Noisiel
Histoire de Noisiel
Noisiel est une commune de Seine-et-Marne, en Île-de-France, qui compte 15 461 habitants. La première mention de Noisiel est faite dans un texte en 841 sous le toponyme de Nucedo. Elle deviendra Nusiellum au puis Noisiellum. Noisiel vient du latin nucetum, qui désigne un « lieu planté de noyers ».
Dans le Cahier de doléances de 1789, la localité, alors siège d’une paroisse, est nommée Noisiel-sur-Marne.
Un moulin à farine est présent sur la Marne à Noisiel dès le. Le village médiéval s’organise autour de celui-ci et non loin de la première église Saint-Médard. Au, sur le territoire de la commune, il existe un port fluvial axé sur le commerce et l’acheminement du bois vers Paris. Au, le territoire de la commune actuelle est occupé par le village d’une quinzaine de maisons bâties sur la rive gauche du port. Le château du et sa ferme seigneuriale se situent à l’ouest du village, à l’opposé du port. Un autre château, celui du Luzard, est situé plus au sud.
Un hameau est également construit autour de la ferme du Buisson Saint-Antoine et d’une chapelle. Gabriel Michel fait l’acquisition des Domaines et seigneuries du Duc Delavallière en 1763: Le Luzard et le Buisson Saint-Antoine y figurent. L’acte d’achat se trouve aux Archives de Gournay. Le Domaine de Noisiel et son Château seront acquis par la famille Michel en 1777.[https://www.lemarneux.fr/article-chateau-de-levis-a-noisiel-1777-1879-111391765.html] Au début du XIXe siècle, Noisiel est un village d’une centaine d’habitants. L’installation de l’entreprise Menier, marque le début du développement urbain.
En 1825, le pharmacologue parisien Antoine Brutus Menier décide de déplacer son usine de produits pharmaceutiques, alors située dans le Marais à Paris, sur les bords de la Marne, à Noisiel, où il loue un moulin à blé. De l’industrie pharmaceutique, l’activité de l’usine se tourne progressivement vers le marché du chocolat. En 1867, Émile-Justin Menier décide de recentrer l’usine sur la fabrication de chocolat. C’est aussi le moment de l’essor de la production et des effectifs de l’entreprise qui passent de 50 ouvriers en 1856 à 325 en 1867. Cette croissance est suivie d’une réorganisation totale du processus de fabrication au sein de l’usine. Une douzaine d’imposants bâtiments-machines est construit en enfilade, notamment par l’architecte Jules Saulnier (qui a dessiné le moulin), tout le long de la Marne.
Les travaux entraîne la disparition du village ancien. C’est donc entre 1860 et 1874 que l’usine prend son aspect actuel, symbolisée par le moulin central. L’architecture est innovante:. Du papier coloré pour enrober les tablettes aux cagettes pour la distribution, tout doit être fabriqué sur place pour accélérer la production. Le cacao entre par un bout de l’usine, est trié dans un entrepôt, est torréfié dans le suivant, mélangé au sucre, chauffé puis dressé en tablette dans d’autres bâtiments, avant d’être refroidi dans les chambres froides et ressortir à l’autre bout sous forme de tablettes.
En cette fin du se situe l’heure de gloire de la chocolaterie: ouvriers s’affairent pour produire de chocolat par jour. À la suite de son accession à la mairie en 1871 et à ses nombreuses acquisitions foncières, Émile-Justin Menier est entièrement maître des destinées communales. En 1874, à proximité de l’usine, il lance la construction de 66 maisons et d’un groupe scolaire. Pour cela, la famille Menier visite des modèles de cités en Angleterre et prend aussi exemple sur les cités de Mulhouse. Chaque pavillon en bordure de rue est composé de deux logements indépendants de chacun, comprenant deux chambres, une cuisine et un séjour, ainsi qu’un jardin de attenant, destiné au potager, pour compléter les revenus de la famille. L’eau courante n’arrive pas jusque dans le logement mais des bornes fontaines sont installées dans les rues tous les.
