Creil

Histoire de Creil

Creil est une commune de l’Oise, en région Hauts-de-France, qui compte 36 106 habitants. La ville se situe sur les rives de l’Oise, où un ancien gué permettait autrefois la traversée de la rivière au niveau de l’île Saint-Maurice, en contrebas d’un plateau dominant la vallée. Le nom de la cité apparaît pour la première fois dans un texte daté de 656, sous la forme Criolo, dans une Vie de saint Éloi, avant d’être attesté sous les graphies Crioilum vers 672, Credilium en 851, puis Cretheltense castrum dans un texte de 942 désignant le château, et enfin Credulii vers 1115. Selon le linguiste Xavier Delamarre, le second élément du toponyme s’explique vraisemblablement par le gaulois ialo, appellatif désignant un lieu défriché, une clairière, avant de prendre le sens de village; il donne généralement la finale -euil ou -ueil dans le nord de la France, mais exceptionnellement la finale -eil. D’autres auteurs cités par François de Beaurepaire y voient le mot latin creta signifiant craie, hypothèse phonétiquement cohérente puisque des falaises de calcaire dominent la cité sur la rive gauche de l’Oise.

Les traces archéologiques les plus anciennes du territoire communal se trouvent sur le plateau, en limite de Saint-Maximin, où une station d’époque néolithique située sur le site de Canneville a livré de nombreux outils lithiques. Les archéologues estiment que ce site servit d’oppidum à l’époque gauloise, surveillant la vallée de l’Oise depuis l’éperon rocheux. Une petite nécropole de l’âge du bronze final a été mise au jour lors de fouilles réalisées en 1999 et 2000 à l’emplacement du parc d’activité Alata, plus au nord. À l’époque gallo-romaine, le territoire était traversé par la voie reliant Senlis à Beauvais, qui franchissait l’Oise par un gué situé au niveau de l’écluse actuelle. Cette voie traversait un vicus appelé Litanobriga, que plusieurs archéologues situent sur le plateau, à l’entrée de la forêt actuelle de la Haute-Pommeraie.

La première mention historique de Creil remonte aux environs de 633. Selon la Vie de saint Éloi rédigée par Dadon de Rouen, le roi mérovingien Dagobert y reçut alors l’hommage du roi breton Judicaël. Au Moyen Âge, le château de Creil appartint aux seigneurs de Senlis et se dressait sur l’actuelle île Saint-Maurice. Vers 1150, la collégiale Saint-Évremond fut fondée à proximité; elle accueillait des reliques qui firent l’objet d’un pèlerinage très suivi. Louis IX acquit ensuite la seigneurie et les rois de France y résidèrent régulièrement. Charles le Bel y vit le jour. Un bourg se développa sur l’extrémité de l’île ainsi que sur la rive gauche de l’Oise, autour de la nouvelle paroisse Saint-Médard. Le seigneur Louis de Clermont accorda une charte communale aux bourgeois, qui purent dès lors tenir un conseil de ville. Un hôtel-Dieu et une maladrerie sont attestés dans la cité dès cette même période, témoignant de l’organisation déjà avancée des institutions hospitalières et caritatives.

La révolte de la Grande Jacquerie débuta en 1358 à Saint-Leu-d’Esserent, juste au sud de Creil. En 1374, Charles V intervint pour faire restaurer le marché communal, puis racheta la seigneurie l’année suivante à Wenceslas, fils de Béatrice de Bourbon et de Jean de Bohême. Des travaux furent alors lancés pour reconstruire la forteresse. Charles VI, atteint de folie, y fut envoyé en résidence. La ville subit plusieurs combats durant la guerre de Cent Ans et fut définitivement reconquise en 1441. À l’époque moderne, elle fut prise par les Huguenots en 1567, puis occupée durant la Fronde. En 1782, la seigneurie, entrée dans les propriétés des princes de Condé, fut vendue à Pierre Juéry, magistrat d’origine roturière. L’activité économique de la ville se limitait alors à l’exploitation de la pierre et à la meunerie le long de la rivière. En 1797, l’industriel parisien Robert Bray O’Reilly, d’origine irlandaise, créa une manufacture de cristal rapidement transformée en faïencerie, qui inaugura la longue tradition industrielle de la cité au XIXe siècle.

Patrimoine religieux

Creil compte trois monuments historiques sur son territoire communal, parmi lesquels figure son patrimoine religieux issu d’une longue tradition paroissiale. La collégiale Saint-Évremond, fondée vers 1150 à proximité du château seigneurial sur l’île Saint-Maurice, abritait des reliques qui attiraient de nombreux pèlerins durant le Moyen Âge et constituaient l’un des points marquants de la vie religieuse locale. La paroisse Saint-Médard, établie sur la rive gauche de l’Oise au pied du plateau calcaire, accompagna le développement du bourg médiéval qui s’étendit hors de l’île primitive; elle marqua durablement l’organisation religieuse de la cité et structura son développement urbain au-delà du noyau seigneurial originel, autour de la nouvelle communauté de bourgeois autorisée à tenir conseil de ville par charte communale. La présence d’un hôtel-Dieu et d’une maladrerie dès la période médiévale témoigne par ailleurs du rôle d’accueil et de soins assuré par l’Église dans la cité, à un point de passage stratégique de la vallée de l’Oise.

Informations Clés

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Population

36.106 habitants

Région

Hauts-de-France

Département

Oise
(60)

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