Les Andelys
Histoire des Andelys
Les Andelys sont une commune urbaine de l’Eure, en région Normandie, qui compte 7 937 habitants. La commune fut formée en 1790 par la réunion du Grand Andely et du Petit Andely, ancienne place fortifiée connue au XIIe siècle sous le nom de la Couture d’Andeli. Le nom de la localité est attesté sous les formes Andelaum et Andelaium en 588, Andilegum au début du VIIIe siècle chez Bède, Andeleius à l’époque mérovingienne, Andelagum vers 830 dans les Gesta de Fontenelle, Andeliacum vers 1045, et Les deux Andilly en 1637 dans les mémoires de Puységur. Selon Albert Dauzat, le toponyme repose sur les anthroponymes gaulois Andilus suivi de -iacu, ou Andilius suivi de -acum. Une autre hypothèse décompose Andilegum en ande, signifiant en avant ou au-dessous, et ialo, champ ou clairière, dérivé de la racine indo-européenne ielo désignant une terre qui porte des fruits tardifs. Le pluriel les Andelys, dont le -s final ne se prononce pas, s’explique par la présence de deux agglomérations distinctes: le Grand Andely, village d’origine, et le Petit Andely, attesté plus tard sous la forme Andeliacum novum en 1232 ou la Couture d’Andely, le mot couture signifiant culture en ancien français.
Le territoire de la commune a été peuplé au moins à partir du Paléolithique moyen, comme l’attestent les fouilles de Léon Coutil. L’existence de substructions d’un grand théâtre gallo-romain à Noyers, sur le plateau, témoigne de la romanisation progressive du peuple gaulois des Véliocasses, mais aucun oppidum antérieur à la romanisation n’a été mis au jour. Vers le IXe siècle, une petite colonie scandinave a dû s’installer sur le territoire des Andelys, car de nombreux toponymes y conservent la trace de personnes parlant le vieux norrois. Une hache d’arme d’origine scandinave à tranchant asymétrique, trouvée lors d’un dragage dans la Seine, est aujourd’hui conservée au musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, tandis que deux autres pièces similaires découvertes entre Rouen et Elbeuf sont conservées au musée des Antiquités de Rouen.
Au cours de la guerre en Normandie de 1118 à 1119 que doit affronter Henri Ier d’Angleterre contre des barons normands soutenus par le roi de France, la ville est livrée à ce dernier à la suite de la trahison d’Asselin Fils André. Le 16 octobre 1196, la baronnie des Andelys, possession des archevêques de Rouen, est échangée avec le duc de Normandie Richard Cœur de Lion contre les domaines de Dieppe et de Bouteilles, et l’opération aboutit à la construction du Château-Gaillard. À la mort de Richard Cœur de Lion en 1199, le domaine passe à son frère Jean sans Terre. Celui-ci réunit à la Roche-d’Andely les principaux barons normands ainsi que des alliés tels que le comte de Flandre Baudouin VI de Hainaut, le comte de Boulogne Renaud de Dammartin et le comte de Meulan, leur faisant jurer une alliance offensive contre la France; quinze comtes au total sont engagés dans la conjuration, ce qui n’empêchera pas Philippe Auguste d’enlever la place en 1204.
Patrimoine religieux
Le monument qui a contribué à la réputation de la petite ville normande est sans doute Château-Gaillard, dont les ruines surplombent la vallée de la Seine. Le château est bien visible depuis la large vallée que forme à cet endroit un important méandre du fleuve. À la fin du XIIe siècle, la Normandie fait partie de l’empire Plantagenêt et les rois de France lorgnent depuis longtemps sur ces terres riches qui leur permettraient le contrôle de la Seine et un accès à la mer. Aussi, les ducs de Normandie ont depuis longtemps cherché à protéger cette position stratégique en construisant une série de châteaux forts, à Louviers, Malassis, Vernon, Gasny, Pacy-sur-Eure, Baudemont, Ecos, Château-sur-Epte et Gamaches, pour défendre l’accès à la capitale normande Rouen. En arrière de Vernon et des premiers points fortifiés sur l’Epte, tombés en partie aux mains du roi de France, et en face de Gaillon également conquis par les Français, Richard Cœur de Lion lance la construction de Château-Gaillard en 1196 sur une falaise de craie surplombant la vallée de la Seine. Les Andelys sont organisés en verrou défensif pour bloquer toute tentative d’invasion: Grand-Andely est fortifié, le Petit-Andely également, et l’on trouve aussi une série d’ouvrages dans la zone inondée entre les deux parties des Andelys et sur la rive gauche, ainsi qu’un pont fortifié sur l’île du Petit-Andely. Le château constitue le point fort de ce système défensif. Sa position sur la falaise est considérée comme inexpugnable, et pour empêcher toute descente du fleuve par la flotte française, Richard fait planter trois rangées de pieux dans le lit de la Seine en contrebas. La construction aurait duré un an et, selon la légende, Richard Cœur de Lion aurait déclaré en 1197 son émerveillement, bien qu’en réalité elle se soit étalée sur près de deux ans. Le château proprement dit est précédé d’un ouvrage avancé, sorte de barbacane triangulaire cernée d’imposants fossés creusés dans la craie, plusieurs mètres en largeur et en profondeur, qui protégeait l’accès unique à la basse-cour.