Seclin

Histoire de Seclin

Seclin est une commune de Nord, en Hauts-de-France, qui compte 12 834 habitants. D’un nom de personne germanique Sichelin, Sikelin en flamand.
Le nom évolue au cours des siècles: Sacilinum , Selini (vers 1030) Sicclinium (1039), Seclin (1104). Lettre à la comtesse Ogine, pour St-Bavon de Gand, vers 1030, Mir. du comte de Flandre Robert, pour Phalempin,1039.

Ses habitants sont appelés les Seclinois. Le surnom ou nom jeté des habitants est les loquebaux de S’clin; il viendrait d’une visite de Louis XI à Seclin, et de la surprise qu’il eut de voir ses hôtes seclinois parés d’aussi beaux habits: Dieu que vous avez de bielles loques.

Un gisement préhistorique, datant du paléolithique moyen a été trouvé par H. Halbaut fin mai 1974 à l’occasion de travaux de terrassement destinés à implanter des citernes dans l’enceinte d’une usine. Dans une couche humifère (dite « Complexe de Seclin » par Leroi-Gourhan ef al., 1978) datée du début Glaciaire weichsélien, le gisement a révélé des lames, éclats Levallois et un outillage retouché peu abondant, avec traces d’un atelier de débitage d’éclats Levallois associé à un débitage laminaire de type particulier. Son organisation rappelle d’autres sites prestigieux comme l’Hospice Comtesse à Lille ou l’Hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines (Belgique). Le développement démographique et les innovations médicales entrainèrent d’importantes transformations au: finition de la façade par l’architecte, Charles Alexandre Marteau, et aménagement de pavillons dits hygiénistes. L’ancien pavillon de la Maternité à l’entrée de l’Avenue des Marronniers en est un exemple préservé. Propriété à la charge du Centre Hospitalier de Seclin, le site a été vendu en 2015. Un projet de réhabilitation en logements y est prévu.

Au, la vente de la seigneurie de Seclin par les chanoines à Guislain de Haynin, le premier représentant de la dynastie des seigneurs du Breucq, illustre la séparation des pouvoirs civils et religieux., dans la chapelle d’Anstaing. La période est propice aux excès d’importants groupes de pillards, tels les iconoclastes, en provenance de Tournai et Menin. Les villes et villages du Carembault parviennent à les bloquer en conjuguant leurs efforts et à repousser définitivement les intrus dans les marais qu’il y a alors entre Seclin, Gondecourt et Houplin-Ancoisne. Les dégâts, surtout dans les édifices religieux, sont considérables car ces pillards sont, en fait, des convertis au protestantisme qui condamnent les images et statues religieuses pour obéir à la doctrine protestante du calvinisme. Les gueux sont des catholiques et des protestants favorables à une tolérance religieuse qui a entraîné la répression du roi d’Espagne, Philippe II qui, règne alors sur les grands Pays-Bas du cercle de Bourgogne hérités de son père Charles Quint. La rébellion qui couvait éclate à la suite de la pétition de quatre cents nobles appelée le compromis des nobles présentée à Bruxelles à la gouvernante des Pays-Bas Marguerite de Parme représentant le roi d’Espagne. Cette pétition demandait la fin du démantèlement des franchises gagnées au cours des siècles par les populations des dix-sept provinces bourguignonnes.

La politique royale visait, à travers la suppression des franchises, à installer un pouvoir fort propre à éradiquer le protestantisme. Le rejet de la pétition s’accompagna d’une aggravation de la répression tandis que deux des meneurs de la noblesse, les comtes d’Egmont et de Hornes étaient mis à mort à Bruxelles. Ils n’étaient pourtant pas protestants, mais opposés aux abus de droit et aux persécutions. Dès lors, la révolte des gueux s’amplifia sous la conduite de Guillaume d’Orange-Nassau. Ennemis de la représentation des saints et du Christ par des images religieuses, les iconoclastes tentèrent de s’installer dans la région de Seclin et Gondecourt où certains esprits étaient attirés par la religion réformée. En juin 1703, sont données des lettres, enregistrées le 25 octobre 1706, qui créent le titre de marquis d’Avelin pour Barthélémi François d’Hangouart, comte d’Avelin, seigneur de Seclin, et Antoine Félix d’Hangouart, son fils cadet. Ils peuvent appliquer le titre de marquis à la terre de leur choix et si Antoine Félix meurt sans héritier mâle, le titre doit retourner à Charles Philippe d’Hangouart, son frère aîné et aux aînés de ses descendants mâles. À côté de la seigneurie principale de Seclin, existaient des seigneuries secondaires comme celle de Burgault, quartier actuel de Seclin.

