Sainte-Hermine
Histoire de Sainte-Hermine
Sainte-Hermine est une commune de Vendée, en Pays de la Loire, qui compte 2 951 habitants. Sainte-Hermine tient son nom de la chapelle du château aujourd’hui disparu en mémoire de sainte Irmine, qui vécut au VIIIe siècle et mourut dès les premières années du IXe. Durant la Révolution, la commune porte le nom dHermine-sur-Smagne du nom de la Smagne, rivière qui traverse le village.
Au cours de la Révolution française, Sainte-Hermine est dans la tourmente. Une garde nationale est formée, mais le curé de la paroisse, Alexandre Gusteau, a refusé la Constitution civile du clergé de 1790 au même titre que son frère, Joseph Gusteau. Ce détail important laisse à penser que la population herminoise était plutôt, comme l’écrasante majorité de la population de la Vendée insurgée, contre la Révolution et sa haine du catholicisme. En application de la loi du 26 août 1792 qui condamne les prêtres réfractaires au bannissement, Alexandre Gusteau et son frère sont déportés en Espagne le 11 septembre 1792: ils embarquent aux Sables-d’Olonne à bord du navire Marie Gabrielle pour un long exil, alors qu’ils sont pourtant originaires de Fontenay-le-Comte: seul le curé de Sainte-Hermine en reviendra pour occuper à nouveau ses fonctions. Sainte-Hermine se retrouva, comme des centaines d’autres paroisses de la Vendée insurgée, en plein cœur de la guerre de Vendée. Les gardes nationaux de Sainte-Hermine participèrent, du côté des Républicains, aux premiers affrontements, dont celui de la bataille de Pont-Charrault qui fut la première grande victoire vendéenne.
Sans que nous puissions dater précisément chaque prise et reprise de la ville, Sainte-Hermine a fait partie de ces paroisses au sein desquelles plusieurs batailles opposant les Vendéens aux Républicains ont eu lieu. À la veille de la troisième bataille de Luçon du 14 août 1793, les chefs vendéens se rassemblent à l’auberge du Bon Pasteur, à Sainte-Hermine. Charette, d’Elbée, Royrand, La Rochejaquelein, Lescure, Marigny et Joly y ont préparé le plan d’attaque de Luçon. Cette troisième bataille de Luçon fut l’une des batailles les plus meurtrières de la guerre, et une défaite pour les Vendéens. Les Herminois semblent avoir participé activement à la guerre du côté des Vendéens insurgés, catholiques et royalistes, et une grande partie d’entre eux ont, d’après l’historien Émile Gabory, participé à la tragique virée de Galerne: « les généraux républicains le constatent dans leurs Mémoires, ils ne trouvèrent pas un seul homme à Sainte-Hermine, à Chantonnay, aux Herbiers; tout avait pris la même direction, tout avait fui vers la Loire ou gisait dans les rues, sur les bords de la route, dans les champs ». Le 21 janvier 1794, les colonnes infernales du général Louis-Marie Turreau se mettent en marche: elles doivent appliquer, avec plus d’efficacité qu’auparavant, les lois des 1er août et octobre 1793.
Les colonnes de soldats républicains ont pour ordre de tout brûler et de tout massacrer en Vendée insurgée. Pourtant, la Grande Armée Catholique et Royale, avec les dizaines de milliers de civils qui la suivait, ont déjà été massacrés au Mans et à Savenay en décembre 1793, et Noirmoutier a été reprise par les Républicains le 3 janvier, empêchant ainsi totalement les Vendéens de représenter une sérieuse menace militaire. Ce fut sans justification d’ordre militaire que le plan de Turreau, approuvé par le Comité de salut public, a été exécuté. « Seuls 13 bourgs doivent être épargnés: Clisson, Montaigu, La Châtaigneraie, Argenton, Fontenay, Sainte-Hermine, Chantonnay, Saint-Vincent, Machecoul, Cholet, Bressuire, Chalonnes Saint-Florent; ceci non par souci d’humanité, mais parce qu’ils devaient servir de points de départ, de ralliement, et de ravitaillement. Plusieurs subirent ensuite le sort commun ». Sainte-Hermine, qui était pourtant tombée sous le contrôle des Républicains, et qui devait être épargnée, a fini par subir le sort commun.
Le comité de surveillance révolutionnaire de Fontenay écrit, à celui de Niort, cette lettre datée du 4 avril 1794: « Frères et amis. Un voile sombre et funèbre se répand sur la partie saine et fidèle du département de la Vendée. Hâtons-nous de prévenir les suites du plus cruel incendie. Nos premières sentinelles, les avant-postes que nous opposions à nos ennemis déclarés, n’existent plus. Les patriotes des parages de Sainte-Hermine, les postes du Simon, La Vineuse, la Réorthe, Sainte-Pexine, ne sont plus que des monceaux de cendres. Les ordres barbares du scélérat Huché, général à Luçon, sont des attentats les plus formels à la chose publique ».
Après ces événements, le général républicain Jean-Baptiste Huché est arrêté sur ordre du Comité de surveillance de Luçon pour avoir commis des crimes contre des patriotes, le 9 avril 1794. Mais le 17 avril 1794, les Représentants en mission Hentz et Francastel arrivent à Luçon, mettent en état de siège la ville et font arrêter les membres du Comité responsables de l’arrestation du général Huché qui a finalement été libéré et réintégré dans l’armée sévissant en Vendée, en tant que général de division. Ce fut l’ultime preuve que ce général, surnommé « le boucher de la Vendée », ne faisait qu’exécuter les ordres venant de la Convention et du Comité de salut public. Sainte-Hermine reçut la visite de Napoléon et de l’Impératrice Joséphine le, ainsi que celle de la duchesse de Berry le. En 1808, la commune absorbe celle voisine de Saint-Hermand; Saint-Hermand avait, durant la Révolution, porté le nom dHermand-le-Guerrier. L’inauguration de la statue Clemenceau (place Clemenceau), la seule que le Tigre inaugura de son vivant, eut lieu le dimanche.
De nombreux hommes politiques se sont inclinés devant le monument, notamment Vincent Auriol, Gaston Monnerville, de Gaulle, Jacques Chirac. Lors de la visite en Vendée du général de Gaulle en 1965, ce monument fit l’objet d’une tentative d’attentat de la part de membres de l’OAS, dirigés par Jean-Jacques Susini. Georges Clemenceau passa son enfance au château de l’Aubraie, à La Réorthe, tout près de Sainte-Hermine et fut d’ailleurs médecin à Sainte-Hermine et il lui garda un attachement certain. À la suite de l’évacuation des habitants de Charleville (Ardennes), et plus largement de l’ensemble des habitants des Ardennes, vers la Vendée, Sainte-Hermine devient la préfecture du département des Ardennes, pour la durée de la guerre. En 1971, la commune de Sainte-Hermine fusionne avec Simon-la-Vineuse. Le projet de fusion entre Sainte-Hermine et Simon-la-Vineuse n’est pas nouveau.
Il y a quelques années déjà, Monsieur Hirtz, Sous-Préfet de Fontenay-le-Comte, avait entretenu sur l’initiative du gouvernement. C’était l’époque où fusionnèrent Chantonnay, le Puy-Belliard et St-Mars-des-Prés – Les Herbiers, le Petit-Bourg et Ardelay– La Roche-sur-Yon, le Bourg et Saint-André d’Ornay – Mouzeuil et Saint-Martin-sous-Mouzeuil – Fontenay-le-Comte et Charzais.