Clichy-sous-Bois
Histoire de Clichy-sous-Bois
Clichy-sous-Bois est une commune de Seine-Saint-Denis, en Île-de-France, qui compte 29 735 habitants. Clichy constitue l’héritière de l’ancienne Clippiacum. La localité est citée sous le nom de Clippiaco dans le cartulaire général de Paris (717), Clipiacum dans une donation de Louis VI le Gros de 1134. Dans des documents tardifs (mérovingiens) Clichy est appelé Clippiacum.
L’étymologie la plus vraisemblable est que ce mot dérive des gentilices Clepius ou Cleppius, ou Clippius avec addition de la terminaison acus qui désignait très expressément, chez les Gallo-Romains, une propriété. La traduction de Clippiacum serait alors « propriété (ou villa) de Cleppius » (ou variante). La formation du nom est tout à fait conforme à ce que nous savons de la grammaire et des usages gallo-romains.
Cette étymologie est un argument de plus pour l’existence d’un Clichy gallo-romain. La ville porta successivement les noms de Cleppius à l’époque romaine, puis Clippiacum superius dans un texte datant de 636, Clichiacum. Notons que le roi Dagobert possédait une villa appelée Clippiacum, d’où viendrait le nom de Clichy-sur-Seine.
La clairière du pays des aulnes a été occupée dès le néolithique comme l’atteste la découverte d’armes et outils de silex. À l’époque médiévale, Clichy-sous-Bois est une clairière de la forêt de Bondy, qui s’étend jusqu’au de Bondy à Coubron et recouvre toute la région. Cette terre riche en pâturages et vignes est octroyée par le roi Dagobert en 632 à l’abbaye de Saint-Denis. Le lieu appartient ensuite aux seigneurs de Livry alors que la cure dépend de l’abbaye de Livry. Durant le en effet, trois marchands angevins se trouvent attaqués et dévalisés par des brigands puis attachés à trois arbres de la forêt de Bondy. Ils reçoivent, selon la légende, le secours de la Vierge. À cette époque, une chapelle est édifiée afin de commémorer ce miracle. Le pèlerinage à la source où avait eu lieu le miracle connaît un culte fervent: de nombreux récipients à boire seront retrouvés lors de fouilles.
En 1261, les chevaliers de l’ordre du Temple achètent à Eudes de Rosay et André de Clichy le fief du Rosay, qui portait le nom alors de Clichy en Launnois (apud Clichiacum in Alneto) et y fondent une commanderie sur le chemin descendant à l’abbaye de Livry. Puis en 1267, Henri de Grandpré, seigneur de Livry, cède à l’ordre de bois et de terres, ainsi que les droits afférents, incluant les droits de justice. En 1284, Ils obtiennent de Jean, de son fils et de Pierre de Clacy, de bois entre Livry et Bondy. En 1277, Philippe III le Hardi accorde aux habitants de Clichy dans les bois de Livry le droit d’usage pour le pâturage et aussi le droit d’y prélever du bois de chauffage, il y entend ces droits aux Templiers. Les Templiers développèrent les pâturages et la vigne en défrichant la forêt. Les Hospitaliers possédaient de terre dont environ 550 de bois. À cette époque, le financier Louis-Dominique-François Le Bas de Courmont (1706-1777), fermier général, rachète le domaine au marquis de Livry; il dote le village d’un maître d’école qui a pour mission d’éduquer gratuitement les enfants. Il est arrêté durant la Révolution puis guillotiné avec le chimiste Lavoisier le 6.
C’est son fils Louis-Dominique-Marie Le Bas de Courmont (1741-1794), fermier général, seigneur du marquisat de Pomponne (Seine-et-Marne) qui mourut sur l’échafaud le 6 mai 1794. À la période révolutionnaire, le village de Clichy compte un peu plus de 100 habitants, qui désignent le la première municipalité: Clichy devient une commune qui sera renommée provisoirement Clichy-sous-Bois au cours de la Révolution française. Le village est alors peu concerné par la révolution industrielle. Livry et Gagny cèdent des terrains en 1869 pour la création de la nouvelle commune du Raincy. La commune souffre beaucoup des combats durant la guerre de 1870: les Clichois fuient le village qui est alors occupé et saccagé par Prussiens. En 1912, le village compte habitants; l’école du Plateau est édifiée à cette époque. Pendant la Première Guerre mondiale, les combats ôtent 68 hommes à la commune. Durant l’entre-deux-guerres, Clichy-sous-Bois conserve sa parure de bois, restes de la forêt de Bondy et le progrès n’a guère atteint la commune: pas ou peu d’éclairage public, toujours pas de tout à l’égout, pas d’enlèvement des ordures ménagères.
