Vendôme
Histoire de Vendôme
Vendôme est une commune de Loir-et-Cher, en Centre-Val de Loire, qui compte 15 747 habitants. Vendôme, à l’époque romaine Vindocinum, est un nom d’origine gauloise, findos signifiant blanc, et cunon ou cinon donnant l’idée de hauteur. La ville est effectivement située sur un coteau crayeux.
À la préhistoire, le Loir divisé en plusieurs bras favorise l’implantation humaine, bientôt suivie d’un habitat troglodyte creusé dans le coteau, rive gauche. Sous l’Empire romain, la région est évangélisée par Martin de Tours. Située au creux de la vallée du Loir, Vendôme était la capitale du comté de Vendôme, dont l’existence est attestée dès le, et qui deviendra duché au, puis élection. À partir de la fin du, le comté de Vendôme, puis le duché jusqu’à l’accession d’ au trône, vont appartenir à une branche de la famille royale: les Bourbon-Vendôme. En 1790, la ville devient simple arrondissement et sous-préfecture de Loir-et-Cher, sous la tutelle de Blois. À partir du, l’arrondissement de Vendôme sera regardé, sous l’influence des travaux d’érudition locale et bientôt de la promotion du tourisme dans la vallée du Loir, comme un pays traditionnel: le Vendômois, réellement valorisé par la rivière du Loir qui la traverse, lui donne son charme et sa région du Perche, diversifiée et verdoyante. Vendôme possédait quatre paroisses: deux paroisses intra-muros (Saint-Martin et La Madeleine) et deux paroisses extra-muros (Saint-Bié ou Bienheuré et Saint-Lubin). La collégiale Saint-Georges était considérée comme paroissiale pour les habitants du château où elle était établie.
La paroisse de La Trinité est formée par la réunion de celles de Saint-Bié et de Saint-Lubin, puis le décret du supprime les paroisses ayant existé et fait de la paroisse de La Trinité l’église paroissiale. Sur le promontoire rocheux méridional se situe le donjon primitif du château de Vendôme. Il a probablement succédé au à un castrum romain, lui-même précédé par un oppidum gaulois. L’abbaye de la Trinité fondée en 1032 et l’église primitive Saint-Martin concentrent autour d’elles un premier groupement d’habitations. En 1032, l’avènement de Geoffroy Martel, fils de Foulque Nerra, comte d’Anjou, marque le début de l’influence politique angevine sur le comté de Vendôme. Au cours de la seconde moitié du, la ville passe tour à tour aux mains d’ et de Philippe Auguste. En 1161, la ville subit un siège. En 1188, Bouchard IV de Vendôme livre la ville, le château et la garnison anglaise à Philippe Auguste accompagné de soixante-deux chevaliers conduits par le comte de Meulan, dès le premier assaut.
En août de la même année, Richard Cœur de Lion reprend Vendôme et Robert de Meulan. Mal entretenues, malmenées par les crues du Loir, les fortifications perdent leur intérêt défensif et la ville s’étend. Au sud, le château s’ouvre par le percement d’une nouvelle porte d’entrée principale (porte de Beauce) et l’aménagement d’une rampe le reliant directement à la ville. Plusieurs congrégations religieuses installent leur enclos dans le centre (oratoriens) et le long du faubourg nord (capucins, ursulines, calvairiennes). Située à plus de de Paris, distance jugée nécessaire pour la sérénité d’un tribunal en période révolutionnaire, Vendôme reçoit, de février 1797- à mai 1797, la Haute Cour de justice pour le procès de Gracchus Babeuf, Augustin Darthé et de leurs partisans. Finalement, les débats houleux qui animent, pendant plus de sept mois, les audiences conduisent à l’exécution des deux principaux accusés et à la déportation de la plupart de leurs sympathisants., quartier Rochambeau à Vendôme. En 1815, sur la route de l’exil qui le mène de Paris à Rochefort, le désormais ex-empereur passe par Vendôme.
