Charenton-le-Pont

Histoire de Charenton-le-Pont

Charenton-le-Pont est une commune de Val-de-Marne, en Île-de-France, qui compte 29 445 habitants. Le nom de la commune est composé de deux termes. Charenton a pour origine le radical pré-indo-européen kal ou kar qui signifie pierre. Ce terme serait donc lié à l’activité d’extraction de la pierre de liais au bourg des Carrières.

Le second terme, Pont, est lié à un pont du passant sur la Marne.

Au Moyen Âge, le bourg de Charenton-le-Pont faisait partie, avec Conflans, Bercy et la seigneurie de la Grange aux Merciers, de la paroisse de Conflans dont l’église Saint-Pierre détruite en 1867 était située à l’emplacement de l’actuelle rue du Séminaire de Conflans, à l’angle de la rue du Président-Kennedy. Cette paroisse qui s’étendait du pont de Charenton jusqu’à Bercy à la limite avec l’immense paroisse Saint-Paul de Paris fixée au ru de Montreuil, était rattachée au Moyen Âge à l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs à Paris à la suite d’une donation de l’évêque de Paris en 1098 confirmée par des bulles papales. En 865, les Vikings s’emparent du pont et le rompent. En juin 1358, le dauphin Charles s’en rend maître pour se diriger sur Paris occupée par les Anglais. Sous, les Anglais, maîtres de Charenton, en sont chassés, le 11, par le capitaine de Corbeil nommé Ferrière. En 1465, l’armée de la Ligue du Bien public l’attaque, et s’y porte pour protéger ses opérations contre. Les plans anciens, plan de la Gouache daté de 1535, plan de Truschet et Hoyau et plan de Jacques Androuet du Cerceau dessinés vers 1550 représentent schématiquement ce territoire, de l’aval de la Seine au confluent et au bord de la Marne (du premier plan à l’arrière plan) comprenant Le domaine seigneurial de Bercy s’agrandit au début du par l’absorption de territoires voisins: terre et seigneurie du bourg de Charenton en 1605; fief et seigneurie de la Grange-aux-Merciers, dite plus tard le Petit-Bercy, vendus par son dernier propriétaire Thomas Le Cocq en 1624 à Charles de Malon, seigneur de Bercy; domaine de Conflans en 1643.

Jusque vers 1830, les parties habitées de Charenton se limitaient pour l’essentiel à trois noyaux d’occupation datant du Moyen Âge, d’importance inégale. En 1830, le Bourg du Pont comptait 908 habitants, le Bourg des Carrières 917 habitants et Conflans limité à quelques maisons au voisinage du château, de l’église et de l’ancien couvent des Bénédictines 87 habitants. La ville doit son nom à la présence du pont de Charenton, franchissant la Marne et permettant les relations entre la capitale et les provinces à l’Est, à proximité duquel s’est édifié le Bourg du Pont, un lieu d’auberges et de débits de boisson; c’est un des premiers noyaux d’urbanisation de la commune. L’ouvrage est mentionné dès le et est certainement l’un des plus anciennement bâtis pour faciliter la desserte de Paris. Il a toujours été regardé comme sa clef. Située à un emplacement stratégique (proximité de la capitale, existence d’un pont permettant de franchir la Marne près de son confluent avec la Seine), la ville fut le théâtre de nombreux combats. Les calvinistes prennent le bourg en 1567. Le 25, l’enlève aux soldats de la ligue mais en septembre 1590, lors du siège de Paris, l’Espagnol Alexandre Farnèse reprend la ville, ce qui permet de ravitailler la capitale assiégée par au cours de la huitième guerre de religion.

Après quelques hésitations, la ville est désignée pour abriter le temple protestant de Paris attribué par l’édit de Nantes. Lors du soulèvement protestant de 1621, les protestants y sont massacrés après l’échec de Luynes au siège de Montauban. En 1631, se tient à Charenton un synode national de l’Église réformée de France pour discuter ses principes et sa discipline. Pendant les guerres de la minorité de, en 1649, les frondeurs y repoussent le prince de Condé qui le reprend la même année. En 1655, la marquise du Plessis-Bellière, première conseillère et meilleure amie de Nicolas Fouquet, achète l’hôtel du Plessis-Bellière, situé non loin du pont de Charenton. Le Surintendant des finances Fouquet vient souvent dans cet hôtel chez son ami et son cercle littéraire lié aux Précieuses. Pris et repris plusieurs fois au cours des siècles, le pont de Charenton est rebâti plusieurs fois; il l’est, entre autres, en 1714, et subit quelques réparations en 1812. Le bourg était entouré d’une fortification supprimée en 1734 dont le tracé correspondait aux actuelles rues Gabriel Péri et de la Mairie.

