Plouguerneau

Histoire de Plouguerneau

Plouguerneau est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 6 682 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploe Kerneu vers 1330, Plouguerneau en 1373, Ploueguerneau en 1388, Ploekerneau en 1481, Guikerne en 1498, Guiquerno et Plouguerneau en 1715. Le nom en breton de la commune est « Plougerne ». Le nom provient de plou- (« paroisse » en breton) et kerné (nom breton de la Cornouailles anglaise), la paroisse aurait été fondée par des immigrants venus d’Outre-Manche, qui ont aussi donné leur nom à la Cornouaille bretonne.

La paroisse de Plouguerneau faisait partie de l’archidiaconé de Kemenet-Ily relevant de l’évêché de Léon. Elle avait comme trève Trémenec’h (Tréménac’h). Primitivement elle englobait sa trève ainsi que la paroisse de Kernilis et la trève de celle-ci Lanarvily. Sa dénomination a varié dans le temps: Ploe Kerneu vers 1330, Ploueguerneau en 1388, Ploekerneau en 1481, Guikerne en 1498, Guiquerno et Plouguerneau en 1715. Le lieu-dit Coat-Quenan indique probablement l’emplacement de son ermitage. Plouguerneau possède plusieurs monuments mégalithiques. Parmi eux, le menhir de Menozac’h (dit aussi « menhir de Saint-Cava »), situé sur le rivage, désormais ennoyé à chaque marée haute, ce qui illustre la remontée du niveau de la mer pendant le quaternaire, et le menhir de Goarivan. Le dolmen de Lilia (lia désignant un mégalithe en vieux celtique, le nom de Lilia en provient probablement, situé au lieu-dit Parc-ar-Roc’h, classé monument historique depuis le 3 est le reste, coincé entre deux maisons, d’une allée couverte datant de la fin du néolithique.

Le cairn de l’île Venan, de forme elliptique (long de 20 et large de ) fouillé à la fin du XIXe siècle a été en partie démantelé, ses pierres ayant servi à construire les murets qui parsèment l’île; il date de à ) L’éperon barré de Beg Monom possède deux barrages successifs et date probablement de l’âge du bronze; un autre éperon barré a été identifié à Kastell Ac’h en Lilia où a été aussi identifié un oppidum gaulois connu localement sous le nom de Coz-Castel Ac’h, les « ruines du château d’Ac’h ». Quatre tumili, de dix à douze mètres de diamètre pour trois d’entre eux, existaient à Saint-Michel, mais ils ont été démantelés; des pierres des dolmens qu’ils recouvraient subsistent. Un dépôt métallique datant de la fin de l’Âge du bronze a été trouvé à Kergadavarn, contenant notamment des haches à douille et des haches à aileron. Une voie romaine aboutissait à Plouguerneau, venant de Vorgium, via Vorganium et la borne de Kerscao en Kernilis; elle se subdivisait en deux à l’ouest de Croas Prem: la branche occidentale passant par Le Groanec, puis à au nord du château de Coat-Quénan, au sud du bourg de Plouguerneau, à Lanvaon, pour aboutir à Saint-Cava, en face du fort Cézon; la branche orientale passant par Anteren, la chapelle Sainte-Anne, puis au nord du bourg de Plouguerneau, pour aboutir à la mer à Ty-Bec ar Fourn. Plusieurs historiens, par exemple Albert Le Grand, localisent soit à Landéda, soit à Plouguerneau, soit au fond de l’Aber Benoît, la cité gallo-romaine portuaire de Tolente. Le Pont du diable, ou Pont Krac’h, qui permet à marée basse de traverser l’Aber Wrac’h pour rejoindre Lannilis, date soit de l’époque gallo-romaine, soit du haut Moyen Âge. Au XIe siècle, des seigneurs construisent à Coat-Quenan une motte féodale, de forme ovalaire, longue d’une cinquantaine et large d’une quarantaine de mètres, cernée de douves de 8 à de large. Les seigneurs de Coat-Quénan étendaient leur juridiction sur les paroisses et trèves voisines de Tréménac’h, Kernilis, Kernouës et Sibiril.

Un manoir est construit au XVe siècle au même emplacement. Plouguerneau a possédé au Moyen Âge une quinzaine de manoirs, pour la plupart reconvertis en fermes de nos jours, dont celui de Kerilies. Jean de Montfort s’embarqua en 1345 au Corréjou, à destination de l’Angleterre, après son évasion de la Tour du Louvre. Jehan de Coëtlosquet, époux de Constance de Penhoadic, puis de Péronelle de Kerlouan, décédé en 1487, est cité dans le rôle de la Réformation de la noblesse du diocèse de Léon en date du 11 pour le compte des paroisses de Plouguerneau et Plouvorn. En 1450, le château de Kerodern appartenait à Alain Nobletz, sieur de Kerodern. Il appartint par la suite à Hervé Le Nobletz, sieur de Kerodern, qui était l’un des quatre notaires publics de l’évêché de Léon, le père de Michel Le Nobletz. Les seigneuries de Carman et de Coat-Quenan disposaient des droits de haute, moyenne et basse justice, chacune sur une partie de la paroisse de Plouguerneau.

