Bobigny
Histoire de Bobigny
Bobigny est une commune de Seine-Saint-Denis, en Île-de-France, qui compte 55 056 habitants. Au après Jésus-Christ, le général gallo-romain Balbinius s’installe sur les terres où se situe aujourd’hui la commune de Bobigny. Ces terres prennent alors le nom de Balbiniacum (d’où le gentilé de Bobigny: Balbyniens).
La présence humaine en ce lieu dès l’époque gauloise est attestée par la découverte d’un site archéologique au lieu-dit la Vache à l’Aise. Les fouilles ont mis au jour une statue gauloise du, la première découverte en France. Au IIe siècle, un général gallo-romain Balbinius possédait un domaine sur ce qui est devenu aujourd’hui la commune de Bobigny. Il est à l’origine du nom de la commune. Au, Bobigny est mentionnée dans le testament de la dame Erminéthrude, qui lègue à son fils la moitié des troupeaux et des instruments aratoires qu’elle y possédait. Au Moyen Âge, le territoire se divise en deux fiefs; l’un appartient aux seigneurs de Livry et l’autre à l’abbaye de Saint-Denis.
Elle faisait partie de l’archidiaconé de Paris et du doyenné de Montreuil. Elle fut cédée à l’abbaye Saint-Martin-des-Champs par Geoffroy de Boulogne, évêque de Paris, en 1089-1090. Elle est mentionnée par Urbain II le 14 juillet 1096. À la fin du, la paroisse de Bobigny avait pour curé un nommé Jean Bonneau, aumônier de l’évêque de Paris Étienne Pourcher, qui mourut assassiné le 13 juillet 1504. Il fut inhumé dans son église; sa tombe, déplacée, y était toujours visible en 1829. Quelques grandes familles nobles se succèdent au cours des siècles à la tête de la seigneurie: les Perdriel aux et, les Jacquier de Vieumaison au, qui possèdent un château. L’église Saint-André fut reconstruite en 1557. Elle est décrite comme dotée de « deux petits collatéraux aux côtés du chœur et d’une tour étroite qui paroit désigner un ancien édifice sur lequel on auroit couché un nouvel enduit ».
Elle sera de nouveau reconstruite en 1769 et placée sous le vocable de Saint-André- Saint-Pierre. Elle présente alors une nef à deux travées précédée d’un narthex avec tribune et flanquée de bas-côtés, un transept, un chœur en hémicycle, et enfin un clocher latéral carré. Au milieu du XVIIIe siècle, Bobigny apparaît comme un bourg agricole très contenu, accessible via la route royale de Paris à Bondy en direction de Meaux ou la route des Petits-Ponts, entre Paris et Mory. Le village ne se trouve ainsi sur aucune grande voie de communication, ni aucun cours d’eau majeur, et n’est implanté sur une aucune formation géologique stratégique ou exploitable. Les voient un appauvrissement de la paysannerie et des artisans au profit de la bourgeoisie. Ainsi, en 1783, 78% des terres appartiennent à la bourgeoisie urbaine, à la noblesse et aux institutions religieuses. A la Révolution, le village compte environ 200 habitants, subsistants principalement de la culture céréalière. Dans la première moitié du XIXe siècle, les cultivateurs laissent peu à peu leur place aux maraîchers.
Ces derniers viennent principalement de Paris, d’où ils sont progressivement chassés par les grands travaux du XIXe siècle. Cet exode vers les communes plus éloignées se renforce à partir de la construction de l’enceinte de Thiers entre 1841 et 1846, puis de l’annexion par Paris des communes environnantes en 1859; les maisons et terres risquant d’être expropriées pour les grands travaux d’urbanisme. Si la physionomie du bourg ne connaît pas d’évolution majeure, le paysage rural se transforme. De grands murs pour les cultures maraîchères en espalier apparaissent dans les champs, tandis que des « citernes noires » (des réserves d’eau) sont construites à proximité des maisons. Entre 1845 et 1854, la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg traverse le sud du territoire de Bobigny, où elle enjambe le canal de l’Ourcq, construit au début du siècle. Au milieu du XIXe siècle sont également aménagés deux chemins de grande communication traversant le territoire communal En 1841, la commune (alors orthographiée Baubigny) est décrite ainsi:
Le plus ancien seigneur connu de Baubigny était un gentilhomme commensal de l’abbé Suger. Une partie de cette seigneurie relevait en effet de l’abbé de Saint-Denis; l’autre dépendait du fief de Livry.
vue peu de temps après les combats de décembre 1870 – janvier 1871.
