Abbeville
Histoire d’Abbeville
Abbeville est une commune de Somme, en Hauts-de-France, qui compte 22 595 habitants. Le nom de la ville est attesté sous diverses formes au cours des siècles: Britannia au; Abacivo villa au (Histoire des Francs, Grégoire de Tours); Bacivum palatium, Abacivum villa au; Basiu, Haymonis villa au; Abbatisvilla en 1060.
de Menchecourt-les-Abbeville, exposé à l’Exposition universelle de 1867 – Muséum de Toulouse. Le sous-sol renferme de nombreux vestiges du Pléistocène. On doit à Jacques Boucher de Perthes la découverte d’une industrie lithique datant de l’Acheuléen. Cette découverte passe pour être un élément fondateur de la préhistoire en tant que science. Bien que les recherches de Jacques Boucher de Perthes aient mis en évidence une occupation du site d’Abbeville (quartier du Menchecourt-lès-Abbeville) d’époque acheuléenne, il faut s’imaginer l’endroit à l’époque romaine comme une succession de marécages, semblables aux marais de Saint-Gilles qui subsistent aujourd’hui. Plus au nord, tout le plateau entre l’Authie et la Somme était couvert d’une forêt primaire. Les Romains avaient dû entamer ce massif forestier pour le passage de la grande voie d’Amiens au village de Ponches d’une part, et d’autre part à l’ouest par la chaussée reliant le Beauvaisis à Boulogne-sur-Mer. Le couple Abbeville / Saint-Valery-sur-Somme constitue la clef de l’énigme historique du débarquement de Maxime et de ses troupes britto-romaines au printemps de l’année 383 (Saint-Valery = Leuconos > Pors Liogan; Abbeville = Talence > Tolente).
La route en direction de Paris passe tout près du Vieux-Rouen-sur-Bresle, où a été identifié le personnage Himbaldus (Château-Hubault). Au, les bénédictins de Saint-Valery, Saint-Josse, Saint-Saulve de Montreuil, de Forest-Montiers, de Balance et de Valloires défrichèrent les bois qui avoisinaient leurs monastères. Le roi des Francs attribua alors à Riquier une partie de la forêt de Crécy, dont l’ermitage devint l’abbaye de Saint-Riquier: c’est l’acte de naissance du domaine abbatial d’Abbeville. La première mention d’Abbeville date de 831 dans la chronique d’Hariulphe. C’était alors une petite île de la Somme, habitée par des pêcheurs qui s’y réfugiaient avec leurs barques et s’y étaient fortifiés contre les invasions barbares venues du Nord. L’abbé Angilbert y aurait fait bâtir un château pour défendre cette île qui dépendait de l’abbaye de Saint-Riquier. En 992, Hugues Capet fait fortifier la ville et la donne à sa fille, Gisèle, lors de son mariage avec comte de Ponthieu qui résidait alors à Montreuil. dite Vierge d’Abbeville, vers 1270, proviendrait du couvent des Ursulines d’Abbeville.
Paris, Musée du Louvre (1907).
Dès le, l’abbé ouvrit aux lépreux un hospice, la maladrerie des Frères du Val, déplacée à Grand-Laviers au siècle suivant, devant l’extension urbaine. Désormais accessible aux bateaux, Abbeville devint un port de la Manche sous la dépendance des abbés de Saint-Riquier. Par la suite, l’ensablement de la baie de Somme a repoussé la mer , mais la ville continua d’être un port de commerce. Abbeville devint alors la capitale du Ponthieu et s’étendit rapidement sur les deux rives de la Somme, à droite sur la pente des coteaux et à gauche dans les marais. En 1095, comte de Ponthieu fonde l’abbaye Saint-Pierre d’Abbeville et le 24 mai 1098, il y adoube chevalier Louis le Gros. À l’occasion de la première croisade (1096-1099), Abbeville fut le point de rencontre des nombreuses troupes venues des provinces du Nord. Godefroy de Bouillon les passa en revue sur l’emplacement actuel de l’église du Saint-Sépulcre. Avec le développement rapide du commerce du sel (depuis Rue), de la guède (waide en picard) et de l’industrie du drap de laine, les bourgeois augmentent en nombre et en importance politique: ils demandent une charte accordée dans le courant du et qui fut confirmée en 1184 par le comte qui mourut en Palestine.
