La Garde-Freinet
Histoire de La Garde-Freinet
La Garde-Freinet est une commune de Var, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 1 831 habitants. La Garde-Freinet s’écrit La Gàrdi provençal classique ou La Gàrdi (mais aussi La Gardo-Freinet) selon la norme mistralienne. La prononciation est la même puisque le -a final du féminin est muet après un -i dans les dialectes maritimes et rhodaniens, raison pour laquelle Joseph Roumanille n’a pas voulu réintégrer cette lettre dans son écriture phonétique. La Garde, de l’occitan garda, « tour de garde, forteresse ».
Le nom de Lagarde tire vraisemblablement son origine d’une tour de guet ou d’une forteresse, comme tous les noms de lieux semblables en France. Le mot garde est tiré du haut allemand wart latinisé sous la forme warda ou wardia. Freinet, du latin fraxinetum, « bois de frêne ».
Dans le massif des Maures, l’installation de populations paléolithiques n’a laissé que des traces fugaces difficiles à interpréter. Le Mésolithique n’a pas fourni plus d’informations. Par contre, le Néolithique et en particulier les Néolithiques moyen et final sont bien représentés. On en trouve sur trois sites de la Garde-Freinet: Trémoulède, La Noble et Val-Verdun. On en retrouve également dans le vallon de Vanadal, sur le site de la Baume des Maures. C’est un abri sous roches qui a été occupé à différentes époques du Neolithique moyen et de l’Âge du fer.
Une nécropole du Néolithique final, au troisième millénaire av. J.-C., contient au moins 32 dépôts osseux composés de restes incomplets d’individus des deux sexes et de tous les âges. Les fouilles ont livré un matériel abondant: objets de parures, flèches, silex, objets en céramique. C’est une nécropole exceptionnelle, unique en Provence. L’âge du bronze final a laissé des traces d’occupation humaines sur trois sites: la Baume des Maures, le Théolier et la Nible. A l’Âge du fer, un habitat en hauteur protègé par des fortifications a été trouvé sur le site de Vaucron, situé à 327 mètres.
On y a découvert des anneaux en bronze qui suggèrent une activité métallurgique. Dans le quartier des Moulins, des fouilles préventives ont permis de mettre au jour des structures funéraires datées de 550 av. En lien avec le commerce maritime développé suite à la fondation de Marseille par les Grecs vers 600 av. J.-C., des amphores étrusques ont été mis au jour à Vaucron. L’occupation romaine se résume à peu de vestiges par manque d’investigations archéologiques. Quelques sites ruraux de l’Antiquité tardive sont connus aux Quartiers du Pontillaou, à la Vernatelle, aux Migraniers et une possible présence au hameau de la Mourre.
Suite à la chute de l’empire romain, la région est successivement occupée par différentes peuplades germaniques comme celles des Wisigoths, des Ostrogoths, des Burgondes et des Francs. Au, une troupe de corsaires arabes dépendant du califat de Cordoue s’implante dans la région. Le territoire qu’ils occupent est désigné sous le nom de Fraxinet ou Fraxinetum. Les Arabes lui donne le nom Jabal al-Qilal, « montagne des jarres », car ils y auraient trouvé les restes d’une industrie gallo-romaine. En 889, ils s’emparent de La Garde-Frainet et leur « garnison durant près d’un siècle soumet les populations voisines à des razzias continuelles et menace les routes qui, à travers les cols des Alpes, vont de France en Italie ». On a longtemps pensé que le fort Freinet, qui surplombe la Garde-Freinet, pouvait être construit sur une forteresse musulmane, verrouillant la vallée d’accès au comptoir maritime au niveau de Saint-Tropez.
au centre du massif des Maures, il domine sur un éperon rocheux à près de d’altitude les voies d’accès au col de la Garde, seul passage entre la plaine de Vidauban et la région maritime du golfe de Grimaud. Cependant, lorsque les historiens J. Lacam (entre 1965 et 1966) puis Philippe Sénac (de 1979 à 1989) entreprennent des fouilles, cette hypothèse est démentie: en lieu et place du qasr musulman, ils mettent au jour un village fortifié dont l’occupation s’échelonne du, soit après la reconquête par les comtes de Provence. Philippe Sénac, en s’appuyant sur les sources arabes et les données de l’archéologie, montre combien le Fraxinet, ne constituait pas un simple repaire de brigands mais un emplacement stratégique pour les musulmans qui semblaient vouloir « entraver les relations entre les cités marchandes italiennes et le reste de la chrétienté méridionale ». Toujours selon Philippe Sénac il n’est pas « du tout exclu que le Fraxinet ait été le théâtre d’une symbiose communautaire, ce qui tendrait à expliquer sa longévité ». C’est le comte de Provence Guillaume dit le Libérateur qui chasse les Sarrasins en 973 après sa victoire à la bataille de Tourtour après 80 années de présence sarrasine au nord des Pyrénées.
Dans le livre » La Fortune des Rougon Macquart » Emile Zola a donné le nom de La Palud à La Garde Freinet et s’est inspiré pour son dernier tome » le docteur Pascal » d’un médecin philanthrope du village le docteur Martel beau-frère du maire Jacques Mathieu destitué par le préfet Haussmann En 1900, l’abbé Mathieu dresse la croix des Maures (altitude ), restaurée en 1978.