Le Séjour du Roi, qui s’étendait en aval du Bourg du Pont, était à l’origine un ancien fort qu’avait fait construire Philippe le Bel à proximité du pont pour assurer la sécurité du passage. Nous avons peu d’informations sur ce fort et aucune illustration, mais son existence est attestée en 1314. Il était complété par un logis de 2 étages surmonté d’un beffroi qui comprenait des écuries pouvant accueillir 50 chevaux. Ces écuries sont transférées à Paris. Le Séjour était entouré de jardins. Le domaine s’étendait, à l’ouest du bourg du pont, de la Marne à la rue de Conflans entre la ruelle des Carrières (actuelle rue de la Mairie), et une ligne parallèle à l’actuelle rue Victor-Hugo, environ à l’ouest de cette rue formée en 1828 à partir d’une impasse dans le Séjour. Il était également nommé « Séjour des Carrières » en raison d’anciennes carrières souterraines. On prétendait qu’un de ces souterrains rejoignait le château de Vincennes (certainement une légende).

Les travaux de comblement par injection de coulis entrepris en octobre 2021 sous le square Jules Noël attestent l’existence de ces carrières. Le Séjour du Roi donné par en 1481 à Gillette Hennequin contre paiement d’une rente est ensuite démantelé au début. Le bas du Séjour, à l’emplacement compris entre la voie ferrée, le quai des Carrières et l’actuelle rue Victor-Hugo, est donné en 1615 à l’ordre des Carmes déchaussés qui y établissent le noviciat de la Congrégation dans un couvent construit de 1623 à 1628. Le reste du domaine est acquis en 1699 par Pierre Dionis qui se fait nommer Dionis du Séjour, titre transmis à ses descendants. Les bâtiments du Couvent des Carmes vendus comme bien national à la Révolution sont utilisés par une verrerie puis, dans la première moitié du, par une entreprise de fonderie, les forges de Charenton, expropriés et détruits en 1848 pour le passage de la voie ferrée et l’établissement de la première gare. La partie haute du Séjour du Roi qui appartenait à Achille Dionis est vendue après sa mort en 1796 et morcelée. Un autre noyau d’urbanisation, en aval du Séjour du Roi, s’est développé très tôt; le Bourg des Carrières qui doit son nom à l’extraction en ce lieu de pierres à bâtir de calcaire. Ces carrières sont exploitées jusqu’au milieu.

Le bourg doit ensuite son développement au site naturel d’accostage sur la Seine, permettant non seulement le manutention des pierres mais aussi d’autres marchandises: vins, bois et céréales; les activités commerciales liées au fleuve deviennent vite une des vocations principales de Charenton et gagneront au cours du temps l’ensemble de la rive de la localité. Au, le bourg comptait 215 feux soit une population de l’ordre de 800 à. Après l’ouverture du canal de Saint-Maurice en 1864, l’activité de batellerie s’établit dans le large bassin en amont de l’écluse à la pointe de l’île Martinet, lieu de stationnement des péniches, de chargement et de déchargement. L’action du roman L’Écluse numéro 1 de Simenon se déroule en 1933 dans le milieu des mariniers, sur les quais bordant ce bassin et dans la rue des Carrières qui était la voie principale du quartier. Le comblement du canal vers 1950 remplacé par la route nationale 4 fait disparaître cette activité. Le quartier est encore bouleversé autour de 1970 par la construction de l’autoroute à l’emplacement et autour de la route nationale 4. L’établissement de cette large autoroute entraine la démolition de son centre ancien, la rue des Carrières, et la construction d’immeubles de grande hauteur en bordure du quai déplacé et à l’arrière de celui-ci dans l’opération d’urbanisme de la ZAC des Carrières. Encore plus en aval, surplombant la vallée, Conflans est le troisième noyau à l’origine de Charenton voué à la vie religieuse et aristocratique autour du château de Conflans, de l’ancien couvent des Bénédictines (actuel établissement scolaire « Notre-Dame des Missions Saint-Pierre », médiathèque de l’architecture et du patrimoine, chapelle de Conflans et de l’ancienne église Saint-Pierre démolie en 1857 et reconstruite à son emplacement actuel).

