Vif

Histoire de Vif

Vif est une commune de l’Isère, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, peuplée de 8 584 habitants. Située dans la vallée de la Gresse, au sud de Grenoble, la commune occupe une position de carrefour entre la métropole grenobloise et les massifs préalpins du Vercors et du Trièves. Le toponyme dérive du latin Vicus, terme désignant une petite agglomération dotée d’une organisation municipale, sans pour autant atteindre le statut de ville. Le village apparaît dès l’Antiquité tardive sous la forme Viu, puis Vivo en avril 1236, Vicum en novembre 1247, et enfin Vif, forme retenue à partir de la fin du XVe siècle.

L’histoire de Vif présente une continuité chronologique rare, qui couvre presque sans rupture la période allant du Néolithique à nos jours. Sur la montagne d’Uriol, le rocher de Saint Loup conserve les vestiges d’un habitat néolithique moyen fouillé en 1904 par Hippolyte Müller. Les archéologues y ont mis au jour des restes de cabane, un foyer, des silex, des ossements, des fragments de haches en pierre polie et des céramiques préhistoriques, témoignages d’une occupation ancienne du site.

L’implantation chrétienne de Vif remonte à l’Antiquité tardive. En 1965, Raymond Girard découvre, lors de fouilles dans l’église Saint-Jean-Baptiste, deux inscriptions paléochrétiennes ensuite classées Monuments Historiques. La seconde, complète, mentionne un prêtre nommé Valérianus mort le 9 mars 577 ou 579. Cette épitaphe atteste l’existence d’un culte chrétien organisé dans la vallée de la Gresse dès le VIe siècle, vraisemblablement au sein d’une église paroissiale. La présence d’un cimetière médiéval d’époque carolingienne et mérovingienne, exhumé par les fouilles de 1966, prolonge le récit de cette continuité religieuse.

Au Moyen Âge, Vif devient le siège d’une seigneurie. L’église Saint-Jean-Baptiste est attestée au centre du village vers l’an 1000. Vers 1035, un prieuré bénédictin dépendant de Saint-Laurent de Grenoble s’établit dans le bourg. Un siècle plus tard, en 1130, l’église Saint-Jean-Baptiste est rattachée au prieuré et reçoit la double vocation d’église paroissiale et abbatiale. L’église Sainte-Marie du Genevrey apparaît pour la première fois au début du XIIe siècle dans le cartulaire de saint Hugues, daté de 1100. À partir de 1317, une enceinte fortifiée protège le bourg, mentionnée dans les sources comme « castrum johannis de vado » entouré de larges fossés. Jean du Guâ y exerce alors la coseigneurie aux côtés du dauphin Humbert II.

La commune compte par ailleurs deux châteaux forts. Le château d’Uriol, le plus ancien, apparaît dans la donation du comte Guigues II d’Albon datée du 10 mai 1070. Composé d’un donjon, d’une enceinte et d’une chapelle dédiée à saint Loup et saint Michel, il tombe en ruines vers 1683. Le château des Dauphins, situé au centre du bourg, subit les ravages des guerres de religion et est remplacé au XVIIe siècle par le château des Chaléon.

Le XVe siècle marque pour Vif un temps d’épreuves. En 1440, plus de la moitié de la population de la commune et des environs disparaît, victime de la famine, des crues du torrent de la Gresse, de la peste noire et d’autres épidémies. Sur 217 feux recensés, 99 sont vacants par mort ou départ. Les habitants insolvables sont excommuniés, et leurs noms inscrits sur des listes tenues par les curés du mandement de Varces. La période voit également plusieurs procès en sorcellerie dans la vallée de la Gresse, dont celui de Guigues Olier, paroissien du Genevrey, pendu pour ensorcellement, ou celui d’Étienne Guillon, beau-père du jurisconsulte Guy Pape, exilé hors de la province.

Les guerres de Religion frappent Vif durant vingt-six ans, de 1562 à 1588. Située à mi-chemin entre les fiefs protestants de Mens et de La Mure et les troupes catholiques cantonnées à Grenoble, la commune occupe une position stratégique convoitée par les deux camps. En 1562, le baron des Adrets, chef des huguenots, pille et saccage la ville. Onze ans plus tard, en juin 1573, le duc de Lesdiguières quitte Mens à la tête de ses troupes et atteint Vif le 5 juin. La garnison se retranche dans le prieuré bénédictin, dans l’église Saint-Jean-Baptiste et dans le château des Dauphins. Le siège dure jusqu’au lendemain, lorsque la blessure du capitaine protestant Patras déclenche la vengeance des huguenots, qui prennent et saccagent la place.

Patrimoine religieux de Vif

Le patrimoine religieux de Vif s’organise autour de deux édifices anciens. L’église Saint-Jean-Baptiste, située au centre du bourg, conserve la mémoire de l’implantation paroissiale médiévale et de l’ancien prieuré bénédictin. Elle a été classée Monument Historique en totalité par arrêté du 19 avril 2011. Une demande de classement, déposée en 2007 pour les peintures intérieures, a permis de mobiliser une participation de l’État aux travaux de restauration. L’église Sainte-Marie du Genevrey, mentionnée dès le début du XIIe siècle, se trouve dans le hameau du même nom, intégré à la commune de Vif entre 1790 et 1794.

La commune conserve aussi des traces de l’architecture monastique avec d’anciens couvents, dont le domaine du Breuil, ancien couvent de la Visitation, situé près du pont de pierre. Ce pont en maçonnerie, édifié en 1832 après une importante campagne d’endiguement de la Gresse entre Vif et Varces, succède à plusieurs ponts de bois successivement emportés par les crues, dont les plus anciennes traces remontent à 1710. Long d’une trentaine de mètres, doté de trois voûtes en plein cintre et de deux piles, il relie le boulevard Faidherbe à l’avenue de Rivalta et permet le passage de la route nationale 75 (D 1075) au-dessus du torrent.

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Population

8.584 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Isère
(38)

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