Douai

Histoire de Douai

Douai est une commune du Nord, dans les Hauts-de-France, qui compte 39 648 habitants. Le toponyme n’est connu que par des formes médiévales dont l’étymologie est obscure. Il pourrait s’agir d’une formation gauloise ou gallo-romaine en -acum, suffixe marquant la localisation ou la propriété. Le premier élément Do-, Du- représenterait le nom de personne gaulois Dous; le suffixe latin -acum peut devenir -ai ou -ay en français, comme dans Bagacum, qui a donné Bavay. En néerlandais, la ville est nommée Dowaai, signe de son inscription historique dans l’aire flamande.

Douai est une création médiévale qui doit son existence à des conditions naturelles particulières et surtout à sa position de charnière entre le royaume de France et le comté de Flandre. Sur un îlot de la Scarpe, près du gué qui permettait le franchissement, deux noyaux de peuplement ont constitué les points de développement de la ville. La période médiévale fut pour Douai une époque de grande prospérité, due à ses activités commerciales, en particulier la vente des grains, et à son artisanat, en particulier la draperie, ainsi qu’à l’autonomie octroyée par le comte de Flandre, qui donnait à la ville le pouvoir de se gérer elle-même. À son apogée, la cité comptait plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Au XIIe siècle, une dérivation de la Sensée vers la Scarpe, aménagée à Vitry-en-Artois, augmente le débit du fleuve et façonne durablement la physionomie urbaine; gagnant en débit, il devient possible d’augmenter le trafic. À partir de 1301, Douai dispose, par concession du roi Philippe le Bel, d’un droit d’étape qui lui confère le privilège du commerce des grains dans la région, des lieux de production au sud vers les lieux de consommation au nord; ce privilège, qui devint avec le temps la principale ressource de la ville, fut farouchement défendu jusqu’au XVIIIe siècle.

La draperie, moins rémunératrice que le commerce des grains, fait l’âge d’or de Douai qui, au XIIIe siècle, figure aux côtés de Bruges, Gand, Ypres et Lille parmi les cinq « bonnes villes » de Flandre. Selon Georges Espinas, la draperie douaisienne emploie de très nombreux artisans, mobilise de forts capitaux et se diffuse dans toute l’Europe, parfois très loin, jusqu’en Russie au marché de Novgorod, sur les confins de la Baltique, en Italie comme dans la Péninsule Ibérique. Les libertés communales sont sanctionnées par Philippe d’Alsace, comte de Flandre de 1157 à 1191; « la liberté et la loi de Douai », transformant peut-être la coutume en charte, est accordée par Ferrand de Portugal en 1228. Le pouvoir local repose à l’origine sur seize échevins, tous égaux, cooptés selon un système de désignation à plusieurs degrés, et concernant uniquement les bourgeois; les manants comme les forains sont par définition exclus du pouvoir. L’action scabinale s’exprime d’abord par les bans, très nombreux, qui régissent les activités artisanales et l’ensemble de l’édilité de la ville, les fossés et les remparts, l’état des rues et des maisons. Les échevins inscrivent très tôt leur action dans des actes et lieux symboliques, face au bailli qui incarne une présence comtale toujours concurrente: sceau de la ville créé en 1201, halle-palais municipal en 1205, premier chirographe en 1224, premier ban en 1229; le beffroi est élevé au siècle suivant au sommet du palais. En 1330, Robert de Douai fonde la Confrérie des Clercs parisiens, ce qui vaudra à la ville le surnom d’Athènes du Nord. Jusqu’en 1369, Douai, comme Arras, est une cité frontalière disputée entre le roi de France et le comte de Flandre, et change plusieurs fois de maître. En 1369, le roi marie son frère Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, à la fille du comte de Flandre Louis de Male, et redonne au comte la ville de Douai. Passée dans l’orbite d’un duché de Bourgogne de plus en plus puissant, sa position de ville frontière prend toute son importance lors des guerres opposant le roi à Charles le Téméraire; le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien d’Autriche fait de Douai une possession des Habsbourg.

Patrimoine religieux

Douai conserve des vestiges de son passé militaire avec ses fortifications, dont la porte de Valenciennes, la porte d’Arras et la tour des Dames, ainsi que son arsenal, sa fonderie de canons et ses casernes. Le beffroi de Douai, qui surmonte le palais municipal édifié en 1205, fut représenté par Jean-Baptiste-Camille Corot dans un tableau de 1871 conservé au musée du Louvre, et Victor Hugo l’a décrit, admiré et dessiné. La Tour des Dames, tour ronde appartenant à l’enceinte, date de 1425 et est bâtie en grès; elle se dresse aujourd’hui dans un parc du même nom agrémenté d’un plan d’eau. Les ouvrages disparus comprennent la porte Saint-Éloy, dite aussi de Paris, la porte d’Esquerchin ou de Béthune, la porte d’Ocre, la porte de Lille ou Morel, ainsi que les ouvrages d’entrée et de sortie des eaux de la Scarpe. La façade sur cour du palais municipal est ornée de statues allégoriques évoquant les quatre saisons, qui complètent l’iconographie civique de la ville. Le surnom d’Athènes du Nord, hérité de la fondation par Robert de Douai en 1330 de la Confrérie des Clercs parisiens, traduit la place qu’occupait la ville dans la culture cléricale et lettrée du nord du royaume.

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Population

39.648 habitants

Région

Hauts-de-France

Département

Nord
(59)

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