La Baule-Escoublac

Histoire de La Baule-Escoublac

La Baule-Escoublac est une commune de Loire-Atlantique, en Pays de la Loire, qui compte 16 468 habitants. La commune a porté successivement les noms d’Escoublac, puis d’Escoublac-La Baule à partir de 1925, enfin de La Baule-Escoublac à partir de 1962. Dès la fin du, La Baule est le nom le plus connu de la station balnéaire d’Escoublac: en effet, les estivants y arrivant à Escoublac descendent dans une gare nommée Gare de la Baule (le lieudit où elle a été construite), ce qui a très vite occulté le nom d’Escoublac pour la plupart des touristes. Le 1 juillet 1924, la commune est classée en « station climatique » avec le nom (touristique) d’« Escoublac-La Baule ».

Ce nom est officialisé l’année suivante, après l’élection de Roger de Lapeyrouse comme maire (10 mai 1925). Le 13, le conseil municipal décide à une faible majorité de remplacer Escoublac-la-Baule par La Baule-Escoublac, décision entérinée par décret du gouvernement le 16 mai 1962 et beaucoup plus tard à Batz-sur-Mer. Après le recul du breton, les habitants parlent couramment un dialecte de langue d’oïl spécifique, le gallo.

Le nom de la commune en breton est, attesté à la fin. Cependant, l’Office public de la langue bretonne donne la forme Ar Baol-Skoulag. En gallo, le nom de la commune est attesté sous la forme Ecoubllâ (écriture ABCD) ou Écoubiâ (écriture MOGA) et se prononce ou bien encore La Baull-Escóblac (écriture ELG).

« Escoublac » est le nom de la paroisse avant de devenir celui de la commune en 1790.

Des vestiges archéologiques ont été mis au jour sur le territoire de la commune et sont répertoriés par le service régional de l’archéologie de la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) des Pays de la Loire. Les traces d’occupation les plus anciennes proviennent du Paléolithique moyen, c’est-à-dire dans une période s’étendant de à av. Elles sont situées le long de la, à l’extrême nord-ouest du territoire, au lieu-dit « La Métairie de Villeneuve ». Le dolmen de Tréveday et des traces d’occupation du lieu-dit « Les Morlaines » datent du Néolithique, « La Métairie de Villeneuve » présente également des vestiges d’occupation datant du Néolithique final, soit La période du Bronze moyen est représentée par un fossé au lieu-dit « Kerivaud » et par des traces d’occupation au « Menigo » (partie centrale de la commune). Aux « Morlaines » encore, habitat et production de sel ont laissé des vestiges datant de La Tène, soit à. Des fouilles archéologiques, conduites par l’Institut national de recherches archéologiques préventives et en cours en 2021, mettent en évidence une occupation gauloise dense sur.

Il pourrait s’agir d’une importante agglomération occupée entre le et, caractérisée par la présence d’au moins deux voies de desserte et des activités commerciales et artisanales. Des vestiges de l’âge du fer ont été retrouvés lors de fouilles préventives en 2021, le long de la route du Quesquello, sur les lieux d’un futur lotissement. Des vestiges de la période gallo-romaine, dont certains datés du Haut-Empire romain, ont été découverts au cimetière paysager Bel-Air, au lieu-dit « La Ville Massonnet » et à celui des « Voilées » sous forme d’habitat et d’enclos. Les dunes sont apparues postérieurement à l’époque antique. Elles ont envahi les anciens marais côtiers, en progressant d’ouest en est, atteignant à la fin du l’ancien village d’Escoublac. Le premier bourg d’Escoublac se dresse probablement sur un rocher escarpé, poste d’observation sur une côte moins ensablée qu’au Moyen Âge. Un espace fortifié datant du Moyen Âge central a été mis au jour dans le bois d’Escoublac. Le prieuré de Saint-Louis a, d’autre part, été fondé par des moines bénédictins, près du lieu-dit Le Guézy, vers l’.

En 1050, l’évêque de Nantes fait appel à des moines de l’abbaye de Saint-Florent-le-Vieil pour assister la population d’Escoublac et fonder un prieuré, avec cette clause: « que les religieux devraient pourvoir de bénéfices les quatre fils du recteur ». Sous l’épiscopat de, une charte établie à Chantenay, datée de 1073, confirme cette disposition. La paroisse est d’abord dédiée à. La foire de saint Servais est connue, avec la foire du lundi de l’Assomption et celle de saint Georges, depuis 1441 à Escoublac.