En 1818, le sous-préfet Armand Bonnin de La Bonninière de Beaumont acquiert l’ancien château des Bourbon-Vendôme, saccagé à la Révolution, et l’offre à la commune afin d’y aménager le parc actuel. Pendant la Guerre franco-allemande à lieu la bataille de Vendôme. En 1873, le de chasseurs à cheval renaît à Rambouillet avant d’être transféré à Vendôme au début du où il tiendra une garnison quartier Rochambeau, occupant les bâtiments de l’ancienne abbaye bénédictine. Il n’est engagé dans des opérations de guerre qu’à partir de 1914 et sa participation à la Première Guerre mondiale. Le régiment est dissout en 1919. Trois nouveaux ponts et la rue de l’Abbaye sont ainsi établis pour relier ce nouveau quartier Rochambeau qui occupe près d’un quart de la superficie du centre historique. De 1858 à 1896, les rues sont progressivement alignées. La décision de détruire l’église Saint-Martin, en partie ruinée en 1857, dote le cœur de Vendôme d’une place tandis que les faubourgs laissent encore la part belle aux petits maraîchages.
La voie de chemin de fer réalisée de 1864 à 1867 marque, à l’époque, la limite nord de l’urbanisation de Vendôme. C’est durant cette période que la presse locale se développe. Un premier hebdomadaire, le Journal du Haut et Bas-Vendômois et pays de Mondoubleau paraît le vendredi en 1790. Il est ensuite remplacé par le Journal hebdomadaire à partir de 1830. En 1840, naît Le Loir, qui est ensuite supplanté par Le Carillon. Le Progrès s’installe comme journal de gauche et est dirigé à partir de 1932 par Besnard-Ferron. Le Carillon soutient activement la collaboration et est interdit en 1944, La Nouvelle République lui succède. Le 15 juin 1940, les bombardiers de la Luftwaffe lâchent leurs bombes sur Vendôme, un lourd bilan humain avec plus de et marque cet événement violent qui précède l’entrée de la Wehrmacht dans la ville.
La physionomie du centre historique est bouleversée, environ quatre hectares sont détruits en ville par le bombardement et l’incendie de deux jours qui s’ensuit. Le tribunal, le logis du Gouverneur ainsi que de nombreuses maisons à colombages sont détruits. Dès 1941, la résistance s’organise dans le Vendômois. Le premier réseau connu est le Groupe « Vendôme A » créé par Alphonse Collin alors maire de la ville, qui le dirigea jusque fin 1943. Il était un proche de Jean Emond qui anima Libération-Nord sur le secteur jusqu’à son arrestation le 28 novembre 1943. La répression fut aussi importante que l’engagement des Vendômois dans la résistance, en atteste la rafle du 20 février 1944 qui fit suite à l’ « affaire des aviateurs américains ». Beaucoup de résistants furent déportés dans les camps de concentration et y perdirent la vie, tels Jean Emond, Yvonne Chollet, Marie-Louise Gaspard, René Desvaux et Lucienne Proux. D’autres groupes de résistants existaient, tel celui dirigé par Alfred Péricat, militant communiste, qui devint une branche des FTP vendômois.
Le 11 août 1944, la ville est en grande partie libérée par les résistants vendômois dirigés par le commandant Verrier et le colonel Valin de La Vaissière. Les FFI et FTP locaux s’emparent de la sous-préfecture ainsi que de la Kommandantur, située quartier Rochambeau. Les Américains entrent dans Vendôme le 13 août 1944 avec la mission de neutraliser les derniers Allemands présents en ville. Les scènes de liesses furent nombreuses entre Vendômois et soldats américains, notamment rue du Mail Leclerc avec l’arrivée des premières Jeep, ainsi que Place de la République où des enfants montèrent sur un véhicule blindé M8 de l’armée US. Près d’un quart du centre-ville de Vendôme détruit par les bombardements allemands, doit être reconstruit après la seconde guerre mondiale. La forte demande en logements qui caractérise la France d’après-guerre est à Vendôme satisfaite par le développement d’habitations sur de vastes plaines agricoles au nord, entre la voie ferrée et le coteau. De 1959 à 1966, les Rottes vont totaliser collectifs et individuels sur, aujourd’hui classés quartier prioritaire pour en 2018. De grandes artères sont percées pour gérer les flux de circulation: l’avenue Gérard Yvon en 1967, le boulevard Kennedy de 1978 à 1980 et la déviation de la route nationale 10 en 1976.
