Hennebont

Histoire d’Hennebont

Hennebont est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 15 746 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme Hanebont en 1114 Il s’agit d’un composé brittonique formé des éléments Hen- « vieux, ancien » (celtique *seno-) et -bont forme mutée de pont « pont ». C’est en effet à Hennebont que fut construit le premier pont permettant de traverser le Blavet et ce fait explique le développement de la ville.

L’adjectif Hen sera supplanté dès le siècle par kozh, ce qui veut dire que les noms qui le contiennent sont très anciens, remontant au haut Moyen Âge.

Le territoire de la commune est fréquenté depuis le néolithique. Sur le site de Polvern, un éperon rocheux dominant le Blavet, des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour des haches polies datées du Néolithique. D’autre part, ces mêmes fouilles ont mis en évidence l’occupation du site, situé en territoire vénète, du. À partir du, les Bretons chassés de Grande-Bretagne par les Saxons s’installent sur les côtes d’Armorique. Guidés par leurs chefs militaires et religieux (les de Bretagne), ils créent des implantations et donnent des noms bretons aux lieux investis. À Henbont (vieux pont), ils s’installent à Saint Caradec ou ce saint est encore honoré par sa chapelle. À l’époque médiévale, les seigneurs d’Hennebont maîtres du Kemenet-Héboé établissent une motte féodale sur l’éperon rocheux au-dessus de ce qui deviendra, entre 1200 et 1264, par la volonté d’Henri d’Hennebont, la paroisse de Saint-Caradec-Hennebont, village de la rive droite, prédécesseur de la future ville d’Hennebont. La création de cette dernière par le duc de Bretagne, signa l’achèvement de l’absorption et du démantèlement de l’antique Kemenet-Héboé.

Une situation stratégique qui permet de contrôler le passage étroit de la rivière. Au milieu du, le duc de Bretagne Jean Le Roux (1237-1286) démantèle la motte féodale des seigneurs d’Hennebont et entreprend la construction des fortifications sur la rive gauche du Blavet, la ville close. Hennebont devient très vite une place forte importante du duché de Bretagne, ce qui lui vaudra de nombreux sièges durant cette époque. L’histoire a surtout retenu le siège de 1342, pendant la guerre de succession du duché de Bretagne qui opposa les partisans de Charles de Blois à ceux de Jean de Montfort, les deux prétendants à la succession du duc. Charles de Blois assiège les remparts de la ville. En l’absence de son mari Jean de Montfort, prisonnier des Français, Jeanne de Flandre organise victorieusement la résistance et vient se réfugier derrière les murs d’Hennebont. La place forte, sur le point de se rendre, est délivrée in-extrémis par la flotte anglaise venu au secours des assiégés après avoir remonté le cours du Blavet. Lors de ce siège, Jeanne de Flandre y gagnera son surnom de Jeanne la Flamme pour son intrépidité au combat.

Quelques décennies plus tard, Du Guesclin assiégea aussi la place forte et passera la garnison anglaise au fil de l’épée après l’avoir prise. Le prince de Dombes, durant les guerres de la Ligue, l’assiégea également victorieusement. Le est marqué par la paix et la prospérité pour l’ensemble de la région, sauf pendant les Guerres de la Ligue. C’est au cours de ce siècle que la basilique Notre-Dame-du-Paradis est bâtie à l’initiative du maréchal-ferrant François Michart et avec l’aide de la population. Dans le cadre des Guerres de la Ligue, le 27, René d’Arradon accueille en sa ville de Vannes les troupes espagnoles débarquées à Saint-Nazaire. Le 5, celui-ci entreprend le siège d’Hennebont avec sa compagnie de gens d’armes et trois cents arquebusiers, soutenus par ces troupes espagnoles. Jusqu’aux, la région vit essentiellement du commerce maritime et agricole. La commune compte alors entre.