Pour commémorer l’événement, ils édifient un beffroi en 1209. Jeanne de Dammartin, comtesse de Ponthieu (1220-1278), permet aux religieux de convertir une partie supplémentaire des forêts en terres labourables, permettant le développement de l’économie locale. En 1214, la milice d’Abbeville prend part à la bataille de Bouvines. Au milieu du, Abbeville était. Son port était un des premiers du royaume et son commerce considérable. En 1259, les États généraux du royaume se tinrent à Abbeville et y rencontra pour y signer le traité de Paris qui réglait la question des conquêtes de Philippe Auguste. En 1272, le Ponthieu avec Abbeville, passe par mariage aux rois d’Angleterre, mais reprend la ville, prétextant qu’ n’avait pas rempli son devoir de vassal. s’étant conformé à la loi féodale, Abbeville retombe sous domination anglaise.
Toutefois de nombreuses contestations s’élèvent entre les bourgeois et leurs nouveaux maîtres. Pendant toute la guerre de Cent Ans, la ville eut pour maîtres tantôt les Anglais, tantôt les Français causant aux habitants de la ville des souffrances considérables. Ils furent éprouvés par les impôts excessifs et de terribles épidémies. Au cours de ces décennies, la région est dévastée par les pillages, les épidémies et les loups. La ville fait ainsi appel au roi de France par deux fois, en 1406 puis en 1415. Touchée de près par l’expédition anglaise de 1346, Abbeville résiste aux armées anglaises, et sert de port d’attache à Jean Marant ravitaillant les Calaisiens assiégés par les Anglais. En 1360, elle est cédée, avec le comté de Ponthieu dont elle est la capitale, à la couronne d’Angleterre par le traité de Brétigny. Cette même année, revenant de captivité y séjourne.
bas-relief en bronze d’Emmanuel Fontaine à la mémoire de Ringois (inauguré en 1887). En 1361, Abbeville, redevenue anglaise, accueille mal ses nouveaux maîtres. Ringois, bourgeois de la ville, refusant de prêter le serment d’obéissance à, fut emmené sur le sol anglais et précipité du haut de la tour du château de Douvres dans la mer en 1368. Durant cette période, une révolte de Jacques fut défaite par la milice abbevilloise aux abords de Saint-Riquier. Les soldats de s’emparèrent par surprise de la ville, mais les Anglais la reprirent peu après et elle resta en leur possession jusqu’en 1385. Comme les autres villes picardes, elle passe ensuite sous domination bourguignonne au terme de la bataille de Mons-en-Vimeu en 1421. En 1430, est reçu à Abbeville. En 1435, la ville est cédée à Philippe le Bon par le traité d’Arras.
rachète Abbeville au duc de Bourgogne en 1463 et visite la ville le 27 septembre 1463- de la même année. En décembre, par ses lettres patentes, il confirme les privilèges de la ville, attachés par ses prédécesseurs, mais en 1465, Charles le Téméraire revient sur cette cession en prenant la tête de la ligue du Bien public. En 1466, la municipalité édicte des règlements de sécurité recommandant de réduire ou de ne plus utiliser les matériaux inflammables (comme murs en pan de bois ou toits de chaume) dans la construction, afin de limiter le risque d’incendie. Mais elle se heurta à l’hostilité générale, et les règlements sont finalement peu appliqués. échoue devant Abbeville en 1471, mais recouvre toute la Picardie à la mort du duc de Bourgogne en 1477. En 1480, puis 1483, une épidémie de peste ravage Abbeville. En 1493, Charles VIII visite la ville. Le 3 octobre 1514, épouse à Abbeville Marie, fille d’Henri VII d’Angleterre.
Le 23 juin 1517, François vient à Abbeville avec la reine et y rencontre le cardinal Wolsey, représentant le roi d’Angleterre dans le but de former une ligue contre Charles Quint. Les Anglais se rangent finalement aux côtés de Charles Quint en 1523 lors des guerres de François et la ville a beaucoup souffert des fréquentes réquisitions. Cette même année, une épidémie de peste ravage Abbeville. En 1531, François effectue une nouvelle visite dans la ville. Le coup le plus sérieux porté à Abbeville est la série de raids anglais menés par le duc de Suffolk sur les côtes de l’estuaire en 1544, après la chute de Boulogne-sur-Mer et Montreuil. Le roi Henri II y est reçu en 1550. Durant les guerres de Religion, le gouverneur qui était protestant fut massacré avec sa famille par le peuple. En 1568, François Cocqueville, un chef de guerre protestant, pénètre dans le Ponthieu avec soldats.
