Contes (06)
Histoire de Contes
Contes est une commune de Alpes-Maritimes, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 7 544 habitants. La localité est dénommée Conte(s) en niçois et gavot, Conti en italien, nom officiel de la commune jusqu’en 1860. Le site de la commune de Contes est occupé de manière continue depuis l’époque pré-romaine et son nom n’a que peu évolué. La forme actuelle « Contes » est à peu près fixée depuis le.
L’origine du nom « Contes » reste cependant sujette à conjectures. Quelques lectures controversées relient le nom de Contes à un nom propre romain, gaulois ou ligure, Comiten ou *Contio. La lecture la plus courante relie le Contes actuel à la tribu des Cuntini.
Elle-même viendrait d’une base pré-indo-européenne *Kun(t-) signifiant hauteur située à la rencontre, au coin de deux cours d’eau. Le vieux village (le castrum) est en effet placé sur une hauteur au confluent du ruisseau du Riou et du Paillon de Contes. Cette lecture se base sur une stèle dédicatoire du à un dieu (ou héros) local ligure, retrouvée dans l’église Saint-Pierre de l’Escarène.
Contre cette lecture, certains relient Contes à la fonction historique du village comme poste de péage.
L’occupation du site de Contes remonte au moins à l’époque ligure, autour des – millénaires avant notre ère. Le village faisait alors partie de la tribu des Vediantes dont le territoire s’étendait sur les vallées du Paillon et de la Roya, ainsi que sur la basse et moyenne vallée du Var. Leur capitale était Cemenelum, correspondant au quartier niçois actuel de Cimiez. Cette tribu, précocement en contact avec les grecs Massaliotes (Nikaia-Nice était un de leurs postes commerciaux) ainsi qu’avec les Romains, dès les s avant notre ère, a toujours été dans une relation de neutralité voire d’alliance avec ces puissances. Les Védiantes ne font ainsi pas partie de la liste des peuples soumis par les armées d’Auguste inscrite sur le trophée de la Turbie, et ils bénéficieront dès la création de la province des Alpes-Maritimes du droit latin, signe d’intégration dans l’empire romain. Au début de l’empire, Contes comme la région niçoise font partie de l’Italie. District militaire dépendant de la région IX Ligurie sous Auguste, la région est érigée en province indépendante, les Alpes-Maritimes, sous Néron en 63. Ce n’est que vers la fin de l’empire, avec les réformes territoriales de Dioclétien à la fin du, que les Alpes-Maritimes sont rattachées au diocèse de Viennoise, c’est-à-dire pour la première fois à l’espace géographique des Gaules.
De cette période, il ne reste que peu de traces. Quelques pierres ou stèles gravées, un espace pavé en fond de vallée servant de forum, de lieu de commerce et de réunion pour le conseil des anciens (espace qui a donné son nom au lieu actuel: Empeyra, l' »empierré »). Une mention d’un vicus continus (village contois) au, qui pourrait tout aussi bien faire référence à un lieu-dit sur la commune actuelle de Peille (cf. En 1789, Contes fait partie du royaume de Sardaigne, les événements révolutionnaires français sont donc pour les habitants des événements étrangers. Lorsque la guerre éclate entre la France et la Sardaigne, fin 1792, et que les troupes révolutionnaires arrivent dans la vallée du Paillon, la population locale accueille ces armées avec méfiance. La France représente en effet l’ennemi qui a envahi et pillé à plusieurs reprises le comté de Nice dans les siècles passés. Le Conseil de Contes vote sans enthousiasme le rattachement à la République, comme les communes voisines. Mais très vite, la situation s’aggrave: de 1792 à 1794, l’a ligne de front entre Français et coalisés est située un peu en amont près de Sospel, Lucéram, Lantosque.
Les troupes françaises sont stationnées dans les vallées du Paillon et procèdent à divers pillages. C’est dans ce contexte que le soulèvement des Barbets apparaît. Pour une part spontané, pour une part encouragé par les coalisés, il s’agit d’un mouvement de francs-tireurs qui attaquent les troupes françaises, en représailles de leurs exactions et de leurs taxations. Plusieurs dizaines de Contois font partie des barbets, et plus encore y apportent un soutien passif ou actif. En dépit de l’envoi de troupes supplémentaires, de mise en place de mesures administratives exceptionnelles, les barbets continuent de mettre en difficulté l’armée française dans le comté de Nice, jusqu’au début de l’empire. En revanche, le projet de ligne de train Nice-Coni par Contes est abandonné: la ligne passera par la vallée de l’Escarène seulement. La commune continue de se développer économiquement et démographiquement: un nouveau groupe scolaire est construit entre 1939 et 1941. La population double entre 1945 et 1980, puis continue à croître plus lentement.
La première école maternelle est ouverte en 1964, le collège Roger Carlès en 1987 (après avoir été hébergé au dernier étage de l’école primaire actuelle). Plusieurs maisons de retraite et de convalescence ouvrent dans la commune en raison du climat favorable. Les flux de circulation entre Contes et la côte se sont accrus jusqu’à la saturation. La pénétrante dite du Paillon a été créée pour fluidifier la circulation, et met aujourd’hui la commune de Contes est à 15–20 minutes du centre de Nice. La vie culturelle continue de se développer: maison des jeunes, clubs et associations culturelles et sportives, gymnase, école de musique, stades, Festival estival Païoun Ven créé en 1998, théâtre de l’Hélice inauguré en 2013.