Agde

Histoire d’Agde

Agde est une commune de Hérault, en Occitanie, qui compte 29 103 habitants. Le nom d’« Agde » dérive de celui de la colonie grecque d’origine, (Agathé Týche), la « bonne fortune » (nom mystique), ou (Agathé Pólis), la « bonne ville » (Strabon et Pline). Le premier élément a évolué en Agatha vers 678, devenu en occitan dès le (forme attestée en 1107), prononcé et reprise à l’identique en français. Les habitants sont appelés Agathois ou Agathais.

Toutefois, seul le gentilé Agathois subsiste dans l’usage courant. Les habitants du Grau-d’Agde sont les Grauléens ou Graulens (l’usage ne semble pas fixé) et ceux du Cap-d’Agde, les Capagathois. Brescou est un microtoponyme qui procède du grec Blascon , attesté chez les géographes helléniques (Strabon, Ptolémée).

L’homme est présent dans la région depuis le début du Paléolithique (environ un million d’années avant notre ère), toutefois les vestiges retrouvés dans la commune sont très rares. Ce territoire a été marqué par de fortes fluctuations de la ligne de rivage, liées aux alternances des périodes glaciaires et interglaciaires. Dans la commune, plusieurs gisements attestent de la présence d’habitats au Néolithique, puis à l’époque protohistorique (âge du cuivre et âge du bronze). Les premiers occupants historiques de la région d’Agde furent les Ligures et les Ibères, puis, vers le, s’y établit un peuple celtique, les Volques Tectosages. Le site d’Agde fut fréquenté par des Phocéens venus de Marseille vers 525, ce qui rend le village un peu plus jeune que Marseille (600 ) et Béziers (625 ). À partir de 400, la ville devient colonie massaliote. L’habitat phocéen est construit dans un quadrilatère de 150 et de côtés à l’emplacement de la vieille ville actuelle. Le territoire (chora) de la cité est rapidement cadastré par les nouveaux habitants.

Le comptoir devient vite prospère et prend contact avec les oppidums de la région et, plus largement, de la Celtique méditerranéenne, afin de commercer avec eux (Ensérune, Saint-Thibéry, Castelnau). Les Grecs se procurent des céréales, de la laine, des meules en basalte et peut-être des esclaves. Ils introduisent les techniques de production de l’huile d’olive et la vigne. Ils tirent aussi de gros bénéfices du trafic du sel, abondant le long des étangs de la région. Les relations avec Marseille sont constantes et la cité d’Agathé Tyché y envoie des émissaires (théores) lors des grandes occasions. Au, Agathé Tyché est un entrepôt permettant un trafic important et lointain. L’activité de la cité est alors en plein essor. La présence de basalte permet aux Grecs de produire des meules qui seront par la suite vendues dans une bonne partie du bassin méditerranéen.

En 118 avant l’ère chrétienne, le consul Cneus Domitius Ahenobarbus s’empare de tout le sud de la France actuelle et fonde la province de la Narbonnaise. Pour structurer cette zone et faciliter la pénétration romaine, il fait construire la fameuse Voie Domitienne; le cadastre est revu à cette occasion. Cette dernière passe à une vingtaine de kilomètres au nord du comptoir grec. De plus, pour concurrencer celui-ci, les Romains fondent Forum domitii (Montbazin) sur leur voie. Très tôt, Agde fut le siège d’un évêché, qui dura pendant quatorze siècles, jusqu’à sa suppression à la Révolution. Le premier évêque connu fut Venustus, ou saint Venuste, qui fut martyrisé par les Alamans probablement au début du (408). Au Moyen Âge, la vicomté d’Agde appartint à la maison Trencavel, avant d’être annexée par les rois de France à la suite de la croisade des Albigeois. Bernard-Aton fut le dernier vicomte d’Agde.

