsi la gestion du site jusqu’à la veille de leur liquidation en 1966. Les chantiers changent de nom au fur et à mesure de la reprise et prennent alors le nom de Constructions navales et industrielles de la Méditerranée (CNIM). Comme d’autres chantiers français en perte de vitesse, les CNIM tentèrent de recentrer leurs activités en exploitant des niches technologiques moins exposées à la concurrence internationale, notamment la construction de navires spéciaux, méthaniers, frigorifiques, de barges flottantes et d’équipements pour les plates-formes pétrolières. Lors de la Seconde Guerre mondiale, un bombardement aérien entraîne le une destruction partielle des chantiers et du site. Des mines sous-marines engendrent ensuite une destruction plus importante des chantiers. Cependant, ils seront reconstruits et agrandis dès 1949 pour atteindre et un front de mer de.
Le nom CNIM est adopté en 1966. C’est la première entreprise en grève du département lors de Mai 68 en Provence. En 1973, à la veille du choc pétrolier, les chantiers de La Seyne-sur-Mer employaient plus de. Après les grèves à répétition des années 1970, le rapprochement et le naufrage des Chantiers du Nord et de la Méditerranée (la Normed) après l’échec des négociations, il est procédé à la fusion de France-Dunkerque, des Chantiers navals de La Ciotat et des CNIM. Le nom CNIM en tant qu’établissement de La Seyne-sur-Mer réussit à subsister en dehors de la construction navale. De nouvelles activités sont créées pour se diversifier avec la construction de nombreux escaliers mécaniques, en service à Paris et dans plusieurs lignes du métro de Hong Kong, furent construits par les CNIM.
À la suite de la liquidation du Groupe CNIM en 2022, les activités de la division CNIM Systèmes Industriels, reprise par le groupe Reel, subsistent à La Seyne-sur-Mer; environ 450 personnes y travaillent. Le pont levant de La Seyne a été inscrit sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, par arrêté. Il constitue, avec les grands quais, les seuls vestiges de ce chantier naval (un ascenseur, nouvellement intégré, permet d’y admirer la vue de son sommet). Le centenaire de sa construction est célébré en 2017. Le peintre toulonnais Jean-Pierre Giacobazzi a beaucoup travaillé sur les chantiers et avec les ouvriers qui apparaissent ainsi dans un grand nombre de ses œuvres (comme dans le tableau Regards sur les chantiers navals conservé à la Villa Tamaris). L’association des anciens chaudronniers tuyauteurs des chantiers navals lui a rendu hommage au travers de l’exposition Giacobazzi, un artiste à nos côtés à la Maison du Patrimoine de la Seyne-sur-mer en 2019.
On peut estimer que le site a connu à partir de ce moment-là une baisse importante de son activité industrielle jusqu’en 1985 avec la construction du dernier bateau et en 1989 avec la fermeture définitive des chantiers navals. La ville souffre dans les années 1990 de la crise économique (taux de chômage de 30 %) et de la corruption de ses responsables politiques (avec deux maires successifs, Charles Scaglia – Parti républicain – et François Hérisson – Rassemblement pour la République -, mis en examen). La Seyne-sur-Mer, pour faire face à la crise de ses activités industrielles, devait opérer une réelle reconversion et diversifier ses activités dans d’autres secteurs. Ainsi, un vaste programme d’aménagement de la ville fut mis en place, notamment avec l’inauguration du parc Fernand-Braudel en 1999 par l’ancien maire Maurice Paul, avec l’inauguration du parc de la Navale en 2006 par l’ancien maire Arthur Paecht (voir section Rénovations). La ville se tourne alors résolument vers le tourisme balnéaire, déjà amorcé au avec l’aménagement des Sablettes et de Tamaris par Michel Pacha, et le tourisme culturel grâce à la richesse de son patrimoine historique et à la beauté du cadre naturel provençal (voir sections Patrimoine naturel et Patrimoine culturel et historique). La maire de la Seyne-sur-Mer, Nathalie Bicais (Les Républicains), est condamnée par le tribunal correctionnel de Toulon à une peine de dix-huit mois de prison avec sursis, une inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire, une interdiction d’exercer toute fonction publique de deux ans et une amende de 20000 euros.
Il lui est reproché d’avoir obtenu frauduleusement un permis de construire pour sa maison personnelle et d’avoir accordé un emploi à la mairie de La-Seyne-sur-Mer à un proche sans appel à candidature. Elle est contrainte de quitter immédiatement ses fonctions. Liste indicative de quelques réalisations par les chantiers de La Seyne La commune a été décorée, le, de la Croix de guerre 1939-1945.