La légende du document indique « La dévastation de Bobigny fut en partie l’œuvre de nos forts: on n’avait pas trouvé d’autre moyen que ce remède un peu héroïque du bombardement et de l’incendie pour déloger les Prussiens qui, embusqués dans les maisons, inquiétaient sans cesse nos francs-tireurs. En 1870, lors du siège de Paris, la commune est entièrement détruite. La population se réfugie à Paris, alors que les Prussiens envahissent les ruines du village. L’abbé Ferret relate:. Après le retrait des troupes, seules quatre maisons sont encore debout. Forcés à l’exil, nombre de Balbyniens ne reviennent pas. Des immigrés venus d’Alsace et de Moselle – nouvellement annexées par l’Empire allemand – mais aussi de Bourgogne, viennent s’installer à Bobigny et reconstruisent le bourg.
En 1896, plus de 70 % de la population balbynienne est ainsi née hors du village. L’église Saint-André-Saint-Pierre est reconstruite à nouveau en 1873, au même emplacement. nef flanquée de collatéraux et précédée d’un clocher-porche. L’afflux de cette nouvelle population pose des problèmes d’équipements publics, les principaux services étant situés à l’extérieur de Bobigny: le commissariat, la justice de paix et la perception se trouvent à Pantin, tandis que la gendarmerie et le personnel médical sont à Noisy-le-Sec. Il n’y a ni égout, ni électricité, et l’eau provient des puits. L’arrivée du chemin de fer à la fin du, apporte un nouvel essor à la commune. Le village maraîcher devient une cité ouvrière avec l’installation d’entreprises faisant appel à une forte main-d’œuvre.
La crise du logement amène l’édification de plusieurs lotissements. En 1875, le projet de grande ceinture est adopté et permet de relier transversalement les communes de proche banlieue parisienne. La ligne dite « complémentaire » de la Grande Ceinture passe par Bobigny et une « halte » est ouverte dans l’actuel quartier du Pont-de-Pierre, au milieu des champs, en 1882. En 1884, 34 hectares de terrains, situés à l’ouest de la commune, sont annexés par Paris pour l’installation du cimetière dit de Pantin. Une mairie est érigée entre 1875 et 1899 en briques et pierre, dans un style IIIe République traditionnel. En 1902, le tramway relie Bobigny à la place de l’Opéra à Paris. Il s’agit d’un embranchement de la ligne Le Raincy-Opéra par Bondy. L’ouverture de cette ligne provoque la création des premiers lotissements ouvriers au lieu-dit l’Amandier, sur d’anciens terrains agricoles situés au sud-ouest de la commune.
La création d’une ligne complémentaire partant de Bobigny jusqu’à Sucy-Bonneuil est décrétée en 1928. Les lotissements ouvriers au sud-ouest du bourg se densifient, tandis que les chemins de grande communication voient apparaître des maisons en alignement de rue. De nombreuses constructions de fortune, souvent illégales et accessibles via des chemins de terre, complètent l’ensemble, sans qu’elles soient forcément visibles sur les cartes et plans. Dès 1919, le socialiste, Jean-Marie Clamamus est élu maire de Bobigny. En 1920, Congrès de Tours, il rejoignit la majorité des délégués pour fonder le Parti communiste français. La ville fit alors partie intégrante de la « banlieue rouge » de Paris. En 1920, l’usine Meccano s’installe rue Henri-Barbusse (route des Petits Ponts); en 1951, elle peut produire plus de coffrets de Meccano par jour. En 1926, le Conseil général de la Seine décide la construction d’un hôpital destiné exclusivement aux « malades indigènes originaires d’Afrique du Nord ».
Devant le refus de la Ville de Paris d’accueillir l’établissement, c’est sur Bobigny qu’une parcelle louée par le Département est dévolue au projet. Le Conseil général de la Seine est propriétaire et gestionnaire de l’hôpital franco-musulman Avicenne, inauguré le 22 mars 1935. Un lieu de culte musulman et un lieu d’abattage rituel du bétail sont également prévus. Les bâtiments sont simples, couverts en terrasse et blanchis à la chaux, afin de faire référence à l’architecture islamique. Le cimetière musulman de Bobigny en est l’annexe juridique. Celui-ci est inauguré en 1937, et uniquement réservé aux défunts musulmans. Comme l’hôpital Avicenne, le cimetière musulman et sa mosquée sont aujourd’hui classés monuments historiques. En 1933, Bobigny devient célèbre pour la haute tour des ateliers de fabrication du journal L’Illustration, installés au milieu des champs cultivés.