Grâce à son mariage avc Alix de Launay, héritière du fief, la vicomté de Coat-Quenan passe aux mains de Jean de Bouteville vers 1455, puis en celle de Claude de Goulaine, marié avec Jeanne de Bouteville. Par la suite, tombant plusieurs fois en quenouille, les vicomtes de Coat-Quenan vont vivre principalement au manoir de Kerjar en Lanildut, passant finalement aux mains de la famille de Carné, originaire du Vannetais, à partir de 1669; c’est le cas par exemple en 1732 de Charles-François de Carné, « seigneur comte de Carné, vicomte de Coat-Quénan, seigneur du Pont, Kerjar et autres terres et seigneuries », décédé en 1751, puis de son fils Louis-Marie de Carné. Le dernier vicomte de Coat-Quenan fut Ambroise de Carné, né en 1777, qui fut maire de Guingamp entre 1815 et 1830, décédé en 1856. Vers 1597, un bateau appartenant au célèbre brigand Guy Éder de La Fontenelle, fut attaqué et coulé par les forces navales royales sur la côte de Plouguerneau. Michel Le Nobletz (1577-1652), célèbre prédicateur, est originaire de Plouguerneau: né au manoir de Kerodern le 29. Rentré, après des études à Bordeaux et Agen, dans sa paroisse natale en 1606, il imagine les taolennoù et commence une vie de pauvreté vouée à l’Évangile au grand désespoir de ses parents. Guy Alexis Lobineau précise: « Il fit construire auprès de la mer, dans un lieu appelé Tréménach, une petite cellule couverte de paille, s’y renferma et mena pendant un an une vie plus solitaire des anciens ermites des déserts. Il ne quitta point le cilice et n’eut sur lui, pendant ce temps-là, que le collec [?] attaché à sa soutane.

Il prenait tous les jours la discipline jusqu’au sang, et n’avait point d’autre lit que la terre nue, et d’autre chevet qu’une pierre. Il ne mangeoit qu’une fois le jour, et sa nourriture unique étoit un peu de bouillie de farine d’orge, sans sel, sans beurre et sans lait […]. Il ne buvoit que de l’eau et avoit borné à une très petite mesure la quantité qu’il devoit en boire chaque jour. Pour le vin, il ne s’en servit toute cette année qu’au saint sacrifice de la messe ». Guy Alexis Lobineau écrit plus loin: « Pénétré de l’exemple du Sauveur […], le saint homme commença l’exercice de ses travaux apostoliques par la paroisse de Plouguerneau où il étoit né; et comme l’ignorance des peuples étoit extrême, il s’attacha non seulement à prêcher en public contre les vices et les abus; mais encore à enseigner les premiers éléments de la Foy et de la Religion dans les églises, dans les chemins publics et dans les maisons particulières. Il convertit à Dieu un bon nombre de personnes; mais la plupart des autres, surpris de la nouveauté de ses discours et de sa conduite […] le regardèrent comme un homme qui avoit perdu l’esprit et ses parens les plus proches furent ses plus rudes persécuteurs. […] La paroisse de Plouguerneau, quoique d’une grande étendue, ne bornoit pas son zèle les Dimanches, il alloit dans les paroisses voisines prêcher, catéchiser et confesser ». Chassé par sa famille, il commence en 1608 à aller prêcher des missions un peu partout dans l’ouest de la Bretagne, ce qu’il fit jusqu’à sa mort.

En 1668, Julien Maunoir recense une consommation de hosties pendant la mission qu’il prêcha cette année-là à Plouguerneau. Les 40 « petits saints » sont des statuettes de dévotion en bois polychrome, d’une taille comprise entre 30 et, plantées sur une hampe et traditionnellement portées en procession trois fois par an (le jour de l’Ascension, le dimanche suivant et le lundi de Pentecôte). Cette tradition remonterait à une épidémie de peste qui aurait sévit à Plouguerneau vers 1640. Le privilège de les porter était mis aux enchères et ceux qui gagnaient avaient le droit de conserver la statuette chez eux jusqu’à l’année suivante. Le 21, Pierre Denys, seigneur de Lesmel, de Lancelin, etc. obtint du Parlement de Bretagne la reconnaissance de son titre d’écuyer et de l’ancienne extraction noble de sa famille, ainsi que le droit de porter les armes. Claude Bihannic, lui aussi écuyer, demeurant en son manoir de Guiquerneau en Plouguerneau, obtint la même reconnaissance le 14. Plouguerneau possédait alors de nombreux manoirs: outre ceux de Lesmel (famille Denis, puis de Poulpiquet de Brecanvel) et de Coat-Quénan, déjà cités, les manoirs de Keriles (ou Kerilly), de Tréongar, de Kergasken (famille du Poulpry), de Kerodern (famille Nobletz), du Ménan (famille Parscau), de Lanvaon (famille de Keroullas), de Ranorgat (famille de Kergadiou), d’Enez Cadec (famille du Boys), etc.