L’origine du château provient de la cession 1316 par d’une partie de la garenne dépendant de sa terre de Conflans à sa belle-mère, la comtesse d’Artois Mahaut. y habite en 1339 et y meurt en 1349. De 1481 à 1483, donne la terre de Conflans successivement à Bastard de Valère-Capelle puis à Sixte d’Allemagne, son chirurgien. Le château est la propriété comtes de Flandres et ducs de Bourgogne jusqu’à Maximilien d’Autriche puis redevient propriété des Rois de France. En 1548, le vend le 26 à Claude Dodieu, évêque de Rennes, y ajoutant toute la terre de Conflans. En 1672, François de Harlay, archevêque de Paris, y achète la maison du duc de Richelieu, la rebâtit, et, à sa mort en 1695, la lègue à ses successeurs. Le château vendu en 3 lots comme bien national à la Révolution est racheté pour sa partie est en 1827 par l’archevêque de Paris Hyacinthe-Louis de Quélen qui y établit un séminaire. Cette partie du château avec le parc attenant s’étendant jusqu’au quai de Bercy revient à l’État et à la commune après la Loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 est ensuite abandonnée et détruite en 1920.

La partie ouest qui appartenait à la famille Hartmann est vendue en 1967 à un promoteur qui la détruit pour construire un immeuble parallèle à l’avenue de la Liberté. Des immeubles sont construits en 1954 à la place de la partie du château détruite en 1920 (square Henri Sellier le long de la rue du Séminaire-de-Conflans). En aval de Conflans, s’étendait l’immense parc du château de Bercy et, encore au-delà, le domaine de la seigneurie de la Grange aux Merciers réunie à la seigneurie de Bercy en 1624, devenue à partir du le « Petit Bercy ». Charenton comprenait au nord de la route de Paris à Charenton, actuelle rue de Paris, un territoire agricole dont certaines parties avaient été exploitées en carrières jusqu’au. Ce territoire deviendra après 1860 dans sa plus grande partie (au nord de l’avenue de Gravelle) l’extrémité sud-ouest du bois de Vincennes. En 1790, est créée la commune, alors nommée Conflans-l’Archevêque, qui compte alors approximativement. Devenue un temps Le Républicain, elle prend le nom de Charenton-le-Pont en 1801. Cependant, en octobre 1790, quelques mois après la création de la municipalité, son territoire a été amputé, tout le nord-ouest de celui-ci devenant la commune de Bercy.

De 1790 à 1795, Charenton Le Républicain, est un canton du district de Bourg-de-l’Égalité La Mairie s’établit en 1838 dans le pavillon d’Antoine de Navarre. L’ancien Séjour du Roi est partiellement urbanisé au milieu du avec l’ouverture en 1838 de la rue des Nouvelles-carrières, actuelle rue Victor-Hugo, de la rue Saint-Pierre et la construction de premières maisons au bord de la « Grande rue » (actuelle rue de Paris) du côté opposé à la mairie. La construction de la voie ferrée de 1847 à 1849 coupe la commune en supprimant le cimetière qui datait de 1825 transféré dans le bois de Vincennes (actuel cimetière ancien de Charenton) et la fonderie « Forge de Charenton » établie dans l’ancien couvent des Carmes. La croissance démographique et économique de la ville date principalement de cette période où cours de laquelle se développe l’activité de négoce de vins et spiritueux et où se créent de nombreux petits établissements industriels, la batellerie restant florissante dans le quartier des Carrières. Les limites de la commune sont modifiées en 1860. Le territoire compris entre la Ville de Paris à l’ouest et la rue de l’Arcade, l’avenue de la Liberté et approximativement une ligne reliant le croisement de l’avenue de la Liberté avec la rue de Paris à la porte de Reuilly à l’est, faisait partie jusqu’en 1859 de la commune de Bercy. Ce territoire est rattaché le 5 novembre 1859 à Charenton, l’autre partie de cette commune, de l’enceinte de Thiers à l’enceinte des Fermiers généraux, étant annexée par la Ville de Paris.

Ce territoire rattaché à Charenton comprenait pour l’essentiel le parc du château de Bercy qui s’étendait du quai de Bercy jusqu’au-delà de l’emplacement de l’actuelle avenue de Gravelle et une petite partie de la plaine de Bercy au nord du parc. Par ce changement, Charenton-le-Pont devient mitoyen avec la capitale. Peu après la disparition de l’ancienne commune de Bercy, la Ville de Paris acquiert en 1861 les terrains de la plaine de Bercy au nord de l’actuelle rue de Paris, soit pour aménager pour y aménager un parc public (bois de Vincennes). Ces terrains comprenaient, au sud, une partie du domaine du château de Bercy, au nord du parc des terrains peu construits, en majorité des jardins. Ce territoire faisait en majorité partie de l’ancienne commune de Bercy annexée à emplacement actuel de part et d’autre du boulevard périphérique de la porte la porte de Reuilly à la porte Dorée et pour une part moins importante, du territoire de Charenton avant 1860, au nord de la rue de Conflans et de l’emplacement de l’avenue de la République jusqu’à l’actuelle avenue de Gravelle et, au-delà, au sud d’une ligne reliant le croisement de l’actuelle avenue Jean Jaurès avec la porte de Reuilly. Ce territoire propriété foncière de la Ville de Paris reste cependant jusqu’en 1929 sur le territoire communal de Charenton qui s’étend jusqu’en limite de Saint-Mandé comprenant notamment le lac Daumesnil. En 1861, le Comte de Gabriel de Nicolaï vend la partie subsistante du parc (entre la route de Paris à Genève, actuelle rue de Paris, et la Seine) pour F à une société présidée par le duc de Morny qui fait détruire le château. Le terrain appartient en 1863 à la Compagnie anonyme des magasins généraux.

