Roche-la-Molière

Histoire de Roche-la-Molière

Roche-la-Molière est une commune de Loire, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 9 863 habitants.

La permutation de 1173 entre le comte de Forez et l’Église de Lyon indique que quiconque aura le château de Roche devra hommage lige et fidélité au comte. 1) Les de Lavieu et leurs descendants d’Augerolles et (de) Capponi:
Les Lavieu, qui ont longtemps possédé Roche-la Molière — d’abord sous la suzeraineté des seigneurs de Jarez — ont constitué une des grandes dynasties foréziennes, aux origines cependant confuses. Jean-Antoine de La Tour-Varan (1798-1864) pense encore, comme le croyait Jean Papon, que les Lavieu sont issus des vicomtes de Lyon (au sens du grand comté de Lyon qui englobait donc le Forez avant 1173), et que les Jarez puis les d’Urgel de St-Priest en sont issus. Mais l’historien Édouard Perroy (1901-1974) revisite la question: les Lavieu n’avaient pas de rapport direct avec Lavieu, ni Saint-Bonnet (Dauphine de St-Bonnet, fl. au siècle, mère de Sibylle de Bâgé, est dite à tort « de Lavieu » par la tradition), ni les vicomtes de Lyon – ce que soutenait donc l’historiographie traditionnelle, reprenant La Mure ou Guichenon – et ils n’ont pas plus porté le titre inventé de vicomte de Forez ou de Lavieu, mais ils venaient des Monts du Lyonnais (vers Ternand et Savigny; Lavieu en Lyonnais pourrait être le nom d’une terre, fief ou château disparu et méconnu de ces contrées, et doit être en tout cas distingué de Lavieu en Forez). Membres notables de la noblesse du Lyonnais dès le, ils commencèrent leur carrière comme co-seigneurs de Chamousset et de St-Symphorien. À leurs débuts, leur généalogie n’est pas connue avec certitude.

Les deux frères Jocerand/Josserand et Guillaume de Lavieu sont actifs entre 1084 et 1100, liés aux comtes de Lyon et de Forez mais aussi aux archevêques. À la génération suivante, les deux frères Briand (époux d’Aia) et autre Guillaume de Lavieu sont cités entre 1134 et 1145; puis Jocerand/Josserand (II), probable fils de Briand, hérite des châteaux d’Yzeron et de Pizay. Briand (II), fils de Jocerand (II), obtient dès avant 1173 une part de Grangent sur Loire et une part de St-Chamond en Gier, et co-fonde l’abbaye de Valbenoîte en 1180. La permutatio de 1173 le fait vassal de l’archevêque de Lyon pour Chamousset et St-Chamond, et du comte de Forez pour Grangent (la tradition le dit d’ailleurs neveu du comte Guigues II de Forez, sans jamais expliciter cette éventuelle parenté). Ses fils, actifs dans le quart du, se partagent son héritage et sont à l’origine des différentes branches des Lavieu 2) Les 10 août et 25 octobre 1677, Madeleine du Peloux, veuve de Gaspard (de) Capponi de Feugerolles (Gaspard était le fils d’Alexandre (de) Capponi, acquéreur de Feugerolles en 1586, et de Françoise d’Augerolles, dame héritière de Roche-la-Molière, comme on l’a vu) puis sa fille Catherine-Angélique Capponi de Feugerolles, cédèrent Roche contre 111 000 livres à → Jean-François Anselmet des Brun(e)aux, mais Catherine-Angélique de Feugerolles et son mari Pierre-Hector de Charpin de Souzy de la Forest-des Halles (épousé en 1676) reprirent Roche le 20 août 1683 par échange avec Claude-Gabriel Anselmet, frère héritier de Jean-François, contre la part de St-Just-lès-Velay qui relevait de Feugerolles; d’ailleurs, Jean-Baptiste-Michel Charpin de Feugerolles, le petit-fils de Catherine-Angélique Capponi et Pierre-Hector Charpin, épousera Anne-Marie Anselmet des Bruneaux, dame de Saint-Just-en-Feugerolles (ladite part de St-Just, donc, qui relevait de Feugerolles), fille de Jean-Marie Anselmet et petite-nièce de Jean-François et Claude-Gabriel Anselmet. Mais dès le 12 (ou le 16) décembre 1683, Pierre-Hector de Charpin et sa femme Catherine-Angélique Capponi de Feugerolles vendirent Roche-la-Molière à → Pierre Duon, président des Trésoriers de France à Lyon, contre 74 500 (ou 76 000) livres; sa veuve Madeleine Chappuis de La Faye vendit le 21 avril 1719 à → Jean Perrin de Vieuxbourg, ancien échevin de Lyon. Le fils de ce dernier, Alexis-Bonaventure Perrin de Vieuxbourg, céda le 25 janvier 1745 contre 136 000 livres à → Jean-Louis Girard, écuyer († le 9 août 1746 tué en duel à Lorient; fils du secrétaire du roi Pierre Girard), qui fut lui-même suivi par sa sœur → Marie Girard (née en 1720-† le 14 novembre 1789), épouse en 1738 de Pierre-Antoine Chappuis de Maubon: le couple aliéna en 1765 au → duc Armand-Joseph de Chârost et d’Ancenis (1738-1800).