Après l’échec de son alliance avec le roi d’Aragon contre le comte de Toulouse, il se donna au mois de juin 1187 comme chanoine à l’église Saint-Étienne d’Agde, et transféra à l’évêque Pierre-Raymond l’entière vicomté ou comté d’Agde. Cette donation, confirmée en juillet de la même année par le comte de Toulouse, fit de l’évêque le comte d’Agde. En 1524 est institué le Conseil général qui compta 27 membres, puis 57 à partir de 1554. Constitué de notables de la ville, désignés à vie par les consuls, il avait notamment pour fonction d’élire chaque année lesdits consuls. Ce port de mer, initialement prévu à Sète, y est finalement réalisé par Colbert en 1666. En 1675, le canal du Midi est mis en service entre Béziers et l’étang de Thau. L’écluse ronde d’Agde est construite l’année suivante notamment pour protéger le canal contre les crues du fleuve. La particularité de cette écluse est de compter trois voies d’eau, contre deux habituellement.

L’inauguration officielle du canal a lieu le 15 mai 1682. Le 27 juillet 1710, la flotte britannique débarque à Sète et s’empare de la ville d’Agde, mal défendue. La municipalité signe un traité avec les Britanniques. Ceux-ci se retirent le 28 juillet devant l’arrivée de troupes françaises venues du Roussillon. En 1721, Yirmisekiz Çelebi Mehmed Efendi, l’ambassadeur du sultan Ottoman, séjourne brièvement dans la ville avant de reprendre son chemin sur le Canal royal du Languedoc en direction de Toulouse pour se rendre à Versailles. La propagation des idées des Lumières est assurée par une loge maçonnique avant la Révolution. Lors de la Révolution française, les citoyens de la commune se réunissent au sein de la société révolutionnaire à partir de septembre 1790, et la baptisent « société des amis de la constitution ». Les cahots de la Révolution entraînent plusieurs renommages: « société des amis de la liberté et de l’égalité »; la chute de la monarchie entraîne un nouveau changement de nom vers « société populaire régénérée des jacobins », et une nouvelle radicalisation se signale par le dernier nom: « société populaire des sans-culottes ».

En l’an an III, elle était fréquentée par 453 membres. En 1837 est mis en service, en remplacement d’un service de bacs, le pont suspendu qui nécessite le percement du bâtiment de l’évêché. Ce pont sera remplacé par un pont métallique en 1926. Le 12 juillet 1858, la ligne de chemin de fer Bordeaux-Sète, raccordée à Sète au réseau du PLM, est mise en service par la Compagnie du Midi. La gare d’Agde ouvre de nouveaux marchés aux produits locaux, en premier lieu le vin, et de nouvelles surfaces sont plantées en vignes. En 1897, une ligne d’intérêt local des chemins de fer de l’Hérault est ouverte entre Agde et Mèze, via Marseillan, Florensac, Pomérols et Pinet. Son exploitation s’est poursuivie jusqu’en 1952. L’arrivée du chemin de fer coïncide avec le début du déclin du port de commerce d’Agde.

Port d’embouchure à faible tirant d’eau (limité à ), le port d’Agde est concurrencé par celui de Sète, mieux équipé pour recevoir les navires à vapeur, et se limite progressivement au cabotage Marseille-Agde. Les deux derniers bateaux à voile et à moteur sont restés en service sur cette ligne jusqu’en 1939. Le phylloxéra provoque la destruction d’une grande partie du vignoble, mais on découvre rapidement que les vignes plantées dans le sable ou submergées résistent à l’insecte. Le vignoble s’étend alors dans les basses zones sablonneuses, mais c’est le recours aux plants américains qui permet la reconstitution du vignoble à partir des années 1890. Il s’ensuit, à cause aussi du développement du sucrage des moûts, une nouvelle crise, de surproduction, entraînant un effondrement des cours du vin. À la même époque, apparaissent le mildiou et le black-rot (reconnu pour la première fois à Ganges – Hérault en 1885), heureusement traités par le sulfate de cuivre. En 1907, lors de la révolte des vignerons, des soldats du d’infanterie de ligne cantonnés à Agde se mutinent le 20 juin au soir et se rendent à Béziers où ils fraternisent avec les vignerons. Le 24 juin, les mutins, qui se sont rendus après une harangue du général Bailloud, sont envoyés dans un régiment disciplinaire à Gafsa (Tunisie).

