Issoudun
Histoire d’Issoudun
Issoudun est une commune de Indre, en Centre-Val de Loire, qui compte 10 992 habitants. Le toponyme d’Issoudun est attesté sous la forme Uxellodunum en 984; Exoldunum en 1190. Composé de l’élément gaulois uxello, faisant référence à ce qui est ou et du terme gaulois dunum signifiant, ou, le nom porté par la ville de l’Indre renvoie donc à la notion étymologique de « forteresse élevée ». Ses habitants sont appelés les Issoldunois.
Située à mi-chemin de Bourges et de Châteauroux, la cité biturige d’Uxeldunum, détruite à l’approche de César et reconstruite par ce dernier est un site occupé depuis l’Antiquité sans discontinuité. Deux bornes milliaires romaines ont été retrouvées au, tronquées et recreusées pour en faire des sarcophages. D’après les restes d’inscriptions déchiffrés, l’une date de Nerva et l’autre de Septime Sévère. Au, les seigneurs d’Yssoudun, princes de Déols et sires de Château-Raoul nommés Raoul, Ebbe(s) ou Eudes, frappaient leur propre monnaie. À la fin du, avec l’extinction de la famille des seigneurs de Châteauroux-Déols, Issoudun, comme leur héritière Denise de Déols (1173-1207), est ballottée entre les couronnes de France et d’Angleterre: française au traité d’Azay-le-Rideau de 1189, anglaise en 1196 au traité de Gaillon, Issoudun échoit à Philippe Auguste en 1200 au traité du Goulet<. Les deux premiers maris de Denise ont en fait été choisis par les rois d'Angleterre Plantagenêts, comtes de Poitiers et ducs d'Aquitaine (et par là suzerains du Berry occidental ou Bas-Berry).
Par son second époux, André de Chauvigny (1150-1202), s’accomplit la succession des seigneurs de Châteauroux et d’Issoudun, avec leur fils de Chauvigny (1188-1233), père de de Chauvigny (1224-1270). Mais les Capétiens rachètent progressivement les titres des ayants droit, par exemple en 1221 et 1243. À la mort du comte de Poitiers Alphonse en, Issoudun est définitivement rattachée au domaine royal et les Chauvigny exclus (même s’il y aura des engagements ou des apanages: ainsi François d’Alençon, frère puîné d’, en est apanagé en 1576-84). En 1356, le Prince Noir est devant la ville qui résiste; seuls les faubourgs sont incendiés. On trouve souvent que les Lusignan étaient sires d’Issoudun (cf. les armes ci-contre), mais il faut en fait comprendre d’Exoudun.
Le développement de la ville entraîne l’installation d’un couvent de franciscains (les Cordeliers) dans la première moitié du, mais souffrit d’une épidémie de peste en 1497. Issoudun joue un rôle administratif important à partir de la fin du en étant le siège d’une élection (subdivision de la généralité de Bourges) et d’une subdélégation. La ville d’Issoudun connaît une croissance démographique au début du, puisqu’elle passe de en 1709 à en 1726 (autour de ). La grosse cloche de l’église Saint-Paterne d’Issoudun est bénie. Son parrain est messire Joseph Bellet, abbé commendataire de l’abbaye Notre-Dame d’Issoudun, la marraine dame Marie de la Roche-Aymon, veuve de noble homme Michel Henry Agobert, sieur Deolanay, conseiller du roi, juge prévôt d’Issoudun. En 1783, la foudre s’abat sur le clocher de l’église Saint-Paterne causant des dégradations estimées à.
Les éclairs se répandent dans plusieurs salles du presbytère, fracassant entièrement deux travées et causant de dégâts. Cette année-là, les récoltes furent abondantes. À la Révolution, le choix de Châteauroux, alors seconde ville du Berry, comme préfecture du nouveau département de l’Indre, nuit au développement d’Issoudun. Pendant la Deuxième République, Issoudun est une des villes les plus favorables au nouveau régime et aux idées de progrès. Dès son élection, le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte (futur ) fait arrêter les membres des sociétés dites « secrètes » qui s’étaient donné pour mission de répandre ces idées et d’acquérir le peuple à la République sociale. Les principaux membres de « La Solidarité républicaine » sont condamnés à la prison ferme et privés de droits civiques pour deux ans (dont Lecherbonnier, père du futur maire) en, et finalement emprisonnés après l’appel en novembre.
