Lunel
Histoire de Lunel
Lunel est une commune de Hérault, en Occitanie, qui compte 26 185 habitants.
En 115, la plaine marécageuse de Lunel devient territoire romain sous le consulat de Quintus Fabius Maximus. Il est difficile de dater avec précision la naissance de Lunel. Vers 68, sous l’empereur Vespasien vainqueur de la ville, arrivée probable d’un groupe de Juifs originaires de Jéricho (de Luna qui, en hébreu, signifierait Nouvelle Jéricho). En 2001, 2003 et 2006, des fouilles archéologiques ont permis de découvrir un établissement agricole gallo-romain au Mas de Fourques, très probablement à l’origine une villa, si l’on considère la proximité de la via Domitia et du site romain d’Ambrussum. La fouille a en outre révélé l’existence d’un four de potier du début du avant notre ère. En 589, l’évêque Sidoine Apollinaire est le premier à parler, dans le canon du concile de Narbonne, de « l’antique usage » de l’ensevelissement des Juifs de Lunel.
Au Moyen Âge, Lunel dépend de l’évêché de Maguelone. En 888, sous le règne du roi franc Eudes à l’origine des seigneuries sur le modèle des sénioriats, premières organisations municipales instituées par les Romains, Lunel est érigée en baronnie regroupant treize villages. Au seuil de l’an 1000, elle appartient à Bernard d’Anduze, baron de Sauve, qui cède la seigneurie à la famille des Gaucelm d’où est issu saint Gérard, natif de Lunel qui ira vivre en ermite au pont du Gard. Au Moyen Âge, Lunel est un important centre philosophique juif: elle est surnommée « la petite Jérusalem médiévale ». Son école de médecine, qui est aussi très réputée, serait à l’origine de la Faculté de médecine de Montpellier et de son jardin botanique utile à la pharmacopée médiévale.
On situe le quartier juif à la périphérie de l’actuel hôtel de Bernis, près des anciens remparts. Il reste une trace attestée de la présence juive, dans le centre historique de la ville sur une borne totem érigée en 2007. En section D du cadastre, on trouve le cimetière juif; des familles porteront le patronyme de Lunel après leur bannissement, pour le sud du royaume, par lettres patentes de Philippe Le Bel, en 1319. Un sceau de Louis XI atteste le privilège royal accordé à Lunel de faire le commerce du sel. En 1622, Lunel, qui est protestante, est assiégée par l’armée royale. En 1632, à la suite de la paix d’Alès, les fortifications sont démantelées.
Abandonnée depuis deux siècles, l’église de Dassargues est démolie en 1714. En 1728, s’achèvent les travaux d’un canal et d’un port reliant Lunel à la côte. Cet ouvrage est utilisé pendant près de deux siècles pour le transport du vin et du sel, en particulier. Il est en partie comblé dans un souci prophylactique, partiellement en 1941, puis tout à fait en 1972, victime notamment de la concurrence des transports ferroviaires et routiers. Sous la Révolution française, Lunel est un centre d’échanges et de communication très important, le deuxième en importance après Montpellier. Son relais de poste, tenu par une veuve, Élisabeth Garnier, ouvert en permanence, nuit et jour, toute l’année, compte vingt-deux chevaux.
Quant aux voyageurs transportés par les messageries, ils se restaurent à l’, tenue par l’oncle paternel de Louis Médard, où ont fait étape, en période pré-révolutionnaire, John Locke ou Jean-Jacques Rousseau. Les citoyens de la commune se réunissent au sein de la société révolutionnaire, baptisée « société populaire » en l’an II. La ville est aussi le lieu de violents affrontements entre compagnons. En 1816, les tailleurs de pierre « enfants de Salomon » s’affrontant contre les tailleurs de « maître Jacques ». Pendant l’Occupation nazie, en dépit des restrictions subies par la population, des Juifs et des gitans sont cachés à Lunel dont Manitas de Plata. Les Juifs de Montpellier et de Lunel qui sont arrêtés et déportés à Auschwitz sont, à leur arrivée, contraints à une marche de la mort, dépouillés, puis gazés et incinérés à la Ferme rouge (Bunker I).
Depuis 1962 et l’arrivée de vagues migratoires d’Afrique du Nord, la population de Lunel a triplé. Cela s’est accompagné d’une reconfiguration de la répartition de la population dans l’espace urbain avec un départ à la périphérie des classes aisées et un délabrement progressif du centre-ville. Le démographe Hervé Le Bras relève en cela que. Il laisse en suspens la question de savoir, notant que dans de nombreuses villes suivant le même schéma, le développement de supermarchés en périphérie a fait fermer les commerces de proximité, faisant perdre aux gens les repères de la vie de village, cela expliquant en partie la montée du Front national depuis les années 1980 dans la région (lors des élections municipales de 2014, le FN se classait deuxième). La ville de Lunel est associée à la genèse de l’expression « grand remplacement », popularisée par l’écrivain Renaud Camus. Selon ce dernier, il a conçu cette formule dans les années 1990 alors qu’il parcourait la région de Lunel. Il l’a prononcée publiquement pour la première fois lors d’une conférence intitulée « Le Grand Remplacement », donnée dans la ville le 26 novembre 2010. Depuis la fin des années 1990, la ville est évoquée dans la presse pour illustrer le développement de l’islamisme radical en France, avec la filière de Lunel.
En 2014-2015, le nom de Lunel est en effet à plusieurs reprises mentionné dans les médias nationaux et internationaux à la suite du départ, « dans une ville où vit une importante population d’origine maghrébine », de plusieurs de ses habitants pour participer à la guerre civile en Syrie, dans les rangs des djihadistes de l’État islamique. L’anguille aimant chasser dans l’obscurité des nuits sans lune, les pêcheurs ne la pêchent que lors des nuits les plus sombres. Comme l’astre nocturne se faisait de plus en plus discret on en déduisit que les gens des marais l’avaient tout simplement pêchée. Ainsi naquit la légende des pêcheurs de lune, ce qui en occitan donne les « Pescalunes ». Autre version: Ninon et Albin s’aimaient malgré le désaccord de leurs parents; le couple raconta qu’il avait vu la lune. Au milieu de l’eau lors de leur promenade, on confectionna une canne à pêcher qui comportait un grand panier d’osier, mais la Lune ne put être récupérée.
Alors le rabbin (donc histoire juive?) touché par Albin lui donna la solution pour ramener la lune au-dessus de Lunel, Ninon devait devenir sa fiancée.