Il pille et saccage l’abbaye de Dommartin, les villes, les églises et châteaux de la région d’Authie et de Saint-Valery-sur-Somme. La Saint-Barthélemy n’y fit aucune victime grâce à la modération de Léonor d’Orléans, duc de Longueville et gouverneur de la Picardie. Toutefois, la ville qui avait embrassé le parti de la Ligue souffrit beaucoup des guerres de Religion et elle ne fut soulagée que lorsqu’elle eut reconnu, en avril 1594, Henri IV, malgré le clergé qui persistait dans sa résistance. En 1582, une nouvelle épidémie de peste sévit à Abbeville. Le 18 décembre 1594, le roi de France Henri IV visite Abbeville. Au début du, une épidémie de peste a fait des ravages. Plus de personnes périrent, dépeuplant ainsi Abbeville. Le 21 décembre 1620, le roi visite la ville.
Sa sœur Henriette-Marie y vient plusieurs fois. En 1635 et 1636, la ville souffrit de la guerre contre l’Empire et l’Espagne. Ceux-ci détruisirent de nombreux villages situés aux environs. Richelieu séjourna dans la ville en octobre. Une épidémie de peste sévit de nouveau durant les années 1635, 1636 et 1637. En 1656, soldats, qui avaient participé à la révolution d’Angleterre débarquent en France et prennent leurs quartiers à Abbeville qu’ils quitteront pour aller renforcer l’armée de Turenne en route pour Valenciennes. Peu de temps après, Balthazard Fargues vendit la place à Don Juan d’Autriche et après avoir touché le prix, il refusa de la lui livrer, leva des troupes pour son compte et se répandit dans le Ponthieu pour rançonner les habitants. Finalement arrêté, il fut jugé et pendu sur la place Saint-Pierre le 17 mars 1665.
En 1657, Louis XIV vient deux fois à Abbeville avec sa mère, Anne d’Autriche. Considérée comme l’une des toutes premières usines textiles du monde, la manufacture a été reprise en 1849 par l’homme politique Jean-Baptiste Randoing, qui l’a transformée en société anonyme.Vers le milieu du, le commerce de la waide recule devant la promotion du pastel des pays du Midi, et il fallut restructurer l’artisanat. Colbert s’y emploie, et sous, la ville se développe grâce à l’installation des Van Robais, fabricants de draps et de tapisseries venus des Pays-Bas, qui créent en 1665 la Manufacture royale des Rames (ateliers de draperie). En 1685, à la révocation de l’édit de Nantes, le temple des protestants est détruit et les ouvriers de Van Robais, persécutés, émigrent; la population décroit alors fortement. En 1693, le Ponthieu devient le refuge d’un nombre considérable de Bretons et de Normands qui avaient quitté leur pays à cause de la famine, mais ils périrent presque tous de misère. À la fin du règne de Louis XIV, le pays était couvert de troupes; la ville, encombrée de malades et de blessés. En 1708, après la prise de Lille, les troupes du duc de Marlborough et d’Eugène de Savoie s’avancèrent fréquemment aux portes d’Abbeville, rançonnant les fermes et les villages. L’hiver 1709 est terrible; le peuple périt de froid, de faim et de misère.
À cette époque, l’industrie est complètement tombée et l’État doit secourir les fabricants de draps. En 1717, Pierre le Grand passe à Abbeville.En juillet 1766, le Chevalier de La Barre, accusé d’avoir, un an plus tôt, manqué au respect dû à une procession religieuse en refusant d’ôter son chapeau et d’avoir chanté des chansons impies, fut exécuté sur la place du Grand-Marché pour blasphème. Soumis à la question, il eut les jambes broyées. Son corps décapité fut finalement livré aux flammes, avec le Dictionnaire philosophique de Voltaire, sur ce même lieu. Aujourd’hui, un pavé, gravé de son nom et de la date de son exécution, est visible sur la place de l’exécution (place Max-Lejeune), près de l’hôtel de ville. Le martyre du a servi à Voltaire de bannière dans son combat contre le fanatisme religieux. Le 2 novembre 1773, la poudrière explosa tuant et endommageant près de maisons.
