Villeneuve-Loubet

Histoire de Villeneuve-Loubet

Villeneuve-Loubet est une commune des Alpes-Maritimes, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 16 779 habitants. Les plus anciennes traces d’occupation sur le territoire remontent à la protohistoire, avec un habitat dispersé sur plusieurs sites. Les vestiges les plus importants datent toutefois de l’âge du fer et surtout de la période romaine. La commune se distingue par la diversité de ses sites archéologiques, qui couvrent une longue séquence chronologique allant de l’âge du fer à l’Antiquité tardive et témoignent d’une continuité d’occupation jusqu’au Moyen Âge.

Le site de Saint-Andrieu, situé sur une colline surplombant la mer près de la limite avec Cagnes-sur-Mer, a été fouillé dans les années 1970 par Georges Rogers. Il a livré les traces d’un habitat de hauteur indigène, probablement attribué aux Ligures Décéates. Une tradition locale, fondée sur une surinterprétation des sources, voulait y reconnaître Aegytna, capitale des Décéates détruite en 154 av. J.-C. par le consul romain Quintus Opimius, mais les découvertes archéologiques contredisent cette hypothèse. Les fouilles ont révélé un mobilier témoignant d’échanges intenses avec les Grecs de Marseille, par l’intermédiaire d’Antibes, et une occupation continue depuis le IVe siècle av. J.-C. jusqu’à l’époque d’Auguste. Les céramiques importées (amphores de Marseille, amphores italiques, céramique grise monochrome, céramiques campaniennes, sigillées italiques) sont associées à des céramiques modelées indigènes. Sous l’Empire, le site est restructuré: une exploitation agricole avec un pressoir destiné à la production d’huile ou de vin remplace l’habitat indigène. Des niveaux du Bas-Empire, riches en céramiques importées (sigillées claires gauloises, sigillées claires africaines, lampes à huile), ont été identifiés. Les couches superficielles ont fourni des céramiques de l’Antiquité tardive et du Moyen Âge antérieur au XIIIe siècle, associées à des structures de stockage enterrées (silos) et à des restes de murs: il pourrait s’agir des ultimes traces d’une agglomération antérieure à la création de Villeneuve-Loubet, dont la chapelle Saint-Andrieu aurait été le centre spirituel.

Le site du Cloteirol, moins étudié, présente un habitat de hauteur protégé par une enceinte en pierres sèches, souvent considéré comme un oppidum des anciennes populations ligures. Le mobilier conservé au Musée d’art et d’histoire de Provence à Grasse révèle une occupation depuis l’extrême fin de l’âge du fer, une transformation en petite agglomération agricole au Haut-Empire et un abandon durant l’Antiquité tardive. Une stèle funéraire datée de l’époque romaine y a également été mise au jour. Le parc de Vaugrenier abrite quant à lui un grand nombre de sites antiques. Le plus ancien se trouve sur les pentes de la colline au centre du parc, en contrebas d’une petite ferme datée du IIe siècle av. J.-C., autrefois qualifiée à tort de maison gréco-ligure par les fouilleurs des années 1960. Il s’agit d’un sanctuaire de plein air, où des céramiques portant des inscriptions dédicatoires en langue grecque étaient fracassées et ainsi sacrifiées. On connaît d’autres sanctuaires similaires dans l’aire culturelle des Grecs de Marseille, notamment l’Acapte à Giens et la katoikia d’Olbia sur le territoire de Hyères. Ce sanctuaire semble avoir fonctionné entre le IIIe et le début de l’époque d’Auguste. Les fouilles menées depuis les années 1960 au sud-est du parc ont également mis au jour une petite agglomération d’époque romaine, organisée de part et d’autre d’un tronçon de la via Julia Augusta fondée sous le règne d’Auguste, qui traverse le parc et l’étang de Vaugrenier en direction d’Antibes. Le monument le plus spectaculaire est un temple de tradition italique, dont la construction est contemporaine du tracé de la voie.

Patrimoine religieux

Le vieux village de Villeneuve-Loubet est implanté sur les pentes d’un éperon rocheux, dominant la vallée du Loup et offrant une vue qui s’étend jusqu’à la mer. Le bâti s’organise autour du château, et les rues suivent les courbes de niveau, ayant généré la construction de maisons par étages. Le village médiéval, qui occupait vraisemblablement les pentes de la même colline, a totalement disparu: il ne subsiste, comme témoin de cette époque, que le château. Reconstruit au XIVe siècle sous l’impulsion des Lascaris de Tende, après les grandes épidémies qui avaient causé son déclin, le village offre aujourd’hui des portes de style Renaissance, des calades fleuries et des ruelles qui conduisent à l’église Saint-Marc ou au musée de l’Art culinaire, aménagé dans la maison natale d’Auguste Escoffier. On y observe également deux lavoirs récents, datés de 1948, l’eau courante n’étant arrivée que tardivement dans le village. Le château, fondé au XIIe siècle par Romée de Villeneuve, se compose de quatre bâtiments autour d’une cour intérieure trapézoïdale et d’un donjon de forme pentagonale, avec une tour à chacun des quatre angles. Protégé par deux enceintes munies de créneaux et de meurtrières, il a gardé l’allure austère d’une forteresse médiévale. Claude de Savoie y accueillit son cousin germain François Ier, et c’est dans ses murs que le roi de France signa la trêve de Nice le 18 juin 1538. Le château, confié ensuite à des intendants, se dégrada peu à peu, jusqu’à son rachat en 1679 par Auguste de Thomas, qui le fit restaurer; il entra par héritage dans la famille de Panisse-Passis en 1742. L’église Saint-Marc, construite à l’origine à la fin du Moyen Âge sous l’initiative des Lascaris, comtes de Tende et seigneurs de Villeneuve, fut d’abord consacrée à Notre-Dame du Gaudelet avant d’être dédiée à saint Marc, saint patron de Villeneuve depuis plusieurs siècles. Une nef de trois travées se prolonge par un chœur de même largeur.

Informations Clés

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Population

16.779 habitants

Région

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Département

Alpes-Maritimes
(06)

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