Tallard

Histoire de Tallard

Tallard est une commune de Hautes-Alpes, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 2 312 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Talarno et Talarnum en 739, Tallardum en 1271. Du gaulois talo, signifiant « front ».

On a retrouvé au XIXe siècle un dolmen près de l’aérodrome, dont une des pierres est exposée au Musée départemental de Gap. Ce qui témoigne d’une population présente dès la fin de la préhistoire. Entre le VIIIe siècle et le Xe siècle, les Sarrasins venus de Provence étaient redoutés pour piller et saccager sur leur passage. Après de nombreuses exactions, dont l’attaque de Mayeul de Cluny, en 974, ces Sarrasins furent décimés par Guillaume de Provence, et chassés définitivement de la région. Sous le règne des princes d’Orange, les Tallardiens descendent dans la vallée et élevèrent une tour en bois en haut d’une butte, tour de défense, sous laquelle la population se réfugia peu à peu, pour se protéger mais aussi pour son côté pratique en matière de commerce. C’est plus tard l’emplacement du château.

À partir du Xe siècle, Tallard se protège des brigands et des voleurs en élevant des remparts, dont on peut voir encore les traces. Le Reynaudia (ruisseau qui vient du nord) encercle les remparts et des portes qui venaient s’appuyer contre les murailles permettaient de pénétrer dans le village. L’entrée se faisait à la Porte Belle, dont demeure la maison du gardien. C’est lui qui autorisait ou interdisait le droit de passage dans le village. Les princes d’Orange accordent une charte de liberté aux Tallardiens en 1209. Les Tallardiens gardent les clés de la ville.

Dans la guerre de l’Union d’Aix, son successeur Louis de Trians se rallie aux Angevins en 1385, après la mort de Louis. En 1215, Tiburge, veuve du prince d’Orange et son neveu vendent tous les droits et la seigneurie de Tallard aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui pratiquent la charité, en tant qu’ordre militaire et religieux. Les moines-soldats protègent les pèlerins et les voyageurs. Leur commanderie siège pendant. En 1326, les Hospitaliers échangent Tallard contre le comté d’Alife (royaume de Naples). Arnaud de Trian, neveu du pape Jean XXII et jusque-là comte d’Alife, devient donc à partir de cette date, vicomte de Tallard.

Arnaud de Trian (1280-1350) fut le premier seigneur de Tallard. Il va créer une imposante forteresse, avec l’édifice préexistant à savoir le corps de logis seigneurial flanqué de tours notamment du donjon. Sa petite-fille Anne de Trians, seule héritière, épousa en 1375 Antoine de Sassenage. Ils deviendront les nouveaux seigneurs de Tallard. Leur fille unique, Françoise, épousera en 1439 Antoine de Clermont, issu d’une grande famille du Dauphiné. Héritier du château, Bernardin de Clermont (1440-1522), qui épousa la riche héritière Anne de Husson-Tonnerre en 1496, va agrandir le château en y ajoutant la salle des corps de garde, la chapelle seigneuriale, le châtelet d’entrée, le parc de la Garenne et les écuries du château qu’il va faire construire en dehors du château, dans le village médiéval, par manque de place.

Durant les guerres de Religion, les Clermont s’exilent; le château est mis sous la gouvernance de Bonne d’Auriac. Après avoir été la cible de de combat, le château a été affaibli. En 1600, Catherine de Bonne d’Auriac (1550-1636) racheta le château, puis son fils Camille d’Hostun (1652-1728), héritier par sa mère, va en être le nouveau propriétaire. Il est maréchal de France sous Louis XIV et n’est pas souvent présent au château. En 1692 le Duc de Savoie, ennemi de Louis XIV, attaqua le château et le village avec ses troupes; le château va être quasiment détruit et sera laissé à l’abandon jusqu’en 1897, où Joseph Roman, un historien archéologue, le racheta. Il va classer la chapelle Monument historique, va mettre une toiture d’appoint sur la salle du corps de garde pour éviter qu’elle ne s’abîme, et va reboiser le parc de la Garenne.

En 1927, Blanche de Clermont Tonnerre, qui passait dans les Alpes, apprend que ce château appartenait à ses aïeux et le racheta. Elle s’installe à Tallard avec sa petite-nièce, Marie-Christine de Bourbon Sicile. À sa mort en 1944, sa nièce hérite mais elle n’a que et elle est éduquée ailleurs. Dans les années 1950, le prêtre Richard Duchamblo demeurant à Tallard, soucieux du patrimoine de la ville, décide de sauver le château; il retrouve la petite-nièce de Blanche de Clermont Tonnerre. Il faudra attendre sa majorité pour que la commune rachète le château en 1957. À compte de cette date, des restaurations sont entreprises

Après les guerres de Religion, au, les entrées des maisons, qui s’appuyaient contre les murailles, s’ouvrent peu à peu. Des ouvertures sont pratiquées, d’abord à l’étage, puis au rez-de-chaussée, lorsque le ruisseau du Reynaudia, qui se jette encore dans la Durance, est recouvert d’une voûte. Autrefois, la Durance arrivait au pied du village de Tallard. Pour accéder à leurs terres, les paysans étaient obligés de traverser la Durance à l’aide d’un bac, tel qu’il en est attesté en 1291. Un autre est établi pour la desserte du hameau des Boulongeons à partir du bourg, pour 20 passages par jour, au XIXe siècle. Un passeur faisait traverser la rivière à la « Porte Durance ».

À la Révolution française, on dévie le lit de la Durance pour accéder directement aux jardins, qui sont surnommés « les conquêtes. En 1860, le premier pont qui traverse la Durance est construit, puis emporté par la crue des et. Dans le centre historique, les ruelles étaient très étroites; tellement étroites que l’on pouvait se faire passer des affaires en tendant une corde entre les fenêtres des maisons. Aujourd’hui encore cette pratique perdure. Dans certaines maisons, les caves communiquaient entre elles. C’était un moyen stratégique, en cas d’attaque, de se déplacer sans être vu.

« La Placette » était la place principale du village. Elle y réunissait les commerces tels qu’un marchand de chaussures, une boucherie, trois épiceries, une matelassière ou encore un ferblantier. Un puits était présent à l’entrée de la rue, ses vestiges sont visibles depuis les caves. Il a été rebouché pour des raisons de sécurité et de circulation. À partir de 1960, le petit bourg perd de son intérêt et les commerces s’installent à l’extérieur des remparts, sur l’esplanade. L’ancienne mairie du village se situait au bout de la Placette, à l’angle de la rue Chevallerie et de rue du Mazel, qui abritait les triperies.

En raison des odeurs nauséabondes et du manque de place, la mairie est déplacée en 1912 dans les locaux actuels de la Poste. Cette maison fut appelée « la Couronne », la mairie occupant les locaux du et la justice de paix le rez-de-chaussée. La mairie est ensuite déplacée en 1980, sur la place Charles-de-Gaulle, à l’ancien emplacement de l’école communale.

Patrimoine religieux

La commune est candidate au label Ville d’art et d’histoire.

Informations Clés

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Population

2.312 habitants

Région

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Département

Hautes-Alpes
(05)

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