Trois employés de mairie, trois cantonniers, quatre femmes de service couvrent les besoins de la population. En 1934, la première école du Chêne Pointu est bâtie. La vie villageoise continue toujours aussi agreste: il n’est pas rare de voir passer des vaches dans les rues du bourg qui possède encore trois fermes. L’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale n’oublie pas Clichy-sous-Bois. Mais c’est dans les années 1950 et surtout les années 1960 que débutera la transformation radicale de la commune: l’urbanisation débutera dès 1955, année où s’édifie une première résidence: « La Pelouse ». Elle fut suivie de nombreuses autres, résidences privées (Le Chêne Pointu, Les Bosquets.) puis cités HLM (Orly Parc, Le Bois du Temple.). En effet, en 1960, un ambitieux plan d’urbanisme est dessiné par Bernard Zehrfuss, architecte Grand prix de Rome, sur les principes du mouvement moderne: « espace, lumière, nature». Le plan masse de cette opération immobilière prévoyait la construction de, qui s’étendaient du Bas-Clichy jusque sur le plateau en suivant la topographie naturelle du lieu.
Finalement ce ne sont qu’un peu moins de 1700 logements qui se construisent dans le bas Clichy – copropriétés du Chêne Pointu et de STAMU II – et un peu plus de 1500 à Montfermeil: la résidence des Bosquets. Une autoroute, l’A87, devait relier les deux pôles de développement du nord-est de l’Île-de-France: l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle au nord et la ville nouvelle de Marne-la-Vallée au sud, en traversant Clichy qui aurait été desservie par un vaste échangeur. Mais cet axe structurant n’a jamais été réalisé vu l’opposition des habitants et élus des communes concernées par le projet. Le métro aérien suspendu envisagé, qui devait relier la ville nouvelle à la ligne des Coquetiers, n’est pas non plus réalisé. Ce plan d’aménagement resté incomplet laisse aujourd’hui les deux villes de Clichy et Montfermeil avec un tissu urbain déstructuré et dans une situation problématique d’enclavement malgré l’agrément du lieu en bordure de la forêt de Bondy. La construction progressive, de 1967 à 1980, de cités HLM non prévues dans le projet d’origine mais nécessaires afin d’essayer de le rentabiliser, terminera de dénaturer le plan masse imaginé par Zehrfuss. À la fin des années 1970, la ville met en place un chauffage expérimental par géothermie. Des adolescents fuient un contrôle de police.
Trois d’entre eux sont poursuivis. Ils se réfugient dans un terrain clos appartenant à EDF et se cachent dans un transformateur. Bouna Traoré et Zyed Benna y meurent électrocutés en effleurant le cylindre de la réactance. Le troisième, Muhittin Altun, bien que grièvement brûlé, s’échappera et donnera l’alerte. À la suite de cela, des émeutes éclatent à la cité du Chêne Pointu entre jeunes et forces de l’ordre. Elles se prolongent dans de nombreuses villes et banlieues françaises, conduisant à l’instauration de l’état d’urgence dans 25 départements du 8 novembre 2005 au 4 janvier 2006. Un documentaire, 365 Jours à Clichy-Montfermeil a été réalisé sur les émeutes. Dans le cadre des Jeux paralympiques de 2024, Clichy a accueilli le départ des épreuves sur route de paracylisme.
Le 17 décembre 2004 a été signée une convention entre l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) et l’ensemble des partenaires concernés pour financer le Projet de rénovation urbaine (PRU) du quartier du Plateau situé à cheval sur les villes de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil. Ce projet de 500 millions d’euros, l’un des plus importants de la région parisienne, concerne 3700 logements dont et permettra la création d’espaces publics et d’équipements. Il permet la transformation d’un nombre important de logements de copropriétés dégradées en logements sociaux. Les objectifs de la rénovation urbaine sont L’accueil d’un transport en commun en site propre avec le T4, débranchement du tramway T4, inauguré fin 2019, permet de désenclaver les villes de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil, et de rejoindre plus rapidement les lignes des RER E (gare de Bondy) et B (gare d’Aulnay-sous-Bois). La rénovation urbaine du Grand ensemble de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil concerne, à l’heure actuelle, le Haut-Clichy et les Bosquets à Montfermeil. Les copropriétés en difficulté du Bas-Clichy font l’objet, depuis le 28 janvier 2015, d’une opération de requalification de copropriétés dégradées (Orcod) d’intérêt national.
L’Etablissement public foncier d’Ile-de-France est chargé de piloter le projet. Le périmètre de l’ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine) comprend la copropriété la Forestière, les résidences sociales d’Orly Parc (aujourd’hui gérées par l’OPIEVOY) et la cité du Bois du Temple (gérée par la SOVAL) à Clichy-sous-Bois, ainsi que la copropriété des Bosquets à Montfermeil. Voici, chronologiquement, les étapes de la rénovation urbaine