Depuis les années 1980-1990, le développement de la ville se poursuit en franchissant le coteau méridional qui constituait jadis une barrière naturelle. Des opérations d’urbanisation sont alors menées au sud, dans le quartier des Aigremonts. Elles équilibrent la répartition de la population et des activités sur la commune qui totalise, au cœur d’un bassin de vie de plus de. L’aménagement d’une gare TGV à Villiers-sur-Loir en 1990, à de Paris, a privé Vendôme d’un renouveau et de perspectives d’avenir: la gare du centre-ville est en sommeil, seulement desservie par quelques rares trains, la liaison avec Tours ayant été supprimée du fait de la relation par TGV depuis Villiers. Une desserte de la gare de Vendôme-ville par des TGV la reliant directement à Paris et au sud-ouest de la France eût été permise par deux simples raccordements de la ligne nouvelle: sur la ligne venant de Paris via Dourdan, au nord-est, et sur l’ancienne ligne de Montoire, à l’ouest. La situation actuelle, en revanche, majore de façon rédhibitoire le temps théorique de 42 minutes vers Paris, du fait de l’obligation de se rendre à Villiers en autobus ou en voiture, avec dans ce dernier cas l’obligation de laisser son véhicule en stationnement à Villiers pour toute la durée de son voyage.
Patrimoine religieux
Vendôme est classée « ville d’art et d’histoire ». Ville-jardin et jardins en ville, Vendôme conserve depuis le un patrimoine exceptionnel d’espaces verts, ce qui lui vaut d’être classée ville fleurie « 4 fleurs » et qui lui a permis de remporter le « Grand Prix national du fleurissement » pendant 10 années consécutives. Dans le parc Ronsard et le parc du château, de nombreux arbres, certains plus de deux fois centenaires, ont un intérêt botanique. Le platane planté en bord de Loir en 1759 et le cèdre du Liban, au château depuis 1807, sont les plus célèbres d’entre eux. La direction de l’environnement et des espaces verts de la ville maîtrise depuis longtemps l’art de la mosaïculture.
Le duc César de Vendôme fonde en 1623 un collège qu’il confie à des oratoriens (congrégation religieuse établie en France au ). Cet édifice change plusieurs fois de nom. École militaire royale à la fin du, il devient le lycée Ronsard en 1930. En 1969-1970, un nouveau lycée est construit au nord de la ville. Les anciens locaux, inoccupés, sont aménagés en 1982 pour accueillir l’hôtel de ville.
Honoré de Balzac (1799-1850) fut élève durant sept années, au début du au collège de Vendôme. La tradition veut qu’il effectue ses punitions, enfermé dans un réduit de l’ancien hôtel du Bellay, connu aujourd’hui sous le nom d’hôtel du Saillant, et qui abrite l’office de tourisme. Elle fait partie des fortifications, construites au en bord du Loir. À partir du, la tour comme les autres ouvrages défensifs sont délaissés, en partie abattus et réutilisés par les Vendômois. Au fil des siècles, les nombreuses crues du Loir endommagent les murs d’enceinte et les ponts alors en bois.
Près de la tour de l’Islette, le pont Chartrain est ainsi reconstruit en pierre en 1691. Ces prairies humides au Moyen Âge vont recevoir au les décombres de la ville. Finalement ce terrain en bord du Loir est réhabilité et devient le square Belot en 1898. Les militaires, installés dans l’abbaye de la Trinité, construisent les ponts de l’Islette et du Quartier pour désenclaver leur caserne. Sur la pente des petits jardins, chaque année, de nouvelles scènes florales sont composées en mosaïculture.