Châteaugiron

Histoire de Châteaugiron

Châteaugiron est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 10 518 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme Castro Gironis en 1152. Le nom de Châteaugiron vient du seigneur de Giron, fils du chevalier Anquetil ou Ansquetil, mort en 1039, fondateur de la ville. Durant la Révolution, la commune porte le nom de Mont-Giron.

En gallo, langue locale, Châteaugiron se nomme Chaojon ou Chiaojon, prononcés respectivement [ʃaʊ̆ʒɔ̃] ou [ʃjaʊ̆ʒɔ̃].

Le premier seigneur, Ansquetil, originaire de Normandie vivait dans la première moitié du XIe siècle. Il vient en Bretagne sans doute dans la suite d’ Havoise de Normandie qui doit épouser le duc de Bretagne Geoffroy. A la mort de ce dernier vers 1008, elle prend la régence, son fils n’ayant que 10 ans. Est-ce elle ou son fils le duc de Bretagne Alain III qui octroie à Anquestil des terres situées près de Rennes? Le chevalier y bâtit un premier château, sans doute une tour en bois. Son fils aîné et successeur Giron du château-Ansquetil est qualifié en 1087 de miles dom (chevalier et seigneur).

Il meurt au début du XIIe siècle. C’est lui qui laisse son nom au château et à la petite ville qui se développe autour. En 1086-1114 on trouve la mention du « castrum Ansquetil in domo eiusdem Gironis » Une célèbre enluminure de la première grande histoire de Bretagne de Pierre Le Baud représente le château de Châteaugiron. Cette enluminure d’un manuscrit de la BNF a été longtemps le sujet d’une polémique quant aux événements qu’elle évoque et au château qu’elle représente. Un ouvrage de 2009 de Stéphanie Vincent, docteur en littérature et spécialiste de l’iconographie médiévale, à la suite d’une étude méthodique du document, nous éclaire: le château représenté est bien celui de Châteaugiron.

On y apprend également la chronologie des modifications subies par la forteresse et de petites histoires de la ville comme l’arrivée somptueuse d’Hélène de Laval épouse de Jean de Derval seigneur du lieu, dans la bourgade. Après la mort de Jean de Derval en 1482, la baronnie de Châteaugiron passe aux mains des familles Rieux, Laval, Montejean et Acigné. En 1579, Judith d’Acigné épouse Charles de Cossé comte de Brissac. La baronnie devait rester la propriété des Cossé-Brissac jusqu’ en 1701.Ils ne vinrent semble-t-il que rarement au château-fort qui peu a peu se dégrade. Ils installèrent toutefois pour les paroissiens une cloche (appelée Henriette) avec lanternon sur la tour de l’horloge, qui jouxte l’église. L’horloge fonctionne toujours.

En 1591, pendant les Guerres de la Ligue, Châteaugiron, place protestante, fut pillé sept fois en 1589, deux fois en 1590. « Champeaux, Châtillon, Izé, Étrelles, La Guerche, Domagné, Châteaugiron furent dévastés par les marches et collision [combats] des deux partis ». L’instituteur Duval est le témoin de ces malheurs dont il fait le récit, récit transcrit dans le livre d’Alexis Garnier, Notice historique sur Châteaugiron Le 8 mars 1701, le duc Arthur Timoléon Louis de Cossé, duc de Brissac, endetté vend la baronnie de Châteaugiron à René Le Prestre de Lezonnet, président à mortier au Parlement de Bretagne ( armoiries: « écu de gueule à trois écussons d’hermine et engresle d’or »). C’est pour se rapprocher de Rennes et du Parlement que cette famille originaire de l’actuel Morbihan (Loyat, canton de Ploërmel) achète le château de Châteaugiron qu’ils vont mettre en partie au goût du jour. Les nouveaux propriétaires gardent en effet quatre tours et une partie des logis médiévaux, symboles de la puissance et de l’ ancienneté de la baronnie.