Vers 1700, le seuil critique fut atteint et en 1719 le curé, Yves Le Pelleter, prévint les paroissiens qu’il leur fallait abandonner le village. Mais des paroissiens s’obstinèrent, continuant à désensabler régulièrement leurs maisons que les derniers paroissiens quittèrent seulement en 1729. Le village ensablé, oublié, fut redécouvert dans la décennie 1970 lors des travaux de construction des fondations d’une maison. Le site, redécouvert par hasard en 1969, désormais connu sous le nom dIliz Koz (« Vieille église » en breton) a été exhumé du sable ces dernières années et se visite désormais: on voit en particulier plus de 100 dalles funéraires, dont certaines gravées ou sculptées d’épées, de rosaces, d’une caravelle, de calices, dans la nécropole médiévale, ainsi que les ruines de l’église, du presbytère, une rue pavée. En 1729, l’ancienne église de Tréménac’h, dédiée à la Trinité, ainsi que les manoirs de Ménan et de Lanvéoc, auraient été recouverts par les sables, en faisant une sorte de Pompéi bretonne. Pendant un peu plus de deux siècles, le souvenir d’ Iliz Coz perdurait seulement à travers une légende: on disait que dans le Pays Pagan existait un village de mécréants où les jeunes s’ennuyaient ferme. Un jour, pour tromper leur ennui, trois d’entre eux auraient joué un tour au curé aveugle de Tréménac’h en déguisant un chat noir en bébé pour le faire baptiser. Le curé n’y aurait vu que du feu jusqu’au moment où il l’aspergea d’eau bénite, le chat se mettant alors à miauler.

Fou de rage, le curé aurait alors maudit le village: « Anathème, que Tréménac’h soit anathème. Dieu punira le sacrilège et le sable sera le linceul de la paroisse ». Au milieu de la nuit, le vent aurait charrié une énorme quantité de sable qui aurait enseveli le village. La collecte du goémon a suscité pendant des siècles de nombreuses querelles entre les habitants des paroisses littorales, comme l’écrit Antoine Favé Naufrage à Plouguerneau, dans le Finistère Longtemps, Plouguerneau et l’ensemble du Pays pagan ont eu la réputation, probablement exagérée, d’être des naufrageurs; un auteur non précisé écrit par exemple en 1901: « Pendant plusieurs siècles et jusqu’à ce que Louis XIV réprimât leurs sinistres exploits, Lannilis, Kerlouan, Guissény, Kertugal [Pontusval], Plounéour et bien d’autres lieux ne furent que des repaires de naufrageurs. Tous les hommes y étaient associés pour conspirer la perte d’autres hommes. […] Les habitants étaient plus à craindre que les écueils parmi lesquels, le couteau au poing, ils guettaient les épaves et les naufragés ».

Édouard Corbière a écrit Naufrage sur la côte de Plouguerneau, dans le Finistère, une nouvelle maritime dont l’action se déroule dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Par exemple, en février 1792, malgré la surveillance des garde-côtes, la cargaison d’un navire anglais, le Neptune, échoué à Tréménac’h, est pillée par les habitants du voisinage; une enquête diligentée à la suite de la protestation du gouvernement anglais aboutit à la découverte d’objets provenant du navire et cachés dans le sable ou sous la terre Face aux guerres, aux prohibitions et aux droits de douane qui freinaient les échanges commerciaux avec la Grande-Bretagne, les pêcheurs de Plouguerneau et de sa région ont de tout temps pratiqué la contrebande: quinze jours suffisent alors pour gagner l’Angleterre ou les îles Anglo-Normandes, négocier un chargement frauduleux et revenir au Pays pagan. Par exemple, le 4, des douaniers de Guissény qui patrouillent à Lilia, vers 2 heures du matin, surprennent un groupe d’une soixantaine de personnes armé de crocs, fourches de fer, bâtons, perches, sur l’île de Lézent et qui prend le chemin de l’anse de Kervenny, la marchandise de contrebande étant cachée chez un certain Yves Hamon du Grand Kervenny; trop peu nombreux face aux contrebandiers, les douaniers ne peuvent pas intervenir. En 1696, un garde-côtes, Yvon Guillou, cherchant à arrêter l’exportation frauduleuse de grains au port du Coréjou, disparut, enlevé par les fraudeurs; on ne sait ce qu’il devint. La vente des produits de contrebande était alors fréquente dans tout le Léon: en 1774, le curé de Guicquelleau (désormais Le Folgoët), Goulven Melloc, évoque « le débit considérable qui se fait au Folgoët de vin, d’eau de vie et de tabac de fraude ». La présence à cet endroit d’un hôpital de convalescence des soldats du Roi constituait il est vrai un terrain favorable à la prostitution et aux excès alcooliques et tabagiques. En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Plouguerneau de fournir et de payer 387 livres, et à celle de Tremenech [Tréménech] de fournir et de payer, pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ».

D’après lEnquête sur la mendicité dans le Léon organisée par Jean-François de La Marche en 1774, Plouguerneau compte alors 400 mendiants, soit environ un treizième de sa population. Selon Jean-Baptiste Ogée, en 1778 Plouguerneau comptait 1600 « communiants » (personnes en âge de communier). Il ajoute: « La rivière de Vrach ou d’Arbrewrach, qui arrose ce territoire, forme à son embouchure un petit port de mer, qui fait fleurir le commerce à Plouguerneau. Les terres sont très fertiles et très exactement cultivées par les habitants ». Le Tiers état de la paroisse de Plouguerneau envoya deux députés, Claude Guyavarch et Guillaume Léon, pour la réaction du cahier de doléances de la sénéchaussée de Lesneven. Le premier maire de Plouguerneau fut René Abjean, remplacé le 18 par François Lejeune, royaliste déguisé, qui fut déposé le 12 germinal an II (2) et remplacé par François Leroux. Le recteur et les trois vicaires de Plouguerneau (parmi eux Jean Bothorel) refusèrent de prêter serment de fidélité à la Constitution civile du clergé et restèrent cachés pendant toute la Terreur. En 1791, à Plouguerneau, « à l’arrivée du clergé jureur (l’abbé Barthélémy Le Gall est nommé curé constitutionnel et est assisté d’un vicaire, l’abbé François Cariou), la municipalité a convoqué à son de cloches l’assemblée de la paroisse; elle lui a demandé d’opter entre le nouveau pasteur et l’ancien, et le vote populaire a décidé que l’insermenté serait conservé ».