La ville perd son rôle de place forte militaire. Elle n’est plus un lieu de garnison mais une ville-étape pour les troupes. La hiérarchie militaire se trouve à Lorient et à Port-Louis. Hennebont est aussi une ville commerçante et administrative de taille moyenne. Si, en 1666, la fondation de Lorient sonne le glas de sa primauté, Hennebont n’en reste pas moins, tout au long du siècle, une ville d’une grande vitalité. Les blés sauvent l’économie locale et Hennebont restera un des plus importants ports blattier de la côte sud (commerce des céréales). Les hôtels particuliers de cette époque témoignent de cette prospérité. La prépondérance administrative et judiciaire de la sénéchaussée hennebontaise décline cependant au profit de Lorient, où s’installe la Compagnie des Indes au milieu.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Saint-Caradec-Hennebont en 1778 Il précise aussi qu’il s’y tient deux foires chaque année et qu’il s’y vend « une grande quantité de bestiaux ». Hennebont fut chef-lieu de district de 1790 à 1795. En octobre 1846 une grave émeute se produisit à Hennebont: « K’émeue d’Hennebont, au sujet des grains, a eu pendant quelques moments un caractère des plus inquiétants avant l’arrivée des autorités et des secours demandés à Lorient.Une foule, compose des habitants pauvres de la basse ville, et dans le dernier état d’exaspération [face à la cherté des grains] faiszit entendre contre les habitznts les plus honorables qui se livrent au commerce des grains, les menaces les plus alarmantes. Elle voulait tout mettre à feu et à sang. Maîtres de la ville pendant un moment, les émeutiers avaient même commencé à réaliser leurs menaces ». Ils brisèrent à coup de pierres les portes et fenêtres de la maison du maire et celle d’un voisin, aindi que celle d’un négociant. L’ancien couvent des Ursulines, habité par un autre négociant, Roy, fut prise d’assaut et saccagée.

Il fallut l’intervention des troupes venues de Lorient pour que finalement force reste à la loi. En 1857, les Haras nationaux s’installent sur le site de l’ancienne abbaye de la Joye-Notre-Dame. Hennebont devient alors un lieu important pour le développement du cheval breton. Avec l’ère industrielle, la ville bénéficie d’une importante activité grâce à l’implantation à Kerglaw, sur la commune d’Inzinzac-Lochrist, des Forges d’Hennebont. Celles-ci assurent le développement du trafic sur le Blavet avec l’importation du charbon d’Angleterre et permettent l’essor de l’industrie régionale de la conserve de fer blanc. À compter de 1862, la ville d’Hennebont est desservie par le chemin de fer. Plusieurs lithographies d’Albert Robida, publiées dans La vieille France, Bretagne illustrent Hennebont vers 1900 Le photographe Félix Martin-Sabon a immortalisé à travers plusieurs clichés la ville close et ses alentours avec quelques-uns de ses habitants à la fin du (avant 1897)

Ne trouvant plus de travail assuré dans la région, 50 ouvriers d’Hennebont et Inzinzac partirent travailler dans les mines de charbon de Courrières, certains partant avec leurs familles. Devenue cité ouvrière, Hennebont connaît, entre les deux guerres, un développement urbain important avec la construction de nouvelles zones d’habitat sur les périphéries. Plusieurs anciennes carrières de granite ouvertes en bordure du Blavet au nord d’Hennebont près de Polvern, sont exploitées depuis au moins le, comme l’atteste l’emploi de cette roche pour la basilique d’Hennebont. Propriété de la « Société des carrières et travaux de Paris » depuis 1937, ces carrières fournissent pendant l’Entre-deux-guerres des matériaux de revêtement des chaussés (pavés, bordures de trottoir), notamment pour la capitale (rond-point des Champs-Élysées, avenue de l’Opéra), et des matériaux pour la construction (pierre de taille, moellons, gravillons) utilisés notamment pour les travaux de canalisation du Blavet (écluses, barrages) atteint en 1927, les carrières employant alors 170 ouvriers. La roche était acheminée par des péniches sur le Blavet canalisé, puis par voie maritime via Le Havre et la Seine. Leur exploitation a cessé vers 1955. Les Forges d’Hennebont atteignent leur apogée en 1930, employant alors. Claire Marcel Conedo, vingt-deux ans, et Marcel André, vingt ans, tous deux domiciliés à Hennebont, furent exécutés le 19 juin 1942 pour « coups à des militaires allemands » alors qu’ils se trouvaient en état d’ivresse.

