Rambouillet
Histoire de Rambouillet
Rambouillet est une sous-préfecture des Yvelines, en région Île-de-France, qui compte 26 816 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Rumbelitto en 768, Raimboleto en 1052-1053, Rambullet en 1142, Ranbulet en 1153, Rambolhet en 1160, Rambolet en 1199, Ramboilleto en 1230, Remboullet en 1262, Ramboullet en 1344, et Rambouillet en 1617; la commune fut nommée Plein-Bois en 1793. Plusieurs théories anciennes sur l’origine du nom ont été abandonnées au profit des travaux scientifiques d’Auguste Longnon. Comme le montrent les formes anciennes, le nom de Rambouillet est une forme diminutive en -itto, suffixe d’origine latine signifiant « petit Rambeil » ou « petit Rambeuil », lieu mentionné pour la première fois entre 1224 et 1227 dans le Scriptum feodorum du comté de Montfort, situé entre l’actuel faubourg de Groussay et l’ancien fief de Montorgueil, où se trouve la bergerie nationale. Les toponymistes reconnaissent dans la terminaison -euil de Rambeuil une évolution phonétique régulière de [-o]-ialo, latinisé en [-o]-ialum, qui désignait jusqu’au Moyen Âge une clairière, un lieu découvert, un essartage ancien, puis un endroit ou un village.
La commune actuelle de Rambouillet est traversée par la voie romaine reliant Beauvais à Orléans. Sept sites d’occupation antique ont été identifiés sur son territoire. La première mention de l’existence de Rambouillet date de septembre 768: elle figure dans la donation faite par Pépin le Bref à l’abbaye de Saint-Denis, où il expira. Dans cet acte, Rumbelitto est cité comme l’une des limites de la forêt Yveline, alors appelée silva Aequalina. Cette donation, qui inscrivait Rambouillet dans la dépendance de l’abbaye de Saint-Denis, n’eut toutefois pas d’effets durables: Rambouillet entra dans le domaine royal au IXe siècle, puis dans la mouvance des seigneurs de Montfort dès le XIe siècle.
Entre avril 1052 et juillet 1053, Amaury Ier de Montfort donna à l’abbaye de Marmoutier, avec le prieuré de la Trinité de Seincourt situé à Épernon et tout ce qui en dépendait, la casam ecclesie de Raimboleto, c’est-à-dire le presbytère de l’église de Rambouillet, ainsi que les droits d’autel, qui désignaient la nomination du curé et le revenu des messes. Épernon et Montfort furent assiégés en 1097-1098 par Guillaume le Roux, roi d’Angleterre; le pays fut ravagé et Rambouillet ne fut sans doute pas épargné. Amaury III, frère de Simon II de Montfort, devint à la mort de ce dernier seigneur de Montfort et d’Épernon; son héritage passa à ses fils Amaury IV et Simon III dit le Chauve. Le séjour de ce dernier à Rambouillet est attesté par un acte qu’il signa en 1153 avec sa femme Mathilde, donation faite à la léproserie du Grand-Beaulieu près de Chartres, scellée dans l’aula Rambuleti, c’est-à-dire la grande salle où se tenaient les plaids du manoir. Comte d’Évreux et seigneur de Montfort, Simon IV reçut en novembre 1159 des garnisons anglaises qui rendaient dangereuses les communications entre Paris et Étampes; Louis VII demanda une trêve, et la paix fut conclue en mai 1160 par un traité signé entre Henri II, roi d’Angleterre, et Louis VII, qui pardonnait à son vassal révolté et reconnaissait ses droits de gruyer sur la forêt Yveline ainsi que la garde du château royal de Saint-Léger. Simon V, héritant par sa mère Amicie d’un domaine comprenant Montfort, Rochefort et la forêt Yveline, s’embarqua pour la quatrième croisade en 1202 et rapporta un morceau du bois de la Vraie Croix, conservé dans un reliquaire de l’église de Rambouillet jusqu’au vol du 6 octobre 1882. Il participa ensuite à la croisade albigeoise et fut tué le 25 juin 1218 sous les remparts de Toulouse. Son fils aîné Amaury céda les conquêtes paternelles à Louis VIII en février 1224.
Patrimoine religieux
Le château de Rambouillet, dont la construction eut lieu entre 1368 et 1384, reçut au cours des siècles François Rabelais, médecin du roi, et François Ier, qui aimait y chasser et qui y mourut en 1547, dans la tour qui porte depuis son nom. Il fut la propriété de la famille d’Angennes pendant trois siècles, de 1384 à 1699, puis de Joseph Fleuriau d’Armenonville, garde des sceaux de France, du comte de Toulouse, fils naturel légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, et enfin du duc de Penthièvre. Louis XVI l’acquit avec son domaine et fit construire dans le parc la laiterie de la Reine pour Marie-Antoinette. Napoléon Ier fit restaurer le château; il y passa l’une de ses dernières nuits en France, du 29 au 30 juin 1815, avant son exil à Sainte-Hélène. Charles X y arriva dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1830, fuyant Paris à la suite des Trois Glorieuses, et abdiqua dans une pièce du château le 2 août en faveur du duc de Bordeaux. Le président Félix Faure fit de Rambouillet sa résidence d’été en 1896. Jusqu’à la fin de 2009, le château resta l’une des résidences du président de la République, utilisé pour des conférences internationales telles que le sommet du G6 de 1975. L’église Saint-Lubin-et-Saint-Jean-Baptiste, située place Jeanne-d’Arc, est inscrite au titre des monuments historiques. Un morceau du bois de la Vraie Croix, rapporté de la quatrième croisade par Simon V de Montfort, fut conservé dans son reliquaire jusqu’à son vol en 1882.