Histoire d’Aubagne

Aubagne est une commune des Bouches-du-Rhône, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 47 342 habitants. L’origine et la signification de son nom ne font pas l’unanimité parmi les historiens: il existe au moins six hypothèses sur les appellations Albanea et Albania, formes les plus fréquemment relevées dans les documents antiques. Certaines reposent sur les observations topographiques, minéralogiques et biologiques des environs décrites par le comte de Villeneuve dans sa Statistique du Département des Bouches-du-Rhône publiée en 1824. La commune s’inscrit dans la vallée de la Huveaune, entre Marseille et le massif du Garlaban, dans une zone agricole et viticole héritée de l’Antiquité.

L’histoire ancienne du territoire est inséparable de celle de Marseille, fondée au VIe siècle avant notre ère par les Phocéens et peuplée de Ségobriges, qui en fait alors un comptoir majeur de la côte méditerranéenne. La vallée de la Huveaune fut l’une des voies de communication animant les relations avec ce comptoir. Après la victoire de Caius Marius sur les Cimbres et les Teutons en 102 av. J.-C., Marseille devient cliente de Rome; sous l’influence croissante de cette dernière, les relations évoluent tant par le commerce que par les conflits celto-ligures, à travers l’intervention protectrice des légions, et la cité adopte progressivement une identité romaine. Comme avant eux les Grecs, les Romains s’attachent à évoquer le nom de leurs colonies plutôt que celui des peuples qu’ils soumettent: à mesure que les villes et colonies grandissent, les noms de peuples disparaissent. La région d’Aubagne profite de cette intégration mais en subit aussi les conséquences. En 49 av. J.-C., Jules César désigne le secteur sous le nom d’Albania ou Albinea, en raison de la présence inhabituelle de montagnards, les Albiques, dans le massif du Garlaban: alliés des Massaliotes, ils sont localisés entre Apt et Riez. Cette mention est en lien avec le siège de Marseille opposant Pompée à César, mais César précise qu’il s’agit de guerriers et de chasseurs alliés; les historiens contemporains nuancent désormais cette mention et considèrent qu’elle n’a pas de lien direct avec les origines du nom de la ville. Les Romains ne développèrent guère la vallée de la Huveaune, préférant articuler leur dispositif autour d’Arles, Aix et Toulon, reliés par la via Aurelia; Aubagne et la vallée conservèrent leur vocation viticole et agricole.

La première évocation écrite d’Aubagne apparaît dans le cartulaire de Saint-Victor de Marseille. Une charte mentionne l’existence d’une exploitation, ou villa, nommée Albanea, donnée par les vicomtes de Marseille Guillaume II et Foulques à l’abbaye de Saint-Victor, vraisemblablement associée à un habitat rural épars. Au cours des siècles suivants, Albanea devient Albania, plus précisément Albania super Velnam, c’est-à-dire « Aubagne sur Huveaune ». Le nom évolue en Albaigne, puis en Aulbaigne à la fin du Moyen Âge, et enfin en Aubagne. Le nom provençal historique Aubanha est traduit en graphie mistralienne par Aubagno, mention attestée dans les délibérations municipales sous la forme « villo d’Aubagno ». L’appellation Aubagne-en-Provence, en provençal Aubagno en Prouvènço selon la graphie mistralienne et Aubanha selon la graphie classique normalisée, est une désignation beaucoup plus récente: elle correspond à un avis favorable rendu en 2016 par le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, sur requête du maire Gérard Gazay. Les grottes du massif du Garlaban ont servi d’habitat à des tribus sédentaires dès le Néolithique. Des travaux d’aménagement effectués au camp de Sarlier en 2022, à la confluence de la Maïre et de l’Huveaune, ont mis au jour un bâtiment d’habitation du Néolithique moyen, daté entre 4600 et 3400 av. J.-C., ainsi que huit fosses en forme d’ampoules interprétées comme des silos, dont deux ont été réemployées pour des inhumations au Néolithique final, entre 3400 et 2200 av. J.-C. Ces découvertes confirment l’ancienneté de l’occupation humaine sur le site et l’antériorité de pratiques agricoles dans la vallée.

Patrimoine religieux

L’histoire religieuse d’Aubagne s’enracine dans l’orbite de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, à laquelle les vicomtes Guillaume II et Foulques donnent au XIe siècle l’exploitation appelée Albanea, première mention écrite de la ville. La charte conservée dans le cartulaire de Saint-Victor de Marseille atteste que cette villa est associée à un habitat rural alentour, prélude à la paroisse médiévale qui se constitue dans la vallée de la Huveaune. Au cours des siècles suivants, les évolutions du nom, d’Albanea à Albania super Velnam, c’est-à-dire « Aubagne sur Huveaune », puis à Albaigne, Aulbaigne et enfin Aubagne, accompagnent celles de la communauté chrétienne locale, dont la transmission orale en provençal est conservée par les délibérations municipales sous la forme « villo d’Aubagno ». Étendue dans une vallée traditionnellement viticole et agricole, la commune s’est développée à l’écart des grandes voies romaines comme la via Aurelia, qui privilégiaient Arles, Aix et Toulon; cette position l’a longtemps maintenue dans une économie rurale dont les chapelles rurales et les cultes locaux gardent la mémoire. Les grottes du massif du Garlaban, occupées dès le Néolithique, ont par ailleurs nourri une dévotion populaire ancienne aux sites naturels, encore prolongée aujourd’hui par les pèlerinages locaux dans le massif voisin de la commune.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

47.342 habitants

Région

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Département

Bouches-du-Rhône
(13)

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