Elle a persisté jusqu’en 1914, sous le nom de « foire aux chapeaux de paille ». Un événement encore à identifier survient en 1450, entraînant la diminution du nombre d’habitants de près de; cette catastrophe, si tant est qu’elle soit réellement survenue, pourrait être la conséquence d’un raz-de-marée, mais également d’un épisode de la guerre de Cent Ans ou de la peste. Une partie des survivants, ceux qui ne se seraient pas réfugiés autour du prieuré bénédictin Saint-Pierre, auraient fondé le village du Pouliguen avec des Guérandais. Le premier bourg d’Escoublac est complètement abandonné en 1527. Le deuxième bourg d’Escoublac se développe aux alentours du prieuré Saint-Pierre, dans l’actuelle forêt d’Escoublac, où les habitants construisent bientôt l’église Notre-Dame-la-Blanche. Les digues, appelées « turcies » semblent, au début du, en mesure de protéger la côte et le bourg de l’avancée des sables; des corvées sont organisées afin de les entretenir. La châtellenie d’Escoublac semble avoir été érigée. Elle appartient à Auffroy d’Escoublac en 1070 et à Robert de Lesnerac en 1388.

. En 1423, la châtellenie appartient à Lancelot de Goyon, frère du précédent. Prisonnier des Anglais, il en est libéré grâce au versement d’une rançon de d’or rendue possible par le rachat de la châtellenie par Pierre de L’Hôpital sur la demande de Jean V de Bretagne|. La famille de L’Hôpital conserve la seigneurie jusqu’en 1553, François de l’Hospital succédant à Pierre en 1470. Viennent ensuite Poncet de l’Hospital, Christophe de l’Hospital puis Gilles de l’Hospital en 1500. En 1886, le télégraphe est installé à Escoublac. En 1892, un bureau de poste et télégraphe temporaire, dit « de la Casbah » est ouvert à La Baule, à l’origine durant la saison des bains, de juin à octobre, et en 1895, les appareils télégraphiques d’Escoublac sont transférés temporairement à La Baule durant la saison balnéaire. Le 11 mars 1896 est créée la recette auxiliaire rurale des Postes de la mairie d’Escoublac, succédant au service de poste journalier rural organisé en 1835 et au bureau de distribution de 1872. En 1903, la recette de la Casbah est érigée en bureau permanent constituant la première cabine téléphonique de la commune. La recette simple des Postes de permanente demeure dans l’immeuble de la Casbah jusqu’en 1921. Le premier hôtel des Postes se situe à l’emplacement de l’actuel office du tourisme de 1920 à 1936. La nouvelle poste est construite en 1936, avenue de la Gare, sur des plans des architectes Paul-Henri Datessen et Gabriel Guchet. La poste de La Baule-les-Pins, à l’angle des avenues Sarah-Bernhardt et de la Grande Dune, est l’œuvre de l’architecte Noël Le Maresquier, grand prix de Rome en 1930. Par décision du conseil municipal du 20 juin 1937 naît le camping-caravaning municipal, auquel conduit l’allée de Diane.

Station balnéaire fréquentée par les stars dans les années 1950 et 1960, elle s’adapte au tourisme de masse individualisé dans les années 1970 qui voient des barres fonctionnelles se dresser à la place des villas. En lien avec la mise en place de la loi Littoral, l’artificialisation de front de mer se ralentit entre 1985 et 1999. En 1986, l’électrification de la voie ferrée jusqu’au Croisic est réalisée. Depuis le 24, le TGV Atlantique permet de relier La Baule à Paris en près de trois heures. En 1990, le président François Mitterrand prononce à La Baule un célèbre discours, dit « discours de La Baule », où il invite les pays d’Afrique à lancer un processus de démocratisation dans le contexte de la fin de la guerre froide. Depuis les années 1990, la commune rompt avec ce modèle touristique et entre dans le post-tourisme qui se caractérise par un recul de l’hébergement marchand et une augmentation de la population résidentielle, pour une large part des personnes âgées. En juin 1917, l’, dite « La Baule-Escoublac », est stationnée sur l’aérodrome d’Escoublac sous le commandement du capitaine Lallemand; ses ordres sont de protéger les convois navals entrant et sortant de Saint-Nazaire. Elle est ensuite basée au Croisic, dont le terrain d’aviation est moins exigu, à partir du 1 février 1918 et ce jusqu’en avril de la même année, puis partiellement détachée à l’île d’Yeu; elle est dissoute le 31 décembre 1918, sans totaliser de victoire homologuée ou probable.

. Le coût du premier conflit mondial est particulièrement élevé dans la commune: morts à la guerre soit plus de 8 % de la population. arrêté par la Gestapo à Escoublac-la-Baule.|alt=Portrait photo en noir et blanc d’un homme moustachu en costume. Dès la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne, le 3 septembre 1939, la municipalité organise un comité d’accueil des réfugiés, aux côtés du comité de la propriété bâtie. Un service médical à leur intention est créé. Le recensement du 18 septembre 1939 relève puis, en janvier 1940, 663 de façon temporaire, puisqu’en décembre 1940, on n’en dénombre plus que 196. Durant cet hiver, La Baule ne désemplit pas, accueillant près de qui poursuivent leurs études dans la cité balnéaire, ayant fui les universités parisiennes; une école préparatoire aux concours des grandes écoles est installée dans la villa El Cid.

