Nérac
Histoire de Nérac
Nérac est une commune de Lot-et-Garonne, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 6 881 habitants. En Aquitaine (Gascogne et Guyenne) et Languedoc, on trouve de nombreux toponymes terminés en -ac(q). Le point commun est le suffixe -acum, d’origine gauloise, latinisé et adopté par les Gallo-Romains (ou Aquitano-Romains, en Aquitaine méridionale / future Gascogne) vers le. Il désigne en général un domaine rural, précédé du nom du propriétaire du domaine.
En Gaule romaine, période de l’Empire romain, soit jusqu’au, les noms de personne connus sont surtout latins. Pour Nérac, le nom de personne indiqué est Nerius. Le suffixe -acum a aussi abouti à d’autres formes de terminaison, ailleurs.
Une villa gallo-romaine située à la Garenne y fut fouillée en 1832 sous la direction du sculpteur-faussaire Maximilien Théodore Chrétin, qui monta la fable d’une ville impériale du temps des Tetricus avec la complicité du Toulousain Du Mège. L’apogée de la ville se situe au, lorsque les seigneurs d’Albret, qui s’y étaient installés vers le (venant de Labrit, dans les Landes) deviennent rois de Navarre à la suite du mariage de Jean III d’Albret avec Catherine de Foix en 1484. Peu après, leur fils Henri II d’Albret épouse en 1527 Marguerite d’Angoulême, sœur de François, une des premières écrivaines en langue française (Heptaméron). Elle attire à Nérac des humanistes et des écrivains (Lefèvre d’Etaples, Marot). Sa fille Jeanne d’Albret épouse Antoine de Bourbon (1548) et se convertit à la religion protestante. Dans les années 1530 et suivantes, sous l’influence de Jeanne d’Albret, la population de Nérac se convertit au protestantisme, pour être entièrement huguenote au début des guerres de Religion.
Après Angoulême, Calvin séjourne à Nérac en où il rencontre Jacques Lefèvre d’Étaples avant de rendre visite à Gérard Roussel, abbé de Clairac, et de résigner ses bénéfices le. Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la cour et des Grands du royaume: son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine. En 1572, Jeanne d’Albret et Catherine de Médicis, respectivement reine de Navarre (protestante) et reine de France (catholique) marient leurs enfants: Henri de Navarre et Marguerite de Valois. Décédée peu avant, Jeanne n’assiste pas à ces « noces de sang ». La soirée précédant la Saint Barthélémy, Catherine de Médicis et Henri d’Anjou (futur Henri III) font partie du conseil étroit tenu par Charles IX où se décide l’élimination des chefs protestants, à l’exception des deux princes de sang Henri de Navarre et le Prince de Condé. Le rôle de Catherine de Médicis et du roi lors de cette soirée est encore flou, mais on estime aujourd’hui que le massacre n’a pas été prémédité par la couronne.
Après ce funeste événement, la cour catholique retient Henri de Navarre au Louvre jusqu’en 1576. Libéré, il rentre à Nérac et y tient en 1578-1579 avec Catherine de Médicis les conférences d’où sortira l’édit de Nérac. Plus tard, Henri de Navarre-Bourbon-Albret devient roi de France sous le nom d’Henri IV, après qu’Henri III est mort sans descendance (1589). Lorsque les portes de Paris s’ouvrirent à Henri, celles de la renommée se refermèrent pour Nérac. La ville se révolte sous Louis XIII et est prise par Henri de Mayenne en 1621; ses fortifications sont rasées. Au, elle connaît une prospérité économique grâce au commerce des farines-minots en direction des « Isles d’Amérique » (Saint-Domingue).
