Figeac
Histoire de Figeac
Figeac est une commune du département du Lot, en région Occitanie, qui compte 9 770 habitants. Située sur les rives du Célé, affluent du Lot, la ville s’est développée sur un replat propice à l’établissement humain depuis la Préhistoire. Des fouilles préventives menées en 2008 près du lieu-dit Sabatié, avant la construction de la déviation Ouest, ont mis au jour des vestiges du Néolithique moyen, du Bronze ancien et du premier âge du Fer: fragments de céramiques, fosses, trous de poteaux de palissade, restes d’un mur à ossature bois, tessons d’urnes et de vases, ainsi que des fusaïoles et éléments de parure. Le territoire appartenait au peuple gaulois des Cadurques, soumis par les Romains en 51 avant notre ère après la reddition d’Uxellodunum. Une voie romaine franchissait le Célé à gué et l’on a retrouvé des sarcophages gallo-romains et des restes de murailles.
La fondation officielle de la ville remonte à août 838, lorsque Pépin Ier d’Aquitaine établit Figeac comme dépendance de l’abbaye de Conques afin de faciliter le ravitaillement des moines. Le toponyme Figiacus apparaît justement dans un diplôme de Pépin Ier de cette même année. Les toponymistes y voient un toponyme gallo-romain en -acum, peut-être formé sur Fibius, variation possible de Fabius. Plusieurs légendes étymologiques circulent: l’expression latine « Fige acum » (« plante une aiguille ») expliquerait les monuments dits aiguilles que l’abbé aurait fait dresser pour guider les pèlerins perdus dans les forêts environnantes. Une autre tradition rattache la fondation à un vol de colombes dessinant une croix dans le ciel sous les yeux de Pépin le Bref, qui aurait dit « Fiat là! ». En occitan, la ville se nomme Fitsat, écrit Fijac.
Au cours du XXe siècle, Figeac fut un haut lieu de la Résistance. Après l’invasion de la Zone libre par les Allemands fin 1942, les jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire trouvèrent refuge dans les bois du Nord de l’arrondissement, soutenus par une population complice et des gendarmes souvent indulgents. Les maquisards menèrent des actions multiples: occupation de la gare, récupération d’armes, exécution de collaborateurs à Cajarc, détournement d’un wagon de riz destiné aux Allemands. En 1944, lors du passage de la division SS Das Reich, les derniers éléments allemands furent attaqués dans la côte de Planioles; en représailles, des habitants furent tués et des maisons incendiées. La ville reçut la Croix de Guerre avec étoile de vermeil. La gare, datant de 1862, fut ravagée par un violent incendie nocturne dont seules subsistèrent la façade et les murs; reconstruite à l’identique, elle fut inaugurée le 31 août 2023.
Patrimoine religieux de Figeac
Figeac est classée Ville d’art et d’histoire et figure parmi les 18 Grands Sites Occitanie reconnus par le conseil régional. La vieille ville a conservé son plan médiéval et ses ruelles tortueuses, bordées de nombreuses maisons anciennes en grès. L’église Saint-Sauveur, classée monument historique en 1840, est l’ancienne abbatiale qui se rattacha à Cluny à la fin du XIe siècle; elle fut consacrée en 1092 et eut saint Hugues comme abbé. Église de pèlerinage aux dimensions comparables à celles de Saint-Sernin de Toulouse ou Sainte-Foy de Conques, elle présente une triple nef, un vaste transept, un déambulatoire et une abside à chapelles rayonnantes. L’ancienne salle capitulaire est décorée de bois polychrome. Un de ses chapiteaux, retaillé en bénitier, est aujourd’hui exposé au musée des Cloisters à New York.