Sur le plan administratif, l’Abbevillois formait une subdélégation dont les ressorts se confondaient avec ceux de la délégation du même nom (située dans la généralité d’Amiens). À la veille de la Révolution, Abbeville fut le chef-lieu d’un bailliage électoral principal (sans bailliage secondaire). En 1793, on brûla sur la place Saint-Pierre des meubles d’églises, des images et des titres féodaux. L’église Saint-Vulfran devint le temple de la Raison. Le 8 juin 1794, on y célébra une fête en l’honneur de l’Être suprême. Abbeville souffrit de la disette en 1794 et 1795. Le 5 janvier 1795, l’hôtel de la Grutuze construit sous Charles VII, où siégeaient les administrateurs du district, est détruit par un incendie. En 1797, création de la Société d’émulation d’Abbeville, une des plus anciennes sociétés savantes de France.
En 1798 et 1799, l’hiver est rigoureux et une partie de la ville est inondée. Le 18 brumaire an X, il y eut un terrible ouragan qui causa pour plus de francs de dégâts dans l’arrondissement. Le 29 prairial an XI, Bonaparte passe pour la première fois dans la ville. Pendant les préparatifs de l’expédition qu’il projetait contre l’Angleterre, le Premier Consul passa souvent à Abbeville en allant au camp de Boulogne. En 1813, dans le cadre de la réorganisation de la cavalerie qui avait été décimée en Russie, l’arrondissement offrit au gouvernement montés et équipés. Début 1814 l’invasion devenant chaque jour plus imminente, la garde nationale urbaine fut réorganisée dans l’ensemble de l’Empire. Sur les remparts, d’artillerie furent placées, et pour compléter le système de défense de la place on abattit les arbres des environs pour confectionner palissades et blindages. Le 20 février, on apprend qu’une colonne de cavalerie formant l’avant-garde du de l’armée prussienne, commandée par le baron de Geismar arrive à Doullens, devant se diriger sur Abbeville.
Aussitôt, les Abbevillois courent aux armes. 800 fusils sont mis à disposition et une vigoureuse résistance commence à se mettre en place lorsque la population apprend que cette prétendue avant-garde de l’armée prussienne comptait au plus dans ses rangs à hommes, tant Cosaques que lanciers saxons, qui se dirigèrent finalement en direction de Paris. Début avril, après la bataille de Paris et l’abdication de Napoléon, lanciers et cuirassiers prussiens commandés par le général Röder arrivèrent de Paris et dans les campagnes voisines et y commirent toutes sortes d’excès durant leur séjour. En 1789, Abbeville comptait 16 paroisses, dont 13 intra-muros: Saint-André, Sainte-Catherine, Saint-Eloi, Saint-Georges, Saint-Gilles, Saint-Jacques, Saint-Jean-des-Prés, Notre-Dame-du-Chastel, Saint-Nicolas-en-Saint-Vulfran, Saint-Paul, Saint-Sépulcre, Saint-Vulfran-de-la-Chaussée, et 3 extra-muros: Saint-Jean-de-Rouvroy, Saint-Michel d’Epagnette et Saint-Sylvain de Mautort. Ces paroisses étaient de taille très diverse: la paroisse Saint-Nicolas-en-Saint-Vulfran ne couvrait que les alentours de la collégiale, tandis que celle de Saint-Georges s’étendait sur l’ensemble du centre-ville, à l’exception des petites enclaves de Saint-André et de Saint-Nicolas. Selon Micheline Agache-Lecat, l’administration de département confia en 1789 le soin au Directoire du district et au Conseil municipal d’Abbeville de lutter contre cette complexité administrative en rationalisant la grille paroissiale. La municipalité nomma une commission chargée d’un premier examen de la question. Au terme de son travail, elle proposa de ne conserver que 5 paroisses intra-muros, Saint-Gilles, Saint-Sépulcre, Saint-Georges, Saint-Vulfran et Saint-Jacques, et 3 paroisses succursales pour les faubourgs de Rouvroy, la Chapelle et Marcadé.
