Billy-Montigny

Histoire de Billy-Montigny

Billy-Montigny est une commune de Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, qui compte 8 117 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Billy en 1070: Bili en 1088; Billi en 1097; Billi en 1141-1142; Bylly en 1330; Billy-vers-Hénin en 1331; Billy-en-Escrebieu en 1517; Billy-en-Gohelle en 1753; Billy-Montigny au; Billy en 1793 et Billy-Montigny depuis 1801.

Au temps gallo-romain, la ville s’appela Billiacum. Vers l’an 360, la ville ainsi que la plupart de l’Artois se font évangéliser par saint Martin, un ancien légionnaire et aux alentours de l’an 500, Billiacum cesse d’être tributaire à Rome. Vers le, la ville est envahie par les Normands venus de Scandinavie. Jacques Mathieu et son équipe de mineurs découvrent une veine de charbon très faible à Fresnes-sur-Escaut dans la propriété de Nicolas Désaubois. Le gisement houiller était exploité dans le département du Nord depuis plus d’un siècle; mais des recherches en Artois étaient restées vaines, en raison d’un changement d’orientation des veines. En 1841, la découverte de charbon à Oignies lors du forage destiné à un puits artésien fait comprendre que la veine de charbon se prolonge bien dans le Pas-de-Calais, mais dans la direction du nord-ouest.

Des recherches furent alors entreprises de façon systématique, et en 1849, Charles Matthieu, transfuge de la Compagnie des mines d’Anzin, découvre du charbon à Courrières. La politique du Second Empire est alors de limiter la taille des concessions, afin qu’elles soient en concurrence entre elles: l’exploitation de ce gisement houiller est donc réparti entre 10 sociétés, dont la Compagnie des mines de Courrières, créée en 1852. La compagnie installe ses grands bureaux et ses ateliers centraux à Billy-Montigny, à proximité de cette fosse. La fosse – 20 dite Schneider-Landrieu, est foncée à partir du mois d’ par la Compagnie des Mines de Courrières. Le puits atteindra la profondeur de lors de sa mise en service en. Le second puits, est ajouté en 1911.

Il est profond de et servi pour l’aérage, le service du personnel et du matériel. L’histoire de la région reste marquée par la catastrophe minière dite catastrophe de Courrières qui fit le sur les territoires de Billy-Montigny, Méricourt, Noyelles-sous-Lens et Sallaumines. Le samedi, un « coup de poussière » d’une rare violence ravage en quelques secondes de galeries communes aux trois fosses et situées sur les territoires de Billy-Montigny (fosse dite Auguste Lavaurs), Méricourt (fosse dite Lavaleresse), Noyelles-sous-Lens et Sallaumines (fosse – 11 dite Sainte-Barbe). Pris au piège, la plupart des ouvriers sont morts asphyxiés ou brûlés par les nuées ardentes de gaz toxiques. En fin de journée, seulement arrivent à s’échapper de la catastrophe. Sur les, habitaient les corons de Billy-Montigny.

La gestion de la crise par la compagnie minière est particulièrement mal vécue par les mineurs et par leurs familles. La compagnie est accusée d’avoir fait passer la sécurité des mineurs après la protection des infrastructures en particulier en prenant la décision de murer les galeries et d’inverser l’aérage pour extraire la fumée et étouffer l’incendie au lieu de faciliter le travail des sauveteurs en leur envoyant de l’air frais. La polémique enfle avec l’arrêt précoce des recherches, abandonnées dès le. Or, le, soit 20 jours après l’explosion, 13 mineurs ressortent de la fosse ayant réussi à retrouver le jour par leurs propres moyens après avoir erré dans le noir total sur des kilomètres. La catastrophe a un retentissement important dans la population, et déclenche une grève des mineurs qui s’étend à tout le bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais. Cette grève dure et connaît des affrontements violents.

Perçus comme des briseurs de grève et acceptant des salaires peu élevés, ils rencontrent l’hostilité de la population. La fosse cesse d’extraire en 1938. Le chevalement est démonté pour être remonté sur le puits 17 de la fosse – 17 à Harnes. Il ne reste rien de cette fosse en 2011, à l’exception de l’avenue qui porte son nom et de la plaque matérialisant l’emplacement du puits dans la Zone Eurobilly. La fosse 10, quant à elle, fermera en 1953, les chevalements seront abattus en 1956. Entre les années 1960 et 1990, l’imposant terril conique de la Fosse 10 est exploité, il ne reste que son assise actuellement.

Il Pendant toute la Première Guerre mondiale, Billy-Montigny est très proche de la ligne de front, et subit les conséquences des combats et mouvements de troupe. En 1917, après la bataille de Vimy, les fosses des mines de Courrières sont détruites et les galeries inondées par l’armée allemande. La ville reçoit au lendemain de la Première Guerre mondiale la croix de guerre 1914-1918, récompensant l’attitude résistante de la population pendant l’occupation allemande.

La reconstruction sera cependant assez rapide malgré l’ampleur des dégâts: elle est achevée en 1925, et la compagnie des mines de Courrières devient à cette date la première compagnie minière française. C’est l’un des premiers actes de résistance collective à l’occupation nazie en France et le plus important en nombre, qui se solda par en trois vagues, la déportation de, étant par ailleurs fusillés à la citadelle d’Arras. Après-guerre, la commune est aussi au centre de trois événements nationaux, la bataille du charbon (1945-1947), suivie des grève des mineurs de 1947 et celles de 1948. Comme l’ensemble du bassin minier, la commune est fortement impliquée dans les grèves de 1947 et celle de 1948. Et même doublement, puisque c’est à Billy-Montigny que les organisations d’obédience communiste organisent, les 21-, un congrès pour l’amnistie des mineurs condamnés ou licenciés pour fait de grève lors de la grève d’octobre-. Dans un contexte de chute démographique suivant la fermeture progressive des puits de mine – la population passant de 10 560 habitants en 1966 à 7000 en 1975 -, la municipalité passe des mains de la SFIO au parti communiste en 1977 qui restera majoritaire jusqu’en 2026 (49 ans).

La mairie entreprend alors une politique visant à retenir les foyers, et en particulier la jeunesse par le financement de l’assainissement par la commune, l’ouverture de la restructuration des cités minières à des sociétés d’HLM afin de reloger décemment les mineurs, et des travaux qui marqueront la ville Au début des années 2000, les HLM ne sont plus jugés au goût du jour et remplacés en grande partie par des lotissements neufs, les anciens corons font l’objet d’aménagements et sont complétés par des logements neufs où sont relogés les locaux. La politique de grands travaux structurants se poursuit En 2025, la municipalité annonce la création d’un nouvel espace santé afin d’attirer des spécialistes médicaux, et d’une résidence autonomie pour personnes âgées sur le site de la piscine Louis Aragon désaffectée avant de subir une défaite électorale.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

8.117 habitants

Région

Hauts-de-France

Département

Pas-de-Calais
(62)

Trouver une église à Billy-Montigny

Recherche
No data was found