Ces magasins sont construits après 1864 au sud de la gare de marchandises et des entreprises de négoces de vins se développent dans ce quartier. Les installations ferroviaires s’étendent à la fin du sur des terrains revendus en 1869 par la Compagnie anonyme des magasins généraux à la Compagnie du PLM qui y établit une gare de marchandises, actuellement technicentre Paris-Sud-Est. Les terrains entre la voie ferrée et la rue de Paris inutilisés pour ces installations furent lotis pour la partie ouest dans les années 1860 (actuel quartier Valmy)s. Ceux à l’est de la rue de Valmy sont construits plus tardivement en raison de la présence d’anciennes carrières. Le vélodrome de l’est s’y installe puis la société Nicolas y établit son siège en 1920. Le pont est reconstruit en 1863 lors de l’ouverture du canal de Saint-Maurice. Charenton était desservi par quatre lignes de tramways du début jusqu’à leur suppression ou remplacement par des autobus au milieu des années 1930 Le tramway de la ligne 13 est évoqué dans le roman l’Écluse numéro 1 de Simenon.

La ville de Paris cède le 28 mars 1888 à la ville de Charenton la partie de ces terrains acquis non aménagés pour le bois de Vincennes entre la rue de Paris, la rue de la République et l’avenue de Gravelle. Cet ensemble reste sur le territoire de Charenton lors de l’annexion du Bois de Vincennes par la Ville de Paris en 1929. Ces terrains lotis et urbanisés au cours des années suivant cette cession forment l’actuel « quartier du plateau ». Le Bois de Vincennes (au nord de l’avenue de Gravelle) est annexé par la Ville de Paris. Sont situés dans ce périmètre le cimetière ancien et le vélodrome de la Cipale. En 1929, l’ancienne zone non aedificandi qui bordait l’enceinte de Thiers démantelée à partir de 1919 (terrains compris approximativement entre les bordures extérieures du Boulevard Poniatowski et du boulevard périphérique est également rattachée à la ville de Paris. Des immeubles HBM sont construits en 1933 sur l’ancien parc du château de Conflans (place Bobillot) puis d’autres immeubles en 1954, à l’emplacement de ce château détruit en 1920 à la place de sa dernière partie démolie en 1967 (square Henri Sellier). L’autoroute A4 construite au début des années 1970 sur une partie de la largeur du quai de Bercy, sur le bas du quartier des Carrières avec destruction de la rue des Carrières et sur le tracé du canal de Saint-Maurice comblé en 1952 sépare la ville du fleuve et l’échangeur autoroutier de la porte de Bercy introduit une coupure de la liaison avec Paris en aval par le quai de Bercy.

La création de cette autoroute, la fermeture des Magasins généraux et de plusieurs entrepôts entraine, par ailleurs, d’importants aménagements urbains, Bercy 2 et ZAC des Carrières avec construction d’immeubles de grande hauteur.

Patrimoine religieux

Après la destruction du couvent des Carmes en 1847, de l’ancienne église Saint-Pierre en 1859, du couvent des Bénédictines reconstruit en grande partie vers 1860 (bâtiments du lycée Notre-Dame des Missions, de la médiathèque de l’architecture et du patrimoine et de la chapelle de Conflans), du château de Bercy en 1861, du château de Conflans (en deux parties en 1920 puis en 1967), de l’hôtel du Plessis-Bellière qui datait de 1640 à l’emplacement de l’actuelle place de Valois en 1937, la disparition autour de 1970 de la rue des Carrières bordée de maisons anciennes, les bâtiments anciens de Charenton sont un ensemble relativement limité. Les façades et toitures du pavillon de chasse de l’ancien château, sauf l’aile en retour, font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 3.

Informations Clés

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Population

29.445 habitants

Région

Île-de-France

Département

Val-de-Marne
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