« Il fallut six cents hommes et quatre pièces de canon pour installer le curé constitutionnel ». En juin 1793, l’abbé Le Gall est contraint de demander la protection de la municipalité « pour prévenir les outrages dont il est menacé pendant la procession de la Fête-Dieu ». Les paysans le huent pendant les processions, troublent les cérémonies qu’il préside et continuent à faire baptiser leurs enfants par les prêtres réfractaires. Plouguerneau n’eût alors plus de culte officiel et l’église paroissiale fut même convertie en magasin pur stocker le blé confisqué aux accapareurs. Entre-temps, le 17, Guillaume Calvez fut nommé bedeau de Plouguerneau, en remplacement de son frère Yves Calvez; il était chargé « d’exercer les fonctions de bedeau, de loger dans l’église, de bien soigner et entretenir l’horloge et généralement de faire tout ce qui dépend des fonctions de bedeau ». En 1792, la municipalité se déclara hors d’état d’exécuter les ordres du district concernant la réquisition des biens d’église « de crainte d’être assommés par les habitants de leur commune dont ils sont continuellement menacés »; le directoire de Lesneven envoie alors, aux frais des habitants, une garnison de et un canon; c’est accompagnés d’un détachement de et d’un sergent que les officiers municipaux, à contre-cœur, firent alors saisir le mobilier des chapelles, les titres des rentes de donation et l’argent en caisse des diverses confréries. En mars 1793, Plouguerneau fit partie, avec Plounéventer, Ploudaniel, Guissény et Kerlouan, des communes condamnées à payer en tout de dédommagement pour s’être rebellée contre le gouvernement républicain (Plouguerneau et Tréménach eurent à payer ). Le même mois, un arbre de la liberté est planté dans la commune en présence de toute la municipalité dont les membres jurent « de soutenir l’arbre au péril de leur vie ».

Le 10, un délégué de Plouguerneau, Dauphin, participe à Paris à la Fête de la Fédération et ce délégué est reçu avec les honneurs lors de son retour à Plouguerneau le 23 août, faisant aussi, apparemment, preuve de zèle révolutionnaire lors de la célébration de la Fête de l’Être suprême le 20 prairial an II (9): une montagne artificielle est édifiée dans le bourg avec du gazon pris à l’Île Vierge et tout le bourg est décoré. La commune ne mit toutefois aucun zèle à pourchasser les prêtres réfractaires et laissa tranquille les nobles de la commune, par exemple Louis Marie Raymond de Poulpiquet de Brescanvel, contraint seulement de prêter un serment de fidélité à la Constitution. L’emprunt forcé décidé par la loi du 3 n’eût aucun succès à Plouguerneau: la municipalité déclara qu’à sa connaissance, aucun individu de la commune n’avait des revenus assez considérables pour y être soumis. Les Plouguernéens furent contraints d’obéir aux réquisitions: par exemple le 20 ventôse an II (10) de livrer des chevaux et des mulets, et à nouveau le 30 prairial an II (18 des étalons et des juments; le 8 ventôse an II (26), les deux communes de Plouguerneau et Guissény durent livrer à Landerneau treize charrettes attelées de quatre chevaux et sept autres le 25 ventôse an II (15), à livrer à Lesneven cette fois; la commune dût aussi livrer des grains: le 7 fructidor an II (24), Plouguerneau reçut l’ordre de livrer, dans un délai de 9 décades, 850 quintaux de froment, 680 quintaux de seigle, 20 quintaux d’avoine et 200 quintaux de paille; en 1795, la commune dût fournir quintaux de grains. Les paysans résistèrent, refusèrent de payer, mais y furent contraints, obligés de nourrir à titre de représailles pendant près d’un mois une garnison de. La commune fut aussi contrainte de créer un corps de gardes nationaux, mais ne trouva qu’un seul volontaire! Le 26 floréal an II (15), la municipalité de Plouguerneau décide de distribuer aux indigents, nombreux dans la commune (410 sont alors recensés pour une population totale de ), le blé confisqué aux accapareurs et stocké dans l’église, aux risques d’être dévoré par les rats et les souris; du vin rouge est également distribué aux malades pauvres de la commune. « Il existe dans le ci-devant district de Lesneven 70 prêtres réfractaires dont 6 à Plouzévédé, autant à Cléder, Plounévez-Lochrist et Plouguerneau » écrit le 20 décembre 1797 le commandant de la colonne mobile de Lesneven.

