Tarascon
Histoire de Tarascon
Tarascon est une commune de Bouches-du-Rhône, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 15 423 habitants. Les Tarusconienses, peuple celte de Tarascon-sur-Rhône, sont à l’origine du toponyme. Tarascon se dit Tarascoun en provençal.
Des tessons du Bronze final ont été trouvés dans un abri au lieu-dit de la Lèque, attestant d’un peuplement des Alpilles dès la Préhistoire. Au premier âge du fer, si les habitats préhistoriques des Alpilles continuent d’être habités pour la plupart, de nouveaux sites en hauteur, mais aussi en piémont, voire en plaine commencent à être colonisés. À Tarascon, on s’installe en bordure du Rhône, près de l’église Sainte-Marthe. Lors de la seconde partie du premier âge du fer , la population, jusqu’alors essentiellement nomade, se sédentarise et se met à construire en dur. Le castrum se structure à la manière d’un village avec ses rues et ses maisons adossées. Le processus d’installation permanente est à mettre en parallèle avec l’intensification des échanges économiques avec les commerçants méditerranéens.
Il percevait un salaire annuel de. En 1380, Guillaume de Sault était viguier-capitaine-châtelain de Tarascon. Gardien de sa forteresse, il était payé d’or par année. Il reçut de Marie de Blois don de la pension annuelle, confisquée au rebelle Imbert de Alamanono, en échange d’une partie des d’or que la cour lui devait pour ses gages et les gens d’armes qu’il utilisa pendant la guerre. La mort de la reine Jeanne ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d’Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis d’Anjou. Tarascon hésite avant d’adhérer à l’Union d’Aix, la communauté se décidant en 1383, sans s’engager très fermement.
Lorsque Louis meurt, Tarascon est d’ailleurs une des premières villes à recevoir Jacques de Reillanne, ambassadeur de sa veuve Marie de Blois, régente de Louis II d’Anjou, à l’été 1385. Cependant, elle avait prêté hommage à Charles de Duras en avril représenté par Raymond Savini, ancien évêque d’Apt. Les Tarasconnais favorables à la dynastie angevine sont exilés en 1385 et 1386. Finalement, la ville promet de se rallier le, avant de prêter hommage le. De son côté, le châtelain de Tarascon, Carle Albe, soutenait le parti angevin dès le printemps 1382, ce soutien étant conditionné à la participation du duc à l’expédition de secours à la reine. Les travaux de sa construction débutent en 1400 sous Louis II d’Anjou et sont achevés en 1449 par son fils, le roi René, sous la conduite de Guillaume Crespin, capitaine du château, et de son lieutenant, Regnault de Serocourt, son proche parent.
Doté d’un impressionnant système défensif, l’édifice abrite également une résidence princière. Il y organise en 1449 les pas de la Bergère. Par lettres patentes, le roi Louis XI ordonna la fondation d’une collégiale dans la ville de Tarascon en. Le château a été utilisé comme prison dès le ce dont témoignent de nombreux graffitis laissés par les prisonniers y compris dans les salles d’apparats et les communs. Les graffitis laissés par des marins d’origine espagnols ou britanniques sont des témoignages des guerres. Pendant la Révolution française, le château sert à emprisonner les opposants à la démocratie en attendant d’être guillotinés.
Après la chute de Robespierre, des partisans de la Convention montagnarde y sont emprisonnés. Une centaine d’hommes masqués pénètre dans la prison et précipite les prisonniers jacobins dans le Rhône du haut des fenêtres. Le un décret d’amnistie générale est pris « pour les faits proprement relatifs à la Révolution ». En 1797 ce sont des royalistes qui sont à nouveau jetés en prison, puis massacrés par une bande de républicains. Tarascon fut également chef-lieu du district de Tarascon et sous-préfecture jusqu’en 1816. La ville inspira d’autres contes, en particulier celui de Tartarin de Tarascon, illustre personnage né sous la plume d’Alphonse Daudet en 1872.
Une maison, située dans le centre-ville, lui est dédiée. Une statue de Tartarin de Tarascon, en bronze, a été inaugurée en, réalisée par l’artiste Christiane Chamand-Debenest et fondue par Joël Desmet. À Tarascon se trouve aussi le musée des tissus Souleïado, installé dans un hôtel du dans le centre-ville. La manufacture Charles Demery continue à maintenir cette tradition ancestrale inspirée du folklore provençal. Au, les villes comme Tarascon qui se trouvaient sur le passage des troupes avaient pour obligation de loger et nourrir les régiments qui se déplaçaient. À la suite de requêtes réitérées sur plusieurs décennies, la ville reçoit, le de l’intendant de Provence l’autorisation de construire ces casernes.
La construction ne commencera qu’en 1718 sur les plans de Desfour, architecte montpelliérain. Appliquant les préceptes de son maître Daviller qui construisait des casernes selon un modèle de bâtiments regroupés autour de trois cours spécialisées, il applique à Tarascon le même concept mais avec des variantes et des dimensions plus modestes. La construction du quartier ancien commence par l’est et s’échelonne jusqu’en 1757. Le grand quartier autour d’une grande cour est réservé à la cavalerie, le petit quartier est divisé en deux cours, l’une pour l’infanterie, l’autre pour les magasins d’étape. Les bâtiments sont sur deux niveaux, flanqués aux angles de pavillons. Le rez-de-chaussée est constitué de pièces voûtées en berceau surbaissé, réservées aux écuries, l’étage étant réservé aux chambrées des soldats.
L’administration occupe l’aile entre les deux quartiers. Des passages sont aménagés pour accéder aux différentes cours. Au, ces bâtiments avaient la capacité d’héberger jusqu’à et 500 chevaux environ. Le quartier prend alors le nom de Kilmaine en hommage à Charles Édouard Saül Jennings de Kilmaine, général de la Révolution française et baron, né à Dublin en 1751 et mort en 1799. C’est en 1846 qu’est prise la décision de construire le grand manège dans l’enceinte du quartier Kilmaine. Cet espace de est couvert d’une vaste charpente d’assemblage en bois de forme arrondie.
Ses plans s’inspirent d’un manège construit à Pont-à-Mousson par le capitaine du Génie Desgrange. Pour créer un tel ouvrage, il est fait appel à des charpentiers de marine qui avaient l’habitude de construire des coques de bateaux. Il n’existe d’ailleurs plus que trois exemplaires en France: Saumur, Fontainebleau et Tarascon. De 1818 jusqu’au début du, le quartier fut occupé par les dragons, puis remplacé par le de hussards jusqu’en 1914. Dès les années 1950, le quartier Kilmaine est occupé par le centre mobilisateur et le centre de sélection. Il ferme définitivement ses portes, mettant fin à l’histoire militaire de Tarascon.
Se référant à un décret signé par Napoléon en date du, la ville de Tarascon souhaite se réapproprier le quartier Kilmaine.