La ville est d’ailleurs, à cette époque, un des villages maraîchers de la région parisienne. Désormais, l’université Sorbonne-Paris-Nord avec l’IUT de Bobigny et la faculté de médecine occupent le site de l’ancienne imprimerie du journal. De même, juste à côté de cet IUT (quelques dizaines de mètres) est implantée la Faculté de Médecine de Bobigny, également nommée FR Léonard-de-Vinci. Le bâtiment même de L’Illustration est utilisé par les étudiants en première année de médecine (PCEM1) puisqu’ils y ont cours dans l’amphithéâtre R600 depuis 2006. Durant la Seconde Guerre mondiale, quinze mille juifs partiront de la gare de Bobigny vers le camp d’Auschwitz. Le lieu est devenu depuis un mémorial. La fin du conflit marque la chute du maire Jean-Marie Clamamus, qui est arrêté, incarcéré, et condamné à l’indignité nationale. En une décennie, de 1954 à 1964, la population de Bobigny double, passant de à.
Cette augmentation rapide amène la mise en place d’un vaste programme de construction d’équipements et de logements sociaux Ces trois grands ensembles sont conçus et aménagés par des opérateurs extérieurs à la ville, d’envergure nationale ou départementale. Comme souvent, un bras de fer s’est engagé entre la municipalité et le Département de la Seine et l’Etat, qui aménagent le territoire sans associer les élus locaux et assurer une « préférence communale » permettant aux habitants d’une commune d’être prioritaires sur ces nouveaux logements. Le 9 avril 1959, la ville crée l’office public de l’habitat à loyer modéré (OPHLM) de Bobigny, dont la vocation est de réaliser des logements pour les familles de condition modeste de la commune, ainsi que des équipements Le 1 janvier 1968, Bobigny devient le chef-lieu du nouveau département de la Seine-Saint-Denis avec la création des départements de la petite couronne. Bobigny est ainsi préférée à Saint-Denis, pourtant plus grande et chef-lieu historique, en raison des opportunités foncières qu’offre le territoire balbynien pour accueillir les bâtiments publics. Le bâtiment réunissant la préfecture et l’hôtel du département est inauguré en 1971.
Œuvre de Michel Folliasson, il prend la forme d’une pyramide dissymétrique d’une base de 70 mètres de long pour 34 mètres de hauteur. Le bâtiment est érigé au sein d’un nouvel ensemble sur dalle composé autour d’une place centrale et accueillant des immeubles liés aux services publics (Direction régionale et interdépartementale de l’hébergement et du logement, restaurant inter-administratif, Centre des finances publiques) et d’un centre commercial, Bobigny 2. Un nouvel hôtel de ville est construit en 1974 sur des plans de Marius Depont et Michel Holley. Néanmoins, la ville possède un haut taux de criminalité pour la Seine-Saint-Denis, et parmi les plus élevés de France. La ville a été le théâtre de l’affaire Saïd Bourarach à partir de 2010.
Patrimoine religieux
Des fouilles archéologiques sur le site de la Vache à l’aise ont mis au jour une cité gauloise d’une superficie d’au moins, fondée vers 350 av. Cet établissement, est implanté le long du ru de Montfort, à cheval sur une petite butte et des terrains plus humides. Une nécropole de 521 tombes a été découverte, il s’agit de la plus importante connue en Europe pour la période gauloise. Ce cimetière a également été ouvert à proximité en 1937.
Son entrée est constituée par un arc mauresque. Une salle de prière fut édifiée à l’entrée du cimetière. Cet édifice a été inscrit sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 25 janvier 2006. Un carré militaire abrite un ensemble de tombes de soldats musulmans morts pour la France, notamment lors de la libération de Paris en 1944. D’illustres personnalités du monde musulman (telles que Osman Fouad) y sont enterrées.
Cette tour de soixante mètres de hauteur, fut édifiée en 1933 par le journal l’Illustration, hebdomadaire qui portait ce nom car fondé sur le principe de la publication d’images diverses et nombreuses afin d’agrémenter son journal de seize pages. Une nouvelle imprimerie ultra-moderne fut alors fondée à Bobigny pour ce journal qui tirait alors à plus de. Réhabilitée en 2009 par les architectes Robin Giraud et Jean Filhol (Sepra), la tour accueille la résidence étudiante internationale du CROUS de Créteil, comprenant 57 chambres pour étudiants et chercheurs. En 1998, Paul Chemetov et Borja Huidobro ont signé, pour leur part, la réhabilitation de l’IUT de Bobigny et la faculté de médecine, situés sur le site de la Tour. Un grand gymnase et un mur d’escalade y sont implantés.
Ce centre administratif a été construit entre 1965 et 1971 par les architectes Jacques Binoux et Michel Folliasson. La salle des mariages a été revisitée par l’artiste pop Hervé di Rosa. Cette cité est connue pour son architecture originale. Elle est l’œuvre de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer, auteur des plans de la ville de Brasilia.