Le canton de Plouguerneau, dont l’existence fut brève, ne comprenait que les communes de Plouguerneau et Guissény. Deux bateaux de guerre français, la canonnière 21, capitaine Gouët, et le cotre Le Printemps, capitaine Julien Fournier, firent relâche dans la baie du Corréjou, accompagnés d’une flottille de caboteurs, en juillet 1815 à la fin des Cent-Jours et leurs capitaines refusèrent d’arborer le drapeau blanc avant d’en avoir reçu l’ordre. Le 19, des Anglais débarquèrent un détachement qui s’empara d’une des deux batteries de Plouguerneau et canonnèrent les bateaux français, qui durent amener leur pavillon et les Anglais s’en emparèrent. Le capitaine Fournier fut blessé mortellement. Cet épisode fut le dernier acte de guerre auquel participa la Marine française pendant les Cent jours. Jacques Boucher de Perthes indique que dans la nuit du 9 au 10 six bateaux auraient été victimes de éléments déchaînés entre Roscoff et l’Aber-Wrac’h et que plus de 450 marins et passagers seraient morts dont 193 à bord de l’ Indian, un transport de troupes anglais, qui se serait échoué à hauteur de Plouguerneau. Ce témoignage de Jacques Boucher de Perthes était toutefois contesté, aucun autre témoignage des faits qu’il relate n’existant et aucune autre trace historique de l’existence de l’ Indian n’ayant été trouvée. Toutefois, en 1992, un plongeur de Kerlouan a trouvé quelques vestiges de l’épave près des rochers de Karrek Hir en Kerlouan permettant d’identifier ce navire, un trois-mâts anglais de 500 tonneaux qui partait prêter main-forte aux révolutionnaires vénézuéliens en lutte contre le gouvernement espagnol.

par des marins de Plouguerneau, Landéda et Saint-Pabu en novembre 1839 (Bulletin colonial: supplément à la Revue du ). Sous le titre Les pillards de Plouguerneau, le Bulletin colonial fait ce récit du pillage en 1839 du brick de 179 tonneaux Le Cygne, de Granville, chargé de vins, alcools et marchandises diverses Au début de février 1854, le Grace-Mac-Vea, un grand navire anglais, s’échoua sur la côte de Plouguerneau. Marteville et Pierre Varin, continuateurs de Jean-Baptiste Ogée, indiquent en 1845 que Plouguerneau comptait autrefois, outre l’église paroissiale, onze chapelles, dont cinq continuent alors d’être desservies, et que 5 foires annuelles sont organisées (le samedi de Pâques, le samedi de Pentecôte, le samedi qui précède le dernier dimanche de juillet, le 31 octobre et le 24 décembre). François Pluchon, surnommé « l’empoisonneur de Lannilis », fut condamné à mort le 30 par la Cour d’assises du Finistère et guillotiné publiquement en juillet 1852 à Quimper pour avoir tenté d’empoisonner en déversant de l’arsenic dans leur soupe le 11 les époux Prigent, propriétaires d’une auberge isolée sur la route de Plouguerneau à Saint-Frégant. Il fut aussi accusé d’avoir deux jours plus tôt déversé de l’arsenic dans le café qu’il avait préparé pour Étienne Le Jeune et sa domestique, qui vivaient dans une maison isolée de Plouguerneau. Lors de l’enquête, son beau-frère Yves Poullaouec déclara avoir lui aussi été victime d’une tentative d’empoisonnement commise par François Pluchon vers juillet 1847. L’église paroissiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul est reconstruite entre 1852 et 1855, selon les plans de l’architecte Joseph Bigot, en raison de la destruction de l’église précédente (qui aurait daté du XVe siècle) par de graves intempéries, seul le clocher étant épargné.

« L’église fut construite aux frais des habitants. En 1856, ils demandèrent au gouvernement, qui la refusa, une subvention de francs ». Émilien de Poulpiquet de Brescanvel, fut blessé lors de la bataille de Solférino en 1859, puis, devenu capitaine, participa à la guerre de Crimée; promu colonel et officier de la Légion d’honneur, il mourut le 27 au château de Lesmel des suites d’un accident de voiture dont il fut victime. Il avait fait entrer son ordonnance, Caze, qui lui avait sauvé la vie pendant la guerre de Crimée, comme gardien du phare de l’Île Vierge. Un autre Plouguernéen, Guillaume Ogor, a participé à la bataille de Solférino: il y fut blessé, recevant un coup de feu dans sa main gauche, perdant un doigt et en ayant deux autres abîmés. Dans la première moitié du XIXe siècle, un arrêté municipal du maire de Plouguerneau interdit d’aller la nuit sur les grèves pour prendre du goémon d’épave. Sa cueillette n’était pas permise non plus les jours fériés dans l’ensemble du canton de Lannilis. En 1913 encore, plusieurs goémoniers furent poursuivis, après avoir été verbalisés par le garde goémonier devant le tribunal correctionnel pour avoir ramassé du goémon la nuit, cette activité n’étant permise selon l’arrêté municipal qu’après l’extinction du phare de l’Île Vierge.

La récolte du goémon provoquait aussi des disputes entre les habitants: par exemple le Conseil municipal de Plouguerneau se réunit en urgence le 30 septembre 1883 pour évoquer une plainte d’habitants de la commune qui accusent des riverains de la commune voisine, Guissény, de s’emparer du goémon de rive qui se trouve sur des rochers, notamment le rocher de la Sècherie, qui appartiennent selon eux à la commune de Plouguerneau. En juillet 1862, le maire Louis Célestin de Poulpiquet ordonne la destruction de « fourneaux à soude » installés sur le littoral de sa commune car « l’incinération du goémon a pris une extension si grande qu’elle compromet les intérêts agricoles et tend à envahir le littoral entier du département. Pour vous donner une idée de la perte en engrais que le brûlage du goémon occasionne à l’agriculture, il faut savoir que dans la commune de Landéda (les goémoniers de Lilia avaient l’habitude d’incinérer leurs goémons sur les dunes de Sainte-Marguerite), il a été incinéré en 1861 des goémons de rive provenant tant de cette commune que de Plouguerneau, qui ont produit de soude, représentant l’engrais pour de terres ». Cette décision du maire fut désapprouvée par le sous-préfet de Brest. Les paysans se plaignaient aussi de la fumée émise par les fours à soude, qui nuit aux cultures. À Plouguerneau, ainsi que dans les communes voisines, dans la seconde moitié du et jusque dans la décennie 1930, les goémoniers représentent près de la moitié de la population active. En 1922, 260 bateaux s’y livrent à la pêche au goémon dit de soude et même 377 bateaux en 1930 (sur lesquels travaillaient 980 inscrits maritimes) et 350 bateaux en 1935. Deux usines d’iode existaient alors, l’une au Traon (fermée en 1946), qui appartenait à la société Parot, dont l’usine-mère se trouvait à Porspoder, l’autre au Koréjou, construite en 1929 (fermée en 1954), qui dépendait de la société Dugoujon, de Plouescat.

