Plobannalec-Lesconil
Histoire de Plobannalec-Lesconil
Plobannalec-Lesconil est une commune du Finistère, dans la région Bretagne, qui compte 3 655 habitants. Son nom breton actuel est Pornaleg-Leskonil, issu d’une longue évolution phonétique: la forme ancienne Ploebanazloc, attestée vers 1330, devient Ploe Banazleuc en 1368, Ploevanazleuc en 1372, Plobanalec, Ploebanazlec en 1426 puis en 1533, Ploubalanec en 1610 et Plobannalech au XVIIe siècle. L’orthographe moderne du composant principal est Banaleg. Sa racine Banal renvoie au mot breton désignant le genêt, que l’on retrouve dans plusieurs lieux-dits de la commune comme Penbanal et probablement Lesnaleg. Le toponyme est aujourd’hui prononcé Pornaleg en breton. Bernard Tanguy, dans son Dictionnaire des Noms de Communes du Finistère, note que la prononciation bretonne actuelle Pornaleg s’explique à partir d’une forme mutée Plovanalec, abrégée en Ploanaleg, puis Plonalec, devenue par métathèse Polnalec et par dissimilation Pornaleg.
La première forme connue de Lesconil, attestée en 1545, est Lescoulyn. Le premier élément Les- représente l’appellatif toponymique Lez (Les- devant consonne), issu de l’ancien breton les, lis, signifiant « habitation enclose », proche parent du gallois llys et du cornique lys qui signifient « manoir, cour ». Cet appellatif recouvre deux réalités distinctes en toponymie: une lisière ou bordure, ou bien une cour de justice et résidence seigneuriale, servant éventuellement de refuge en cas de danger. En revanche, l’élément -conil n’est pas identifié avec certitude: il pourrait s’agir du nom d’un personnage influent. La forme primitive semble être -coulyn, devenue -conil par métathèse. La commune appartient à l’arrondissement de Quimper, dans le pays bigouden, sur la côte sud-finistérienne.
L’occupation humaine du territoire remonte au néolithique, comme l’attestent le dolmen de Menez Goarem ar Feunteun et le cairn de Quélarn, qui datent de cette période. Selon Paul du Châtellier, la commune de Plobannalec-Lesconil est, de toutes les communes de l’arrondissement de Quimper, celle qui possède le plus grand nombre de monuments mégalithiques. Les villages de Quélarn, du Moustoir, de Kerviniou, de Kerfeuns et de Kervadel concentrent vingt à trente dolmens ou menhirs; celui de Lesconil renferme un espace de dix à douze hectares couvert d’une vaste nécropole où se distinguent plusieurs dolmens et allées couvertes, avec ou sans tumulus, donnant accès à de nombreuses chambres funéraires à ciel ouvert, semblables à celles que Paul du Châtellier explora à Kervilloc et à Pen-ar-Menez en Treffiagat.
La nécropole de Lesconil comprend de nombreux ensembles importants de sépultures, galeries couvertes, tumulus et coffres funéraires, dans lesquels Paul du Châtellier a trouvé de nombreux restes incinérés, des charbons et des cendres. Les objets recueillis lors des fouilles sont des vases et écuelles en terre, des fragments de poterie grossière, des éclats de silex, des grattoirs, des haches polies dont une en diorite et une en silex, un polissoir en grès, des objets en bronze, des haches à ailerons, à talon, à bords droits, des fragments d’épées, des lames de poignards, des poinçons en os, et enfin des lamelles plates d’ambre percées de trous, qui prouvent que ces populations primitives faisaient des échanges avec les habitants de contrées éloignées. Cette vaste nécropole a livré des sépultures de la fin de l’âge de la pierre polie et du commencement de l’âge du bronze. Elle a servi de champ de repos à des populations dont le mode d’inhumation usité était l’incinération.
Plobannalec demeura longtemps un petit bourg agricole semblable à ses voisins, et c’est le développement industriel et touristique de son hameau côtier de Lesconil qui a laissé le plus de traces dans l’histoire locale. Le tumulus de Quélarn, ou Kéléarn, possédait à l’origine vingt-sept chambres funéraires; un dolmen et plusieurs menhirs se trouvaient à proximité, ainsi que trois autres dolmens dans le village voisin de Tronval. Selon les fouilles plus récentes de l’archéologue Pierre-Roland Giot, il s’agissait initialement d’un cairn long contenant six dolmens, menant à une chambre funéraire géante. Il subsiste encore sur place deux dolmens et un menhir d’environ deux mètres de haut. Le menhir de Kervintic, décrit en 1888 comme étant haut, large et penché, a depuis été détruit. D’autres mégalithes subsistent: le dolmen de Kervignon et le menhir couché de Kerdalaë, dit aussi de Kerloc’h, à Plonivel; ce dernier, tombé lors d’une tempête en 1929 fragilisé par les fouilles et des labours trop rapprochés, est classé monument historique mais a été déplacé en bordure d’un chemin.
La stèle de Kerdavol, ou kerdavel, fut retrouvée enfouie couchée dans un champ dénommé Cornic Saint-Alour en breton (« Parcelle de Saint-Alour »), à proximité des ruines de l’ancienne chapelle Saint-Alour. Saint Alour est le saint protecteur de la paroisse de Plobannalec, et il est probable que ce saint évangélisateur soit le responsable de cet renversement et enfouissement. La toponymie de la commune conserve ainsi le souvenir d’une christianisation ancienne qui s’est superposée à un substrat protohistorique dense.
Patrimoine religieux
La commune compte plusieurs dolmens, menhirs néolithiques et stèles protohistoriques. Un ancien chantier naval converti en musée a ouvert en 2019 près du port de Lesconil, dans le cadre du label de port d’intérêt patrimonial. Le patronage paroissial de saint Alour, saint évangélisateur dont le souvenir est attaché à la stèle de Kerdavol et à l’ancienne chapelle de Cornic Saint-Alour, témoigne de l’ancienneté de la christianisation du territoire. La paroisse, qui s’inscrit dans le diocèse de Quimper et Léon, conserve ainsi la mémoire d’une présence religieuse continue depuis le haut Moyen Âge breton.