L’agitation est permanente jusqu’au coup d’État du 2 décembre 1851, parfois dispersée par la troupe, et la garde nationale bourgeoise dissoute car trop inactive. La nouvelle du coup d’État est connue dans la journée du par les officiels, mais ne se répand que le. Les républicains s’assemblent, manifestent , mais, en l’absence de certitudes, n’agissent pas pour se rendre maître des bâtiments officiels. La nouvelle de la défaite des républicains de Paris arrive le soir du, et le dernier rassemblement a lieu le. Les deux compagnies du léger n’ont donc pas à intervenir. La répression commence ensuite, avec pour la seule ville d’Issoudun, pendant que le pouvoir s’installe: la devise Liberté-Égalité-Fraternité est effacée des bâtiments publics.
Douze cabarets populaires et suspects sont fermés en. Le libraire Châtelin, jeune père, libéré au bout de deux mois, préfère s’exiler à Londres, où ses travaux de relieur sont officiellement récompensés. Enfin, un élève issoldunois aux idées trop avancées de l’école normale de Châteauroux est exclu de l’établissement, le gouvernement de l’Empire autoritaire surveillant tout particulièrement les instituteurs. De la même façon, l’instituteur du village des Bordes, Nicolas Florent, particulièrement apprécié de la population, donnant des cours du soir, auparavant récompensé par l’Inspection académique, est démis dès le. L’opposition ne désarme pas, même si on ne peut relever dans les premières années de l’Empire que quelques condamnations pour cris séditieux. L’attentat d’Orsini, en, entraîne sept nouvelles arrestations d’opposants; certains sont déportés en Algérie.
Depuis la fin du, Issoudun est un centre important de dévotion et de pèlerinage à la Vierge Marie. Elle est appelée la « ville de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur ». De 1875 à 1920, Issoudun est ville de garnison du d’infanterie de ligne avec Le Blanc ( et à Issoudun, état-major et au Blanc). Durant la Première Guerre mondiale, un centre d’instruction d’élèves aspirants s’installa à la caserne Châteaurenault. On note, parmi eux, la présence du futur général Kœnig. Baker et le major-général William Murray Black, inspectant un avion Nieuport sur la base américaine d’Issoudun.
Entre fin 1917 et, le d’instruction de ce qui deviendra en 1919 l’United States Army Air Service est installé sur une commune voisine (Lizeray), après l’entrée en guerre des États-Unis, en soutien du corps expéditionnaire américain. C’est la plus grande base aérienne américaine hors métropole avec sept camps, onze terrains d’aviation et deux hôpitaux de campagne répartis sur environ. Servis par, de chasse y furent formés et américains sont morts dans ces camps d’entraînement. La caserne Jardon, désaffectée, est utilisée en 1938 pour héberger de la guerre d’Espagne. Entre le et le, plus de espagnols fuyant l’effondrement de la république espagnole devant les troupes de Franco, arrivent dans l’Indre. Contrairement aux départements voisins qui font appel aux communes, l’Indre réussit à les regrouper dans seulement trois, puis sept centres, ce qui permet un meilleur contrôle de cette population considérée comme dangereuse (notamment sur le plan sanitaire).
Les réfugiés, essentiellement des femmes et des enfants, sont soumis à une quarantaine stricte, vaccinés, le courrier est limité, le ravitaillement, s’il est peu varié et cuisiné à la française, est cependant assuré. Un gymnase est converti en infirmerie pour soigner les victimes d’épidémie. En 1940-1942, Issoudun est ville de garnison du d’infanterie et du d’artillerie. Au mois de, la ville est victime d’un bombardement aérien faisant près de. La colonne Elster qui faisait retraite du Sud de la France vers l’Allemagne, fait sa reddition à Issoudun. Le commando du SAS, composé de Français, reçoit la reddition.
Depuis 1950, la région d’Issoudun accueille un centre émetteur radio en ondes courtes qui permet de diffuser les programmes de Radio France internationale vers l’étranger, situé sur la commune de Saint-Aoustrille. Dans le cadre du redéploiement des forces de l’ordre en France, le commissariat de police d’Issoudun est définitivement fermé. C’est à présent la gendarmerie qui assure la sécurité et qui voit ses effectifs étoffés avec la création d’une brigade des recherches, d’un peloton de surveillance et d’intervention et d’une brigade motorisée. La compagnie de gendarmerie d’Issoudun, jusque-là une des plus petites de la région de gendarmerie du Centre et menacée de dissolution reprend une importance capitale dans le département de l’Indre. En 2008 le palais de justice de la commune est fermé définitivement.