Courville-sur-Eure

Histoire de Courville-sur-Eure

Courville-sur-Eure est une commune de Eure-et-Loir, en Centre-Val de Loire, qui compte 2 806 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes suivantes: Curvavilla vers 1030; Curba-villa en 1031; Corbevilla en 1168; Curbevilla en 1258; Courbeville en 1289; Courbville 1463; Corvilla en 1351; Saint-Nicolas de Courville en 1736. Il s’agit d’une formation toponymique médiévale en -ville (ancien français vile) au sens ancien de « domaine rural, village ». Il est précédé de l’adjectif courbe dont l’association avec -ville donne un sens global obscur: que signifie exactement « domaine, village courbe »?

L’Eure est une rivière qui prend sa source dans la région naturelle du Perche et qui coule dans les départements de l’Orne, d’Eure-et-Loir, de l’Eure et de la Seine-Maritime.

Lorsqu’en 877 l’hérédité des fiefs fut proclamée par le capitulaire de Quierzy, un ordre social nouveau remplace la société gallo-romaine: la féodalité se constitue. Partout se construisent des châteaux fortifiés, symboles de la domination féodale: Courville devint une châtellenie, sous la domination d’un petit seigneur féodal, appelé sire d’abord sous la famille Vieux-pont, puis baron avec les Billy et les Ligneris; en 1656, la baronnie de Courville est érigée en marquisat lorsque cette seigneurie passe entre les mains des descendants de Sully. Son fils, Yves, fonde le Prieuré, situé aujourd’hui place Saint-Nicolas, qui est donné par Giroie, fils de Yves, à l’abbaye de Marmoutier, près de Tours. Pendant la guerre de Cent-Ans, le château est démoli après son siège par les Anglais en 1417. Aux XVe et XVIe siècles, la seigneurie change de mains à plusieurs reprises suite à des mariages, elle passe d’abord à la famille de Billy puis ensuite aux mains de la famille de Ligneris, avec le mariage de Théodore de Ligneris, fils de Jacques de Ligneris, et de Françoise Billy en 1577. Leur fils, Louis, chambellan de Henri II de Condé, vend la seigneurie à François de Béthune, fils de Maximilien, duc de Sully, propriétaire du château de Villebon et conseiller d’Henri IV, en 1629.

Courville fut autrefois entouré de murailles et de fossés; on y accède alors par plusieurs portes. Mais ces fortifications ne tardent pas à devenir inutiles. Au, resserré dans les limites trop étroites de son enceinte, Courville s’agrandit, sa population augmente, sa bourgeoisie commerçante et aisée obtient des privilèges et peut prendre part à l’administration locale. Un syndic, nommé pour trois ans, est chargé de faire exécuter les « ordres du Roy et les ordonnances de Monseigneur l’Intendant et de veiller pareillement à tout ce qui pouvait être des intérêts de la communauté des habitants ». En 1643, un couvent de bernardines, consacré à Saint-Bernard, ouvre à Courville. Face à la faible importance de la communauté, le monastère est supprimé en 1748, ses biens répartis entre les autres communautés des environs et l’Hôtel-Dieu, par lettre patentes de Louis XV.

Civilement, Courville faisait partie de la généralité d’Orléans et de l’élection de Chartres, religieusement, c’était le chef-lieu d’un doyenné relevant de l’archidiaconé de Chartres. Mais la loi du 28 pluviôse an VIII modifie cette organisation; les districts sont remplacés par des sous-préfectures. Puis, l’arrêté du 29 fructidor an IX, qui réduit le nombre des cantons, constitue celui de Courville comme il l’est actuellement, en ajoutant quatre communes aux douze précédentes. Entre le et le, plus de réfugiés espagnols fuyant l’effondrement de la république espagnole devant les troupes de Franco, arrivent en Eure-et-Loir. Devant l’insuffisance des structures d’accueil (le camp de Lucé et la prison de Châteaudun rouverte pour l’occasion), 53 villages sont mis à contribution, dont Courville-sur-Eure. Les réfugiés, essentiellement des femmes et des enfants (les hommes sont désarmés et retenus dans le Sud de la France), sont soumis à une quarantaine stricte, vaccinés, le courrier est limité, le ravitaillement, s’il est peu varié et cuisiné à la française, est cependant assuré.

Une partie des réfugiés rentrent en Espagne, incités par le gouvernement français qui facilite les conditions du retour, mais en décembre, 922 ont préféré rester et sont rassemblés à Dreux et Lucé. Les troupes allemandes entrent dans Courville le et la commune est libérée le par la 7e division blindée de l’armée américaine.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

2.806 habitants

Région

Centre-Val de Loire

Département

Eure-et-Loir
(28)

Trouver une église à Courville-sur-Eure

Recherche
No data was found