Sous l’Occupation, la résistance à Hennebont s’organise comme partout ailleurs en France. Dès 1943 le Capitaine Georges Hillion (1909-1977), demeurant au Manoir de Locoyarn, alias « Capitaine Francis » dans la résistance, en mémoire de son père, capitaine mort pour la France à la bataille Morhange en 1914. Le Capitaine Hillion forme les jeunes recrues FFI avec des amis eux aussi capitaines, André de Neuville (mort pour la France), Jacques de Beaufort (qui sera déporté) André Aunier, Henri Réglain, la résistance dans le pays d’Hennebont, Languidic, Lorient et Plouay. Elle prend différentes formes: renseignement, sabotage. Les actes de sabotage en 1944 à Hennebont consistent en l’attaque de la voiture de paie de la Kriegsmarine le 24 mars 1944-, des coupures de lignes électriques et téléphoniques, des déraillements les 15 juin 1944-, 2 juillet 1944- et 13 juillet 1944-. Pour chaque acte de sabotage, les Allemands réprimaient durement la population. (journal Combat du 21 octobre 1944). Le marquera l’histoire d’Hennebont.

Au matin, des résistants (sous le commandement du capitaine Georges Hillion, commandant la compagnie du bataillon FFI du Morbihan. ( – Marcelle Guymare, Étienne Cardiet, Louis Le Merles, Raymond Dacquays, Georges Carton futur maire de Gâvres, Ferdinand Thomas futur maire d’ Hennebont, Yves Le Cabellec futur maire de Plouay, Louis Coupannec, Marcel Raoult futur maire de Clohars-Carnoët, l’abbé Hervé Laudrin, futur maire de Locminé Jean Simon, Abraham, Axel, Le Gall, Laouenan, Guernigon Bardu, Roy, Belzic, Gérard) ils se mettent en relation avec les Américains qui font leur entrée dans la ville par la route de Languidic. La population laisse exploser sa joie mais la liesse sera de courte durée. Les troupes allemandes repliées sur la rive opposée du Blavet, à Saint-Caradec, n’entendent pas perdre la partie aussi facilement. Ils font sauter les ponts, bloquant ainsi la progression des Alliés. L’offensive allemande se poursuit. Une pluie de bombes incendiaires, tirées depuis Groix et Lorient, s’abat sur la ville. Les Américains amorcent un repli vers Lochrist où les ponts sont restés intacts.

L’artillerie allemande continue ses tirs, réduisant peu à peu la ville à des amas de ruines. Des incendies se déclarent poursuivant inexorablement la destruction de celle-ci. En fin de journée, les secours s’organisent du mieux qu’ils peuvent. Le capitaine Hillion met a disposition deux autocars pour secourir la population civile d’Hennebont qui est évacuée par ses hommes. Bilan: tuées dans les bombardements, et une ville en feu. Les quartiers les plus anciens sont très touchés. Une grande partie du patrimoine est irrémédiablement perdue: les superbes demeures du de la ville close ont disparu. Les tours Broerec’h ont vu leurs toits détruits.