En 1671, Bruno Bayart, seigneur de Pont-à-Vendin l’achète à la famille de la Rivière. Peu de temps avant la Révolution française, elle est détenue par Pierre-François-Albert Taverne (1744 – 1831), écuyer, seigneur de Burgault, fils de Louis-Nicolas, écuyer, seigneur de Beauval, et de Marie-Jeanne-Joseph Mahieu. Il nait à Lille La Madeleine en juillet 1744 (baptisé le ), devient bourgeois de Lille le et meurt au château de Pont-à-Tressin (entre Tressin et Chéreng) le, à l’âge de 87 ans. Il épouse le à Lille Marie-Angélique-Joseph de Surmont (1742-1785), fille de Philippe de Surmont, seigneur de Bersée, bourgeois de Lille, et de Marie-Angélique-Françoise Discart. Marie-Angélique-Joseph de Surmont nait à Lille en janvier 1742 (baptisée le ) et meurt à Lille le. Elle est dame de (les hommes sont « seigneur de », les femmes sont « dame de ») Quenaumont (sur Cysoing) et de Platries. Un autre fief retrouvé sur Seclin donne le titre de seigneur à son possesseur: le fief du Bois. Laurent du Béron, fils de Piat, marchand, né à Seclin, ayant acheté la bourgeoisie de Lille le, échevin de Lille de 1583 à 1594, achète en octobre 1585 le fief du Bois à Seclin.

Va lui succéder, son fils Jean du Béron, seigneur du Bois, né à Lille, bourgeois de Lille le, capitaine d’une compagnie bourgeoise. Il a épousé Antoinette Bertault, dite de Hollande, fille d’Antoine et de Péronne de la Porte. Autre exemple: le fief d’Henripret, acheté le, 6724 florins 4 patars à la succession de Louis-Jacques-Joseph Errembault, par Jean-Baptiste-François Quecq (1729-1794), seigneur de la Cherye, bourgeois de Lille, trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Lille. Les Quecq de Seclin appelés plus tard Quecq d’Henripret vont continuer la descendance. François-Emmanuel-Désiré Quecq (1756-1838), mort à 81 ans, fils de Jean-Baptiste et de Marie-Jeanne-Joseph le Thierry (1734-1765), est chevalier (donc noble), seigneur d’Henripret, bourgeois de Lille, trésorier de France et garde-scel au bureau de la généralité de Lille. Il épouse Charlotte-Joseph Virnot. Un fils Charles-Henri (1788-1827), est conseiller municipal puis adjoint au maire de Lille; un autre fils Jean-Baptiste-Lucien (1799-1887), mort à 86 ans, est juge au tribunal de première instance de Cambrai. Le nom existe jusqu’à nos jours.

Le hameau de Martinsart à Seclin était également un fief donnant le titre de seigneur: Jacques Bridoul, baptisé à Lille le est seigneur de Martinsart à Seclin et de Burgau. Fils de Louis Bridoul, marchand de draps, bourgeois et échevin de Lille et de Françoise de Bacière, il devient lui-même bourgeois de Lille le, puis procureur. Il se marie à Lille le avec Françoise Mes. Comme dans de nombreuses localités de la région, la Révolution française et les changements radicaux qu’elle amène rencontrent une certaine résistance de la part des Seclinois. Cette opposition plus ou moins ouverte s’exprime en particulier vis-à-vis des mesures prises par le nouveau pouvoir contre la religion. Pendant la Convention nationale, le maire de Seclin informe le représentant en mission qu’il a tenté de faire appliquer le calendrier républicain (qui, entre autres, supprime les dimanches et jours fériés à consonance religieuse pour les remplacer par les décadi), entré en vigueur en octobre 1793. Il a voulu faire célébrer le messe le jour de décadi à la place du jour de Noël ce qui a déclenché l’opposition de la population. Même dans les organes censés être les plus favorables à la Révolution, le comité de surveillance, la société populaire, la municipalité, plusieurs membres l’ont désavoué.

Il demande donc une intervention pour remédier « au grand vice qui règne dans ces trois corps». En l’an 12 (1803-1804), dans le marais de Seclin, sous une couche de tourbe, à deux mètres environ de profondeur, a été trouvée par un ouvrier, une médaille en bronze doré, portant sur une face l’effigie d’Innocent XII avec cette inscription « Innocent XII Pont. », et sur le revers, une vierge tenant un enfant sur le bras. Dans chacune de ses mains est une corne d’abondance renversée, d’où sortent des pièces de monnaie. Un enfant placé de chaque côté semble aider à soutenir les cornes d’abondance. Autour est l’inscription « A Deo et prò Deo ». Ont été trouvées en même temps deux cornes de cerfs. En 1808, on trouve à Seclin un dépôt de sûreté, où on enferme les petits délinquants avant leur transfert en maison d’arrêt à Lille.

