Plancoët
Histoire de Plancoët
Plancoët est une commune des Côtes-d’Armor, dans la région Bretagne, qui compte 3 057 habitants. Son nom est attesté sous les formes Plancoit en 1179, 1213, 1220 et 1230, Plencoit en 1227, Plancoet et Plancoit en 1231, Plancoit en 1239, Plankoet en 1389, Plancouet en 1428, 1480, 1514 et 1536. Son nom viendrait du vieux-breton plaen (plat) et koed (bois), au sens de « plain bois » ou « bois plan », c’est-à-dire défriché et mis en culture, car Plancoët est née d’un défrichement forestier. Le nom de la commune se dit Plancoué en gallo, langue d’oïl locale. Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 7,5 % des toponymes de la commune sont d’origine bretonne, ce qui place Plancoët à la frange linguistique entre Bretagne bretonnante et Haute-Bretagne gallèse.
Plancoët est issue d’un découpage de la paroisse de l’Armorique primitive de Pluduno. Le premier château fut construit à l’endroit où l’Arguenon cesse d’être navigable et où se trouvait le premier passage à gué possible depuis la mer, position stratégique qui explique l’implantation médiévale du bourg. En 1223, Rolland de Dinan, chevalier, seigneur de Montafilan, donna à l’abbaye de Saint-Sulpice-des-Bois une rente annuelle et perpétuelle sur les moulins de Plancoët. Le château de Plancoët fut rasé en 1389 sur ordre du duc de Bretagne Jean IV et servit ensuite de carrière. La commune dépend administrativement de l’arrondissement de Dinan et appartient à l’ancien diocèse de Saint-Brieuc.
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d’Ogée, écrivent que Plancoët est dominé par une éminence appelée le Tertre de Brandfer, haute de 86 mètres et 16 centimètres au-dessus de la tablette du quai. Son sommet a toujours été, depuis près de quatre siècles, couronné d’un moulin à vent. C’est sur ce tertre qu’avant la Révolution de 1789 on exécutait les arrêts de la haute justice de Plancoët. Une potence était placée sur un mamelon situé à environ cent mètres au nord du moulin, et l’on jouissait du pied de l’édifice d’un large panorama sur la vallée et le bourg.
Une statue miraculeuse de la Vierge fut trouvée dans une fontaine en 1644, et la vénération qu’elle suscita immédiatement provoqua l’installation en 1647 d’un couvent de Dominicains. La chapelle de Nazareth, alors située sur le territoire de Corseul, devint une dépendance de ce couvent; le faubourg de Nazareth fut annexé par Plancoët en 1842. Cet épisode marial inscrit Plancoët dans la longue tradition des sanctuaires de fontaine qui se sont multipliés en Bretagne à l’époque moderne. La présence dominicaine renforça l’encadrement religieux du bourg jusqu’à la Révolution.
Avant 1739, une tour carrée contrôlait le passage de l’Arguenon et les navires étaient astreints au « devoir de quillage et de bienvenue » envers le châtelain, dont le montant était de trois sols par bateau. Le baron avait aussi le droit de bris des bateaux faisant naufrage à hauteur des paroisses de Saint-Lormel et de Pluduno. Plus tard, un seigneur acheta la baronnie de Plancoët et, pour rentrer dans ses frais, s’occupa de la ville qui vivotait. Il obtint des États de Bretagne que la route allant de Dinard à Quiberon passe par Plancoët, au lieu de Matignon, et fit paver la traversée de la localité. Il obtint également la création de deux foires, ce qui favorisa le commerce. En sept ans, les maisons en pierre et les toits en ardoises remplacèrent les maisons couvertes en chaume.
Le corps politique de Plancoët, en vue des États généraux de 1789, se réunit sous la présidence de Julien-René Bameulle, sieur de Lantillais, sénéchal de la seigneurie de Plancoët et de la baronnie de la Hunaudaye, en présence de cinquante-six paroissiens; Gambier de la Maisonneuve fut élu pour représenter la paroisse à l’assemblée du tiers-état de la sénéchaussée. Un cahier de doléances fut rédigé à cette occasion. Plancoët devient une commune et un chef-lieu de canton en 1790 et fut incluse dans le district de Dinan, puis, sous le Consulat en l’an VIII, intégrée à l’arrondissement de Dinan. Le recteur de Plancoët, en poste depuis 1764, dut se retirer car il refusa en 1791 de prêter serment à la Constitution civile du clergé et devint donc prêtre réfractaire; il fut remplacé par Trobert, prêtre assermenté, par ailleurs recteur de Saint-Lormel. La paroisse demeura à partir de la Terreur sans prêtre jusqu’au Concordat. Un état du début du XIXe siècle signale l’église de Plancoët, alors désaffectée et privée de son mobilier religieux, comme mesurant quarante-cinq pieds de long, en bon état, sans emploi mais pouvant servir de magasin.