La même année, à l’époque des vendanges, une crue soudaine de l’Hérault cause d’importants dégâts dans le vignoble et dans la ville. Cette crue, qui ne fit pas de victimes, est considérée comme la crue de référence pour Agde. En 1925, la ville fait ériger un monument aux morts en hommage aux 300 soldats tués pendant la Première Guerre mondiale. Ce monument, œuvre du sculpteur agathois Antoine Cassagne, se trouve dans le cimetière. En 1939, à la fin de la guerre d’Espagne, un camp d’internement est construit à Agde pour recevoir des républicains à partir du mois de février. Ce camp, constitué de baraques légères, est prévu pour, mais en reçoit plus de dans des conditions précaires, en particulier sur le plan sanitaire. À partir du mois de septembre, après le départ des Espagnols, il reçoit des volontaires slovaques et tchèques qui participent aux combats contre l’armée allemande en juin 1940 avant d’être démobilisés. Il devient ensuite un centre de recrutement de l’armée belge, mais après la capitulation de leur pays, les jeunes recrues présentes seront internées jusqu’à la fin août.

Fin 1940, le régime de Vichy le transforme en Centre de rassemblement des étrangers. Environ, de trente nationalités, y sont internés, dont un millier de juifs étrangers raflés dans l’Hérault en juillet 1942. Le camp fut démantelé à l’automne 1943 et détruit en août 1944. Le 13 novembre 1942, la ville est occupée par l’armée allemande à la suite de l’invasion de la zone libre. Pour prévenir un hypothétique débarquement, les Allemands fortifient la côte, notamment en y construisant des blockhaus, dont certains sont encore visibles sur la plage de la Tamarissière, et bloquent l’embouchure de l’Hérault en y coulant une drague en 1943. Le 21 août 1944 un Comité de libération de la ville d’Agde se met en place au lendemain du départ précipité des troupes allemandes. En 1956, les frères Paul et René Oltra créent le camping naturiste (centre héliomarin). Le 13 septembre 1964 un plongeur amateur du GRASPA (groupe de recherches archéologiques subaquatiques et de plongée d’Agde), Jacky Fanjaud, découvre dans l’Hérault, non loin de la cathédrale, une statue de bronze antique.

La construction de la station du Cap d’Agde donne un élan décisif au développement de la commune, entraînant un quasi-doublement de la population entre 1968 et 1999. En 1976 est lancé, sous forme d’une ZAC, l’aménagement de la troisième tranche du Cap-d’Agde. Celle-ci concerne le secteur Richelieu-Rochelongue sur et prévoit de créer lits. Le 11 mai 1987, c’est l’inauguration de la nouvelle mairie installée dans l’ancienne caserne Mirabel, qui permet de faire face au développement des services administratifs de la commune consécutif à l’expansion démographique. Élu en 1989, le maire socialiste, Régis Passérieux, confie à l’architecte Jean-Michel Wilmotte l’aménagement du quartier de Rochelongue, dernière phase de la construction du Cap-d’Agde. Le mail de Rochelongue, inspiré des ramblas de Barcelone, est construit en 1991, mais n’aura finalement que le tiers de la longueur initialement projetée. En 1993, Agde reçoit les Jeux méditerranéens. La cérémonie d’ouverture, présidée par François Mitterrand, se déroule au Cap d’Agde le 16 juin, dans un bassin devant l’Aqualand.