Au, les filatures, tanneries, brasseries et autres distilleries contribuent à l’essor industriel et commercial de la commune. Dès 1798, on y mentionne l’installation d’une filature de coton (Lefebvre-Bourghelle) disposant de métiers à tisser mécaniques (petites Jennys). Bien que ce dynamisme n’entraina pas un développement aussi fulgurant que pour les villes de Roubaix et Tourcoing, Seclin se transforma et connut de belles réussites familiales, à l’image des sucreries-distilleries Collette et Dujardin. Le père du célèbre docteur Gachet (qui soigna Van Gogh), Louis Eugène Gachet, tenta l’expérience industrielle dans les années 1820 en implantant une filature dans les bâtiments du château dit Des boulets. Seclin s’illustra dans le paternalisme patronal et plusieurs filatures (Guillemaud, Drieux, Duriez) adoptèrent à la fin du les chambres d’allaitement. Seclin fut occupée pendant la Première Guerre mondiale. Un cimetière militaire allemand de et les graffitis « Trink Wasser » (« Eau potable ») à l’entrée de certaines maisons, témoignent encore de cette occupation. Lors de leur retraite, les Allemands détruisirent les bâtiments municipaux, les infrastructures économiques (brasseries, distilleries, filatures) et patrimoniales (clocher de l’église collégiale).

Durant les années 1920 et 1930, Seclin se reconstruisit comme en témoigne l’actuelle salle des fêtes (ouverte en 1928) bâtie à l’emplacement de l’hôtel de Ville détruit en octobre 1918, se modernisa avec la création de bains-douches municipaux (1934) à l’initiative de la nouvelle majorité municipale communiste dirigée par Paul Durot. Les travaux de restauration de la collégiale Saint-Piat lui donnèrent un nouveau clocher où fut installé un carillon de 42 cloches (fondues à Croydon, Angleterre). Fin mai 1940, Seclin fut attaquée et bombardée par les forces militaires allemandes. La résistance du bataillon de mitrailleurs et du Zouaves stoppa temporairement l’avancée allemande le 28 mai 1940. Trente-six civils périrent dans les représailles qui suivirent. À la suite de la grève, dite patriotique, dans le bassin houiller du Pas-de-Calais au début du mois de mai 1941, des ouvrières de la filature Agache (rue Burgault) se mirent en grève par solidarité du 30 mai au 6 juin 1941. Du 7 juin au 28 août 1944, 69 personnes furent fusillés au fort de Seclin, six d’entre elles étaient membres de la résistance cheminote en lien avec l’affaire d’Ascq du 1 avril 1944. Le 2 septembre 1944, 33 civils furent fusillés par l’armée allemande au lieu-dit La Potasserie.

Au milieu des années 1960, la première zone industrielle de la métropole lilloise est créée sur le territoire de Seclin et de communes environnantes. Le 3 octobre 2002, le maire Jean-Claude Willem annonce en conseil municipal un boycott des produits israéliens en usant des moyens matériels de la collectivité en « réaction contre les massacres et tueries quotidiennes commises contre les enfants, les femmes, les vieillards palestiniens », tout en précisant que « Le peuple israélien n’est pas en cause, c’est un homme, Sharon, qui est coupable d’atrocités, qui ne respecte aucune décision de l’ONU et continue à massacrer ». Cette proposition était similaire à l’appel lancé par la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions. Après une plainte de la communauté israélite du Nord, le maire a été relaxé en première instance puis condamné en appel à une amende de euros pour « provocation à la discrimination nationale, raciale et religieuse ». La Cour Européenne pour l’application de la Convention Européenne des Droits de l’Homme (Affaire Willem c. France, 10 décembre 2009, arrêt définitif) a estimé qu’il n’y a pas eu violation du droit à la liberté d’expression pour un maire. Dans la nuit du 29 au 30 juin 2023, dans le cadre des émeutes consécutives à la mort de Nahel Merzouk, le poste de la police municipale y est totalement détruit, incendié par des tirs de mortiers d’artifice et des cocktails Molotov.

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Population

12.834 habitants

Région

Hauts-de-France

Département

Nord
(59)

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