Le 21 octobre 1939, la mairie d’Escoublac-la-Baule donne son accord aux autorités militaires pour créer un cimetière anglais à La Ville-Halgand. En 1943, y sont recensées, dont celles de nombre de naufragés du RMS Lancastria, paquebot transatlantique britannique coulé le 17 juin 1940 devant Saint-Nazaire. C’est le 23 juin 1940 que les premiers soldats allemands de la pénètrent dans la localité. Infanterie-Division s’y installent à partir de juillet suivant. Le 24 juin 1940, les Allemands réquisitionnent l’aérodrome d’Escoublac. Le 13 août 1940, Lluís Companys, nationaliste catalan et président de la généralité de Catalogne, est arrêté par la Gestapo à Escoublac-la-Baule. Interrogé à Paris puis transféré en Espagne, il est fusillé à Barcelone le 15 octobre 1940 de la même année. Armeekorps, sous le commandement du General der Infanterie Karl Ritter von Prager installe son état-major à Escoublac-la-Baule; ce quartier général y demeure jusqu’en avril 1942.

Le 1 janvier 1943, le Generalleutnant Friedrich-Georg Eberhardt, à la tête de la 38. (Infanterie Divizione), installe ses quartiers à Escoublac-la-Baule. D’autres unités vont se succéder dans la localité, comme le 9 avril 1943, la 94. commandée par le General der Artillerie Georg Pfeiffer ou, le 1 mai 1943, la 76. Du 4 octobre 1943 au 12 février 1944, c’est la 243. qui s’installe dans la localité. lui succède de façon éphémère, le débarquement allié venant de commencer en Normandie. Entre le, sont arrêtés à Escoublac-la-Baule par les Allemands, aidés par la police nationale française; sont déportés à Auschwitz.

Le 3 janvier 1943, un combat aérien oppose au-dessus de la localité des chasseurs de la Luftwaffe à des bombardiers américains. L’un de ces derniers est abattu et s’abat à côté de la villa La Grande Dune. À la suite du sabotage du train de travailleurs La Baule – Saint-Nazaire, le 19 janvier 1945, ayant entraîné et, le maire d’Escoublac-la-Baule, Marcel Rigaud, doit servir chaque jour de bouclier humain, aux côtés de cinq autres notables baulois, à bord de chaque train de cette même liaison. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, à cause de l’existence de la poche de Saint-Nazaire, l’occupation allemande se prolonge à Escoublac-la-Baule comme dans l’ensemble des localités voisines de l’estuaire durant, la reddition effective de la poche intervenant après la capitulation du Troisième Reich. Le monument aux morts qui fait face à la Poste rappelle les noms de morts durant le second conflit mondial sur les recensés entre La Baule et Escoublac.

Patrimoine religieux

|alt=Vue en couleur d’un phare orné de deux bandes horizontales blanches. Par ailleurs, la commune compte huit objets répertoriés à l’inventaire des monuments historiques. Parmi ceux-ci figure le sloop de plaisance Le Lady Trix construit en Écosse par les chantiers navals de Bannatyne en 1909. Le front de mer a été bordé de villas entre 1880 et les Années folles, mais sa physionomie s’est progressivement modifiée à partir des, lorsque la station balnéaire s’est popularisée.

Au il est constitué principalement d’immeubles de taille moyenne construits après 1960. Il reste de nombreuses villas de la Belle Époque, notamment en arrière du littoral. La zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) rassemble, parmi lesquels sont distinguées en patrimoine exceptionnel

Une bâtisse (sur un terrain privé, avenue de la Tour), parfois présentée comme le reste d’une lanterne des morts, est probablement la base d’un moulin de structure particulière, avec partie supérieure en bois, dit « moulin turquois ». Le moulin de Beauregard ou moulin de la falaise (chemin du Moulin) existait au et est resté en activité jusqu’en 1922. Le manoir de Ker-Allan bâti en granit au est le seul de la commune à avoir conservé une fuie; sur le domaine se trouve une chapelle initialement consacrée à Saint-Nicolas, puis transformée en pressoir. Datant également du, le château de la Saudraie (chemin du Ménigot) comporte une tour carrée peu fréquente dans la région. Le château de Lesnerac a été bâti.

Du à 1789, Escoublac demeure sous la juridiction seigneuriale de Lesnerac. Au début du son propriétaire, le comte de Sesmaisons, crée la grande allée joignant le château à la route de Guérande et fait construire deux pavillons italianisants au bord de cette route. Le manoir de Brédérac (route de Brédérac) du a été la propriété du poète Paul Desforges-Maillard connu pour avoir mystifié le monde des lettres, notamment Voltaire, en se faisant passer pour une poétesse. L’église Saint-Pierre d’Escoublac inaugurée en 1786, et située à Escoublac, comprend des éléments de style médiéval telle sa tourelle, et rassemble certains éléments de l’ancienne église enfouie sous les sables, comme quelques vitraux, le maître-autel et certaines statues. Le chemin de croix est de 1935, par le peintre Xavier de Langlais.

Informations Clés

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Population

16.468 habitants

Région

Pays de la Loire

Département

Loire-Atlantique
(44)

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