D’ ailleurs ils ne tardent pas à se faire appeler Le Prestre de Châteaugiron, nom bien plus valorisant que celui d’une seigneurie moyenne du centre de la Bretagne. Et quand ils achètent une autre importante seigneurie, le marquisat d’ Epinay, ils se font appeler marquis de Châteaugiron.Les travaux sont rondement menés dans les années qui suivent l’achat du château. Les travaux renvoient à une architecture à la française assez dépouillée. Les anciens logis médiévaux, notamment les façades sur cour sont entièrement repris, une des tours d’angle est remplacée par un haut pavillon belvédère d’où l’on peut profiter d’une belle vue sur la campagne environnante. Pour dégager une perspective, on abat les vestiges du mur et du chatelet d’entrée entre le donjon et la tour de l’ horloge. On refait vers 1718 le mur de l’église, l’ancienne chapelle du château et on construit un grand pavillon porche dans la basse cour par lequel passent chevaux et voitures.

A l’intérieur, toutes les boiseries et les cheminées du XVIIIe siècle sont vendues au début du XXe siècle, laissant une grande coquille vide. Les Le Prestre de Châteaugiron ont occupé d’importants offices au Parlement de Bretagne, notamment celui de Président à mortier. Au moment de l’affaire de La Chalotais, dite l’ Affaire de Bretagne (1764-1768), l’ avocat général Auguste Félicité Le Prestre de Châteaugiron prend parti pour le duc d’Aiguillon, gouverneur de Bretagne, au grand dam de la fronde des parlementaires. Finalement il quittera la Bretagne pour Paris. La production de « noyales » (toiles à voiles), concentrée dans une quarantaine de paroisses situées par la plupart au sud-est de Rennes, les principales étant Châteaugiron, Piré et Noyal (paroisse qui leur a donné leur nom), double, passant de à, pendant la seconde moitié du XIXe siècle. Une manufacture appartenant au sieur Desbouillons est créée en 1824 à Châteaugiron, dans le prieuré Sainte-Croix; elle contient 76 métiers à tisser, et la manufacture a compté jusqu’à; elle achète les récoltes de chanvre sur les marchés de Châteaugiron et de Janzé et produit annuellement de à pièces de toile de chacune, destinées tant à la marine royale qu’à la marine marchande.

La manufacture Desbouillons ferme en 1850. En 1852, le Conseil général d’Ille-et-Vilaine lance un cri d’alarme: « l’industrie des toiles du département, jadis florissante, est devenue très peu lucrative ». En 1867 Auguste Marchand, maire de Châteaugiron, déclare que « dans le département il n’y a pas d’agglomération où il y ait autant de misères et en même temps aussi peu de personnes aisées ». Entre 1846 et 1906, Châteaugiron perd 35% de sa population, passant de habitants en 1846 à habitants en 1906. Au XVIIIe siècle on compte à Châteaugiron une trentaine de marchands de toile. Une grande halle est construite au milieu du XIXe siècle (la vente des toiles se faisait jusque-là en plein air).

La ligne des Tramways d’Ille-et-Vilaine allant de Rennes à La Guerche et passant par Châteaugiron fut mise en service en juin 1904. Le monument aux morts de Châteaugiron porte les noms de morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Le petit séminaire Sainte-Croix est installé par le diocèse de Rennes en 1908 dans l’ancien couvent des Ursulines. Les locaux sont agrandis à deux reprises pendant l’Entre-deux-guerres, successivement par les architectes Arthur Regnault et Hyacinthe Perrin. Entre 1911 et 1960, 90 % des élèves du petit séminaire de Châteaugiron sont fils de paysans, d’ouvriers ou d’artisans. Le monument aux morts de Châteaugiron porte les noms de sept personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un soldat originaire de Châteaugiron (Michel Duroudier) est mort pour la France pendant la Guerre d’Algérie.

Patrimoine religieux

La commune nouvelle abrite un seul monument historique protégé On trouve de nombreux autres édifices patrimoniaux, dont plus de inventoriés

Informations Clés

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Population

10.518 habitants

Région

Bretagne

Département

Ille-et-Vilaine
(35)

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