Au, elle voit les débuts du baron Haussmann qui en est le sous-préfet de 1832 à 1840, de l’écrivaine George Sand et d’Armand Fallières qui fut maire, conseiller général et député de Nérac dans les années 1871-1880., Réception du président Fallières à la sous-préfecture de Nérac, 1909. Une très importante communauté italienne s’est installée à Nérac à partir des années 1920. Du au, l’amirauté française s’est installée à Nérac. Repliée à Bordeaux avec le gouvernement lors de la débâcle de, elle a cherché à gagner rapidement la zone libre définie dans l’armistice du 22 juin. Or Vichy n’avait pas été encore choisie comme capitale du nouveau régime qui allait porter son nom.
L’amirauté stationna donc à Nérac quelques jours. Le bureau de poste fut ainsi réquisitionné par l’amiral Le Luc. La commanderie d’Argentens fut fondée en 1155, lorsque Arnaud d’Argentens qui, « préférant l’abjection dans la maison du seigneur à l’habitation sous la tente des pécheurs », a fait don de ce qu’il possédait aux Frères du Temple représentés par Augier de Bédeisan, maître en Gascogne, à savoir tous les biens et les droits qu’il possédait dans la ville de Nérac ou à l’extérieur, en particulier le fief qui se trouvait autour de l’église de Sainte-Marie d’Argentens. La commanderie est mentionnée vers 1159. L’établissement templier de Puy Fort Éguille, également désigné Puyfortaiguille, dépendait de la commanderie d’Argentens. À la fin du, on voit les seigneurs du lieu, Arnaud Sanz, Folquet du Puy, Armand d’Arricalau, Guillaume de Miron, Bernard du Puy et Reine sa femme, se dessaisir de leurs droits et du dîmaire sur Puy-Fort-Éguille au profit de la commanderie d’Argentens. En 1260, les droits de la commanderie d’Argentens sur le lieu se sont accrus par la donation des chevaliers Bertrand et Folquet de Savignac faite au commandeur Bernard Guilhem d’Aspet. À cette occasion, le chambrier d’Argentens paie 7 sols morlans pour l’amortissement du fief à Jean de Vaillet, bailli du comte de Poitiers et comte de Toulouse. La juridiction de Puy-Fort-Éguille par les Templiers est contestée par Mathe d’Albret, fille d’Amanieu VI d’Albret, et tutrice de ses nièces, filles de feu Bernard Ezi IV, sire d’Albret entre 1270 et 1281. Le commandeur d’Argentens et maître de l’Agenais, Pierre de Sombrun, y ayant été autorisé, il entame des discussions avec Mathe d’Albret.
Un accord de paréage est passé le. Les filles de Bernard-Ezy partagent la juridiction haute, moyenne et basse avec la commanderie d’Argentens. En 1286, Amanieu VII d’Albret reconnaît tenir du roi d’Angleterre, duc d’Aquitaine, le factum Podio fortis acus, Puy-Fort-Éguille. Malgré cet acte de paréage, les seigneurs d’Albret ont continué à avoir des prétentions sur Puy-Fort-Éguille. En 1327, c’est le sénéchal d’Agenais qui fait occuper Puy-Fort-Éguille mais doit le rendre au commandeur hospitalier d’Argentens, car, après la dissolution de l’ordre du Temple, les biens ont été dévolus aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1315. Nérac devient ville tenue par les protestants.
Puy-Fort-Éguille a dû subir des attaques car en 1650, dans le procès-verbal de visite, l’établissement est dit en ruines. En 1563, le roi de France prend un édit ordonnant une aliénation de biens ecclésiastiques pour la somme de de rente. Pour pouvoir payer sa part, le prieur de Toulouse vend la maison de Puy-Fort-Éguille avec pacte de rachat. Elle est alors achetée par Jeanne de Navarre, mais un an plus tard le commandeur d’Argentens rachète Puy-Fort-Éguille. En 1599, la juridiction de Puy-Fort-Éguille appartient en entier au commandeur d’Argentens. La commanderie de Puy Fort Éguille, comprenant l’église Saint-Jean-Baptiste, l’ancien logis, le sol de l’ancienne cour intérieure et de l’ancien pigeonnier, a été inscrit au titre des monuments historiques le.
Patrimoine religieux
cour de la maison d’Albret.