Montluçon

Histoire de Montluçon

Montluçon est une sous-préfecture de l’Allier, en région Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 33 342 habitants. La première mention de la ville date du Moyen Âge sous la forme latinisée Monslucii; elle est ensuite attestée sous les formes Monlucum, Montem Lucion en 1202, Montelucionis en 1216, puis Monluzcon, Montluzon, Monlicon, Mohlicon, Molicon, Mollicon, Moluccoz et plusieurs variantes graphiques avant de se fixer dans son orthographe actuelle. Les habitants prononcent généralement la ville « Moluçon » et non Montluçon, prononciation qui a donné son nom aux molussons, bateaux à fonds plats qui naviguaient autrefois sur le Cher avant de rejoindre la Loire. La cité se situe dans le Croissant, zone de transition linguistique entre parlers occitans et de langue d’oïl, dont elle est la plus grande agglomération. Avec Vichy, elle est l’une des deux villes du Bourbonnais croissantais et ce depuis le Moyen Âge, époque où l’on y parlait l’ancien occitan. Le parler local, dit monlusunés, fait partie des dialectes occidentaux du Croissant représentés par le bourbonnais; il est proche de celui du nord de la Marche, notamment de la Creuse. En ancien occitan, la cité se nommait Monlesú; coexistent aujourd’hui les formes Montlussó et Montluçon, prononcée localement [munly’su].

Des traces d’occupation humaine et un mobilier lithique datant du Magdalénien, douze mille ans avant notre ère, ont été retrouvés sur l’esplanade du château. En 2010, une station de plein air de chasseurs-cueilleurs de la même période a été identifiée sur le site des Hauts de Buffon. De nombreux autres sites existent aux alentours, à Nassigny, Prémilhat, Néris-les-Bains, Quinssaines, Lamaids ou Marignon. Durant l’Antiquité, Montluçon faisait partie du territoire des Bituriges Cubes qui donnèrent leur nom au Berry. Après la défaite de Vercingétorix et la conquête romaine, la ville devint un point stratégique: une tradition locale rapporte que les Romains y édifièrent un castrum pour surveiller les Lemovices et les Arvernes. Carrefour entre les axes menant à Évaux-les-Bains, alors Ivaonum, et à Néris-les-Bains, Aquae Neriae, la cité abrita aussi un sanctuaire gallo-romain, le fanum des Hauts de Buffon, occupé du IIe siècle jusqu’à la période carolingienne.

À la suite du déclin de Rome, la haute vallée du Cher fut pillée par plusieurs peuples venus de l’est. Les Wisigoths s’installèrent en 378, avant d’être vaincus par Clovis en 507, qui conquit alors le Berry et l’Auvergne. Des traces d’occupation carolingienne ont également été identifiées sur l’esplanade du château. Au Xe siècle, Montluçon détrôna Néris, jusqu’alors la cité la plus puissante de la région. Située à la frontière du royaume des Francs et du duché d’Aquitaine, la ville connut un grand rayonnement. Après les invasions normandes du IXe siècle, la seigneurie de Montluçon vit le jour pour assurer la défense locale, et devint rapidement la rivale de celle de Bourbon, dont elle partageait l’origine familiale. Lorsque les Hongrois envahirent la région à la fin du IXe siècle et au début du Xe siècle, ils pillèrent Néris, ville alors riche, mais Montluçon, mieux protégée, leur résista. Les survivants de Néris émigrèrent ensuite, pour la plupart, vers Montluçon après la destruction de leur cité.

Le seigneur le plus célèbre de Montluçon fut Odon, qui fit édifier les remparts et le donjon. À sa mort en 998, des religieux venus d’Évaux-les-Bains entreprirent la construction de l’église Saint-Pierre, achevée vers le milieu du XIe siècle. La ville se trouva alors divisée en deux paroisses. Odon n’ayant aucun descendant, la succession seigneuriale passa à son frère Hugon, lui aussi sans enfant, puis à son neveu Archambaud II, qui réunit les seigneuries de Montluçon et de Bourbon. La transmission de la seigneurie est complexe: il existait à la même période un Géraud de Montluçon, frère cadet d’Archambaud de Bourbon, qui ne vivait qu’à Moulins, ainsi que ses enfants; la fusion des deux branches familiales semble s’être faite par un mariage entre Géraud et une fille d’Odon ou de Hugon. Hugues, né en 970, fils de Géraud, devint donc seigneur de Montluçon en succédant à son grand-père. En 1098, lors de la première croisade conduite par Hugues de Bourgogne à la tête de cent mille croisés rejoignant les comtes de Blois et de Vermandois en Terre sainte, on trouve mention dans les listes des effectifs de Guillaume de Montluçon, accompagné de Girard et Maillart de Bourbon, signe que les liens entre les deux maisons demeurèrent étroits.

Patrimoine religieux

Montluçon possède un patrimoine religieux dont certains édifices sont classés au titre des monuments historiques. L’église Saint-Pierre, dont la construction fut entreprise par les religieux d’Évaux-les-Bains après la mort du seigneur Odon en 998 et achevée au milieu du XIe siècle, illustre l’ancienneté de la vie paroissiale dans la cité, qui se trouva alors divisée en deux paroisses distinctes. Plusieurs maisons du vieux Montluçon sont également classées comme monuments historiques, attestant de la richesse architecturale du centre médiéval, organisé autour du château fondé par Odon et de ses remparts.

Informations Clés

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Population

33.342 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Allier
(03)

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