Le Directoire du district portait un projet de réorganisation différent: il réduisait le nombre des paroisses intra-muros à 4, proposant de ne conserver que les paroisses de Saint-Vulfran, Saint-Jacques, Saint-Sépulcre et Saint-Gilles, tandis que la paroisse de Rouvroy était mise à disposition des habitants du faubourg et des villages de Sur-Somme et de Mesnil Trois-Fétus. Le Directoire du département privilégia le projet porté par le Directoire du district. Réunit en séance extraordinaire le 14 mai 1791, il vota la suppression des anciennes paroisses du district d’Abbeville, non sans protestation de la part des curés concernés. Le 15 juin 1791, les églises dont les paroisses avaient été supprimées furent fermées et mises sous scellées. Pour mesurer la pratique religieuse des Abbevillois durant les, Yves-Marie Hilaire s’est appuyé sur plusieurs sources, notamment les écrits des évêques d’Amiens: carnets (1838-1844) de Jean-Marie Mioland et notes de visite (1859-1865) de Jacques-Antoine-Claude-Marie Boudinet. Une enquête du chanoine Fernand Boulard de 1959 permet de mesurer cette religiosité à une époque plus récente. Dans ses carnets, l’évêque d’Amiens Jean-Marie Mioland relève les problèmes rencontrés lors des visites pastorales qu’il a menées entre 1838 et 1839, et en particulier, le nombre de mariages uniquement civils dans chaque arrondissement: ainsi, le canton d’Abbeville-Nord et le canton d’Abbeville-Sud en comptent respectivement 16 et 11. En comparaison, le canton de Crécy en dénombre 37, et celui de Rue, 28.
Le 27 avril 1814, entre dans la ville et y est reçu avec de grandes démonstrations de joie. Il logea au prieuré Saint-Pierre. Durant la première Restauration, de nombreux personnages de marque et environ hommes de troupes anglaises passèrent par Abbeville, pour retourner dans leur pays. Le duc de Berry, accompagné du de cuirassiers et du d’infanterie de ligne, y séjourna. Le 21 mars 1815, le roi, sur le chemin de l’exil, passe la nuit dans la ville. Après la bataille de Waterloo, la ville fut de nouveau mise en défense. Toutefois à la suite de nombreuses désertions la garnison se trouva réduite à. Victor Hugo visite trois fois Abbeville, en touriste, en 1835, à partir du 26 juillet (après être descendu à L’Écu de Brabant), puis les 4 et 5 août (en étant hébergé à L’Hôtel d’Angleterre), en août et septembre 1837, arrivé d’Amiens après avoir descendu la Somme en bateau à vapeur et en 1849, quittant la ville sous la pluie le 11 septembre.
Le chemin de fer dessert Abbeville en 1847, avec l’ouverture par la compagnie du chemin de fer d’Amiens à Boulogne de la gare provisoire d’Abbeville, située à 800 mètres de la porte de Rouen, sur la section Amiens – Abbeville de la ligne de Longueau à Boulogne-Ville, facilitant les déplacements des personnes et le transport des marchandises. Le bâtiment actuel de la gare date de 1856. Décidée par décret du 25 mai 1848, l’enquête nationale sur le travail agricole et industriel menée en 1848 permet de mesurer l’état de l’éducation religieuse et la situation sociale et économique dans l’arrondissement d’Abbeville. L’enquête met en lumière les progrès de l’instruction et de l’éducation, tout en soulignant les retards provoqués par le travail des enfants et l’alcoolisme:, âge de la première communion. Ceux qui travaillent dans les fabriques laissent plus à désirer. Le travailleur d’Abbeville est religieux sans être dévot: il est bon, humain, soumis aux lois et à l’autorité, plein de droiture et de loyauté. On peut lui reprocher un peu de vivacité et d’entêtement. Mais il se rend aux bons procédés et à la raison.
Le monument à l’amiral Courbet est inauguré. La bande à Ortiz y effectue un cambriolage le 13 août 1892. En 1892 est mise en service la ligne de chemin de fer secondaire du réseau des Chemins de fer départementaux de la Somme entre la gare d’Abbeville et Dompierre, par Abbeville-Porte-Saint-Gilles et Abbeville-Porte-du-Bois, desservant le Ponthieu par Drucat, Plessiel-Drucat, Canchy – Neuilly, Lamotte-Buleux, Forest-l’Abbaye (où elle donnait correspondance à la ligne venant de Noyelles-sur-Mer et du réseau des Bains de Mer, la forêt de Crécy (une entreprise d’expédition de bois et une usine de phosphates), Crécy – Estrées (desserte d’une sucrerie) et Wadicourt (deux centres de collecte de betteraves). Le socialiste Jules Guesde fait une conférence à Abbeville en 1896, entraînant la création dans la foulée d’un groupe du Parti ouvrier français et la création d’une Maison du Peuple.En 1899, l’industrie abbevilloise comptait: une filature, une fabrique de linge de table, des corderies, une fabrique de poids et balances, trois fonderies, une chaudronnerie, une serrurerie pour le bâtiment, une râperie, une distillerie, etc. Le téléphone les dessert, mais ne donne pas toute satisfaction. Le monument La Barre est inauguré le 7 juillet 1907, rassemblant de nombreux républicains et des délégués de la Libre-pensée et des groupes socialistes. Lors de la Première Guerre mondiale, la ville n’a pas été occupée par les troupes allemandes (comme l’atteste le monument édifié sur le mont de Caubert). En 1916, lors de la bataille de la Somme, elle accuelle un hôpital militaire (le General Hospital). Comme Amiens et Beauvais, la commune fut partiellement détruite et les séquelles de guerre sont nombreuses aux environs, notamment en raison des munitions non explosées que l’on retrouve encore dans le sol. En 1918, la ville est le siège de deux conférences franco-britanniques (conférences d’Abbeville): celle du 25 mars, entre le maréchal Haig et les généraux Wilson et Foch, prépare la conférence de Doullens. Au cours de la seconde, le, Foch réclame l’autorité sur le front italien mais n’obtient qu’un pouvoir de coordination.