Il ne reste que les murs calcinés du musée. La basilique est heureusement préservée même si la flèche a été quelque peu malmenée. On estime à 857 le nombre d’habitations ou bâtiments industriels détruits totalement ou en partie. L’enfer n’est pas terminé pour autant. Le périple des derniers soldats ennemis va être ponctué de massacres en différents lieux de la rive droite. Ainsi, dans plusieurs abris de Saint-Caradec, l’ennemi lance des grenades à l’intérieur tuant ou blessant de nombreux civils innocents. Après la guerre vient naturellement l’ère de la reconstruction par l’action du capitaine Thomas à la tête de la municipalité, adjoint du capitaine Georges Hillion et qui se poursuivra jusqu’au milieu des années soixante où des baraques de bois provisoires ont été installées pour reloger les habitants sinistrés. Le capitaine Georges Hillion renommera le camp appelé « Franco » en « Camp de Beaufort », en hommage à son ami le capitaine Jacques Grout de Beaufort, mort pour la France, assassiné par les Allemands à Cléguer le 4 aout 1944.

Une édition clandestine du journal L’Humanité en date du 31 décembre 1943, reprenant un communiqué de l’état-major des FTP en date du 10 décembre 1943, relate qu’« entre Landévant et Hennebont, 5 wagons de permissionnaires [allemands ont été] précipités dans un ravin », le sabotage faisant 20 morts et blessés. Lors des combats de la Poche de Lorient, le front allait approximativement d’Auray au Pouldu, suivant appoximativement, à une distance variant de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres le tracé de la Route nationale 165 (ancien tracé), passant au sud de Landévant, de Brandérion, d’Hennebont et de Pont-Scorff, longeant la Laïta au sud de Quimperlé jusqu’à la mer. « Il n’y a pas de durs combats, mais des duels d’artillerie et des escarmouches. Ce sont les villages de Nostang, Kervignac, Merlevenez et Sainte-Hélène qui sont l’enjeu des plus violentes attaques. Chaque jour des hommes tombent. (.) Dans leur rage destructrice, les Boches se sont acharnés sur la petite ville d’Hennebont, que les patriotes leur avaient enlevée. Il ne reste, dans le haut quartier et la rue Nationale, que quelques maisons et l’église. La ville basse, les quatre ponts sur le Blavet, ne sont plus qu’un amas de décombres, que gardent une vingtaine de FFI barbus ».

À cette destruction s’ajoutait le poids de la vétusté des immeubles, des réseaux, des bâtiments publics. La population évacuée à partir de 1943 n’allait réintégrer la commune que très progressivement en 1945 et 1946. Les premières tâches de la municipalité d’après-guerre allaient être la reconstruction et l’urbanisme. Le journal L’Espoir du Morbihan écrit le 24 mars 1946 qu’à Hennebont « les gens sont logés dans de très mauvaises conditions. Rue Trottier, il a été installé des baraquements à usage commercial. Par ailleurs un certain nombre de familles a pu être logé dans des baraquements au camp de France ». Des mesures provisoires étaient prises pour sauvegarder ce qui pouvait l’être. Tandis qu’aux confins de la commune, les agglomérations de Langroix et Saint-Gilles venaient agrandir le territoire communal, en 1946.

Le chiffre de la population reprendra une courbe ascendante un moment interrompue. La vitalité du commerce sera attestée par les foires-expositions entre 1948 et 1954. À partir de 1957 commence la fermeture des Forges d’Hennebont qui deviendra totale en 1966 (malgré de nombreuses manifestations de protestation, celle d’octobre 1963 rassemblant ). Peu à peu les espaces agricoles laissent la place à l’industrie et l’habitat. Les carrières de Polvern fermèrent vers 1955. Une municipalité d’Union de la gauche investit la mairie en 1959. Des cités HLM sont construites et une importante politique sociale est menée. Économiquement la ville est de plus en plus dépendante du pays de Lorient.

Hennebont adhère en 1991 au district du Pays de Lorient. Le plus gros tremblement de terre enregistré en Bretagne depuis que les instruments de mesure précis existent (vers 1980), survenu le 30 septembre 2002 avait son épicentre à Hennebont; il a atteint une magnitude de 5,4. Après sans alternance politique (la gauche communiste étant constamment au pouvoir), une nouvelle municipalité issue d’un mouvement citoyen local est élue en 2014.

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Population

15.746 habitants

Région

Bretagne

Département

Morbihan
(56)

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