Le duc de Béthune-Chârost et d’Ancenis, aussi seigneur de Meillant et Charenton, philanthrope, féru d’agronomie, était aussi un entrepreneur dans l’âme: il était bien sûr attiré par la concession houillère de Roche, obtenue en 1766. Mais le 26 février 1772, le négociant → Jacques Neyron (1733-1811), secrétaire du roi en 1768, maire de Saint-Étienne de 1778 à 1783, frère aîné d’Antoine et oncle d’André-Antoine Neyron, acquit pour 205 000 livres la terre féodale de Roche avec le château (la concession houillère de Roche étant, elle, cédée par le duc en 1786 à René Eustache d’Osmond). La ville récupéra le château de Roche-la-Molière en 1951 sur la famille Neyron. La charte du Forez n°1576 de 1202 indique que le prieur percevra 3 deniers sur chaque molière qui serait ouverte et Gaudemar (de Jarez) aura le quart. Roche ne deviendra Roche-la-Molière qu’en 1225, nommée ainsi  dans une charte n° 901 datant de 1225 ou apparaît le nom composé complet, associé à l’église, sous la forme d’« ecclesia de Rochi la Moleri ». Il est mentionné,  dans l’ouvrage de La Tour de Varan, que ce château est bâti sur une butte de grès, dont on peut voir l’endroit d’où étaient tirées les meules. Louis Grüner (Grüner, Louis Emmanuel, 1809-1883), dans son ouvrage, Bassin houiller de la Loire, publié en 1882 nous informe sur les carrières de pierres entre le bourg de Roche et Frécon.”  L’affleurement du Peyron se voit à peu de distance au-dessus du banc de grès que l’on exploite, pour meulières et pierres de taille, dans plusieurs grandes carrières, situées entre le hameau de Frécon et le bourg de Roche. » Les dernières recherches en archives et prospections archéologiques pédestres à travers le territoire de la commune de Roche-la-Molière permettent d’observer une exploitation meulière intense sur plusieurs sites qui équivalent aujourd’hui une superficie de dix hectares.

L’exploitation meulière médiévale pourrait faire suite à une exploitation déjà plus ancienne et se serait poursuivie jusqu’au, comme le confirme Louis Grüner. Des traces d’outils, d’alvéoles (négatif de meule) sont présentes autour du Château, ainsi qu’une exploitation dans le jardin de la « Résidence du parc », confirmant sur,-sous-, cette butte de grès houiller, une activité meulière importante. Une galerie apparaît sur une photographie aérienne de 1949 (IGN, Remonter le temps), suggérant une activité de taille de grès souterraine. « Molière » pourrait se rapporter au terme meule à cause d’un lieu d’extraction de meules situé sur le territoire de cette commune. Le qualificatif de « molière » se rapporterait plutôt à la qualification de l’éperon rocheux sur lequel le château de Roche-la-Molière a été construit: un éperon rocheux en forme de meule. Il pourrait aussi dériver d’un qualificatif de la pierre extraite, un grès houiller, assez meuble. Les travaux les plus récents indiquent que le toponyme « Molière » fait référence à un terrain humide. Trois actes des témoignent de l’exploitation médiévale réalisée à partir de la surface par décaissements du terrain.

Le charbon y apparaît comme un combustible précieux dont l’extraction était imposable et soumise au contrôle des seigneurs de Roche, de Saint-Priest et du comte de Forez. En 1786, René Eustache d’Osmond achète la concession houillère que Armand Joseph de Béthune avait obtenue sur les mines de Firminy et de Roche-la-Molière. Il se heurte à l’hostilité des propriétaires locaux qui entravèrent l’exploitation. Au, l’expédition se faisait à dos de mulet en direction de la Loire par laquelle il était acheminé vers la façade atlantique via les « rambertes » et la région parisienne par le canal de Briare. La Compagnie des Mines de Roche-Firminy fut nationalisée à la libération et les Houillères de la Loire prirent le relais en 1945. L’activité cesse avec la fin de l’activité du puits Charles en 1976. Roche a un passé de cité ouvrière bâtie sur la mine et le ruban. En lien avec ces activités, une forte population étrangère s’est installée au début.

Dans la nuit du 4 au 5, la statue, célébrant le travail des mineurs de Roche, est détruite par des émeutiers. Elle est réédifiée quelques mois plus tard.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

9.863 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Loire
(42)

Trouver une église à Roche-la-Molière

Recherche
No data was found