Béthune
Histoire de Béthune
Béthune est une commune de Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, qui compte 24 992 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Bitunia au; Betuna en 1121; Bethuna en 1127; Betunia en 1138; Bethunia en 1152; Bitunes en 1181; Bethenes en 1206; Biethune en 1217; Bethunes en 1257; Biéthunne en 1280; Bétune en 1288; Bethuna en 1300; Betthune en 1327; Urbs Bethunea en 1674; Bethune en 1793 et Béthune depuis 1801, à moins qu’il ne s’agisse d’un type *Bi-tun formé des éléments bi « autour » et tūn. La forme flamande est Betun et Bétheune en picard.
L’homme de Néandertal occupe la région, à proximité d’Arras, il y a. Des pointes barbelées en os et bois de cervidé (datées autour de ) ont été retrouvées à Béthune et Beuvry, ainsi que des outils plus récents dans le marais de Beuvry (-7000 à, au Mésolithique). Au Néolithique (-4000 à ), l’activité s’oriente vers l’agriculture et l’élevage; une occupation à l’âge du bronze (-1600 à -800) est également attestée sur le territoire de Beuvry. À l’époque gallo-romaine, une villa occupe le lieu-dit le Château Brunehaut. Les premières traces d’habitation remontent au -. Vers 502, saint Vaast, évêque d’Arras et évangélisateur de l’Artois, fait construire l’église dédiée à la Vierge au bord de la confluence de la Lawe et de la Blanche, au lieu-dit Catorive (peut-être « Castel de la rive »), devenu pauvre faubourg batelier de Béthune depuis l’extension de la partie navigable de la Lawe jusqu’au centre-ville en 1510. Cette église se trouvait à l’emplacement de l’actuelle école Pasteur. Elle fut consacrée à saint Vaast au début du puis détruite au par Charles-Quint lors des travaux de fortification de Catorive: l’empereur fit construire une nouvelle église Saint-Vaast au centre de Béthune, la bâtisse la plus caractéristique de la cité aujourd’hui avec le beffroi.
Sous Charlemagne, vers 800, le Béthunois compte à. Cette population est multipliée par 10 dans les qui suivent. Les premières traces écrites mentionnant la seigneurie de Béthune remontent à 940. Cette seigneurie formait le nord-ouest de l’ancienne cité des Atrébates; elle fut probablement soumise à l’autorité des comtes de Flandre depuis le règne d’Arnoul le Grand et y demeura attachée jusqu’au. Les seigneurs de Béthune étaient, à titre héréditaire, avoués de Saint-Vaast d’Arras; c’est ce qui leur valut la qualification d’avoués de Béthune. En 1188, la ville est de nouveau affectée par une épidémie de peste, favorisée par un sol marécageux et le manque d’hygiène. Les morts ne sont alors pas enterrés et les malades non soignés. La légende raconte que saint Éloi apparaît alors en songe à deux maréchaux-ferrants, Germon de Beuvry et Gauthier de Béthune.
Il leur demande de se réunir pour fonder une charité. Les deux hommes, réunis au Quinty, créent la Confrérie des Charitables de Saint-Éloi, chargée d’assurer les enterrements de tous. La confrérie existe encore de nos jours. Robert IV, par la paix d’Arras (1191), devient vassal immédiat du roi de France pour Béthune, Richebourg, mais demeure vassal du comte de Flandre pour Warneton. Son frère Guillaume II, qui lui succède, épouse Mathilde, fille de Gauthier II, héritière de Termonde, Lokeren, Meulebeke et de l’avouerie de Saint-Bavon de Gand. Viennent ensuite ses deux fils: Daniel qui meurt en 1226 sans postérité, et Robert VII, qui remet en apanage à son frère Guillaume Lokeren et Meulebeke. En 1222, le château est reconstruit et entouré de murailles sur trois côtés. En 1245 Gui de Dampierre épouse Mathilde (Mahaut), fille de Robert VII.
Elle lui apporte en dot les espérances qui se réalisèrent à la mort de son père, en 1248, et qui firent passer au comte de Flandre les seigneuries de Béthune, de Termonde, de Richebourg, de Warneton et l’avouerie d’Arras. En effet, elle n’avait qu’une sœur, Élisabeth, qui obtint une autre part de l’héritage. Robert (dit de Béthune), fils de Gui et de Mahaut, fut investi de l’héritage de la maison de Béthune dès 1265. La richesse agronomique des sols entraîne une certaine prospérité du Béthunois vers 1300, accompagnée d’une forte croissance démographique (population estimée à à ). En 1297, Gui de Dampierre, comte de Flandre défie le roi de France, Philippe le Bel. Le roi s’empare des plus fortes places de la Flandre. Les bourgeois de Béthune en profitent pour se révolter contre l’autorité du comte de Flandre et se soumettre au roi de France. À l’avènement de Robert de Béthune, en 1305, il cède à son frère Guillaume Termonde et Richebourg.
La châtellenie de Béthune est remise par le traité d’Athis aux mains de Philippe le Bel, qui n’attend pas, pour en disposer, que le traité de Pontoise (1312) rende définitive l’aliénation de la Flandre gallicane. Comme son second fils, Philippe de Poitiers, avait épousé la fille de la comtesse Mahaut d’Artois et que la dot de cette princesse assise en Franche-Comté dépassait le chiffre de la rente convenue, le roi, à titre de dédommagement, lui délivra en 1311 la châtellenie de Béthune, qui devait plus tard, avec la masse de la succession de Mahaut d’Artois, revenir à la Flandre. Durant la guerre de Cent Ans ( – ), les Béthunois défendent avec ténacité la ville des attaques des armées flamandes. En récompense, les bourgeois de Béthune leur permettent la construction d’un beffroi avec droit de cloche et de prison. Le premier beffroi en bois est détruit dans un incendie. Il est reconstruit en grès en 1388. En 1447, un second incendie détruit à nouveau une partie des habitations. En 1906, une usine de pesage, Aequitas, s’installe en face de l’actuelle « friche Testut » près de la gare et vient conforter le secteur de l’horlogerie.
