Mantes-la-Jolie

Histoire de Mantes-la-Jolie

Mantes-la-Jolie est une commune des Yvelines, en Île-de-France, qui compte 44 539 habitants. Les plus anciennes références écrites donnent les formes Medanta, Medunta et Medonta castrum. Le toponyme est issu d’un hydronyme, comme c’est souvent le cas, attesté sous la forme Medante fluminis, du latin flumen, « fleuve ». En 1930, la fusion avec le village voisin de Gassicourt, situé à l’ouest, donne d’abord à la ville le nom de Mantes-Gassicourt; la conservation du nom de Gassicourt fut une condition de la fusion. Ce n’est qu’en 1953 que la commune prend son nom actuel, en reprenant officiellement le qualificatif « la Jolie », usité officieusement depuis longtemps. La tradition l’attribue plaisamment au roi Henri IV, qui aurait écrit à Gabrielle d’Estrées, sa maîtresse résidant à Mantes: « Je viens à Mantes, ma jolie »; mais ce surnom se réfère vraisemblablement au cadre naturel de la vallée de la Seine où la ville s’est développée. La toponymie locale conserve aujourd’hui la mémoire de quartiers et lieux-dits absorbés par l’étalement urbain: les bords de Seine, la Butte verte, Chantecoq, les Hautes coquilles, les Basses coquilles, les Cordeliers, la Croix ferrée, Les Garennes, les Martraits, Saint-Nicolas, Gassicourt et le Val Fourré.

Sous Rome, la région appartenait à la Gaule lyonnaise et à la quatrième Lyonnaise. Des médailles d’Auguste, d’Antonin et de Marc Aurèle, ainsi que d’autres objets retrouvés en fouilles, attestent le passage des légions romaines. Mantes constituait un carrefour important des voies romaines en Gaule. Une tradition locale relative à l’hagiographie de saint Maclou, rapportée en 1730, mentionne, non sans incohérences de dates, un temple dédié à Cybèle qui aurait été transformé en hospice en 306 et confié au saint, lequel y aurait dressé son église, l’actuelle église Saint-Maclou. Des étymologistes voient dans le nom de Dennemont la trace d’un temple dédié à Diane, et dans celui de Ménerville, à Minerve. Si l’hagiographie de saint Maclou évoque une Mantes païenne prospère au IVe siècle, ce n’est qu’à la fin du haut Moyen Âge que remontent les premières traces d’habitation, celle d’un port de pêche dont les filets se remplissaient au printemps d’aloses remontant la Seine. Le nom de la ville, plutôt gallo-romain, pourrait toutefois suggérer une fondation plus ancienne, et les rives de la Seine ont longtemps abrité des pêcheries éparses.

Les Normands ravagent à plusieurs reprises la ville et le pays, comme en 865, 876, 878, 885 et 887. Au début du Xe siècle, vers la fin de l’époque carolingienne, une motte castrale, attestée vers 825, est construite sur le mont Éclair pour défendre l’accès à la Seine; les rues de l’Abbé-Hua, du Cloître-Notre-Dame et de la Sangle en conservent le contour, et les vestiges fouillés ne remontent qu’au Moyen Âge. C’est autour de ce noyau que la ville, défendant la frontière avec le Vexin normand, se développa. Jusqu’en 911, date du traité de Saint-Clair-sur-Epte, Mantes appartient au comté de Madrie; en 912, elle est rattachée au doyenné du Pincerais. En 974, la comtesse de Meulan Ledgarde de Vermandois, veuve de Guillaume Longue-Épée, jarl de Normandie, puis du comte de Blois Thibaud le Tricheur, lègue Arnouville, Issou, Limay et Mantes-la-Ville à l’Église de Mantes. À la mort de sa douairière, en 991, Mantes passe à son beau-frère Gautier, vicomte du Vexin; la fonction de vicomte, ou vicaire de comté, devient héréditaire et permet à l’évêque, ici celui de Rouen, d’administrer un de ses territoires séculiers. Sous le règne de Robert le Pieux, le site dispose déjà d’un excellent dispositif de défense, marqué par un édifice fortifié massif, la « tour de Ganne », témoin de la violence des incursions normandes. Sous le règne de son fils, la lutte contre Guillaume le Conquérant fait souvent de Mantes un théâtre d’opérations. En 1077, Simon de Vexin, ultime héritier, se retire dans les ordres, et son domaine, dont Mantes, revient au roi des Francs. Refusant la demande du Conquérant de lui remettre Pontoise, Chaumont-en-Vexin et Mantes pour faire cesser les incursions françaises en Vexin, Philippe Ier voit ses troupes affronter les forces normandes commandées par Asselin Goet, qui détruisent les moissons et arrachent les vignes comme dans les autres contrées du Vexin français. Le lendemain, Guillaume arrive à l’improviste à la tête de ses gens d’armes, met la ville à sac et brûle le château, les églises et les maisons; nombre de bourgeois périssent dans l’incendie.

Patrimoine religieux

Mantes-la-Jolie conserve de son histoire des vestiges et des édifices, dont la collégiale Notre-Dame et le Vieux Pont, immortalisés par le peintre Camille Corot. Selon une tradition locale, l’église Saint-Maclou, l’un des édifices anciens de la ville, prendrait son origine dans un hospice ouvert au IVe siècle dans un temple antique dédié à Cybèle, transformé en lieu de culte chrétien sous l’autorité du saint dont elle porte le nom. Plusieurs noms de lieux des environs, comme Dennemont ou Ménerville, ont été lus par certains étymologistes comme des traces de sanctuaires antérieurs au christianisme, hypothèse qui doit être prise avec prudence. La ville, ceinte de fortifications dès l’époque de Philippe Auguste, garda jusqu’à la Révolution une fonction de cité-frontière, et la mémoire de cette histoire militaire et religieuse se lit encore dans la trame urbaine et dans la dédicace de ses paroisses anciennes.

Informations Clés

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Population

44.539 habitants

Région

Île-de-France

Département

Yvelines
(78)

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