Cernay (68)

Histoire de Cernay

Cernay est une commune du Haut-Rhin, en région Grand Est, qui compte 11 745 habitants. Le territoire est associé par plusieurs historiens, dont C. Oberreiner et J.J. Hatt, à la bataille de septembre 58 avant notre ère au cours de laquelle Jules César, soutenu par des troupes gauloises éduennes et séquanes, défit le chef germain Arioviste. En l’absence de preuves archéologiques formelles, les chercheurs situent l’affrontement dans un quadrilatère délimité par Cernay, Reiningue, Mulhouse et Wittelsheim, peut-être dans la grande plaine alluviale de l’Ochsenfeld. La bataille opposa environ six légions romaines et leurs auxiliaires éduens à des troupes germaines bien plus nombreuses, dont les rares survivants franchirent le Rhin.

La cité apparaît sous le nom de Sennenheim en 1144 et fut fortifiée dès 1268. Intégrée au comté de Ferrette, elle passa aux Habsbourg en 1324 avant de devenir française avec une grande partie de l’Alsace par les traités de Westphalie. La ville possédait alors les villages de Steinbach et de Birlingen. Largement détruite en 1914 et 1915 lors de la bataille de Mulhouse, elle fut à nouveau très endommagée début 1945 par les combats de la poche de Colmar. La commune fut décorée de la croix de guerre 1914-1918 le 2 novembre 1921. De janvier 1941 à novembre 1944, l’Institut Saint-André de Cernay, alors rebaptisé Sennheim, fut transformé par les nazis en camp de formation de la Waffen-SS pour volontaires non allemands. Cet établissement psychiatrique fondé en 1891 par Adèle de Glaubitz devint le seul centre du genre ouvert en Europe: il accueillit pendant quatre ans des milliers de jeunes recrues danoises, norvégiennes, néerlandaises, belges et françaises. L’Institut avait été transformé en hôpital complémentaire des Armées dès le 25 août 1939, avant d’être évacué par les Français le 18 juin 1940 et ses pensionnaires envoyés en zone libre. De juillet à décembre 1940, il fut transformé par les nazis en centre de transit pour les indésirables destinés à être expulsés; bordé d’une voie de chemin de fer et d’une halte, le lieu vit passer des milliers de personnes embarquées par la Gestapo dans des wagons verrouillés sans connaître leur destination.

Après l’annexion de l’Alsace au Reich en octobre 1940, l’administration civile fut confiée au Gauleiter de Bade-Alsace Robert Wagner et la ville rebaptisée Sennheim. En décembre 1940, le Reichsführer Heinrich Himmler fit louer puis réquisitionner le site de l’Institut Saint-André renommé Sankt-Andreas, et y fit installer le SS-Ausbildungslager Sennheim-Oberrhein. En janvier 1941, le centre accueillit dans sa gare les premiers contingents de volontaires norvégiens, hollandais, flamands et danois, prêts à être formés à l’idéologie et aux méthodes nazies avant de rejoindre la division Wiking. La formation durait quatre à huit semaines et était assurée par des instructeurs du Rasse und Siedlungshauptamt. Les recrues suivaient des cours d’allemand et d’idéologie nazie, apprenaient le maniement des armes et participaient à des épreuves sportives éprouvantes ainsi qu’à des manœuvres militaires souvent à balles réelles. La discipline était dure et les punitions sévères, le camp procurant cependant des loisirs comme du cinéma, des spectacles et des fêtes. À la fin de la formation, les volontaires étaient transférés dans un bataillon SS où ils prêtaient serment et recevaient un entraînement militaire spécifique. En 1944, des recrues de dix-huit nationalités différentes passèrent par le camp de Sennheim pour y être formées aux valeurs SS. Économiquement, Cernay possédait depuis le Moyen Âge une activité solide et durable: la ville disposait dès les années 1300 à 1400 d’un marché aux bœufs réputé dans tout le Saint-Empire romain germanique, puis vit s’implanter de grandes usines textiles à partir de 1839, date de l’établissement de la première voie de chemin de fer d’Alsace. La Thur fournissait une eau de qualité suffisante pour le lavage du coton, et l’on n’en conserve plus aujourd’hui que quelques traces.

Patrimoine religieux

L’église Saint-Étienne, principal édifice religieux de Cernay, fut construite en 1925 dans le style néo-gothique en remplacement de l’ancienne église détruite pendant la Première Guerre mondiale. Son plan suit la forme d’une croix latine avec transept: une nef principale, deux bas-côtés, un chœur flanqué d’une sacristie, et un clocher élancé recouvert d’une toiture de cuivre placé en position latérale à côté du chœur. Les murs de la nef sont décorés de dix tableaux dus au peintre alsacien René Kuder (1882-1962). À la voûte de la croisée du transept est suspendu un Christ en croix de cinq mètres de haut connu sous le nom de Grand Bon Dieu, et l’on y conserve également une statue de la Vierge à l’Enfant provenant de la chapelle du village disparu de Birlingen. L’orgue, construit par le facteur Joseph Rinckenbach, est complété par un buffet réalisé dans les ateliers Klem de Colmar. L’édifice, par sa silhouette néo-gothique et son mobilier composite, illustre les choix architecturaux retenus pour reconstruire après 1918 les paroisses alsaciennes touchées par les destructions de la Première Guerre mondiale.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

11.745 habitants

Région

Grand Est

Département

Haut-Rhin
(68)

Trouver une église à Cernay (68)

Recherche
No data was found