à partir de la décennie 1870, les pigouliers (surnom donné aux goémoniers locaux) allant cueillir le goémon de fond, le tali, principalement dans l’archipel de Molène autour des îles de Béniguet, Quéménès, Trielen et Bannec, plus secondairement autour d’autres îles (archipel des Glénan, Sein, Ouessant, etc.). Pour amener à terre le goémon noir coupé le temps de la basse mer, on utilisait parfois la « drôme », une sorte de radeau flottant de goémon attaché par des cordes, poussé à marée montante par un homme muni d’une longue perche ou parfois tiré par un canot à rames. De nombreux drames de la mer concernant des goémoniers ont été recensés: par exemple le 12, deux goémoniers de Keridaouen, en Plouguerneau, se noyèrent à Quéménès lors du chavirage de leur canot, utilisé pour rejoindre le rivage, après avoir quitté leurs bateaux, l’ Émilie et le Six Frères; le René, un bateau goémonier de Plouguerneau, qui revenait de l’île Guenioc, fit naufrage en raison de la tempête dans la nuit du 2 au 3 (deux victimes). Le hameau de Lilia n’était pas épargné: le 26, la Marie, un bateau goémonier de Lilia, chavira. Le 11 Jean-Marie Autret, de Lilia, se noya en tombant de son bateau goémonier, le ‘’Joseph-Marie, en partant de Quéménès. Le 2, la Louise, un sloop goémonier de Lilia, disparut en mer entre Molène et Le Conquet, provoquant la noyade de son patron, René Roudot, alors seul à bord. Le 18, le Jean-Marie », un bateau goémonier de Lilia, chargé de fagots et de vivres, disparût entre Le Conquet et l’île de Béniguet (3 noyés). Vers 1920, plus de 120 bateaux « font le goémon » autour des îles de l’archipel de Molène et près de 150 bateaux entre 1925 et 1930, années qui marquent l’apogée de cette activité.

Le Conquet était, en raison de sa proximité des îles, le port où les pigouliers effectuaient leurs ravitaillements et embarquaient matériels et cheval, venus du Pays Pagan sur des charrettes goémonières le plus souvent menées par l’épouse ou par un homme âgé. Le Conseil général du Finistère souhaite en 1866 l’aménagement d’un quai de déchargement et d’un terre-plein au port du Paluden, sur l’Aber Wrac’h: « Ce port, où les eaux sont d’une parfaite tranquillité par les plus mauvais temps, jouit de l’immense avantage de garder une profondeur de cinq mètres par les plus basses marées, et d’être le centre d’un riche bassin qui comprend, avec les communes de Lannilis et de Plouguerneau, tout le territoire compris dans le rayon de Lesneven et de Plabennec. Malgré l’extrême difficulté que représente aujourd’hui le déchargement des navires à Paluden, ce port donne lieu à un commerce de quelque importance en bois du nord, en vins et en engrais. Ce commerce s’accroîtra rapidement aussitôt qu’on lui aura donné des facilités qui lui manquent absolument ». Des travaux sont effectués en 1877 pour la rive droite, côté Lannilis, mais le même Conseil général émet à plusieurs reprises et encore en 1880 le vœu de l’aménagement d’un quai rive gauche, côté Plouguerneau. C’est aussi pendant la seconde moitié de la décennie 1870 qu’est aménagé le chemin de grande communication desservant Lannilis et Plouguerneau. Émile de Kératry, candidat aux élections législatives de 1869 (il fut d’ailleurs élu député) et opposé au régime impérial, membre du Tiers-Parti, intenta un procès contre le maire de Plouguerneau car il se vit refuser l’accès à la salle de vote par ce dernier. Le journal L’Océan, cité par les Annales catholiques raconte ainsi l’inauguration de l’école privée en 1887

Vers 1885, le port du Corréjou était le port d’attache d’une cinquantaine de bateaux de pêche. Benjamin Girard décrit ainsi Plouguerneau en 1889 Maurice d’Hulst décrit la mission qui se tint à Plouguerneau dans une lettre datée du 22 En décembre 1897, le Garde des sceaux suspend le traitement du curé de Plouguerneau, l’abbé Favé, car ce dernier a exagérément soutenu la candidature de l’abbé Gayraud lors de l’élection législative partielle du 29. La paroisse de Plouguerneau a fourni 63 prêtres entre 1803 et 1898 et 37 autres entre 1899 et 1964 et un nombre important de religieuses. Le recteur refusait alors l’absolution aux parents qui mettaient leurs enfants à l’école publique. Le chanoine Paul Peyron décrit ainsi cette tradition en 1912 La revue « Les Annales maritimes et coloniales » écrivent en 1839: « On sait combien, depuis un temps immémorial, la côte de Plouguerneau s’est montrée inhospitalière pour les malheureux naufragés.