C’est à la conférence d’Abbeville ( et 2 mai 1918) alors que les armées s’affaiblissent que Foch face à Clemenceau et Lloyd George aurait envisagé un repli vers le sud pour protéger la capitale, s’il advenait que les armées françaises et anglaises soient séparées et qu’elles ne puissent plus défendre à la fois l’accès aux ports de la Manche et à Paris, l’armée anglaise devait alors se replier et résister sur la Somme. Ce qui a été évité grâce à l’aide américaine. Le 3 mai 1936, les électeurs de la d’Abbeville ne dérogèrent pas au large mouvement populaire. Au, ils choisissent pour député Max Lejeune qui, à, est alors le plus jeune élu de la Chambre. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville est à nouveau en grande partie détruite par les bombardements allemands et britanniques, rasant les anciennes maisons à pans de bois et encorbellements. Peu après l’invasion Nazie de la Pologne, est organisée à Abbeville une conférence entre France et Royaume-Uni. Elles décident qu’il était trop tard pour envoyer des troupes pour aider la Pologne dans sa lutte contre l’Allemagne. Le 20 a lieu le massacre d’Abbeville.
La ville est prise par les Allemands de la Panzerdivision du Generalmajor Rudolf Veiel ce même jour, ce qui explique l’exécution du leader fasciste flamand Joris Van Severen (même date) par des soldats français rendus furieux. En 1940, Abbeville fut le théâtre d’une contre-attaque vigoureuse des blindés français (commandés par le colonel de Gaulle) et britanniques. Les Allemands durent reculer de cinq kilomètres. Les Allemands utilisent l’Aérodrome d’Abbeville comme installation militaire, entraînant des bombardements et mitraillages alliés. Abbeville est libérée en septembre 1944 par la blindée polonaise du général Maczek, qui entra par le faubourg de Rouvroy. L’exploitation de la ligne de chemins de fer secondaire Abbeville-Dompierre cesse depuis Abbeville en 1947. En 1959, le chanoine Fernand Boulard mena une enquête sur les pascalisants et messalisants dans le diocèse d’Amiens. Ainsi, sur une population de, la ville d’Abbeville comptait 19,4 % de pascalisants ( et ), et 18,6 % de messalisants ( et ).
Parmi les enfants de, 3,9 % sont non baptisés, et parmi ceux de, 13,9 % non catéchisés. L’enquête du chanoine Boulard souligne les permanences de la pratique religieuse dans la Somme: plus élevée dans le Nord-est du département et dans le Santerre que dans la vallée de la Somme et le Vimeu. Ainsi, à la même époque, le canton de Hallencourt dans le Vimeu, dont la population s’élevait à, comptait 13,1% de pascalisants ( et ), et 15% de messalisants ( et ). Au printemps 2001, la ville, comme toute la vallée de la Somme, subit d’importantes inondations de la Somme. Celles-ci durent plusieurs semaines, à cause de la saturation de la nappe phréatique, conséquence d’une année à l’humidité exceptionnelle. La gare est inaccessible, les voies ferrées étant recouvertes par plusieurs centimètres d’eau. Unités ayant été stationnées à Abbeville
Patrimoine religieux
La ville est labellisée Pays d’art et d’histoire, comme celles qui œuvrent à mettre en avant leur patrimoine. Certaines bâtisses ont pourtant été préservés après « quelques » restaurations. et le musée Boucher-de-Perthes. Le Château de Bagatelle est une folie construite en 1752 par Josse Van Robais. le Jardin régulier et le parc.