Des pavillons en cœur de parcelle regroupent quant à eux 4 logements et autant de jardins potagers. Seules les maisons d’angles, plus cossues, plus grandes et réservées aux employés et ingénieurs, disposent de cabinets de toilette. Les logements sont loués exclusivement au personnel de l’usine qui ne peut en devenir propriétaire. En quittant son emploi, l’employé doit laisser son habitation. Le montant du loyer est l’équivalent de deux à six journées de travail, selon le grade de l’employé. Jusqu’en 1911, 85 maisons sont ajoutées.
Au total, ce sont 311 logements qui sont construits, couvrant un espace de. La grande priorité est donnée à l’hygiène et à la santé. La disposition des pavillons en quinconce permet une meilleure circulation de l’air et de la lumière. Des bains-douches sont installés à proximité de l’usine de même que des lavoirs, un cabinet médical pour deux médecins et un pharmacien. Un très grand nombre d’équipements, propriétés de l’usine, complète ce dispositif: des magasins d’approvisionnement (propriété des Menier jusqu’en 1912), un réfectoire pour les ouvriers célibataires, deux cafés-hôtels-restaurants, un groupe scolaire pour filles et garçons, une maison de retraite et la mairie. Par le plan même de sa cité, la famille Menier montre ses engagements politiques et idéologiques.
L’école, symbole de l’élévation de la condition ouvrière, est ainsi située au centre de la principale place de la cité, tandis que l’église – dont l’industriel a pourtant financé la construction – est laissée à l’extérieur du nouveau quartier. Néanmoins, c’est avant tout l’usine qui reste le centre de la cité et autour de laquelle tout est organisé. La figure du patron est centrale, comme le montre l’inauguration en 1898 de la statue d’Émile-Justin Menier devant les écoles. En 1963, l’usine, en liquidation, cède les logements, alors en mauvais état, à un promoteur qui les revend à l’unité. Les bâtiments de la chocolaterie, dont le très beau et coloré moulin (première construction au monde à structure métallique apparente), appartenait depuis 1988 à Nestlé, qui en avait fait le siège de sa division France: environ salariés y travaillaient sur les du site avant son déménagement vers Issy-les-Moulineaux. La ferme du Buisson, quant à elle, était la ferme de la famille Menier et des usines.
C’est aujourd’hui un centre culturel national. La fragilisation de l’entreprise Meunier au lendemain de la Seconde Guerre mondiale se répercute sur le dynamisme de la ville. En 1963, Antoine Menier cède l’intégralité de la cité ouvrière à une société immobilière, qui revend individuellement chaque maison: les anciens locataires, ne pouvant se porter acquéreurs en raison du prix demandé sont contraints de quitter leurs logements. L’ancien délégué syndical de l’usine Meunier, Louis Guilbert, élu maire en 1959, amorce la création d’un parc de logements sociaux au lieu-dit de la Pièce-aux-chats pour répondre à la demande des anciens ouvriers expulsés. Le centre administratif de la Banque de France a été réalisé en 1985 par les architectes Guy Lagneau et Henri Coulomb. Les bâtiments se situent en partie sur le territoire de la commune voisine de Lognes.
La succursale (surmontée d’un dôme de forme arrondie) date de 1994. En 1986, Jean Nouvel bâtit le complexe omnisports du Luzard (Cosom). En 1986 est créé le marché du Luzard. En 1988, des équipements publics sont inaugurés au Luzard, comme la mairie annexe ou le conservatoire. La ferme du Buisson est inaugurée et devient l’espace culturel le plus important de l’est parisien. La fermeture définitive de l’ancienne usine Menier est annoncée: 450 ouvriers perdent leur emploi.
Après plus d’un an de travaux, sont inaugurés les nouveaux aménagements du parc de Noisiel et des bords de Marne. Les travaux, d’un coût d’ financés pour moitié par la région Île-de-France, ont permis le réaménagement écologique de la rivière anglaise (ru de la Hart) avec déplacement d’une passerelle et création d’un ponton d’observation.
Patrimoine religieux
La Ferme du Buisson, dont les bâtiments sont ceux de l’ancienne ferme achetée par les Menier en 1879, présente une belle architecture. Ouverte seulement lors des journées européennes du patrimoine, l’ancienne usine Menier, siège social de Nestlé France jusqu’en 2020, regroupe sur son site trois bâtiments classés ou inscrits aux monuments historiques. Le centre Saint-Paul situé en face de la gare du RER, fait aussi office d’église mais également de centre consacré au catéchisme et à d’autres activités religieuses.