Les redoutables habitants de cette côte ont toujours saisi les occasions de piller que leur offraient les naufrages et les efforts de la civilisation pour déraciner leurs habitudes barbares n’ont jamais connu le moindre succès ». Les Plouguernéens ont de tout temps pratiqué le droit de bris, comme déjà lors du naufrage du Neptune dans la nuit du 22 au 23 à Plouguerneau. Il transportait entre autres de la porcelaine de Chine. Mais le naufrage le plus connu montrant les pilleurs d’épaves à l’œuvre est celui du Vesper; le journal La Lanterne raconte ainsi les scènes consécutives au naufrage du Vesper sur les rochers d’Ouessant le 2 En avril 1908, le bateau de pêche Marsouin, de Plouguerneau, sombra au large de Kerlouan: aucun corps ne fut retrouvé, ni le bateau. Le 1, le naufrage du bateau de pêche Notre-Dame-de-Lourdes, de Plouguerneau, fit un mort, le reste de l’équipage parvenant à se sauver. En novembre 1910, dix-sept cadavres de membres de l’équipage du vapeur anglais Kurdistan qui s’était perdu corps et biens sur des rochers des Sorlingues, furent trouvés en divers endroits du littoral breton, à Ouessant, à Plouguerneau, à Kerlouan, Landéda, Guissény, etc. Pour commémorer ce naufrage, le gouvernement britannique fit élever une croix sur un rocher de Plouguerneau et fit distribuer des gratifications aux marins-pêcheurs qui avaient trouvé des cadavres.

Le 30, la gabare Jean, de Plouguerneau, qui revenait du marché de Saint-Pol-de-Léon, chavira: deux des trois hommes à bord se noyèrent. Le journal La Lanterne écrit le 23: « Les conseils [municipaux] de Ploudalmézeau, de Plouguerneau et de Lannilis signalent une profonde misère. Les pêcheurs de Portsall, Plouguerneau, l’Aber-Wrac’h demandent que des secours immédiats leur soient accordés ». Les pêcheurs étaient nombreux. La revue Études indique en 1933: « La simple anse de Saint-Michel en Plouguerneau […] abrite à elle seule près de 400 canots montés par sept cents pêcheurs ». L’énorme influence de la religion catholique dans le Léon et particulièrement à Plouguerneau (la paroisse de Plouguerneau a suscité cent ordinations de prêtres entre 1803 et 1964) a entraîné d’importants mouvements de protestation contre les mesures laïques décidées au début du XXe siècle. Par exemple, c’est la paroisse de Plouguerneau qui fut la plus représentée ( pèlerins selon le journal Le Temps!) lors du pèlerinage dit « des écoles libres » qui se tint au Folgoët le 21. En 1904, un décret du gouvernement Combes, pris en vertu de la loi sur les congrégations, entraîne la fermeture de l’école congréganiste tenue par les Frères des écoles chrétiennes à Plouguerneau.

L’inventaire de l’église paroissiale de Plouguerneau, effectué le 23 donna lieu à de graves incidents; le journal La Lanterne écrit le 24 Le même journal précise le lendemain: « À Plouguerneau, les paysans fanatisés accueillent à coups de bâton la troupe qui, pour ne pas faire usage de ses armes, recule. Puis le curé [Alain Talabardon], effrayé de la gravité de la situation, commande aux furieux [manifestants] de se retirer. Immédiatement il est obéi et l’inventaire se fait sans difficulté ». Le journal Le Gaulois donne des précisions supplémentaires, les paroissiens arguent: « Nôtre église est à nous; c’est nous qui l’avons payée; c’est nous qui l’avons fait bâtir; personne ne nous la prendra ». Le même journal ajoute: « Quand la hache entame la porte de l’église, les figures des bretons se contractent dans un mouvement de douloureuse colère. Instinctivement les penbas se lèvent. Le curé fait un signe, entame le Parce Domine, que tous les bretons chantent avec lui.

Une plaque commémorative qui se trouve dans le cimetière communal du Grouanec porte les noms de 32 autres soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Le 21 septembre 1917 un hydroplane de Camaret s’enflamme lors d’un vol de reconnaissance et s’écrase sur des rochers de Plouguerneau; l’accident fit deux morts Le Lichen caragheen était récolté dans les premières décennies du XXe siècle: en 1915, le port de Plouguerneau en fut le premier producteur avec, devançant les ports de Kerlouan et Plouescat, qui en récoltèrent chacun. La société « Algue marine » possédait entre les deux Guerres mondiales des usines de transformation afin de produire de l’iode à Argenton et Plouguerneau. L’abbé Jean-Marie Perrot fut vicaire à Plouguerneau entre 1920 et 1928. En 1922, Yves Floc’h (futur peintre) devient garçon de presbytère à sa cure. L’abbé Perrot crée le patronage Michel Le Nobletz et organise des représentations théâtrales. Aussi, à cette occasion Yves Floc’h peint les décors d’une pièce et ses dons sont alors remarqués par le vicaire.aux alentours de 1928.