La Première Guerre mondiale entraîne la destruction de près de la moitié de la ville. L’armée allemande n’occupe pas la commune durant le conflit. Le président du Conseil des ministres Georges Clemenceau visite Béthune et autres communes non tenues par les Allemands le 25 février 1918. Le 12 avril 1918, les forces ennemies se rapprochant de Béthune, le sous-préfet Adrien Bonnefoy-Sibour ordonne l’évacuation de la ville, le conseil municipal s’exile à Berck-sur-mer. L’armée allemande bombarde le centre-ville le 20, le détruisant quasi intégralement à l’exception du beffroi pendant quatre jou
Au début des années 1930, la ville a retrouvé la prospérité que la crise économique des années 1933-1934 (Grande Dépression en France) va venir affecter: chômage dans les Houillères, faillites d’entreprises, de commerces, de banques. En 1939, la situation s’est améliorée mais arrive la Seconde Guerre mondiale. Au début de la Seconde Guerre mondiale, la population de Béthune participe au premier des actes de résistance collective à l’occupation nazie en France, et le plus massif en nombre, la grève patriotique des cent mille mineurs du Nord-Pas-de-Calais de mai-juin 1941, qui prive les Allemands de de charbon pendant près de 2 semaines, déclenchant 400 arrestations, des exécutions et la déportation de. Au début de la Seconde Guerre mondiale, la ville connaît successivement l’exode des Belges et des frontaliers (à la mi-mai 1940), des bombardements les 10 et 22 mai, l’arrivée de l’occupant allemand le 24 puis celle des prisonniers des environs. La population subit des rafles, des prises d’otages, des restrictions et surveillances. La résistance locale s’organise à partir de la fin 1940. Le 17 décembre 1940, les juifs de Boulogne-sur-Mer, juifs de familles de vieille souche française, et de Béthune sont internés dans un camp à Troyes. De nouveaux bombardements, anglais, ont lieu à partir du 27 avril 1944 et jusqu’au début du mois de juin.
Les Allemands quittent Béthune à partir du septembre 1944; la libération s’effectue le 4 par la blindée Britannique. En 1956, la fermeture des mines s’organise à l’ouest du bassin minier, du côté de Béthune et Bruay. En 1964, le fabricant de pneus Firestone s’implante à Béthune et emploie plus de. La plasturgie emploie également dans le secteur de Béthune – Bruay. Les établissements Testut, spécialisés dans la commercialisation d’appareils de pesage, créés en 1820, s’implantent à Béthune en 1971. En 1983, ils emploient encore. Puis le site ferme et devient une friche, aménagée dans les années 2010 en écoquartier. De son côté, Béthune fusionne aussi avec des communes limitrophes.
La fusion avec Verquigneul est réalisée le 10 décembre 1990, ce qui augmente la population béthunoise de. Le 1, une nouvelle fusion est actée, cette fois avec Beuvry, ce qui amène de plus à Béthune. La fusion avec Beuvry est annulée par le préfet le 20 novembre 1997. Verquigneul se sépare de Béthune le 1 après avoir suivi un processus similaire.
Patrimoine religieux
La Grand-Place est historiquement la place principale de la commune. Elle accueillait au Moyen Âge une halle échevinale, qui jouait le même rôle et était située au même emplacement que l’actuel hôtel de ville. La place, détruite durant la Première Guerre mondiale à l’exception du beffroi, a été reconstruite entre 1920 et 1927 par un groupe d’architectes dirigé par Louis Marie Cordonnier, dans le goût de l’après-guerre; l’architecture éclectique se mêle au néo-régionalisme et à l’Art déco.En partie détruit à la suite des bombardements de la Première Guerre mondiale, l’hôtel de ville a été reconstruit en 1926 sur les plans de l’architecte Jacques Alleman. Il est situé à l’emplacement de l’hôtel de ville détruit et adopte les mêmes dispositifs architecturaux que les maisons qui l’entourent, mais à une échelle monumentale. L’ancienne tour Saint-Ignace est une tour d’artillerie datant. Elle faisait partie des fortifications qui protégeaient la ville. Ancien magasin à poudre, sa construction daterait de 1416.
Des fortifications en partie détruites à la suite des invasions espagnoles et autrichiennes, il ne reste que cette tour et le bastion de Saint-Pry. Le beffroi a été construit en 1388 près de la halle échevinale. La tour, d’une hauteur de, est surmontée d’un campanile de lui-même surmonté d’un dragon. Il a été classé dès 1862 à l’inventaire des monuments historiques. Il fait partie des qui sont inscrits au patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en 2005 au sein de la liste des « beffrois de Belgique et de France ».
Outre les monuments précédents plusieurs bâtiments sont intéressants, en particulier l’église Saint-Vaast, les boves, la gare ou l’ancienne Banque de France. L’église Saint-Vaast, qui avait été, à l’origine, construite en 1547 par ordonnance de Charles Quint, fut détruite en 1918. Elle fut intégralement reconstruite d’après les plans de l’architecte Louis Marie Cordonnier entre 1924 et 1927. Les caves, appelées « boves », servirent d’abris aux Béthunois lors de la Première Guerre mondiale. Le monument aux morts et les autres lieux de mémoire.