Le village des athlètes est également installé dans la station. Certaines épreuves (tennis, golf) se déroulent à Agde. Au cours de l’été 1995, des incidents sont provoqués au Cap d’Agde par des jeunes issus de quartiers difficiles qui y avaient été envoyés dans le cadre de l’opération « Ville Vie Vacances », organisée par le ministère de la Ville. Par la suite, SOS-Racisme dénonça des pratiques discriminatoires mises en place par des agents immobiliers et porta plainte en 2003 contre l’office de tourisme de la ville, qui fut définitivement relaxé en cassation en janvier 2008 après avoir été condamné en première instance en 2006. Du 16 au 19 décembre 1997, la commune subit une forte inondation provoquée par une nouvelle crue de l’Hérault. Un nouvel épisode d’inondation se produit en décembre 2003, l’Hérault atteint un débit de /s. Une crue du meme acabit a lieu les 22 et 23 décembre 2025.

Patrimoine religieux

Plusieurs édifices religieux ont été désaffectés ou détruits. Situées place Molière, deux chapelles de l’ancien couvent Notre-Dame construit vers 1630, dont les religieuses ont été chassées à la Révolution, d’abord converties en casernement pour l’armée, ont connu depuis diverses vicissitudes: la grande chapelle, restaurée en 1983, est devenue une salle d’expositions municipale (l’« Espace Molière »), tandis que la petite chapelle adjacente abritait jusqu’en 2008 l’office de tourisme. La chapelle du pensionnat des Dames de la Nativité, transformé par la municipalité en école de filles (école Anatole France), sert également de salle d’exposition; elle fut construite en 1883 dans un style néogothique. L’ancienne chapelle du canal du Midi, construite en 1773 près de l’hôtel Riquet, est aujourd’hui une habitation privée. De la chapelle des Pénitents Gris, construite en 1608 près de la place du Jeu de Ballon, on peut encore apercevoir quelques éléments architecturaux dans les immeubles actuellement occupés par des commerces.

Le centre historique d’Agde compte de nombreuses maisons des, voire une maison datée de 1500, inscrite en 1937 à l’inventaire des monuments historiques. L’hôtel Malaval, construit au et l’hôtel de Viguier-Guérin, construit aux, ont été inscrits à l’inventaire des monuments historiques en 1965. La maison du « Cœur de Ville », ancien siège de la mairie, est l’ancienne maison consulaire bâtie au et agrandie en 1782. Le rez-de-chaussée, ouvert par des arcades sur trois côtés, a abrité autrefois un marché couvert. Cette construction de deux étages, entièrement de basalte noir, a été inscrite monument historique par arrêté du 1.

L’ancien palais épiscopal, classé monument historique en 1984, a été construit. Ce long bâtiment, éclairé par deux rangées de fenêtres hautes, s’étirait le long du quai de l’Hérault entre la cathédrale et le pont actuel. En 1863 il fut coupé en deux pour permettre le passage du pont suspendu construit dans l’axe de l’avenue qui mène à la gare. Seuls subsistent les soubassements côté quai et la partie adjacente à la cathédrale, en partie remaniée dans un style pseudo-médiéval, qui abrite l’hôtel-restaurant de la Galiote. La partie opposée, qui a abrité un temps le tribunal de commerce a été démolie en 1982.

Des mascarons qui ornaient les fenêtres ont été réemployés sur une façade du musée de l’Éphèbe. Deux glacières, sur les trois recensées dans la ville, sont inscrites à l’inventaire des monuments historiques en 1995. Édifiées au, elles se présentent sous la forme de silos cylindriques souterrains en maçonnerie, dans lesquels les pains de glace étaient introduits par une trappe circulaire située au sommet. La plus récente (1680), située place de la Glacière dans la partie haute de la vieille ville, a de diamètre et de haut. Elle est ouverte à la visite et a fait l’objet d’une restauration en 2009.

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Eglises sur ce site

Population

29.103 habitants

Région

Occitanie

Département

Hérault
(34)

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