Les riches de Plouguerneau étalaient alors ostensiblement leur richesse, si l’on en croit un témoignage recueilli par Fanch Élégoët en 1978 Le 12, une barque avec à son bord cinq goémoniers, deux hommes et trois femmes, se brise sur des rochers proches de l’Île Vierge en raison de la tempête; ils furent sauvés, alors qu’ils s’agrippaient désespérément aux rochers, par le bateau de sauvetage alerté par le sémaphore de l’Aber Wrac’h. Le 4, quatre barques de pêche de Plouguerneau, qui revenaient d’Ouessant chargées de goémon, furent prises dans la bourrasque et l’une d’elles coula à pic. Le naufrage fit deux victimes. Le 23, le trois-mâts Phénomène, de Saint-Servan, qui revenait de Terre-Neuve avec un chargement de morues, pris dans une violente tempête, coule près de l’Île Vierge; l’équipage parvint à rejoindre Le Corejou à bord de quatre doris. Le 14, le sloop de pêche Reine-des-Flots, du Conquet, fait naufrage près de Plouguerneau; l’équipage est sauvé. Le 20, une barque de goémoniers chavire près des Sept-Îles: le naufrage fit trois morts et un rescapé, tous originaires de Cruquerrou [Krukerou] en Plouguerneau. En novembre 1927, le sloop Corrèze fait naufrage sur les roches de Plouguerneau et est complètement détruit.

En 1929, à la demande de la commune de Plouguerneau, le Conseil d’État annule, pour des raisons juridiques, un arrêté du Préfet du Finistère en date du 31 qui mettait en demeure la commune de choisir un terrain et de désigner un architecte pour la construction d’une école de filles à Lilia. Le 16 le bateau goémonier Jean-Marie se perd corps et biens lors d’une tempête entre Le Conquet et l’île de Béniguet. Le 10, le Saint-Yves se retourne à cause d’une rafale dans les parages de l’Île-Grande alors qu’il était en train de poser des casiers à homards, et son patron, de Plouguerneau, se noie. Dans la nuit du 14 au 15, une barque de pêche de Plouguerneau, qui avait participé aux régates de l’Aber Wrac’h, heurte un rocher et coule avec neuf hommes à bord à l’entrée du port de Lilia: cinq réussirent à rester agrippés au récif jusqu’à ce qu’on viennent les secourir, mais quatre, qui avaient tenté de rejoindre la côte à la nage, se noyèrent et leurs cadavres furent découverts sur la côte. Les tensions entre laïcs et cléricaux restent vives à Plouguerneau à cette époque: en mai 1937, un prêtre déclare, lors d’une retraite de communion: « Il vaut mieux prendre une corde, l’attacher au cou d’un enfant et le jeter à la mer que l’envoyer à l’école laïque ». À Lilia, un prêtre déclara à des parents: « Vous ne ferez pas vos Pâques si vous laissez vos enfants à l’école laïque » et deux cents pères de famille furent ainsi renvoyés de la Sainte Table. Le monument aux morts de Plouguerneau porte les noms de trois soldats morts pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale: Joseph Laurans, Ys Pronost, Louis Sanquer. Le est un navire de guerre canadien coulé le 29 au large du Phare de l’Île Vierge à la suite d’un engagement de la flotte alliée contre deux torpilleurs allemands, le T27 et le T24, ce naufrage causant la mort de.

Ce navire repose toujours au même endroit par de fond. Le T27 fut également perdu dans la bataille et alla s’échouer près de Kerlouan. Yves Goas, médecin à Plouguerneau entre 1933 et 1972, appartint au service sanitaire de la Résistance. Le 10, portant un brassard de la Croix-Rouge, accompagné du maire François-Marie Abjean, porteur d’un drapeau blanc, il négocia l’arrêt des combats entre des troupes américaines (des chars venus de Lesneven) aidés par les FFI (qui avaient été attaquées précédemment les 5 et 6 par les Allemands dans la carrière du Cosquer qui leur servait de base) et les troupes allemandes réfugiées dans l’usine du Traon (route de Lannilis, à du bourg), qui ne voulaient pas capituler. Il fut par la suite adjoint au maire de Plouguerneau pendant plus de 20 ans. Le 16 le chavirage d’une barque dans l’Aber Wrac’h près de Saint-Antoine provoqua la noyade de trois jeunes gens. La paroisse de Lilia est créée par ordonnance épiscopale le 14; l’église Notre-Dame-de-Lilia, qui n’était alors qu’un chapelle, a été construite en 1874 avec les pierres d’une chapelle en ruines dédiée à saint Karan, qui se trouvait dans le hameau de Saint-Cava, mais son clocher date seulement de 1954. Le 8 août 1944 la Task Force A américaine passa la nuit à Ploudaniel, avant de pour suivre son avancée le 9 vers Plouguerneau, où elle captura allemands

Le Grouanec est érigé en paroisse indépendante en 1949; il y avait encore 100 % de messalisants au Grouanec en 1950 est mort en captivité au Viêt Nam en novembre 1953 pendant la Guerre d’Indochine (depuis le 14 juillet 1967) est jugé exemplaire et lui a valu le prix de l’Europe 1990, décerné par le Conseil de l’Europe. Plouguerneau est aussi jumelée avec la ville de St Germans située en Cornouailles anglaise. Sylvain Huchette, biologiste marin, a créé à Lilia l’entreprise « France Haliotis », un élevage biologique d’ormeaux en pleine mer, dans 149 cages situées près de l’île de la Croix à l’embouchure de l’Aber Wrac’h.

Informations Clés

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Population

6.682 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
(29)

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